Revue de presse du 21 avril 2026

Déployer les bonnes pratiques : stratégies de médiation au niveau communautaire pour soutenir la paix et la sécurité en Afrique
Une grande partie de la violence sociétale en Afrique est déclenchée par la concurrence pour l’accès à la terre et à l’eau, les conflits frontaliers et la méfiance ethno-religieuse au sein des communautés qui, lorsqu’elle est attisée, peut conduire à un conflit plus large. Les interventions des forces de sécurité face aux conflits sociaux ne font que traiter les symptômes de ces tensions et risquent d’aggraver la violence si elles sont perçues comme favorisant un camp plutôt qu’un autre. Il a été démontré que la formation à la médiation et à la négociation des conflits au niveau local permet de réduire les incidents de violence et la méfiance, en atténuant les causes profondes de ces conflits sociaux en aidant les communautés à développer des compétences en matière de résolution non violente des conflits. Un effort accru visant à doter les communautés de capacités de médiation et à institutionnaliser ces initiatives au niveau national peut redéfinir le paysage des menaces en réduisant le nombre de communautés vulnérables à la mobilisation vers la violence. Centre d’études stratégiques de l’Afrique

Tortures, viols… Les forces armées du Mali et le groupe Wagner visés par une plainte de trois organisations
Trois organisations de la société civile, dont la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), ont déposé ce lundi 20 avril une plainte devant la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples concernant des violations présumées commises au Mali et impliquant les forces armées maliennes et le groupe Wagner. C’est la première fois qu’une plainte est portée contre un État pour avoir permis la présence et pour avoir engagé des acteurs militaires et de sécurité privés (PMSA) sur son sol. Elle intervient au lendemain de la date anniversaire du massacre de Hombori le 19 avril 2022 et moins d’un mois après la date anniversaire du massacre de Moura en mars 2022, tous deux survenus dans le centre du Mali. Les faits ont été commis au Mali en 2022, par les Forces armées maliennes (FAMa) et le groupe Wagner (qui désormais opère dans la région sous le nom d' »Africa corps »). La requête, déposée par TRIAL International, l’Union panafricaine des avocats (PALU) et la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), « vise à établir la responsabilité du Mali, tant pour les exactions qui auraient été commises sur son territoire que pour ne pas avoir prévenu ces violations, protégé les civils, enquêté, poursuivi et sanctionné les responsables (…) ». Les trois organisations de défense des droits humains ont saisi la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP). De nombreux civils, accusés d’avoir collaboré avec le camp adverse, sont régulièrement victimes de représailles et d’exactions de l’armée et de ses supplétifs russes, ou des djihadistes. TV5 Monde avec AFP

Dakar, Freetown et Nouakchott prônent des « solutions africaines » aux crises en Afrique
Les dirigeants du Sénégal, de Sierra Leone et de Mauritanie ont appelé lundi à des « solutions africaines » aux crises en Afrique qui fait face à « des menaces plurielles » liées notamment au jihadisme, lors d’une rencontre internationale sur la sécurité près de Dakar. La 10e édition du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité s’est ouverte lundi pour deux jours à Diamniadio, près de la capitale sénégalaise, en présence des chefs d’Etat du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, de Sierra Leone Julius Maada Bio et de Mauritanie Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. … Parmi les « menaces plurielles » auxquelles fait face l’Afrique, M. Faye a cité « les conflits armés et les terrorismes, la criminalité transfrontalière organisée et la piraterie maritime ». Pour son homologue sierra-léonais, les Africains doivent « construire la paix à partir de l’Afrique » et « selon nos propres conditions, notre propre agenda et nos propres moyens » en activant « les mécanismes de coopération continentale ». … Le dirigeant mauritanien s’est de son côté prononcé pour une « Afrique souveraine dans ses choix ». Il a vanté « l’intégration africaine comme un levier central » de cette souveraineté en ce qu' »elle offre à l’Afrique les moyens de mieux défendre sa situation et de contribuer de manière plus décisive à la gouvernance mondiale ». AFP

Léon XIV en Guinée équatoriale, la première visite d’un pape dans le pays depuis 44 ans
Léon XIV a quitté l’Angola mardi 21 avril dans la matinée pour rejoindre Malabo, capitale de la Guinée équatoriale et dernière étape de son voyage sur le continent africain. Lors de cette visite de trois jours dans ce pays fortement marqué par la foi catholique, le souverain pontife doit y rencontrer les autorités politiques et religieuses mais aussi le monde de la culture, visiter un hôpital psychiatrique ou encore une école du nom de son prédécesseur, François, mort il y a tout juste un an. Cette dernière étape du voyage apostolique du pape s’effectue dans le pays le plus catholique de sa tournée, où près de 75 % des deux millions d’habitants ont embrassé le catholicisme. Pour Léon XIV, l’Église locale est même considérée comme la colonne vertébrale du pays, très présente dans les universités ou les hôpitaux et dont la croissance l’a fait passer en quelques années de trois à cinq diocèses. Cette visite intervient à l’occasion du 170e anniversaire de l’évangélisation du pays. Cela faisait 44 ans que l’ancienne colonie espagnole n’avait pas accueilli un pape, le dernier en date ayant été Jean-Paul II. À l’époque, le président Teodoro Obiang était déjà à la tête du pays depuis trois ans. Une position qu’il occupe encore aujourd’hui, signe de son omnipotence. RFI

Le président du Burundi en visite au Burkina Faso pour renouer les liens entre Ouagadougou et l’Union africaine
Le chef de l’État burundais Évariste Ndayishimiye, président de l’Union africaine (UA) en exercice, s’est rendu lundi 20 avril à Ouagadougou pour entamer une visite « d’amitié et de travail », selon le communiqué de la présidence du Burkina Faso. Une visite importante, alors que les relations entre l’UA et le Burkina Faso sont très compliquées depuis le coup d’État d’octobre 2022. Le président de l’UA ressort de cette visite avec une bonne base de travail. Cette rencontre a permis d’« échanger sur des questions liées à la lutte contre le terrorisme au Sahel et à la restauration des bonnes relations entre les pays de la Confédération AES et l’Union africaine », peut-on lire dans un communiqué publié ce lundi soir par la présidence du Burkina Faso. … Cette rencontre marque la volonté d’instaurer un dialogue direct entre l’UA et le Burkina Faso, membre de l’Alliance des États du Sahel. Pour rappel, le Burkina Faso, à l’instar du Mali et du Niger, a vu ses activités au sein de l’organisation continentale suspendues depuis le coup d’État militaire d’octobre 2022. RFI

Nigeria: six hommes inculpés pour une tentative de coup d’Etat de 2025
Le parquet nigérian a inculpé mardi six hommes, dont un général de division retraité, pour une tentative de coup d’État contre le président déjouée en 2025 et démentie dans un premier temps par les autorités. Ils sont accusés d’avoir conspiré « entre (eux) pour déclarer la guerre à l’État afin d’intimider le président de la République fédérale », selon le parquet, cité dans des documents déposés auprès de la Haute Cour fédérale d’Abuja. En octobre 2025, l’armée avait annoncé que 16 officiers avaient été arrêtés pour « problèmes d’indiscipline ». A l’époque, malgré les démentis officiels, des sources au sein du gouvernement et de l’armée nigérians avaient déclaré à l’AFP que ces officiers avaient été arrêtés pour avoir fomenté un coup d’État. En janvier, l’armée avait finalement reconnu cette tentative et annoncé qu’elle allait juger plusieurs officiers accusés d’avoir planifié le renversement du président Bola Tinubu. Les six accusés devraient être traduits devant la Haute cour d’Abuja mercredi. AFP

Tchad : Engagement militaire tchadien à Haïti
Le Tchad a annoncé l’envoi de 1.500 soldats en Haïti pour soutenir la Force de répression des gangs (FRG), une mission internationale mise en place sous l’égide de l’Organisation des Nations unies. L’annonce a été faite lundi par le président Mahamat Idriss Déby. Ce déploiement s’inscrit dans un contexte sécuritaire extrêmement dégradé dans ce pays des Caraïbes, où les groupes criminels armés imposent leur loi depuis plusieurs années. Meurtres, enlèvements, viols et pillages rythment le quotidien d’une population déjà confrontée à une grande précarité. Selon les autorités tchadiennes, la contribution militaire sera structurée autour de deux bataillons de 750 hommes chacun. Un premier contingent de 400 soldats est déjà sur le terrain, tandis que les effectifs devraient progressivement atteindre les 1.500 militaires annoncés. Cette décision fait suite à une première annonce, le 24 mars, portant sur l’envoi initial de 750 membres des forces de sécurité. Dans un message adressé au Parlement et lu par Ali Kolotou Tchaïmi, le chef de l’État a rappelé l’expérience du Tchad dans les opérations internationales. Le pays a notamment été engagé dans la lutte contre Boko Haram, ainsi que dans plusieurs missions en République démocratique du Congo, en Côte d’Ivoire, au Mali et au Cameroun. Il joue également un rôle actif au sein du G5 Sahel. Sahel Intelligence

Éthiopie: le Front de libération du Peuple du Tigré rétablit le Parlement local d’avant la guerre de 2020
Le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), région du nord de l’Éthiopie, a surpris tout le monde, dimanche 19 avril, en rétablissant le Parlement local d’avant la guerre de 2020. Cette décision remet frontalement en cause l’autorité du gouvernement fédéral qui juge ce Parlement illégitime. Surtout, cela attise les tensions qui ne cessent de grandir ces derniers mois, entre Mekele et Addis-Abeba. … Non seulement cette décision risque d’enterrer l’espoir d’un dialogue entre Addis-Abeba et Mekele, mais elle met aussi en lumière les divisions internes au parti. Avec le rétablissement du Parlement, le TPLF exprime, en effet, son opposition farouche à l’administration intérimaire, mise en place par Addis-Abeba, et qui dirige le Tigré depuis la fin de la guerre. La reconduite de son président, Tadesse Worede, le 8 avril dernier, avait ulcéré les cadres du parti tigréen qui dénonçaient une décision unilatérale du gouvernement fédéral. Pour Muauz Gidey, chercheur à l’Institut d’études politiques du Tigré, l’attitude du TPLF alimente « une situation politique déjà explosive ». Pour le chercheur, le Premier ministre Abiy Ahmed pourrait répondre à cette situation en imposant des restrictions économiques drastiques au Tigré, dont la situation humanitaire est déjà dramatique. En 2025, la majorité de la région était encore en situation de crise alimentaire aiguë. RFI

Gabon: 5ème édition de la Conférence spatiale africaine pour avancer vers plus d’autonomie
Ouverture à Libreville au Gabon de la 5ème édition de la Conférence spatiale africaine (NewSpace Africa Conference). Cette rencontre qui réunit plus de 200 sociétés opérant dans la fabrication, le lacement et la commercialisation des satellites est organisée par Space in Africa en collaboration avec l’Agence spatiale africaine (AfSA) et l’Agence gabonaise d’études et d’observations spatiales (AGEOS). Cette conférence qui va durer jusqu’au 22 avril est la toute première du genre organisée en Afrique centrale. Ils sont venus de 65 pays au Gabon. Objectif, échanger sur les dernières innovations dans le secteur spatial et nouer des partenariats. À l’ouverture de la rencontre, tous les participants ont reconnu le retard considérable de l’Afrique dans ce domaine. C’est ce que souligne Sémou Diouf le directeur du Bureau du programme conjoint SatNav Africa, une entité panafricaine soutenue par l’Union européenne. « L’Afrique est en retard, mais on travaille d’arrache-pied pour justement rattraper ce retard. L’intérêt, c’est d’avoir tous les pays qui adhèrent au développement de ce système ». … Selon l’agence spatiale africaine basée en Égypte, l’économie spatiale africaine s’élèvera à 22 milliards de dollars en 2026. RFI