Zambie: après la réélection d’Hakainde Hichilema, la vague d’arrestations inquiète
En Zambie, après cinq jours de rumeurs et de doutes, les autorités ont confirmé, mercredi 19 août 2026, la mort du parlementaire et ancien ministre Mutotwe Kafwaya, tué dans un « échange de tirs » lors d’un raid de la police visant officiellement à démanteler « une milice » proche de l’opposant Brian Mundubile. Celui-ci a obtenu 38 % des voix à l’élection présidentielle du 13 août, remportée par le président sortant Hakainde Hichilema avec 60 % des suffrages. Ce décès et l’arrestation de plusieurs figures de l’opposition ces derniers jours renforcent les tensions postélectorales. Les silences répétés des autorités ne font qu’alimenter l’inquiétude et les suspicions, une semaine après les élections générales en Zambie. Les circonstances de l’opération menée vendredi 14 août 2026 contre une résidence de l’opposant Brian Mundubile restent particulièrement floues. L’inspecteur général de la police a toutefois confirmé l’arrestation de 11 personnes et affirme que des armes, des munitions et du matériel électronique ont été saisis lors du raid. L’Association du barreau de Zambie s’inquiète des méthodes employées et réclame une enquête « transparente, impartiale et crédible » sur ces événements. RFI
Russie-Libye: Saddam Haftar en visite diplomatique entre stratégie géopolitique et coopération militaire
Saddam Haftar, le commandant en chef adjoint de l’Armée nationale libyenne (ANL), s’est rendu à Moscou mercredi 19 août 2026, où il a rencontré Vladimir Poutine au Kremlin, puis le ministre russe de la Défense Andreï Beloussov, pour discuter coopération militaire et réaffirmer les liens avec un partenaire diplomatique important. Pour Moscou, il s’agit surtout de renforcer sa présence dans un pays doté d’une position géographique stratégique. Les pistes pour intensifier la coopération militaire entre la Libye et la Russie étaient au cœur des discussions à Moscou, à l’occasion de la visite de Saddam Haftar. Avec les dirigeants russes, le commandant en chef adjoint de l’Armée nationale libyenne (ANL) a échangé à propos de la formation des cadres, du renforcement des capacités et des programmes de préparation au combat pour l’armée libyenne. … Ces dernières années, Moscou a maintenu des relations étroites avec le pouvoir de l’Est libyen, contrôlé par le maréchal Haftar, en plus de l’apport d’un soutien politique et matériel. Par ce biais, le Kremlin a investi des bases militaires à Benghazi et dans le sud libyen. Cette présence lui permet d’accéder à la Méditerranée et au Sahel pour défendre ses intérêts stratégiques, militaires et économiques, sur le continent africain. La visite de Saddam Hafatar à Moscou, intervient à un moment critique pour le pays. RFI
Tunisie: manifestation contre le gouvernement et les pénuries d’eau
Des centaines de Tunisiens ont manifesté jeudi à Tunis contre le président Kais Saied, dénonçant les coupures d’électricité et les pénuries d’eau potable. … Le Forum tunisien pour les droits sociaux et économiques (FTDES) a fait état de centaines de manifestations à travers le pays ces dernières semaines, principalement contre les pénuries d’eau potable et les coupures d’électricité. Les manifestants ont également réclamé la libération des « prisonniers politiques ». « Nous nous levons face à la situation catastrophique dans laquelle se trouve aujourd’hui la Tunisie », a déclaré Ezzeddine Hazgui, figure de longue date de l’opposition de gauche. « Il n’y a plus d’Etat, plus d’institutions — juste un homme qui ignore tout et qui dirige le pays », a ajouté M. Hazgui. Depuis le coup de force du président Kais Saied du 25 juillet 2021 par lequel il s’est octroyé les pleins pouvoirs, ONG locales et internationales déplorent un recul des droits et libertés dans le pays qui fut le berceau du Printemps arabe en 2011. Des dizaines d’opposants et militants de la société civile sont poursuivis en vertu d’un décret présidentiel visant officiellement à lutter contre « les fausses informations » mais sujet à une interprétation très large dénoncée par des défenseurs des droits humains. AFP
Cameroun: Paul Biya de retour à Yaoundé après plus de 70 jours d’absence à Genève
Au Cameroun, Paul Biya, président du pays depuis 1982, est rentré à Yaoundé jeudi 20 août, après plus de deux mois d’absence à l’étranger, essentiellement passés à Genève, en Suisse. Ce retour, préparé avec soin par les autorités, intervient après une période d’incertitude qui a relancé le débat sur la capacité du chef de l’État, âgé de 93 ans, à diriger le pays. … Ce retour intervient après 73 jours d’absence du président camerounais de son pays. Paul Biya avait quitté la capitale le 7 juin pour un “court séjour privé en Europe”, selon la présidence. D’après la presse camerounaise, il se trouvait à Genève avec sa famille et quelques-uns de ses plus proches collaborateurs. … Ce temps d’absence record a fait fleurir de nombreuses rumeurs sur la situation du chef de l’État, notamment médicale. … La réélection du président camerounais à un huitième mandat, en octobre 2025, avait donné lieu à des manifestations réprimées dans le sang, le gouvernement reconnaissant “plusieurs dizaines” de morts sans fournir de bilan exact. Les résultats, contestés par l’opposition, avaient suscité une certaine réserve parmi les chancelleries occidentales. Ce long séjour hors du pays a aussi nourri les spéculations quant à l’après-Biya. La course à sa succession reste cependant entourée d’un épais brouillard. TV5
Guinée-Bissau: le parti d’opposition PAIGC appelle à boycotter le référendum sur la réforme constitutionnelle
En Guinée-Bissau, le référendum constitutionnel du 30 août approche à grands pas, moins d’un an après le coup d’État du 26 novembre 2025. Cette nouvelle Constitution, très controversée, prévoit un renforcement des pouvoirs du président. Le PAIGC, parti indépendantiste historique du pays et désormais dans l’opposition, appelle donc à boycotter le scrutin. Ce référendum se déroulera dans un climat de restriction des libertés publiques. Les sièges des partis politiques, fermés suite au putsch, n’ont pas pu rouvrir, les empêchant de fait de participer à la campagne. Le PAIGC appelle donc à boycotter le scrutin. « D’abord, on a été exclu par le régime, constate Muniro Conté, son porte-parole. Tout le processus de préparation du référendum a été entamé sans la participation des partis politiques, y compris le PAIGC, le PAI-Terra Ranka et API Cabas Garandi. Et pour cela, on a fait le constat que c’est pas la peine de participer à un jeu dont on a été exclu par le régime. » « À part ça, il y a toute une tendance qui est de truquer le processus. Les représentants dans les bureaux de vote, ce seront seulement les gens qui sont proches du régime, et tous les mécanismes de réclamation qui sont mis en place d’habitude quand on est devant un processus électoral, ont été effacés. Cela veut dire que, comme on a été exclu, même si on envisage de faire une réclamation, on n’y parviendra pas. » RFI
Soudan du Sud : les élections pourraient accroître le risque de crimes atroces, alertent des enquêteurs de l’ONU
Dans son nouveau rapport, la Commission des Nations Unies sur les droits de l’homme au Soudan du Sud constate que « de multiples facteurs de risque de crimes atroces convergent », notamment la reprise du conflit armé dans plusieurs régions du pays, l’abandon d’une politique inclusive à Juba, ainsi que l’affaiblissement de l’espace civique et des garanties constitutionnelles. Selon cette commission mandatée par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, des pans importants de la population restent exclus d’une participation politique significative. « Sans un retour à un dialogue authentique et inclusif, la lutte politique autour des élections risque d’aggraver les divisions existantes plutôt que d’offrir un moyen pacifique de les résoudre », alertent les enquêteurs onusiens. … Au-delà des postures politiques, la Commission alerte sur une accumulation de facteurs susceptibles de faire dérailler le processus électoral et de raviver les violences. Selon le cadre d’analyse des crimes atroces de l’ONU, ces facteurs de risque se renforcent mutuellement. Reprise du conflit, affaiblissement des institutions, impunité, gouvernance exclusive, corruption, recul de l’espace civique et discours incendiaires se conjuguent, tandis que les garde-fous – surveillance du cessez-le-feu, justice indépendante et dialogue politique inclusif – ont été affaiblis ou suspendus. ONU Info
Ebola en RDC : l’épidémie progresse « de façon exponentielle » et dépasse 2 500 morts, alerte l’ONU
L’épidémie d’Ebola a déjà fait plus de 2 500 morts en République démocratique du Congo (RDC) et « progresse de façon exponentielle », a averti vendredi 21 août Julien Harneis, coordinateur principal d’Ebola pour les Nations unies. « L’épidémie s’étend largement : elle couvre désormais une superficie supérieure à celle de la France », a poursuivi M. Harneis de Bunia (RDC), lors d’une conférence de presse à Genève (Suisse). A ce jour, l’épidémie a fait « plus de 2 500 morts. Le bilan des décès s’alourdit évidemment chaque jour », a-t-il ajouté, précisant que la moitié des décès était survenue « au cours des 20 derniers jours ». « Sa propagation dépasse la rapidité de notre réponse ; elle s’intensifie et s’étend plus vite que les efforts déployés dans toute la région », a insisté M. Harneis. L’épidémie a dépassé en seulement trois mois celle de 2018-2020 dans l’est de la RDC, considérée jusqu’alors comme la plus meurtrière de l’histoire du pays (2 299 morts sur 3 381 cas confirmés, selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé basés sur les données des autorités congolaises). Le Monde avec AFP
Ebola en RDC : l’OMS déploie 70 000 doses du vaccin Ervebo
Face à l’épidémie due au virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC), l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé, jeudi 20 août, la mise à disposition de 70 000 doses du vaccin Ervebo, homologué contre la souche Zaïre du virus, mais pas contre la souche Bundibugyo qui sévit actuellement dans le pays. « Cette allocation comprend 20 000 doses destinées à un essai clinique de phase 3 visant à évaluer l’impact du vaccin sur le virus Bundibugyo, et 50 000 doses pour les travailleurs de première ligne et les professionnels de santé », a précisé l’OMS dans un communiqué. … La semaine dernière, la RDC a demandé la mise à disposition de vaccins Ervebo provenant du stock mondial du groupe international de coordination (GIC) de l’approvisionnement en vaccins, dont sont membres l’OMS, le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) et l’ONG Médecins sans frontières (MSF), avec le soutien financier de l’Alliance du vaccin (Gavi). Le Monde avec AFP
Mauritanie: face aux appels à un troisième mandat présidentiel, l’opposition refuse de changer les règles électorales
En Mauritanie, depuis plusieurs semaines, on assiste à des appels pour un troisième mandat du président Mohamed Ould Ghazouani. Ces appels se sont intensifiés cette semaine lors des activités touristiques organisées dans le département de Kiffa, à l’est du pays. Les auteurs mettent en avant les réalisations du chef de l’État et de son gouvernement, estimant que c’est dans l’intérêt de la nation. L’opposition ne veut pas l’entendre et rappelle que la Constitution limite les mandats à deux et qu’il n’est pas question de la changer. A. … De son côté, l’opposant, Biram Dah Abeid, arrivé deuxième aux dernières élections, affirme qu’un troisième est contraire à la Constitution. « Les appels à un troisième mandat se multiplient et pas dans la rue, mais à travers des cadres officiels portés par des responsabilités. Je m’adresse au chef de l’État. Il a juré de respecter la Constitution. Allez-vous tenir ce serment ou allez-vous le contourner ? Et qu’on ne se trompe pas de débat, il ne s’agit pas seulement du général Ghazouani, il s’agit de savoir si dans ce pays, un président peut changer les règles pour rester au pouvoir. » Lors de son dernier face-à-face à la presse nationale, le président Mohamed Ould Ghazouani avait dit qu’il ne serait pas dans une logique contraire à la Constitution. RFI
Tanzanie : un tribunal autorise la poursuite du procès de l’opposant Tundu Lissu
En Tanzanie, la Haute Cour a autorisé vendredi la poursuite du procès du leader de l’opposition Tundu Lissu. Un collège de trois juges a estimé l’accusation a établi un dossier auquel l’accusé doit répondre. Il y a quelques jours, les procureurs ont présenté en effet des éléments de preuve alors que 17 personnes ont témoigné à charge contre Lissu. Son procès a repris le 10 août à Dar es Salaam après des mois d’interruption pour des raisons de procédure. L’opposant est poursuivi pour trahison, un chef d’accusation passible de la peine de mort en Tanzanie. Avant les élections de novembre 2025, Tundu Lissu avait lancé une campagne en faveur d’une réforme électorale baptisée « Pas de réformes, pas d’élections. Ce qui avait conduit à son arrestation en avril de la même année. La contestation de la victoire la présidente Samia Suluhu Hassan lors du scrutin présidentiel avec 98 % des voix, a été réprimée dans le sang. Le gouvernement affirme que plus de 500 personnes ont été tuées lors des troubles électoraux, sans préciser qui en était responsable. Africanews
Maroc-Législatives 2026 : le calendrier électoral connu
Le calendrier des élections législatives de 2026 au Maroc est désormais connu. Les autorités ont fixé les principales échéances encadrant le processus électoral, depuis le dépôt des candidatures jusqu’au jour du vote, prévu le mercredi 23 septembre 2026. Selon le calendrier des législatives 2026 au Maroc, les candidats au scrutin du 23 septembre pourront effectuer leurs démarches en ligne à compter de 8 heures le lundi 31 août. Cette phase restera ouverte jusqu’à midi le mardi 8 septembre, et le dépôt des dossiers physiques débutera également le 31 août à 8 heures, avec une échéance fixée au mercredi 9 septembre à midi. … Les électeurs seront ensuite appelés aux urnes le mercredi 23 septembre pour élire leurs représentants à la Chambre des représentants. Ce scrutin permettra de connaitre le prochain chef du gouvernement qui doit remplacer Aziz Akhannouch. … Selon les statistiques issues de la révision exceptionnelle des listes électorales, arrêtées au 10 juillet 2026, un total de 15 millions 801 162 personnes sont inscrites sur ces listes. APA
