Revue de presse du 20 mai 2026

Ebola : l’OMS juge le risque « élevé » en Afrique centrale, mais « faible » à l’échelle mondiale
Le risque épidémique de la flambée de la propagation du virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC) a été jugé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme étant « élevé » pour l’Afrique centrale, mais « faible » au niveau mondial, mercredi 20 mai, au lendemain de la tenue d’un comité d’urgence sur cette épidémie dans l’est de la RDC. Ce comité, chargé d’émettre des recommandations aux Etats, a confirmé qu’à ce stade l’épidémie « ne répond pas » aux critères d’une urgence pandémique, a affirmé devant la presse à Genève le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, confirmant le constat précédemment communiqué par la direction de l’OMS. Selon l’organisation, l’épidémie de maladie à virus Ebola, déjà suspectée d’avoir fait 139 morts pour près de 600 cas probables, se propage dans l’est de la RDC et pourrait se prolonger. La maladie à virus Ebola provoque une fièvre hémorragique très meurtrière, mais le virus, qui a fait plus de 15 000 morts en Afrique au cours des cinquante dernières années, est relativement moins contagieux par exemple que le Covid ou la rougeole. Le Monde avec AFP

Ebola: Denis Mukwege exhorte le groupe armé M23 à donner accès à l’aéroport international de Goma
La République démocratique du Congo (RDC) est frappée de plein fouet par Ebola. Une situation sanitaire compliquée par le fait qu’il n’existe aucun vaccin contre le variant Bundibugyo à l’origine de l’épidémie actuelle, et par la fragilité de la situation sécuritaire dans le nord-est du pays. … Un cas et un décès ont été aussi enregistrés en Ouganda, selon le gouvernement. Il s’agit de deux Congolais qui avaient voyagé depuis la RDC, et aucun foyer d’épidémie local n’a été signalé. Un cas a également été recensé à Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, contrôlée depuis janvier 2025 par le groupe armé M23. … Le médecin congolais et prix Nobel de la paix Denis Mukwege a exhorté ce mardi le M23 à rouvrir l’aéroport de Goma, seul hub humanitaire dans l’est de la RDC, afin de faciliter la réponse à l’épidémie d’Ebola. Dans un long message publié sur « X », le médecin demande à la communauté internationale à agir avec urgence « en déployant des ressources, en protégeant les travailleurs de la santé et en apportant son soutien aux populations de l’est du Congo et de l’Ouganda, qui se trouvent en première ligne de cette crise. » Le Nord-Kivu est coupé en deux par les lignes de front entre les forces de Kinshasa et celles du groupe armé M23, soutenu par Rwanda, et les combats s’y poursuivent, selon des sources locales. « Cette épidémie nous rappelle de manière saisissante que, lorsque les systèmes de santé sont détruits par la guerre et privés de financements, la propagation des maladies devient inévitable » souligne le docteur Mukwege. AFP

Au Nigeria, 175 membres de l’Etat islamique tués dans les frappes aériennes conjointes avec les Etats-Unis
Les frappes aériennes menées conjointement par le Nigeria et les Etats-Unis depuis plusieurs jours dans le nord-est du pays ont permis de tuer 175 combattants de l’Etat islamique (EI), a affirmé, mardi 19 mai, l’armée nigériane, dans un communiqué. Depuis 2009, une insurrection djihadiste menée par Boko Haram, puis par son rival, le groupe Etat islamique en Afrique de l’Ouest (EIAO), a provoqué la mort de plus de 40 000 personnes et le déplacement de 2 millions d’habitants dans le nord-est du pays le plus peuplé d’Afrique, selon l’ONU. … Parmi les militants de l’EI visés par les frappes, le chef djihadiste Abu Bilal Al-Minuki, présenté comme « l’un des agents les plus importants de l’EI au monde » dans le communiqué, avait été tué, vendredi, dans un village isolé du nord-est lors d’une opération des deux pays. Le Monde avec AFP

Mali: l’armée utilise pour la première fois des bombes à sous-munitions
Au Mali, l’armée malienne et ses partenaires russes de l’Africa Corps ont récemment, et pour la première fois, utilisé des bombes à sous-munitions. Des bombes qui, lorsqu’elles explosent dans les airs, libèrent quantité d’autres petites bombes qui deviennent un danger pour les populations civiles. Leur utilisation est interdite depuis 2010 et l’entrée en vigueur du Traité d’Oslo, ratifié par le Mali. Pourtant, ces armes continuent d’être utilisées dans divers conflits à travers le monde et, au cours des cinq derniers jours, c’est l’armée malienne qui en a largué dans le nord du Mali, à au moins deux reprises. Les images transmises à RFI permettent d’identifier une bombe RBK-500-2.5 et des sous-munitions ShOAB-0.5, des modèles de fabrication russe récemment utilisés en Ukraine ou en Syrie. Selon les démineurs du site spécialisé Cat-Uxo, la bombe principale libère 565 sous-munitions qui se dispersent ensuite sur de vastes étendues autour de la cible visée, et n’explosent pas toutes au sol. Elles constituent dès lors une menace de long terme pour les populations. … Le Mali a signé le Traité d’Oslo, qui interdit l’utilisation de bombes à sous-munition. Les deux frappes aériennes en cause, des 15 et 17 mai, ont été revendiquées officiellement par l’armée malienne, dans le cadre de ses opérations antiterroristes. … Selon l’Observatoire des mines terrestres et des munitions à sous-munitions, une initiative de la société civile qui milite contre ces armes, plus de 90% des victimes des sous-munitions dans le monde sont des civils, majoritairement des enfants. RFI

Les routiers sénégalais appellent à ne plus prendre la route vers le Mali
La situation sécuritaire au Mali a des répercussions très concrètes au Sénégal. L’Union des routiers du Sénégal (URS) appelle les chauffeurs routiers sénégalais à cesser de se rendre sur les axes routiers reliant Dakar à Bamako. Les terroristes du Jnim depuis la fin avril multiplient les raids sur les transports routiers et notamment les transports de marchandises. « S’ils peuvent retourner, qu’ils le fassent. S’ils ne peuvent pas retourner, qu’ils s’arrêtent, qu’ils ne bougent pas ! Les attaques se répètent et il y a beaucoup de camions qui sont brûlés, s’alarme Gora Khouma, secrétaire général de l’Union des transporteurs routiers du Sénégal. … Depuis l’attaque de Kati, on peut compter onze camions sénégalais qui sont brûlés. C’est pourquoi nous disons à ceux qui sont sur le sol sénégalais, de rester de préférence au Sénégal jusqu’à que la situation soit claire. … Aller au Mali actuellement, c’est se suicider puisque les attaques ne se programment pas ! On ne peut pas gérer cette situation. » À l’approche de la tabaski, le risque est que le sucre, la farine, le riz, l’huile qui transite généralement par le port de Dakar, ne puissent pas être acheminés vers le Mali. … « Nous avons vraiment intérêt de faire ce transport parce que c’est notre gagne-pain. Mais avec quel risque ? On ne peut pas continuer à risquer nos vies, on ne peut pas. … Il faut alimenter les Maliens, mais à quel prix ? Nous sommes des voisins, nous sommes des parents, mais on ne peut pas continuer ! » RFI

Niger : L’armée aux frontières algérienne et tchadienne
Les autorités militaires nigériennes ont annoncé le déploiement de deux nouvelles opérations dans les zones frontalières, sur instruction du chef de l’Etat, le général Abdourahamane Tiani, afin de renforcer la sécurité face aux menaces persistantes dans le Sahel. Dans un communiqué, le commandement militaire explique que l’opération Garkoi a été réorganisée pour améliorer son efficacité, sa capacité de réaction et la coordination sur un vaste théâtre sahélo-saharien. Cette restructuration s’est traduite par la mise en place de deux états-majors tactiques distincts. La première opération, baptisée «Akarasse», concerne les départements d’Arlit et d’Iferouane, situés à proximité de la frontière avec l’Algérie. La seconde, nommée «Klafoki», se concentre sur le département de Bilma, à la frontière avec le Tchad. Ces zones désertiques étendues sont régulièrement confrontées à des incursions de groupes armés ainsi qu’à des activités de trafic d’armes et de stupéfiants. Par ailleurs, la frontière avec le Tchad reste fragilisée par la présence de réseaux criminels, en plus des attaques menées par le groupe jihadiste Boko Haram, contribuant à une instabilité sécuritaire persistante dans ces régions reculées. Sahel Intelligence

Mozambique: au Cabo Delgado, les civils font face à la violence de l’armée
Le Cabo Delgado, région située à l’extrême Nord du Mozambique, est en proie depuis près de 10 ans à la violence des shebabs, un groupe armé qui a prêté allégeance à l’État islamique (EI). Face à eux, les FADM, les Forces armées du Mozambique, dont les exactions contre les civils ont été documentées, notamment par Amnesty International, dans un rapport daté de 2021. Les habitants du Cabo Delgado se retrouvent coincés entre la violence des shebabs et les préjugés de l’armée. Les shebabs se cachent entre autres dans les îles Quirimbas, au large du Cabo Delgado. La marine mozambicaine patrouille donc quotidiennement. Assamo Cheila est pêcheur. En mars, il a vu 13 collègues mourir, sous les tirs de l’armée, au large de Mocimboa da Praia. … En ville, les soldats sont aussi coutumiers de contrôles musclés. Fariza, une habitante de Mocimboa da Praia, a assisté à l’un d’entre eux. « Ils passaient dans mon quartier et ont croisé un homme. Ils lui ont demandé ses papiers. Ils ne les avaient pas sur lui. C’était un pêcheur, il revenait de la plage. Alors ils l’ont battu… très fort, témoigne-t-elle. Je ne sais même pas si cet homme en est ressorti vivant ou mort. » Plus de 3 000 kilomètres séparent le Cabo Delgado, de Maputo, la capitale. Cette région, la plus pauvre du pays, a toujours été délaissée par les autorités. RFI

RDC : l’opposition unie contre une réforme de la Constitution
Les principaux partis d’opposition de la République démocratique du Congo ont lancé une coalition pour s’opposer à une éventuelle révision de la Constitution. Les membres de cette récente union accusent le gouvernement actuel de vouloir rester au pouvoir après que le président Tshisekedi a ouvert, le 6 mai dernier, la porte à un éventuel troisième mandat à l’issue d’un référendum constitutionnel. … La plateforme est baptisée C64, C pour coalition et 64 en référence à l’article de la Constitution qui encadre le droit à la résistance citoyenne. Lancée le 19 mai au centre de Kinshasa, elle regroupe Lamuka avec Martin Fayulu, l’Union des gauches de Jean-Marc Kabund, Ensemble de Moïse Katumbi, Envol de Delly Sessanga, le LGD de Matata Ponyo ainsi que plus de 50 mouvements citoyens qui mèneront des actions populaires. … Au pouvoir depuis 2019, Félix Tshisekedi arrivera au terme de son deuxième mandat de cinq ans en 2028. La Constitution congolaise limite le nombre de mandats présidentiels à deux. Africanews

Affaire Succès Masra : la Cour suprême du Tchad statuera le 21 mai
La Chambre judiciaire de la Cour suprême du Tchad, siégeant en Section pénale, examinera le jeudi 21 mai 2026 le pourvoi en cassation introduit par Succès Masra dans le dossier lié aux événements de Mandakao. L’ancien Premier ministre tchadien et leader du parti Les Transformateurs avait été condamné à 20 ans de prison par la Cour d’appel de N’Djaména, à travers l’arrêt criminel n°018/25 rendu le 9 août 2025, dans l’affaire des tueries de Mandakao. Contestant cette décision, Succès Masra a saisi la Cour suprême d’un pourvoi en cassation, qui devrait être appelé ce 21 mai. Devant la haute juridiction, il sera défendu par un collectif d’avocats conduit par Me Kadjilembaye Francis. De leur côté, le ministère public et l’État tchadien sont représentés par l’Agence judiciaire de l’État (AJE), assistée d’un collège d’avocats composé de Mes Abdoulaye Adam Bahar, Pamkéré Wouzé et Fréddy Solalbaye. Très attendue sur le plan politique et judiciaire, la décision de la Cour suprême pourrait marquer un tournant décisif dans le parcours judiciaire de l’une des principales figures de l’opposition tchadienne de ces dernières années. APA

« Promouvoir l’intégration africaine »: le Togo supprime le visa d’entrée pour tous les voyageurs africains munis d’un passeport
La libre circulation des personnes en Afrique reste encore complexe en raison du coût du transport mais aussi du faible nombre de pays qui exempte de visa les ressortissants du continent. Désormais, au Togo, les ressortissants des 54 états africains détenteurs d’un passeport national en cours de validité devront simplement remplir une déclaration de voyage en ligne et pourront entrer sans visa pour 30 jours. Selon ce communiqué publié dans la nuit de lundi à mardi, il s’agit aussi de « renforcer la libre circulation des personnes et des biens et de favoriser une coopération accrue entre les États et les peuples du continent ». … Le Togo rejoint une poignée de pays qui appliquent déjà cette exemption: ses deux voisins, le Bénin et le Ghana mais aussi le Rwanda, les Seychelles et la Gambie. Ces mesures sont cohérentes avec la Zlecaf, la zone de libre échange continentale africaine entrée officiellement en vigueur en 2021 mais qui est encore loin d’avoir atteint ses objectifs d’une Afrique intégrée où la libre circulation des biens et des personnes seraient facilitées sur l’ensemble du continent. TV5 Monde avec AFP