Revue de presse du 20 juillet 2026

Au Mali, au moins 50 militaires tués dans une attaque d’indépendantistes et de djihadistes
Au moins 50 militaires sont morts, samedi 18 juillet, dans le nord du Mali lors d’une des attaques les plus meurtrières subies par l’armée depuis le début du conflit qui ravage ce pays d’Afrique de l’Ouest depuis une quinzaine d’années. La coalition des indépendantistes touareg et des djihadistes a tendu une embuscade samedi contre un convoi de l’armée qui quittait la ville stratégique d’Anéfis, dans le nord du pays, pour se rendre dans la grande ville de Gao. « Le bilan provisoire de l’attaque est très lourd. Plus de 50 militaires tués. Et au moins 24 prisonniers », a indiqué à l’Agence France-Presse (AFP) un élu local du nord proche de la junte au pouvoir. Ce convoi quittait la ville d’Anéfis, théâtre ces dernières semaines d’âpres combats pour son contrôle. Début juillet, une offensive d’envergure coordonnée du Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM) et des indépendantistes du Front de libération de l’Azawad (FLA), s’était soldée par la prise temporaire de la ville, encerclant le camp militaire défendu par les Forces armées maliennes et les paramilitaires russes de l’Africa Corps. Le Monde avec AFP

La Cedeao approuve la construction d’un gazoduc Nigeria-Maroc, immense projet énergétique dans les tuyaux depuis des années
L’ouvrage, immense, s’étendrait sur environ 6 000 kilomètres. Les chefs d’Etat de la commission de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ont signé, dimanche 19 juillet, un accord intergouvernemental approuvant la construction d’un gazoduc censé relier le Nigeria au Maroc, lors d’un sommet ordinaire de l’institution régionale, à Freetown. Le gazoduc devrait traverser 13 pays africains sur la façade atlantique pour acheminer des milliards de mètres cubes de gaz nigérian, jusqu’au royaume chérifien. De là, il doit être connecté au gazoduc Maghreb-Europe (GME). … Les travaux devraient débuter en 2028 pour de premières livraisons de gaz en 2031, selon une source au sein de l’ONHYM. L’ouvrage « contribuera durablement à renforcer la sécurité énergétique, à accélérer l’industrialisation, à soutenir la valorisation des ressources naturelles africaines et à promouvoir une prospérité partagée », a affirmé Amina Benkhadra, directrice générale de l’ONHYM. L’idée du projet avait été lancée en 2016, par le roi Mohammed VI, lors d’une visite à Abuja, visant à renforcer les partenariats avec les pays africains. Le Monde avec AFP

Le Sénégalais Birame Diop nommé à la présidence de la Commission de la Cedeao
« Les instances de la Cedeao [Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest] ont accepté la proposition de nommer le général Birame Diop au poste de président de la Commission de la Cedeao », a déclaré le président sortant de la Commission, le Dr Omar Alieu Touray, lors d’une conférence de presse organisée à l’issue du sommet de Freetown, dimanche 19 juillet. « Birame Diop connaît très bien les arcanes des organisations internationales. Il a été dans la haute sphère de l’armée sénégalaise. Ça va être utile, par exemple, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme pour harmoniser les politiques. Avec le concours de Birame, la machine peut redémarrer », a déclaré un diplomate ouest-africain. Par ailleurs, le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, reprend la présidence tournante de la Cedeao. « Après avoir mené à bien mon mandat obligatoire d’un an à la présidence de la Cedeao, je suis ravi de passer le flambeau à mon jeune frère, Son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar Faye », a annoncé sur X le président sierra-léonais, Julius Maada Bio, qui achève son mandat à la tête de l’institution régionale. La Cedeao a traversé de nombreuses crises ces dernières années, notamment avec le départ en janvier 2025 de trois de ses membres, le Mali, le Burkina Faso et le Niger. … L’institution sous-régionale est par ailleurs confrontée à la problématique de l’expansion de groupes jihadistes sur son territoire. Jeune Afrique avec AFP

RDC : Félix Tshisekedi annonce un dialogue national
Le président de la RDC, Félix Tshisekedi, a annoncé, vendredi 17 juillet, l’organisation d’un dialogue national, a déclaré la présidence congolaise dans un communiqué posté sur X. Cette annonce a été faite à l’issue d’une réunion vendredi entre le chef de l’État et les représentants des principales confessions religieuses du pays. Les conditions de ce dialogue se « préciseront chemin faisant », a déclaré le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa et membre de la délégation, dans une déclaration diffusée à la télévision nationale vendredi. Le chef de l’État arrive au terme de son second mandat fin 2028. La Constitution congolaise place la limite à deux quinquennats. La majorité présidentielle soutient une proposition de loi controversée prévoyant un référendum qui porterait sur une révision de la Constitution, et ouvrirait potentiellement la voie à un troisième mandat au président Félix Tshisekedi. … Les représentants de l’opposition politique n’ont pas encore réagi à ce stade. Ils ont réitéré début juillet leur appel à une « marche pacifique » dans la capitale le 22 juillet pour s’opposer à un changement de la Constitution. Un rassemblement de l’opposition à Kinshasa avait été réprimé le 12 juin. Plusieurs opposants avaient été blessés lors d’affrontements avec des militants progouvernement et la police. Jeune Afrique avec AFP

Est de la RDC: le M23 redevient le principal auteur de violences contre les civils, indique le Baromètre sécuritaire du Kivu
En RDC, le nombre d’incidents sécuritaires a reculé au mois de juin dans l’est du pays. Mais cette baisse masque une recomposition de la violence. Selon le dernier rapport du Baromètre sécuritaire du Kivu, projet de recherche qui surveille les incidents sécuritaires dans cette région, le M23 est redevenu le groupe armé le plus meurtrier, tandis que les ADF poursuivent leur expansion vers de nouvelles zones. Le nombre d’incidents sécuritaires a diminué de 19 % en juin dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, passant de 305 en mai à 247. Mais selon le dernier rapport du Baromètre sécuritaire du Kivu, projet porté par l’institut congolais Ebuteli, cette baisse ne s’est pas traduite par une amélioration de la situation pour les civils. Le M23 redevient ainsi le groupe armé le plus meurtrier du mois. Au moins 114 civils ont été tués et 17 autres enlevés, principalement dans les territoires de Masisi et de Rutshuru. Le rapport, publié vendredi 17 juillet, évoque notamment des représailles contre des habitants accusés de collaborer avec les Wazalendo ou les FDLR. RFI

Le Botswana alerte ses ressortissants contre les campagnes russes de recrutement les conduisant au front ukrainien
Le gouvernement du Botswana met une nouvelle fois en garde ses citoyens contre des campagnes russes de recrutement trompeuses. Des stratagèmes qui incitent des Botswanais à partir à l’étranger sous de faux prétextes, avant de les contraindre à participer à la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Le nombre de Botswanais victimes de ces stratagèmes augmente à un rythme alarmant, a déclaré le gouvernement. Ces personnes se voient promettre un emploi avant de découvrir, une fois arrivées sur place, qu’elles ont été recrutées par la Russie pour rejoindre les combats contre l’Ukraine. Le gouvernement dit recevoir des appels bouleversants de ses ressortissants employés sur les lignes de front, dans des conditions extrêmement périlleuses. Une fois en Russie, difficile pour les autorités d’intervenir pour leur apporter une assistance consulaire. Pour prévenir ces situations, Gaborone demande donc aux Botswanais de faire preuve de vigilance quand ils répondent à des offres d’emploi ou à des formations à l’étranger. Le gouvernement ne précise toutefois pas le nombre de Botswanais qui se trouvent en Russie ou en Ukraine. En décembre, le gouvernement avait indiqué qu’au moins deux jeunes avaient été recrutés. RFI

Ethiopie : manifestation de soutien au gouvernement, à Addis Abeba, et contre le recrutement forcé dans la région rebelle du Tigré
Des milliers de personnes ont participé, samedi 18 juillet matin à Addis Abeba, à une manifestation de soutien au gouvernement fédéral éthiopien et contre une campagne de recrutement forcé menée par les autorités de la région rebelle du Tigré, dans le nord de l’Ethiopie, a constaté l’Agence France-Presse (AFP). L’AFP avait fait état, mi-juin, d’une campagne de recrutement forcé menée par les autorités régionales du Tigré, citant des témoignages de jeunes hommes ayant réussi à s’échapper de camps d’entraînement où ils avaient été emmenés contre leur gré ou ayant préféré fuir leur ville, voire la région, pour échapper aux rafles. Début juillet, l’ONG Human Rights Watch avait également établi que les forces locales de sécurité acquises au Front populaire de libération du Tigré (TPLF), qui gouverne l’Etat régional depuis trente-cinq ans, recrutaient de force des hommes, dont des mineurs parfois âgés d’à peine 15 ans. Le Monde avec AFP

Sao Tomé-et-Principe: un premier tour de l’élection présidentielle dans le calme
À Sao Tomé-et-Principe, archipel d’Afrique centrale souvent cité comme un modèle de démocratie du continent, le premier tour de l’élection présidentielle s’est déroulé dans le calme, dimanche 19 juillet 2026, malgré quelques tensions en début de journée. Le président sortant Carlos Vila Nova, favori, affronte principalement Nito d’Abreu, tous deux du même parti. Un duel qui éclipse d’ailleurs la présence de deux autres candidats, le juriste Miques João et l’économiste Eugénio Tiny. Le président de la Commission nationale électorale, Jeudiger Nascimento, s’est inquiété du faible taux de participation aux élections, sans donner de chiffres. … Quelque 142 000 électeurs étaient appelés à choisir leur président parmi quatre candidats. Le président sortant, Carlos Vila Nova, élu en 2021 avec le soutien de l’Action indépendante démocratique (ADI, centre-droit), se présente comme garant de la « stabilité politique du pays ». Il a été critiqué pour le limogeage de l’ancien Premier ministre Patrice Trovoada en janvier 2025, une décision jugée un an plus tard contraire à la constitution santoméenne par la Cour constitutionnelle. RFI

Un incident à la frontière entre le Sénégal et la Gambie ravive les tensions diplomatiques
Le jeudi 16 juillet, des éléments de l’armée sénégalaise ont procédé à la démolition d’un mur de clôture d’un poste militaire gambien, près de la frontière entre les deux pays, à Bulock, au sud-ouest de la Gambie, débutant un incident diplomatique. Les deux gouvernements ont appelé au calme et à la responsabilité, mais ont maintenu leur droit de regard sur cette partie de la frontière entre les deux pays dont la paternité reste un sujet de tension. Le porte-parole du gouvernement gambien alerte sur « un incident » impliquant des forces armées sénégalaises qui ont « démoli un mur de clôture d’une installation militaire gambienne dans la zone de Bulock », un village gambien à la frontière entre les deux pays. Banjul parle d’un acte « profondément provocateur et inacceptable ». Les auteurs n’ont en aucun moment pris la peine d’en parler dans les instances mis en place entre les deux pays pour privilégier le dialogue et la cohésion. Le porte-parole du gouvernement gambien se félicite de l’attitude responsable des militaires gambiens qui n’ont pas réagi pour éviter l’escalade. Réponse du ministère sénégalais des Affaires étrangères qui annonce avoir signalé à plusieurs reprises aux autorités gambiennes des « empiétements affectant son intégrité territoriale » dans la zone frontalière de Bulock. Dakar insiste et estime que ce différend frontalier ancien nécessite désormais « une réponse diligente et durable ». Même si l’incident n’entache en rien les relations séculaires d’amitié et de fraternité entre les deux pays. RFI

Visite du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez en Algérie, symbole du dégel des relations entre Madrid et Alger
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez se rendra lundi 20 juillet en Algérie. Cette visite officielle devrait achever de réchauffer les relations entre Alger et Madrid, après des années de tensions autour du Sahara occidental. La visite prévue lundi 20 juillet est la première en quatre ans de Pedro Sánchez, depuis la brouille en 2022 entre Alger et Madrid après le soutien de l’Espagne au plan marocain sur le Sahara occidental. Décidé par Pedro Sánchez dans le cadre d’un rapprochement diplomatique avec le Maroc, ce changement de cap avait mis fin à la position historique de neutralité de l’Espagne sur ce dossier. Vaste territoire désertique riche en phosphates et aux eaux poissonneuses, le Sahara occidental, colonie espagnole jusqu’en 1975, est contrôlé en majeure partie par le Maroc mais est considérée comme un territoire non autonome par les Nations unies en l’absence d’un règlement définitif. Le Maroc et les indépendantistes du Front Polisario, soutenus par l’Algérie, se la disputent depuis des décennies. Le changement de position espagnol avait provoqué la colère d’Alger, soutien historique du Polisario. Le pays avait décidé en représailles de suspendre un traité d’amitié conclu en 2002 avec Madrid et de limiter les transactions commerciales avec l’Espagne en gelant les opérations bancaires avec ce pays, une mesure aux lourdes conséquences économiques. Le traité hispano-algérien prévoyait le renforcement du dialogue politique entre les deux pays à tous les niveaux, et le développement de la coopération dans les domaines économique, financier, éducatif et de la défense. TV5