Revue de presse du 20 avril 2026

En Angola, le pape appelle à l’« espérance » et à « guérir » le « fléau de la corruption » devant 100 000 fidèles
Devant 100 000 fidèles, en Angola, le pape a appelé, dimanche 19 avril, à « guérir » le « fléau de la corruption », lors d’une messe géante, avant de se rendre dans le plus grand sanctuaire marial de ce pays lusophone aux fortes inégalités. Dès son arrivée en Angola, samedi, troisième étape d’une tournée africaine de onze jours, le souverain pontife a dénoncé les « souffrances » et les « catastrophes sociales et environnementales » engendrées par la « logique d’exploitation » des ressources du pays, riche en pétrole et en minerais. Avant de se rendre au sanctuaire de Muxima, le plus important lieu de pèlerinage du pays, le souverain pontife a célébré une messe géante en plein air à Kilamba, en périphérie de la capitale, Luanda. Après un bain de foule en papamobile dans les allées de l’esplanade, le pape a invité, dans son homélie, à « regarder vers l’avenir avec espérance ». … Dans l’après-midi, il s’est rendu par hélicoptère au sanctuaire marial de Muxima, à environ 130 kilomètres de la capitale, devenu le haut lieu du catholicisme en Afrique australe. Perchée sur les rives du fleuve Kwanza, son église, Notre-Dame de Muxima, attire environ 2 millions de pèlerins par an : ils viennent prier devant une statue de la Vierge Marie, affectueusement appelée Mama Muxima, qui, selon la légende, serait apparue dans ce lieu. Le Monde avec AFP

La RDC conclut un accord avec le M23 pour faciliter l’aide humanitaire et libérer des prisonniers sous dix jours
La République démocratique du Congo et le groupe armé M23 se sont mis d’accord afin de faciliter l’aide humanitaire et de libérer des prisonniers dans un délai de dix jours, selon un communiqué conjoint publié dimanche 19 avril, à l’issue de pourparlers en Suisse. Depuis la fin de l’année 2021, le M23, avec le soutien du Rwanda, s’est emparé de vastes pans de territoire dans l’est du pays riche en ressources, une région ravagée par les conflits depuis plus de trente ans. La RDC et le Rwanda ont entériné en décembre un accord de paix sous l’égide des Etats-Unis, qui n’a pas mis fin aux combats. Des pourparlers, avec le Qatar comme intermédiaire, se sont tenus du 13 au 17 avril dans la ville de Montreux, en Suisse. « Le gouvernement de la RDC et l’AFC/M23 ont convenu de l’importance cruciale d’assurer une aide humanitaire vitale à la population de l’est de la RDC », écrivent les deux parties dans le communiqué. Le Monde avec AFP

La RDC et la Turquie décident de majorer le volume de leurs échanges de 200 millions à 500 millions USD
Lors du 5è Forum diplomatique d’Antalya organisé samedi 18 avril 2026 à Antalya (Turquie), les présidents congolais, Félix Tshisekedi, et turc, Recep Tayyip Erdoğan, ont convenu de relever le volume des échanges bilatéraux de 200 millions USD actuellement à moyen terme à 500 millions de dollars américains. Les deux dirigeants ont également réaffirmé leur détermination à relancer la commission mixte RDC-Turquie, prévue cette année à Kinshasa. Ils ont eu des discussions sur les grandes priorités du partenariat stratégique entre la République démocratique du Congo et la République de Turquie. La Turquie et la RDC entretiennent d’excellentes relations diplomatiques, selon la présidence congolaise. Les deux pays avaient conclu sept accords, dimanche 20 février 2022 à Kinshasa. Ces accords portent notamment sur « la sécurité, les infrastructures, la santé, le transport », avait indiqué le chef de l’Etat congolais, saluant une « coopération gagnant-gagnant ». « Nous avons presque doublé notre volume d’échanges bilatéraux, qui était de 36,5 millions de dollars en 2018 avant la pandémie. Nous avançons décidément vers notre objectif commercial de 250 millions de dollars », avait renchéri son homologue turc. Radio Okapi

Sénégal: ouverture du Forum de Dakar dans un paysage sécuritaire africain transformé
Dakar accueille, ce lundi 20 avril et mardi, la dixième édition du Forum international sur la paix et la sécurité en Afrique, une édition anniversaire, dans un contexte de recomposition profonde : recul de la présence française au Sahel, fragilisation de la Cédéao et progression du jihadisme vers les côtes du golfe de Guinée. Le président Bassirou Diomaye Faye préside l’ouverture. Treize ans après sa création, le Forum de Dakar se tient dans un paysage sécuritaire africain transformé, rapporte notre correspondante à Dakar, Juliette Dubois. Le G5 Sahel est dissous, la Cédéao est fragilisée par le retrait du Mali, du Burkina et du Niger et le jihadisme progresse désormais vers les États côtiers du golfe de Guinée tels que le Bénin, le Togo et le Ghana. C’est dans ce contexte que se retrouvent, à Diamniadio, pendant deux jours, une centaine d’experts. … Selon les programmes, après la cérémonie d’ouverture, les ateliers de discussion porteront sur plusieurs thématiques. Notamment le contrôle des ressources naturelles. … Parmi les autres thématiques abordées lors de ce forum : les transitions politiques, la cybersécurité et la recomposition des forces de sécurité régionales. La clôture du forum est prévue, mardi 21 avril, en fin d’après-midi. RFI

Le Nigeria et la Turquie concluent un accord militaire
« Nous avons convenu de nous orienter vers la formation, la production et l’amélioration de notre coopération dans le domaine de l’industrie de la défense », a déclaré à la télévision turque Christopher Musa, ministre de la Défense du Nigeria en déplacement à Antalya, dans un message relayé par l’agence de presse turque Anadolu. Deux cents éléments des forces spéciales nigérianes seront rapidement envoyés en Turquie pour être formés, a précisé le ministre. Le Nigeria est en proie à de nombreux défis sécuritaires : une insurrection jihadiste depuis plus de dix-sept ans dans le Nord-Est, un conflit entre agriculteurs et éleveurs dans le centre, des violences séparatistes dans le Sud-Est et des gangs armés appelés « bandits » qui pillent, tuent et kidnappent dans le Nord-Ouest. En outre, la détérioration de la sécurité dans le Sahel a permis à des groupes jihadistes d’étendre leurs actions dans le Nord-Ouest. … Cet accord avec la Turquie vient couronner la visite, fin janvier, du président Bola Tinubu en Turquie – la première d’un chef d’État nigérian en neuf ans : « nous sommes entrés dans une ère de coopération plus étroite dans le domaine militaire », avait déclaré en février l’ambassadeur turc au Nigeria, Mehmet Poroy. La Turquie est réputée pour ses drones armés, dont elle est le premier exportateur mondial, jugés performants et peu coûteux. Jeune Afrique avec AFP

« Servir de pont »: comment le Togo tend la main à l’Alliance des États du Sahel
Le Togo a déclaré ce samedi 18 avril vouloir « servir de pont » entre le Mali, le Niger, le Burkina Faso, ces pays du Sahel dirigés par des militaires qui ont quitté la Cedeao qu’ils estiment notamment inféodée à la France. Le Togo a présenté sa nouvelle stratégie pour le Sahel lors d’une réunion de haut niveau réunissant ce samedi 18 avril les ministres des Affaires étrangères du Burkina Faso, du Niger et du Mali et des représentants d’organisations régionales et internationales, ainsi que des envoyés spéciaux dont celui de la France. … Depuis plusieurs mois, le Togo tend la main à l’Alliance des États du Sahel (AES), une confédération regroupant le Burkina, le Mali et le Niger, gouvernés par des militaires qui assument une politique souverainiste. … Depuis le début, le Togo c’est positionné comme un médiateur, se démarquant ainsi d’autres pays de la Cedeao, adeptes d’une ligne dure et de sanctions. Le pays a multiplié les initiatives diplomatiques, comme en décembre dernier avec le Congrès panafricain ou en octobre dernier avec le Forum pour la paix de Lomé. À chaque fois, l’AES était invitée. … Fin mars, après avoir dit en janvier qu’une adhésion du Togo à l’AES n’était pas « impossible », le ministre des Affaires étrangères a même déclaré sur les réseaux sociaux que « le Togo envisage de rejoindre l’AES, une décision stratégique qui pourrait renforcer la coopération régionale et offrir un accès à la mer aux pays membres ». TV5 Monde

Dissolution d’une centaine d’associations au Burkina Faso: pourquoi cette décision du régime militaire d’Ibrahim Traoré ?
118 associations qui luttaient pour les droits humains au Burkina Faso ont été dissoutes ce mercredi 15 avril, a annoncé le ministère de l’Administration territoriale. Ce revers contre les libertés personnelles intervient dans un contexte d’intensification de la répression à l’encontre de la société civile. La majorité de ces organisations non gouvernementales bannies par le régime militaire d’Ibrahim Traoré exerçait dans les domaines de la santé, de l’action sociale et de la défense des droits humains. … Dans un communiqué d’Amnesty International publié jeudi 16 avril, Ousmane Diallo alerte sur cette décision, « contraire à la Constitution du Burkina Faso, qui garantit la liberté d’association et la liberté syndicale ». « Cette dissolution est également tout à fait incohérente et incompatible avec les obligations internationales du Burkina Faso en matière de droits humains, notamment celles découlant de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples et du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, dont il fait partie », assure-t-il. … Les autorités militaires ont annoncé, le 2 avril, qu’elles intensifieraient leurs mesures contre les organisations et les associations que le porte-parole du gouvernement, Gilbert Ouédraogo, qualifie d’ »officines impérialistes déguisées en ONG ». Ces accusations sont récurrentes, selon Ousmane Diallo : « On accuse souvent les ONG et les associations de saboter la ‘Révolution progressiste populaire’ du gouvernement mais très peu d’éléments permettent de corroborer ces dires. Elles ne soutiennent pas à 100% le narratif du gouvernement, que ce soit sur les droits humains, la sécurité, les questions économiques et politiques comme la durée de la transition, ce qui leur vaut cet acharnement de la part des autorités burkinabè. » TV5 Monde

Afrique du Sud: la justice doit se prononcer sur le sort de l’influenceur Kemi Seba
Ce 20 avril, l’influenceur Kemi Seba a rendez-vous au tribunal en Afrique du Sud. Arrêté la semaine dernière à Pretoria, et sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis par le Bénin après son soutien à la tentative de coup d’État en décembre dernier, il est actuellement en détention provisoire et comparaîtra donc ce lundi aux côtés d’un de ses fils et d’un Sud-Africain accusé de l’aider à rejoindre le Zimbabwe. La justice sud-africaine doit d’abord trancher une question d’immigration illégale. Kemi Seba est en Afrique du Sud depuis environ cinq mois. Son visa a expiré il y a deux mois, selon son entourage, et l’influenceur se préparait à traverser la frontière avec le Zimbabwe lorsqu’il a été arrêté. Mais au-delà du dossier immigration, la police sud-africaine mentionne une opération d’infiltration, avec Interpol, qui a permis de mettre la main sur Kemi Seba. En effet, l’influenceur est recherché par le Bénin. Il est sous le coup d’un mandat d’arrêt international, après son soutien à la tentative de coup d’État en décembre dernier. Si l’Afrique du Sud affirme qu’une procédure d’extradition est en cours, selon une source proche du dossier, il y a très peu de chances qu’elle aboutisse, en l’absence d’accord entre le Bénin et l’Afrique du Sud. RFI

« Abattus comme des chèvres » : désespoir et abandon au Soudan du Sud
De hauts responsables de l’ONU ont dressé vendredi, devant le Conseil de sécurité, un tableau désolant du Soudan du Sud, décrivant une tourmente politique, une violence croissante, la faim et la maladie, le tout sur fond de coupes budgétaires limitant la capacité de la mission de maintien de la paix de l’ONU à protéger les civils. Anita Kiki Gbeho, nouvelle Représentante spéciale du Secrétaire général et Cheffe de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) — nommée le 11 avril à la suite du décès de son prédécesseur, Nicholas Haysom — a alerté sur la détérioration de la situation dans le pays depuis le dernier briefing, tenu au début de l’année. Les combats entre les Forces de défense du peuple du Soudan du Sud et le Mouvement populaire de libération du Soudan (également connu sous le nom d’Armée d’opposition) se sont intensifiés, en particulier dans l’État du Jonglei, et les civils continuent d’en payer le prix fort. L’ONU a signalé une augmentation de 40 % du nombre de morts et de blessés en 2025 par rapport à 2024, et a averti que la violence intercommunautaire persistait dans certaines parties des Équatorias, du Bahr el Ghazal et du Warrap, alimentée par les vols de bétail, les différends fonciers et les attaques de représailles. ONU Info

Côte d’Ivoire: le procès de l’attentat de Kafolo à l’heure des plaidoiries de la défense
En Côte d’Ivoire, le procès de l’attaque terroriste de Kafolo ouvert fin décembre dernier, se poursuit ce lundi 20 avril devant le tribunal criminel d’Abidjan. Les faits remontent à juin 2020. Un poste de contrôle situé à la frontière avec le Burkina Faso est attaqué par des jihadistes. Un attentat revendiqué par la Katiba Macina, qui avait fait 14 morts dans les rangs de l’armée ivoirienne. Le parquet avait requis la peine maximale pour cinq prévenus. Et ce lundi matin, les plaidoiries de la défense sont attendues. Au total, 45 accusés comparaissent pour leur implication présumée dans cette attaque terroriste de Kafolo en Côte d’Ivoire, en juin 2020. À la barre, les débats ont porté sur les circonstances de l’attentat, le rôle de chacun, mais aussi les liens avec la Katiba Macina. RFI

Somaliland: l’Union africaine condamne la nomination d’un diplomate israélien
L’Union africaine exprime sa vive inquiétude après la nomination d’un diplomate israélien au Somaliland. Dans son communiqué, elle réaffirme son attachement à l’unité et à l’intégrité territoriale de la Somalie. L’UA met ainsi en garde contre toute reconnaissance unilatérale, qu’elle juge « nulle et non avenue ». Avant elle, plusieurs pays, dont le Pakistan, l’Égypte ou encore l’Arabie saoudite, ont également dénoncé une atteinte à la souveraineté de la Somalie et une violation du droit international. Au cœur des critiques : la nomination, le 15 avril dernier, de Michael Lotem comme premier ambassadeur israélien auprès du Somaliland. Selon la presse locale, il s’agirait dans un premier temps d’un poste non résident. Le diplomate serait basé à Jérusalem et non sur place. Mais pour Mogadiscio, cela ne change rien. Le ministère somalien des Affaires étrangères met en garde contre une décision qui, selon lui, risque de fragiliser les progrès régionaux et d’alimenter les divisions. Israël avait déjà reconnu le Somaliland en décembre dernier. Une première pour un État membre des Nations unies. Ce territoire a proclamé son indépendance en 1991. Mais il n’est toujours pas reconnu par la communauté internationale. RFI

Le Mozambique s’inspire du modèle chinois pour stimuler sa croissance
En visite d’État en Chine, le président mozambicain Daniel Chapo a exprimé sa volonté de s’appuyer sur l’expertise industrielle chinoise afin d’accélérer la modernisation des infrastructures et le développement durable de son pays, notamment dans les secteurs des transports, de l’énergie et de l’agriculture. Arrivé à Changsha, capitale de la province du Hunan, pour une visite de plusieurs jours, le chef de l’État a parcouru plusieurs sites industriels de pointe. Il y a découvert des solutions énergétiques intelligentes, des équipements de terrassement automatisés ainsi que des unités de transformation agricole hautement mécanisées, illustrant le niveau avancé de l’industrie manufacturière chinoise. Au cours de ces visites, Daniel Chapo a souligné l’intérêt direct de ces technologies pour un pays encore largement rural, où près de deux tiers de la population vivent de l’agriculture. Africanews