En Guinée-Bissau, le passage à un régime présidentiel fort approuvé par référendum
Les Bissau-Guinéens ont approuvé le projet de réforme constitutionnelle qui propose de passer à un régime présidentiel fort pour remplacer le système semi-parlementaire, une étape cruciale dans ce pays dirigé par une junte censée restituer le pouvoir aux civils début décembre. Après le Zimbabwe, la Guinée, le Togo, l’Ouganda ou le Tchad ces dernières années, il s’agit du dernier exemple d’un pays africain qui a souhaité modifier ou changer sa Constitution pour étendre la durée des mandats, supprimer les limites d’âge ou renforcer les prérogatives du pouvoir exécutif. … La Guinée-Bissau est dirigée depuis le 26 novembre dernier, veille de l’annonce prévue des résultats provisoires des élections présidentielle et législatives, par des militaires qui ont renversé le président sortant, Umaro Sissoco Embalo, et suspendu le processus électoral. Le général Horta N’Tam, un proche de M. Embalo, a été désigné pour superviser une transition d’un an. … Ce scrutin précède de quelques mois les élections générales prévues le 6 décembre pour un retour au pouvoir des civils, dans un climat politique tendu. L’opposition avait appelé à boycotter le référendum, notamment le PAIGC, parti historique qui a mené le pays à l’indépendance en 1974. Le référendum s’est, selon lui, déroulé « dans un contexte de restriction des libertés publiques ». Le Monde avec AFP
Zambie: après l’investiture d’Hakainde Hichilema, l’opposition s’inquiète du recul démocratique
Hakainde Hichilema a entamé mardi 1er septembre son deuxième mandat à la tête de la Zambie. Réélu avec 60,5 % des voix selon les résultats officiels, contestés par l’opposition, le président promet de faire passer le pays de la stabilisation économique à une croissance qui profite à tous. Mais son investiture intervient dans un climat politique tendu : son principal rival, Brian Mundubile, est en prison, inculpé de trahison, tandis que l’opposition s’alarme d’un recul démocratique. … Parmi les événements qui ont marqué l’après-scrutin figure la mort de Mutotwe Kafwaya, ancien ministre et membre de l’opposition, tué par balle le 14 août lors d’une opération des forces de sécurité à Lusaka. Les circonstances de sa mort restent contestées : les autorités affirment que les forces de sécurité ont essuyé des tirs, une version mise en doute par l’opposition. … La tension se cristallise aussi autour de Brian Mundubile. Crédité d’environ 38 % des voix selon les résultats officiels, le principal adversaire d’Hakainde Hichilema a rejeté les résultats. Après s’être caché, disant craindre pour sa sécurité, il s’est finalement rendu aux autorités avec son colistier Makebi Zulu. Tous deux sont détenus dans le cadre d’une affaire de trahison et contestent les accusations portées contre eux. RFI
En 2 mois, l’armée nigériane a libéré 777 personnes enlevées
Le quartier général de la Défense du Nigéria a annoncé que les forces armées avaient mené 7 062 opérations de sécurité à travers le pays en juillet et août, neutralisant 1 487 terroristes et insurgés et libérant 777 personnes enlevées. Le directeur de l’information de la Défense (DDI), le général Samaila Uba, a indiqué mardi à Abuja, lors d’un point de presse conjoint réunissant les agences nigérianes de sécurité et de maintien de l’ordre, que 7 062 opérations avaient été menées au moyen d’actions coordonnées terrestres, aériennes et maritimes ciblant notamment le terrorisme, le banditisme, les enlèvements, le trafic d’armes, le vol de pétrole et d’autres activités criminelles. À côté de 487 terroristes et insurgés arrêtés, et de la libération 777 personnes enlevées, il a précisé que les troupes avaient également arrêté 354 suspects et récupéré 91 armes à feu, 1 331 munitions et 44 engins explosifs improvisés au cours de ces opérations. Selon lui, les opérations militaires visent à affaiblir les capacités des groupes criminels, à perturber leurs réseaux logistiques, à libérer les personnes enlevées et à protéger les populations ainsi que les infrastructures nationales essentielles. APA
Ouganda : le sort incertain de l’opposant Kizza Besigye, incarcéré et malade
M. Besigye, 70 ans, ancien médecin personnel du président Yoweri Museveni, qui gouverne l’Ouganda depuis plus de 40 ans, est dans le collimateur du gouvernement depuis son ralliement à l’opposition il y a plus de 25 ans. … Enlevé en novembre 2024 lors d’un déplacement au Kenya, il était réapparu en Ouganda, traduit devant une cour martiale pour « trahison », accusé d’avoir comploté contre M. Museveni. La plus haute juridiction du pays avait ensuite ordonné qu’il soit jugé devant une juridiction civile. L’opposant ougandais, « très faible », a été transféré vendredi soir de sa prison de Kampala à un hôpital proche de la capitale, selon son épouse Winnie Byanyima, directrice exécutive de l’Onusida, qui avait dénoncé l’an passé un « complot pour tuer » son mari, fomenté par le président ougandais. C’est la quatrième fois que M. Besigye est hospitalisé depuis qu’il est en détention. Africanews avec AFP
Algérie: pourquoi l’envoi d’avions de chasse au Niger marque un changement de doctrine militaire
Des tirs d’armes lourdes et des explosions ont résonné dans la nuit du 28 au 29 août à Niamey. Un groupe de soldats a mené une tentative de coup d’État, avant de s’emparer de la base aérienne 101, qu’ils ont tenue jusqu’au samedi soir. Les mutins s’en étaient aussi pris au palais présidentiel, selon l’analyste de défense Akram Kharief. L’armée nigérienne a repris la main avec l’appui de ses alliés russes de l’Africa Corps. Cette force paramilitaire russe compterait entre 200 et 300 hommes au Niger et a fourni un soutien au sol et aérien lors de l’opération. Plusieurs dizaines de mutins ont été arrêtés. L’Algérie a très vite affiché son soutien. Dès le 29 août, le ministère algérien des Affaires étrangères a réaffirmé « sa condamnation ferme de tels agissements », dans un communiqué. Le lendemain, quatre chasseurs Sukhoï Su-30, accompagnés d’un avion de transport Iliouchine Il-76 et d’un ravitailleur Il-78, ont atterri à Niamey, sur ordre du président Abdelmadjid Tebboune et du général d’armée Saïd Chengriha. … Pour Slimane Zeghidour, éditorialiste à TV5MONDE, ce déploiement constitue une rupture. « C’est vraiment un tournant et s’il s’installe dans le temps, ce sera un tournant majeur dans la doctrine de sécurité nationale algérienne », analyse-t-il. « Jusqu’ici, depuis l’indépendance, l’armée algérienne martèle son dogme, à savoir, que son armée n’interviendra jamais en dehors de son territoire souverain. » TV5 Monde
Comment les factions issues de Boko Haram s’appuient de plus en plus sur des cadres camerounais
Au Cameroun, dans la région de l’Extrême-Nord, et particulièrement dans les départements du Mayo-Sava et du Mayo-Tsanaga, les incursions le long de la frontière côté Cameroun, menées par des factions armées issues de Boko Haram, continuent d’être quasi quotidiennes. Plus que jamais, depuis l’émergence de Boko Haram au début des années 2000, cette partie du septentrion camerounais est utilisée par la constellation de groupes nigérians qui en découlent, comme une « arrière-boutique », une zone de ravitaillement – non pas l’épicentre du conflit qui est l’État de Borno, au Nigeria – mais bien une périphérie stratégique, en s’appuyant de plus en plus sur des commandants camerounais. C’est une évolution étudiée par Célestin Delanga, chargé de recherche basé à Maroua pour l’Institut des études de sécurité (ISS). Depuis cinq ans, des combattants camerounais accèdent à des postes de commandement au sein de groupes comme JAS (Jama’tu Ahlis Sunna Lidda-awati wal-Jihad). … C’est un enjeu sécuritaire majeur. L’an dernier, de toutes les zones du bassin du lac Tchad touchées – telles que les États de Borno, Adamawa, Yobé au Nigeria, provinces du Lac et de Hadjer Lamis au Tchad, région du Nord au Cameroun, région de Diffa au Niger –, c’est la région de l’Extrême-Nord au Cameroun qui a connu le plus grand nombre d’attaques, souvent nocturnes, même si c’est au Nigeria que les violences restent les plus meurtrières. RFI
Journalistes français libérés au Togo: le dossier est « suffisamment éclairé », affirme leur avocat
Les réalisateurs français Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, ainsi que leur fixeur togolais Fred Vedomey, ont été libérés mardi 1er septembre au Togo. Selon les informations du journal Le Monde, les deux Français devraient regagner la France ce mercredi 2 septembre. Arrêtés le 27 juillet sur le marché de Madjatom, dans la préfecture de Binah, dans le nord du pays, Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani étaient venus tourner un épisode de l’émission « Les Routes de l’impossible », diffusée sur la chaîne française publique France 5. La zone se situe à moins de 80 kilomètres de la région des Savanes, placée en état d’urgence en raison d’incursions djihadistes venues du Burkina Faso voisin. Les deux réalisateurs avaient été inculpés pour « fausses déclarations » liées à leur visa. La justice togolaise évoquait également des « indices graves » à leur encontre, leur reprochant notamment l’utilisation d’un drone dans une zone considérée comme sensible. Le gouvernement togolais avait par ailleurs affirmé qu’ils ne disposaient pas d’une accréditation presse en bonne et due forme. Leur avocat togolais, maître Martial Akakpo, rappelle toutefois que cette libération ne met pas fin à la procédure. « L’affaire n’est pas terminée, l’instruction elle-même n’est pas terminée », précise-t-il à TV5MONDE. La remise en liberté est assortie de l’obligation de se présenter devant le juge en cas de nouvelle convocation. Selon l’avocat, le dossier est désormais « suffisamment éclairé » et le juge pourrait ne pas ordonner de nouvelles auditions avant de décider de la suite à donner à l’affaire. … Cette affaire s’inscrit dans un contexte de relations tendues entre Paris et Lomé. Depuis juin 2025, les antennes de RFI et France 24 sont notamment suspendues au Togo. TV5 Monde
RDC : Au moins 43 morts en une semaine dans des attaques attribuées aux ADF à Mambasa (Société civile)
Au moins 43 civils ont été tués entre le 27 août et le 1er septembre dans des attaques attribuées aux rebelles des ADF dans le territoire de Mambasa, en Ituri, selon des sources locales et le monitoring d’organisations de défense des droits de l’homme. Ces violences ont également perturbé la rentrée scolaire dans plusieurs localités touchées. Au total, 15 villages auraient été attaqués durant cette période. Parmi les localités citées figurent Biamu, Mabakufa, Amani, Mahihi, Pangoite, Lelesi et Kalongo. Le bilan provisoire fait également état de 53 maisons incendiées et du pillage de biens appartenant à la population. Ces attaques ont provoqué le déplacement de nombreuses familles vers des zones considérées comme plus sûres. Lundi dernier, de nouvelles incursions attribuées aux ADF ont été signalées dans les villages de Bandikafu, Bamande et Bandeseibo, dans le territoire voisin d’Irumu. Des habitants se sont réfugiés à Mungamba, rapportent ces organisations. Ces violences interviennent alors que les autorités ont annoncé la reprise des activités scolaires pour l’année 2026-2027 le 1er septembre. Radio Okapi
Ebola en RDC : l’épidémie cause plus de 3 000 morts, sur plus de 6 000 cas confirmés
L’épidémie de maladie à virus Ebola a fait plus de 3 000 morts en République démocratique du Congo (RDC), selon le dernier bilan communiqué par les autorités congolaises, mercredi 2 septembre. Elles affirment que le virus continue de progresser dans le pays, avec désormais plus de 6 186 cas recensés. La RDC fait face à sa 17e épidémie de la maladie, et cette dernière, déclarée officiellement à la mi-mai, est plus meurtrière que celle qui avait sévi entre 2018 et 2020 dans le pays, atteignant un taux de létalité de 48,6 %, selon l’Institut national de santé publique congolais. Elle sévit actuellement dans des zones troublées de l’Est et du Nord-Est, où la présence de l’Etat est fragile et où des groupes armés entretiennent une insécurité permanente. La riposte sanitaire, qui manque de moyens, est dépassée par l’explosion des cas et se heurte à une défiance d’une partie des communautés. La flambée actuelle est causée par le virus Bundibugyo, contre lequel il n’existe aucun vaccin ni traitement spécifique homologué à ce jour. Le Monde avec AFP
Le FMI et le Sénégal trouvent un accord en vue d’un programme d’aide de près de 1,9 milliard d’euros
Le Fonds monétaire international (FMI) est parvenu à un accord avec le Sénégal en vue de la mise en place d’un programme d’aide de 2,2 milliards de dollars (1,89 milliard d’euros au cours actuel) sur 2026-2029, a annoncé l’institution financière internationale mardi 1er septembre, à l’issue d’une mission au Sénégal, dont l’économie est en plein marasme et plombée par la dette. Cet accord « de trente-six mois au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) » doit encore être soumis à l’approbation du Conseil d’administration du FMI. Il s’agit d’une nouvelle retentissante pour ce pays d’Afrique de l’Ouest dont les agences ont plusieurs fois abaissé la note, récemment. De nombreux Sénégalais sont accablés par les difficultés économiques et la vie chère, et le pays fait face à une crise sociale. Mais Mercedes Vera Martin, à la tête de la mission du FMI menée du 19 août au 1er septembre à Dakar, précise que l’accord « nécessite des mesures correctives résolues pour appuyer la demande de dérogation des autorités dans le cadre des déclarations erronées de données ». Le Monde avec AFP
