Soudan du Sud : plusieurs dizaines de morts dans le nord du pays, à la suite de « massacres » commis près de la frontière avec le Soudan
Selon des informations transmises, lundi 2 mars, par des responsables locaux à l’Agence France-Presse, plusieurs dizaines de personnes ont été tuées par de jeunes attaquants armés, dimanche, dans le nord du Soudan du Sud. Cette zone, frontalière avec le Soudan, connaît un regain de violences depuis les dernières semaines. … Sous couvert d’anonymat, une source diplomatique a quant à elle mentionné « au moins 70 morts », en précisant que « ce nombre pourrait dépasser 100 ». Selon elle, ce massacre a été commis par des jeunes appartenant à l’ethnie nuer, venus de l’Etat voisin d’Unité, lui aussi situé dans le nord du pays. En tirant dans un marché dans le comté d’Abiemnom, ils se seraient vengés du meurtre de certains des leurs. Les assaillants ne sont, selon cette source, pas proches du parti d’opposition de Riek Machar, dont les milices affrontent régulièrement l’armée de Salva Kiir, président du pays depuis 2011. Les combats entre les deux camps sont fortement montés en intensité au cours des dernières semaines, en particulier dans l’Etat de Jonglei, dans le centre-est du pays. Le Monde avec AFP
Soudan du Sud : MSF annonce avoir perdu le contact avec 26 de ses employés
L’ONG Médecins sans frontières (MSF) a annoncé, lundi 2 mars, avoir perdu le contact avec 26 de ses 291 employés présents au Soudan du Sud, dans l’Etat du Jonglei, situé dans le centre-est du pays. « [Nos collègues] travaillant à Lankien et Pieri sont toujours portés disparus suite aux récentes violences, et nous avons perdu tout contact avec eux en raison de l’insécurité persistante », a précisé l’association dans un communiqué. Ces dernières semaines, les combats entre factions rivales se sont fortement intensifiés dans le centre-est du pays, théâtre d’importants affrontements entre l’armée loyale au président, Salva Kiir, au pouvoir depuis 2011, et des milices soutenant son opposant Riek Machar, placé en résidence surveillée depuis près d’un an et mis en examen pour « crimes contre l’humanité ». MSF a suspendu ses services médicaux à Lankien, où un de ses centres avait été touché par une frappe aérienne gouvernementale, il y a trois semaines, mais aussi dans la ville de Pieri. « Nombre de nos collaborateurs ont été contraints de fuir les violences avec leurs familles, précise l’association dans son communiqué. Plusieurs sont désormais déplacés et réfugiés dans des zones reculées, avec un accès limité à la nourriture, à l’eau et aux services essentiels. La perte de contact pourrait être liée à l’absence de connectivité. Nous sommes toutefois très préoccupés par le fait que certains de nos collègues puissent se trouver dans des situations très difficiles, qui les empêchent de communiquer avec nous », a-t-elle ajouté. Le Monde avec AFP
Burkina Faso: confusion après des tirs entendus dans la nuit à proximité de la présidence
Plusieurs coups de feu ont été entendus aux alentours de la présidence du Faso, dans la nuit du samedi 28 février au dimanche 1er mars. L’hypothèse de la tentative de coup d’État a été rapidement écartée. L’incident pourrait être lié à des « tensions entre les militaires sur la gestion de la situation sécuritaire » dans le pays, où plusieurs positions de l’armée ont été attaquées par des groupes jihadistes, ces dernières semaines. Que s’est-il passé dans la nuit du 28 février au 1er mars, du côté de la présidence du Burkina Faso ? … « Tout serait parti d’un tir sur un véhicule dans lequel était entreposé des produits inflammables », explique une source sécuritaire à RFI. Quoi qu’il en soit, l’incendie qui s’est déclenché a ensuite brûlé au moins six autres véhicules stationnés au niveau de la présidence, avant d’être maîtrisé par les pompiers dépêchés sur place. Si la présidence du Faso n’a pas communiqué sur cet incident, la même source estime qu’il est lié à des « tensions entre les militaires sur la gestion de la situation sécuritaire » alors que des officiers, des sous-officiers et des chefs de corps, qui étaient attendus pour une rencontre dans la capitale, n’ont pas répondu à la convocation, affirment d’autres sources. Ces dernières semaines, plusieurs positions des forces armées burkinabè ont en effet été prises pour cible par des groupes armés terroristes, sans que le gouvernement ni l’état-major général des armées ne communiquent sur le bilan de ces attaques. RFI
Le Bénin et Le Nigeria préparent une coopération sécuritaire et transfrontalière contre le terrorisme
Bénin et Nigeria s’apprêtent à formaliser une coopération sécuritaire bilatérale pour combattre les groupes terroristes actifs le long de leurs frontières communes. De hauts gradés militaires – les responsables en charge de la lutte antiterroriste des deux pays – se sont réunis à Cotonou le 27 février. Sollicitée pour appuyer cette dynamique, la France a participé à la rencontre. L’objectif est clair : unir les forces pour lutter plus efficacement. Ce projet de coopération, longtemps souhaité par le Bénin avec ses voisins, commence sérieusement à prendre forme. Selon un observateur, si les choses s’accélèrent aujourd’hui, c’est en raison de la situation qui prévaut au nord-est du Bénin, zone frontalière avec le nord-ouest du Nigeria : les groupes armés terroristes y multiplient les attaques de part et d’autre de la frontière. C’est donc une stratégie sécuritaire transfrontalière qui se prépare et qui sera prochainement formalisée. Selon les sources de RFI, elle pourrait notamment prévoir la coordination des patrouilles frontalières, le partage de renseignements, des opérations conjointes, ainsi qu’une surveillance accrue des flux transfrontaliers. … Une nouvelle réunion est prévue avant la fin du mois pour avancer sur le projet de protocole d’accord. RFI
La Cédéao relance sa « Force en attente » pour lutter contre le terrorisme et l’insécurité en Afrique de l’Ouest
La 44e réunion des chefs d’État-majors de la Cédéao s’est achevée ce vendredi 27 février à Freetown la capitale du Sierra Leone. Au programme de cette rencontre des chefs militaires des 12 États membres de l’organisation, la situation sécuritaire face « aux menaces émergentes et complexes ». Pour y répondre, la Cédéao va constituer une Force en attente (ESF) pour les opérations de paix et de sécurité régionale, dont l’ambition est d’apporter une réponse coordonnée aux crises. Avec la menace terroriste qui s’étend de l’intérieur vers les pays côtiers, la criminalité transnationale, l’insécurité maritime, la sous-région est confrontée à de nombreuses menaces transnationales et transfrontalières qui exploitent les faiblesses des États et des sociétés de la région. Le processus d’élaboration de cette Force en attente remonte à 2004. Elle succède à l’ECOMOG (Groupe de supervision du cessez-le-feu de la CEDEAO) intervenu dans les années 1990 au Liberia, en Sierra Leone, en Guinée-Bissau ou encore en Côte d’Ivoire au début des années 2000. Conflit armé, violations massives des droits humains ou tentative de coup d’État contre un gouvernement élu, tels sont les cas de figure dans lesquels la Cédéao peut intervenir. … [L]a Force en attente avait était déployée au Bénin début décembre 2025, après une tentative de coup d’État. Elle était formée de bataillons ivoiriens et nigérians. TV5Monde
RDC : l’aéroport de Kisangani ciblé par une nouvelle attaque de drones de l’AFC/M23
Une nouvelle attaque de drones a visé, dimanche 1er mars 2026, l’aéroport stratégique de Kisangani, ville du nord-est de la RDC, un mois après une attaque similaire revendiquée par le groupe armé AFC/M23, a affirmé lundi le gouvernement local de la province de la Tshopo dans un communiqué. Outre le trafic civil, l’aérodrome de Kisangani est également utilisé par l’armée congolaise et ses aéronefs. La piste sert notamment au décollage des drones d’attaque et des avions de chasse de l’armée congolaise, qui mènent régulièrement des frappes sur les positions de l’AFC/M23 et de l’armée rwandaise en RDC. … Kisangani est située à l’intérieur des terres. Cette cité de plus de 1,5 million d’habitants est distante de plus de 800 km de Goma, grande ville de l’est du pays et fief de l’AFC/M23 depuis janvier 2025. La même distance la sépare d’Uvira, dernière grande ville congolaise à avoir connu des combats. Son aéroport avait été précédemment visé par une attaque de drones les 31 janvier et 1er février derniers. L’AFC/M23 avait revendiqué cette opération inédite, affirmant avoir procédé « à la destruction du centre de commandement des drones militaires installés à l’aéroport de Kisangani ». Le drone est devenu un équipement central dans le conflit dans l’est de la RDC. Les belligérants s’accusent régulièrement d’en faire usage pour mener des attaques dans des zones densément peuplées. Jeune Afrique avec AFP
Libye: lors d’une incursion au Niger, les forces du maréchal Haftar libèrent 22 de ses soldats
L’armée nationale libyenne (ANL) dirigée par le maréchal Khalifa Haftar qui contrôle l’est et le sud libyen, a annoncé jeudi 26 février avoir attaqué un groupe armé au Niger près de la frontière libyenne. La formation indiqué avoir réussi à libérer 22 de ses soldats emprisonnés par ce groupe, le 31 janvier 2026. Lors de cette attaque, l’armée nationale libyenne déplore un mort dans ses rangs et indique qu’elle a fait des prisonniers parmi ses adversaires. Ce sont les unités d’élite de l’ANL qui ont mené l’opération, directement supervisée par Saddam Haftar, vice-dirigeant de cette armée. C’est ce qu’indique un communiqué officiel qui précise que l’attaque a été rendue possible grâce à un travail minutieux de renseignement. L’opération a permis de libérer les 22 soldats de l’ANL emprisonnés par les « révolutionnaires du sud libyen ». … Les révolutionnaires du sud libyen, soutenus par Tripoli, ont déjà revendiqué deux attaques contre l’ANL, depuis fin janvier. Ils accusent les forces de Haftar de diriger la contrebande d’essence et d’or à travers le triangle frontalier dit « Salvador ». Des experts libyens soutiennent que ce groupe profite également du trafic transfrontalier et qu’une forte concurrence s’est installée avec la brigade Souboul al Salam, de l’ANL, active dans le désert et accusée de trafic par l’ONU. RFI
Sierra Leone : des militaires relâchés par la Guinée rentrent à Freetown
Les militaires et policiers sierra-léonais interpellés en début de semaine par l’armée guinéenne sont désormais de retour à Freetown, a annoncé vendredi le ministère sierra-léonais de la Communication. Selon Freetown, tous les soldats « ont été récupérés sains et saufs ». Les autorités sierra-léonaises ont réaffirmé l’importance du dialogue et leur engagement à « explorer toutes les voies diplomatiques disponibles pour résoudre tout différend avec la Guinée ». L’incident s’est produit dans le village de Yenga, à la frontière entre les deux pays, une zone disputée depuis plus de vingt ans où des soldats guinéens restent présents malgré la revendication de la Sierra Leone. Freetown assure que ses forces participaient à la construction d’un poste frontalier, tandis que Conakry affirme qu’elles ont franchi la frontière et installé un campement. La Sierra Leone et la Guinée partagent une frontière de plus de 700 kilomètres et sont membres de plusieurs organisations régionales, dont la CEDEAO et l’Union du fleuve Mano avec le Liberia et la Côte d’Ivoire. Les autorités des deux pays espèrent que le retour des militaires contribuera à prévenir toute escalade et à maintenir la sécurité dans la région. Africanews avec AP
Guinée-Bissau: les deux principaux partis d’opposition lancent un appel au dialogue avec la junte au pouvoir
Dans un manifeste rendu public ces derniers jours, les deux formations exhortent les militaires à l’origine du putsch du 26 novembre 2025 de saisir leur main tendue pour le bien de la Guinée-Bissau : le pays, disent-ils, se trouve dans une situation de blocage qui risque de conduire à une contestation en interne. Un peu plus de trois mois après le coup d’État militaire du 26 novembre 2025 en Guinée-Bissau, les opposants politiques se font toujours discrets dans le pays. Bien que des délégations de la Cédéao soient venues à plusieurs reprises dans le pays pour œuvrer à la sortie de crise, après l’arrestation des principaux leaders de l’opposition et l’interruption du processus électoral, le retour à l’ordre constitutionnel exigé par les opposants et la société civile se fait attendre. Ces derniers jours, toutefois, les deux plus grandes coalitions de l’opposition ont fait parler d’elles en prenant l’initiative d’un manifeste qui n’est pas passé inaperçu : si le texte revient sur leurs revendications déjà bien connues – le retour des militaires dans les casernes et la proclamation des résultats électoraux qui n’ont jamais été annoncés à cause du putsch –, il lance aussi et surtout un appel « solennel » au dialogue avec les militaires et à l’ouverture de canaux de communication avec le général Horta N’Tam, l’auto-proclamé président de la transition – une grande première. RFI
Congo-Brazzaville : ouverture de la campagne présidentielle
La campagne pour l’élection présidentielle du mois prochain au Congo-Brazzaville débute samedi, le président Denis Sassou Nguesso, âgé de 82 ans, semblant assuré de prolonger son règne de plusieurs décennies. Ce militaire de carrière a d’abord dirigé le Congo sous le régime du parti unique de 1979 à 1992, avant de perdre les premières élections multipartites du pays face à l’ancien Premier ministre Pascal Lissouba. Il a renversé Lissouba lors d’une guerre civile pour revenir au pouvoir en 1997. Au début du mois, il a annoncé qu’il briguerait un nouveau mandat de cinq ans, qui, selon la Constitution, serait son dernier. La campagne électorale débute samedi sur la côte atlantique, dans la capitale économique et pétrolière du pays, Pointe-Noire, avec un rassemblement organisé par le Parti congolais du travail (PCT) du président. Elle se terminera le 13 mars, le premier tour des élections ayant lieu le 15 mars. Six candidats de l’opposition ont officiellement confirmé leur candidature, dont Destin Gavin, 34 ans, du Mouvement républicain (MR), qui se présente pour la première fois. Mais l’opposition, fragmentée et muselée, a peu de chances de l’emporter, le parti au pouvoir promettant une « vague » en faveur de son « patriarche », selon les affiches électorales placardées le long des routes. Sassou Nguesso est l’un des dirigeants africains les plus anciens après Paul Biya au Cameroun, au pouvoir depuis 1982, et Teodoro Obiang Nguema Mbasogo en Guinée équatoriale, qui a pris le pouvoir lors d’un coup d’État en 1979. Africanews avec AFP
