Revue de presse du 2 février 2016

250 millions de dollars contre Boko Haram
« Nous disposons plus ou moins de 250 millions de dollars » destinés à financer la Force d’intervention conjointe multinationale (MNJTF), qui lutte contre Boko Haram dans le bassin du lac Tchad, a annoncé Smail Chergui, Commissaire à la Paix et à la Sécurité de l’UA. « 110 millions de dollars de la part du Nigeria, 50 millions d’euros de la part de l’Union européenne, 8 millions de dollars déjà reçus du Royaume-Uni, 4 millions de francs suisses (3,6 MEUR) de la délégation suisse, 1,5 million de dollars de la Communauté des États sahélo-sahariens… », a détaillé M. Chergui. Le président tchadien Idriss Déby, nouveau président en exercice de l’UA, a dit espérer que ces promesses de contributions soient « honorées d’urgence afin de démontrer notre ferme engagement dans la lutte contre le terrorisme ».  BBC

Hécatombe après une attaque de Boko Haram dans le nord du Nigeria
Au moins 85 personnes ont été tuées dans l’attaque qui a frappé samedi 30 janvier une localité proche de Maiduguri, dans le nord-est du Nigeria, selon le dernier bilan des autorités. Les assaillants, des militants présumés du groupe islamiste Boko Haram, ont tiré sur la population de Dalori avant de mettre le feu au village. « Au total, 65 corps ont été déposés à l’hôpital spécialisé, dix autres à l’hôpital universitaire de Maiduguri et 10 autres ont été enterrés (dimanche) dans le cimetière communautaire de Dalori », a précisé le docteur Haruna Mshelia, commissaire à la santé pour l’Etat de Borno. Le Monde

Nigeria: Amnesty dénonce la réintégration du général Mohammed
Au Nigeria, Amnesty International dénonce la réintégration dans l’armée d’un officier mis en cause dans le massacre de centaines de prisonniers en 2014. Amnesty réclamait l’ouverture d’une enquête sur le général Ahmadu Mohammed pour son rôle éventuel dans la mort de détenus qui s’étaient échappés de la caserne de Giwa profitant d’une attaque de Boko Haram. Mais cet officier, démis de ses fonctions l’an dernier, vient d’être réintégré, à la mi-janvier, ce que déplore Daniel Eyre, chercheur à Amnesty. L’armée répond que le général Mohammed est innocent jusqu’à preuve du contraire et qu’Amnesty aurait dû participer à sa propre commission d’enquête sur ce massacre. RFI

Economie. Le Nigeria appelle la Banque mondiale à l’aide
Face à la chute drastique des prix du pétrole, le plus gros pays producteur d’Afrique a entamé des pourparlers avec la Banque mondiale et la Banque africaine de développement pour obtenir 3,5 milliards de dollars de prêts. Après l’Azerbaïdjan, voici le tour du Nigeria de frapper à la porte des bailleurs de fonds internationaux, rapporte le Financial Times. Comme l’ancienne république d’Union soviétique, la plus grande économie d’Afrique souffre de la dégringolade des prix de l’or noir. Avec un baril qui a perdu 75 % de sa valeur depuis juin 2014, pour passer sous la barre des 30 dollars, les pays producteurs de pétrole dont les recettes reposent pour une large part sur les exportations sont acculés. Courrier International

Soudan du Sud: les troupes gouvernementales ont laissé mourir 50 personnes dans un conteneur
Les troupes gouvernementales sud-soudanaises ont tué en octobre 2015 une cinquantaine de personnes en les laissant suffoquer dans un conteneur de marchandises placé en plein soleil, a établi dans un rapport un groupe d’observateurs internationaux. Ce crime, commis dans l’État septentrional d’Unité, l’un des principaux champs de bataille de la guerre civile qui ensanglante le Soudan du Sud depuis plus de deux ans, n’est qu’un des nombreux exemples de violations de cessez-le-feu commises par les deux camps depuis la signature d’un accord de paix fin août, selon le rapport qui en dresse la liste. Ce document a été établi par la Commission de surveillance et d’évaluation (JMEC) de l’accord conclu le 26 août dernier entre le chef de l’État Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar pour mettre fin à la guerre civile. Il a été soumis le 29 janvier au sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba. TV5

L’ONU accorde 11 millions de dollars à la Tanzanie pour aider les réfugiés burundais
Les Nations unies ont débloqué des crédits de 11 millions de dollars pour aider la Tanzanie à faire face aux besoins urgents des réfugiés fuyant le Burundi, a rapporté l’ONU dans un communiqué lundi. Plus de 126 000 Burundais ont trouvé refuge en Tanzanie depuis avril 2015 en conséquence des troubles politiques qui frappent le Burundi. Si l’on y ajoute les 64 000 réfugiés congolais déjà présents dans ce pays, la Tanzanie accueille désormais plus de 193 000 réfugiés. Avec 1500 nouveaux arrivants chaque semaine en moyenne, on estime que cette population de réfugiés pourrait atteindre 230 000 personnes d’ici à la fin 2016. « Cette situation représente un défi important pour ce qui est d’assurer une aide et une protection adéquates à ces réfugiés », a déclaré le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon. Xinhua

Veillée d’armes face à Syrte, fief de l’EI en Libye
Mohammed El-Bayoudi pointe l’index vers le nord-est, là où tout n’est que sable et cailloux. « Ils sont là-bas », avertit l’officier de la brigade 166 de Misrata, sanglé dans son treillis aux manches ornées d’un écusson orange gros comme un cœur de tournesol. « Ils », ce sont les combattants de l’organisation Etat islamique (EI), qui tiennent Syrte, la place forte de l’organisation djihadiste en Libye. A cette distance, on n’aperçoit guère qu’un désert roulant dans une lumière pure jusqu’à s’estomper au loin dans des nuages boursouflés. Mais il flotte assurément ici comme un air de veillée d’armes.  Le Monde

Libye: Fabius dément toute velléité d’intervention militaire en Libye
Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a démenti mardi toute velléité de la France d’intervenir militairement contre l’organisation Etat Islamique (EI) en Libye, en marge d’une réunion à Rome de la coalition internationale contre l’EI. « Il n’est absolument pas question que nous intervenions militairement en Libye », a affirmé M. Fabius devant la presse. « Je ne sais pas de quelle source cela provient ». Un petit groupe « fait pression, mais ce n’est pas la position du gouvernement ».  AFP

Intervenir en Libye: pourquoi, où et comment?
Après l’Irak et la Syrie, la Libye? L’ouverture d’un nouveau front contre le groupe Etat islamique (EI) est désormais sérieusement envisagée par les Etats-Unis et d’autres pays qui se réunissent mardi à Rome, mais une intervention militaire s’annonce délicate à lancer. – Pourquoi? Une intervention militaire étrangère est « de plus en plus probable », estime Mattia Toaldo, chercheur au European Council on Foreign Relations. Car la communauté internationale s’inquiète fortement de « l’échec du processus politique et de l’escalade simultanée des activités de l’EI en Libye ». Elle veut intervenir avant qu’il ne soit trop tard, c’est à dire « avant que le pays ne devienne un sanctuaire » pour les jihadistes, « avant qu’ils ne deviennent extrêmement difficile à déloger », a récemment averti un responsable américain de la Défense.  TV5

Union africaine : où va l’argent
C’était lors du sommet de Johannesburg, en juin 2015. Les chefs d’État et de gouvernement décidaient de « s’approprier » le budget de l’Union africaine (UA). L’objectif : que ses États membres financent, d’ici à cinq ans, l’intégralité de son budget de fonctionnement, 75 % de ses programmes et 25 % de ses opérations de paix et de sécurité. Il reste bien du chemin à parcourir. L’immense majorité des programmes (programme frontières, conception de la grande muraille verte pour le Sahel, bourses d’étude…), aux contours assez flous, est financée par des partenaires internationaux. La seule opération de maintien de la paix sous la conduite de l’UA (l’Amisom, en Somalie) est financée par des bailleurs étrangers. Les missions au Mali, en Centrafrique ou en RD Congo sont, elles, prises en charge par l’ONU. Jeune Afrique

Libye : Kobler insiste sur la nécessité d’installer le gouvernement à Tripoli
Martin Kobler a affirmé lundi à Alger qu’il était « important de former un gouvernement, de renforcer aussi la position du Premier ministre et d’aller à Tripoli », réitérant une demande qu’il avait déjà formulée. Il a souligné l’urgence de mettre fin à une situation « irrégulière », créée par le « vide politique (…) et militaire » et favorisant « l’expansion du groupe terroriste autoproclamé Etat islamique (EI) ». L’appel de Kobler intervient alors que les pressions se multiplient sur les autorités rivales libyennes pour la formation d’un gouvernement d’union nationale. La Libye est livrée aux milices depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi et compte deux gouvernements rivaux –un « provisoire » reconnu par la communauté internationale et siégeant dans l’est du pays et un « gouvernement de salut national » installé à Tripoli qui ne jouit d’aucune reconnaissance internationale. VOA

Deux tonnes de cocaïne saisies en Mauritanie
Selon un responsable de la sécurité, les personnes arrêtées sont de diverses nationalités. « Les autorités viennent de saisir une importante quantité de drogue, dont deux tonnes de cocaïne, dissimulée dans de petits sacs et cachée de façon anodine dans un campement touristique », a affirmé cette source, s’exprimant sous couvert d’anonymat. Le campement où la saisie a été opérée samedi est situé « au bord de l’Atlantique, 200 km au nord-ouest de Nouakchott » d’où la drogue devait être acheminée par mer, « probablement vers l’Europe », a affirmé la même source. Des « dizaines » de personnes appartenant à diverses nationalités, dont des Mauritaniens, des Algériens, des Maliens, des Sénégalais et des Sahraouis, ont été arrêtées et « des véhicules 4×4 utilisés par les trafiquants saisis » lors de cette opération, a-t-elle indiqué sans plus de détails. VOA

À Zika, la forêt ougandaise où est né le virus, beaucoup de questions restent sans réponses
C’est un nom qui est rentré par effraction dans le quotidien des populations aux quatre coins de la planète. Il y a peu encore, la forêt ougandaise Zika était une petite réserve connue des seuls ornithologues et scientifiques. Mais l’épidémie du virus éponyme, qui affecte le continent américain, vient de lui conférer une soudaine notoriété. «Zika inquiète l’OMS. Les dernières données épidémiologiques convergent: ce virus (transmis via la piqûre du moustique Aedes aegypti) progresse à très grande vitesse sur le continent américain. Vingt-deux des cinquante-cinq pays sont désormais concernés et rien ne semble en mesure de freiner à court terme cette épidémie», écrit Jean-Yves Nau, journaliste et docteur en médecine, sur Slate.fr. Slate

Carte : quels sont les pays africains qui autorisent la déchéance de nationalité ?
François Hollande a proposé, à la suite des attentats du 13 novembre à Paris, une réforme constitutionnelle incluant la déchéance de nationalité pour l’ensemble des binationaux en France. Une mesure qui divise la classe politique hexagonale mais qui est loin d’être une première, notamment en Afrique. Dans de nombreux pays, les constitutions autorisent en effet l’État à prononcer la déchéance de la nationalité. Sur le continent africain, cette mesure est même, en majorité, la règle.  Jeune Afrique

Procès Gbagbo: la défense accuse Ouattara d’avoir pris le pouvoir avec l’aide de la France
Au troisième jour du procès de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, poursuivi devant la CPI pour crimes contre l’humanité, la défense a accusé son ex-rival Alassane Ouattara d’être parvenu à ses fins avec le soutien de Paris. Au troisième jour du procès de Laurent Gbago devant la Cour pénale internationale (CPI), la défense sort les griffes. Après avoir plaidé non coupable à l’ouverture, l’avocat de l’ancien président ivoirien a accusé Alassane Ouattara, l’actuel président de la Côte d’Ivoire, de s’être emparé du pouvoir « par la force » et avec l’aide de la France.  France 24

Côte d’Ivoire/procès Guéï: le général Dogbo Blé nie malgré les témoignages
Le général Brunot Dogbo Blé, un ex-homme fort du régime de l’ancien président Laurent Gbagbo, a nié lundi devant le tribunal militaire toute implication dans l’assassinat en 2002 du général Robert Guéï, ex-chef de la junte en Côte d’Ivoire. Dix-neuf personnes, dont le général Dogbo Blé et Anselme Séka Yapo, dit « Séka-Séka », ancien responsable de la sécurité rapprochée de l’ancienne Première dame Simone Gbagbo, sont jugés depuis le 21 janvier à Abidjan. Accusé de complicité, le général Dogbo Blé, un des « prévenus vedettes » du procès, a répété inlassablement: « je n’y étais pas » alors que pas moins de cinq co-accusés ont assuré l’avoir vu à la cathédrale Saint-Paul (qui domine le centre-ville d’Abidjan) où le général Guéï avait été arrêté par des militaires. L’épouse du général putschiste, des membres de sa famille et de sa garde rapprochée ont été tués le même jour.  TV5

Union africaine : où va l’argent
C’était lors du sommet de Johannesburg, en juin 2015. Les chefs d’État et de gouvernement décidaient de « s’approprier » le budget de l’Union africaine (UA). L’objectif : que ses États membres financent, d’ici à cinq ans, l’intégralité de son budget de fonctionnement, 75 % de ses programmes et 25 % de ses opérations de paix et de sécurité. Il reste bien du chemin à parcourir. L’immense majorité des programmes (programme frontières, conception de la grande muraille verte pour le Sahel, bourses d’étude…), aux contours assez flous, est financée par des partenaires internationaux. La seule opération de maintien de la paix sous la conduite de l’UA (l’Amisom, en Somalie) est financée par des bailleurs étrangers. Les missions au Mali, en Centrafrique ou en RD Congo sont, elles, prises en charge par l’ONU. Jeune Afrique

Le nouveau chef de la MONUSCO installé
L’officier sud africain remplace à ce poste le général Brésilien Carlos dos Santos Cruz. Il est notamment attendu sur le front contre les groupes armés qui sèment toujours la terreur à l’Est du pays, alors que des critiques ont été formulées contre les casques bleus en RDC. Agé de 59 ans, le général Derrick Mgwebi a 35 ans d’expérience militaire tant dans son pays l’Afrique du Sud qu’à l’international. Il a dirigé les forces des Nations unies au Burundi de 2004 à 2006. Avant d’être nommé commandant de la Monusco, le général sud africain a notamment tour à tour dirigé l’infanterie puis les forces spéciales de son pays. Quelques mois après la nomination du Nigérien Maman Sidikou à la tête de la Monusco, un autre africain est désigné pour diriger l’aile militaire de la mission. Et le choix d’un Sud africain est bien perçu par Kinshasa. BBC

Retrait de l’Afrique de la CPI : un nouveau permis de tuer ?
Sous l’impulsion du président kényan Uhuru Kenyatta, l’Union africaine (UA) a adopté, dimanche 31 janvier, à l’issue de son 26e sommet, une proposition ouvrant la voie à un possible retrait en bloc des Etats africains de la Cour pénale internationale (CPI). L’argument d’une cour qui s’en prend uniquement aux Africains a fait son chemin pour arriver à cette annonce historique d’Addis-Abeba qui survient, faut-il le noter, quelques jours après l’ouverture du procès de Laurent Gbagbo à La Haye. Certes, la CPI est critiquable à bien des égards. Son attitude incohérente sur le cas Kenyatta, son échec patent concernant Omar Al-Bachir en juin 2015 et son incapacité à attraire des personnes coupables d’horreurs ailleurs dans le monde constituent des marqueurs de ses limites. Le Monde



Photo: Adam Jones