Revue de presse du 1er juillet 2026

Soudan: Amnesty accuse les paramilitaires de crimes contre l’humanité à El-Facher
Les paramilitaires de Forces de soutien rapide (FSR), en guerre contre l’armée au Soudan, ont commis des crimes contre l’humanité et mené un apparent « nettoyage ethnique » lors du siège et l’assaut de la ville d’El-Facher, au Darfour, entre 2024 et 2025, accuse Amnesty dans un rapport mercredi. Ces actes « pourraient être constitutifs du crime de génocide », avance aussi l’ONG de défense des droits de l’homme qui dit continuer d’enquêter à ce sujet. En février, une mission d’enquête composée d’experts nommés par l’ONU a fait état d' »actes de génocide » perpétrés par les FSR lors de la prise d’El-Facher, capitale de la province du Darfour-Nord. Amnesty appelle à un cessez-le-feu immédiat et au déploiement d’urgence d’une force internationale pour protéger les civils, de crainte de nouvelles atrocités face aux signes d’offensive imminente des FSR sur la ville d’El-Obeid dans la région du Kordofan (sud). Dans ce rapport intitulé « ville assiégée, enfants pris pour cibles », l’ONG a notamment interrogé 247 victimes ou témoins d’exactions entre début 2024 et octobre 2025 dans le Darfour-Nord. Selon ces témoignages, les FSR ont attaqué dès 2024 de façon systématique les villages, villes et camps de déplacés aux alentours d’El-Facher, peuplés majoritairement de Zaghawa, une ethnie non arabe du Darfour, également présente au Tchad. AFP

Centrafrique: frontalière du Soudan, la localité d’Am Dafok visée par une violente attaque
En Centrafrique, une violente attaque a visé la localité d’Am Dafok, frontalière du Soudan, mardi 30 juin. À l’aube, des hommes armés ont investi la ville et semé le chaos, puis des paramilitaires russes de Wagner ont mené des frappes aériennes. Selon une source locale, les assaillants sont venus du Soudan voisin au petit matin et ont gardé le contrôle de la ville jusque dans l’après-midi, quand des tirs continuaient à être entendus. Les autorités locales ainsi qu’une partie de la population ont trouvé refuge près de la Minusca, la force de l’ONU en Centrafrique, qui a également été prise pour cible. Trois casques bleus du contingent zambien ont été blessés, dont l’un grièvement. Dans son communiqué, la mission onusienne dénonce l’attaque d’une coalition d’éléments du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) de Noureddine Adam, du Mouvement démocratique pour le rassemblement du peuple centrafricain (MDRPC) d’Arda Hakouma, et d’autres éléments armés « non identifiés ». Le réseau téléphonique étant coupé, il était difficile d’avoir un bilan des pertes civiles dans la soirée de mardi, mais une source locale jointe par RFI à Birao, la préfecture de la Vakaga, a assuré qu’il y avait eu plusieurs morts – dont des gendarmes – et de nombreux blessés. Une trentaine de maisons aurait également été incendiées et pillées. RFI

Au nord du Nigeria, 37 élèves enlevés par des djihadistes, selon les autorités locales
Trente-sept élèves sont portés disparus après que des djihadistes ont pris d’assaut lundi leur établissement scolaire, dans le nord-est du Nigeria, selon une liste diffusée mardi 30 juin par un responsable local et consultée par l’Agence France-Presse (AFP). Les enlèvements contre rançon, visant en particulier des élèves, sont devenus une pratique courante dans le pays le plus peuplé d’Afrique tant de la part de groupes djihadistes que de bandes criminelles, appelées « bandits », dans le nord et le centre du pays, les régions les plus touchées par l’insécurité. Ce dernier épisode de violences s’est produit lundi matin, quand des assaillants présumés de l’Etat islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) ont attaqué un lycée de la ville de Lassa, dans la zone administrative d’Askira Uba, tuant trois personnes, dont un soldat, selon les autorités. L’armée a déclaré lundi que 11 élèves ont été enlevés au moment où ils passaient leurs examens de fin d’année. Dix d’entre eux ont ensuite été secourus. Le Monde avec AFP

Mali: opposants politiques enlevés depuis deux mois, ces messages distillés par les autorités sans parler
Au Mali, cela fait deux mois que Maître Mountaga Tall, avocat et homme politique malien, a été enlevé par des hommes armés et encagoulés. Il est détenu depuis par la Sécurité d’État dans un lieu inconnu en dehors de tout cadre judiciaire légal. Après lui, son propre fils a été enlevé. C’est également le cas de Youssouf Daba Diawara, Moussa Djiré et d’autres voix critiques du régime, ainsi que de religieux et de militaires. Leur nombre total n’est pas connu, les autorités de transition n’ont jamais communiqué sur le sujet, ce qui ne les empêche pas de faire passer leurs messages. Familles et avocats expriment leur inquiétude, saisissent la justice malienne et internationale, cherchent en vain des informations sur les disparus – parmi lesquels figure notamment un ancien ministre et avocat, Maître Mountaga Tall. Les autorités de transition, pourtant directement interpellées, continuent d’appliquer leur stratégie du silence. … « Le silence, sur certains dossiers, est aussi un mode de communication pour eux [pour les militaires au pouvoir, NDLR], analyse Oumar Berté, avocat et politologue malien, chercheur associé à l’université de Rouen. Ils ont réussi déjà à propager l’idée que ces gens sont liés avec les groupes armés terroristes. Les autorités de transition ne parlent pas mais elles communiquent quand même, de façon indirecte : à travers leurs soutiens, qui sont sur les réseaux sociaux et sur des web-TV, elles essaient de faire passer les personnes enlevées pour des coupables parfaits, capables de pactiser avec le diable pour atteindre leurs objectifs. La cible principale, ce sont les acteurs politiques et la démocratie ». La méthode permet tout à la fois d’entretenir un climat de terreur parmi les voix critiques, de diaboliser la classe politique et de décrédibiliser les valeurs démocratiques en les associant aux « ennemis de la Nation », sans apporter de réponse sur les défaillances sécuritaires du 25 avril, ayant conduit à la mort du ministre de la Défense Sadio Camara ou à la perte de Kidal par l’armée malienne et l’Africa Corps russe, sous les assauts des groupes armés. RFI

Ouganda: en s’attaquant à la presse, la répression contre les voix dissidentes franchit un nouveau pas
Les autorités ougandaises viennent de donner un nouveau tour de vis à la répression des voix qui osent les critiquer en fermant deux médias du principal groupe de presse indépendant du pays, dimanche 28 juin. Si le pouvoir assume pleinement cette décision, la mesure suscite en revanche de nombreuses réactions à l’étranger. Après les arrestations d’opposants et d’avocats, le principal groupe de presse indépendant du pays, Nation Media Group, est à son tour dans le collimateur des autorités ougandaises. Depuis dimanche 28 juin, plusieurs de ses médias, dont le Daily Monitor et NTV Uganda, ont cessé de fonctionner à la suite d’une opération menée sous l’autorité du chef de l’armée, Muhoozi Kainerugaba. Une opération que le gouvernement assume pleinement, Kampala affirmant dans un communiqué publié mardi 30 juin que l’arrêt des activités du groupe est lié à une enquête de sécurité ordonnée par le président Yoweri Museveni et menée par l’armée, la police et d’autres services de sécurité. Ses conclusions seront rendues publiques une fois les investigations achevées. … Dans le pays, l’affaire intervient dans un contexte de durcissement de la répression contre les voix hostiles aux autorités et de multiplication des attaques du chef de l’armée – et fils du président Yoweri Museveni – contre les opposants, les médias et la société civile. Ces dernières semaines, l’avocat de l’opposant Kizza Besigye, Erias Lukwago, a ainsi été arrêté et hospitalisé, alors que, plus récemment, l’ancienne ministre Miriam Matembe, 72 ans, a, elle, disparu après avoir été publiquement menacée sur les réseaux sociaux par Muhoozi Kainerugaba. RFI

Togo: deux ONG interpellent les autorités sur le sort de défenseurs des droits humains en exil
Une lettre ouverte adressée aux autorités togolaises pour leur demander de prendre des mesures afin de garantir un retour sûr de défenseurs des droits humains actuellement en exil et qui souhaitent rentrer au Togo : elle a été publiée par la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), un an après les manifestations de juin 2025 contre la nouvelle Constitution, le coût de la vie, et l’emprisonnement de membres de la société civile. La situation est aujourd’hui encore jugée préoccupante par ces deux organisations. La répression des manifestations de juin 2025 a entrainé plus d’une centaine d’arrestations, 21 cas de tortures et de mauvais traitements, et 5 décès, affirment la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT). Un an plus tard, aucune enquête n’a abouti, et un climat de peur persiste, selon ces deux ONG. Conséquence : une nouvelle vague d’exils de défenseurs des droits humains. RFI

Crise post-électorale au Cameroun: trois mineurs toujours détenus à Douala
Il en reste trois à la prison de New Bell à Douala au Cameroun. Trois mineurs, adolescents, détenus depuis huit mois après avoir été arrêtés dans leurs quartiers, lors des manifestations de protestation qui ont éclaté dans plusieurs villes du pays à l’approche de la proclamation de la victoire de Paul Biya à la présidentielle d’octobre. Les trois adolescents ont été présentés devant un juge du tribunal de première instance de Bonanjo. Aucune charge n’a été retenue contre eux. Ils peuvent sortir, en théorie, mais une caution de 100 000 francs CFA, l’équivalent 150 euros, et deux garants sont exigés. L’un d’eux, âgé de 16 ans, a contracté la tuberculose en prison. Philippe Nanga, coordonnateur de l’organisation Un Monde Avenir appelle le juge à les libérer sans attendre. … Selon une autre organisation de la société civile qui assiste les détenus, il y avait au moins 130 mineurs arrêtés lors de cette séquence de la crise post-électorale. Âgés de 13 à 17 ans, ils ont été répartis dans les prisons de New Bell et Ngoma à Douala. Il s’agit majoritairement de garçons, avec deux filles seulement sur les 130 que cette ONG a aidés, dont beaucoup d’élèves. Il reste peut-être des mineurs que cette ONG n’a pas rencontrés, donc pas comptabilisés. RFI

Ebola en RDC : une crise qui menace d’aggraver la pauvreté
L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) dépasse largement le cadre d’une urgence sanitaire et risque de provoquer un choc économique et social majeur, alerte un nouveau rapport du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) publié mardi. Près d’un million de personnes supplémentaires pourraient basculer dans la pauvreté, tandis que les pertes économiques pourraient atteindre plusieurs milliards de dollars en Afrique si la crise s’aggrave. Selon l’analyse du PNUD, l’épidémie actuelle causée par le virus Bundibugyo, pour lequel il n’existe ni vaccin ni traitement à ce jour, agit comme un « choc régressif de pauvreté » en RDC et dans les pays voisins, notamment l’Ouganda, le Rwanda et le Soudan du Sud. Les mesures nécessaires pour contenir la propagation du virus, comme les quarantaines et les restrictions sanitaires, perturbent les échanges commerciaux, les déplacements et les moyens de subsistance des populations les plus vulnérables. … Le rapport du PNUD estime que, même dans un scénario où l’épidémie est maîtrisée en RDC et en Ouganda, les conséquences économiques resteront considérables. La RDC pourrait enregistrer plus d’un milliard de dollars de pertes de produit intérieur brut réel et perdre environ 55.000 emplois. ONU Info

RDC : Denis Mukwege critique la gouvernance de la RDC sous Félix Tshisekedi
Dans une lettre ouverte au président Félix Tshisekedi, mardi 30 juin 2026, le Prix Nobel de la paix Denis Mukwege dresse un bilan sévère de la gouvernance du pays depuis 2019. Il déplore notamment la crise sécuritaire persistante dans l’Est de la RDC, la gestion de l’état de siège, les choix diplomatiques du gouvernement, la réforme du secteur de la sécurité ainsi que les questions liées à la souveraineté nationale. Denis Mukwege appelle également le chef de l’État à préserver l’unité du pays, à ne pas toucher à la Constitution et à placer la paix, la justice et la protection des populations au cœur des priorités nationales. Dans une lettre ouverte, il affirme qu’il n’y a « rien à célébrer », en ce jour d’anniversaire de l’accession du pays à son indépendance. Selon lui, la RDC traverse une crise profonde marquée par l’insécurité, les souffrances des populations et les menaces qui pèsent sur l’intégrité du territoire national. Le Prix Nobel de la paix revient sur plusieurs décisions prises depuis l’arrivée au pouvoir du chef de l’État en 2019. Il critique notamment la gestion de l’état de siège, la politique sécuritaire menée dans l’Est du pays ainsi que certaines orientations diplomatiques engagées avec des partenaires régionaux et internationaux. Dans cette lettre ouverte, Denis Mukwege déplore également l’absence d’avancées significatives dans la lutte contre l’impunité. Il regrette notamment que les recommandations relatives à la justice transitionnelle et à la création d’un tribunal chargé de juger les crimes graves commis en RDC n’aient pas abouti. Raido Okapi

Bénin: maisons submergées, routes impraticables, la saison des pluies s’abat avec vigueur sur le pays
La saison des pluies s’abat sur le Bénin – et tout le Golfe de Guinée – avec une intensité particulière depuis le mois de juin. Cotonou et sa périphérie en ont fait les frais dans la nuit du lundi 29 au mardi 30 juin : des quantités d’eau se sont déversées sur la capitale économique et à Abomey-Calavi, inondant plusieurs quartiers et paralysant certains axes routiers. Pour des centaines d’automobilistes piégés dans les embouteillages, ce fut un calvaire interminable. Ce mardi 30 juin au matin, en allant au travail, piétons, automobilistes et motocyclistes ont vécu un véritable calvaire, tous piégés entre les eaux de pluie et les embouteillages. Plusieurs axes routiers étaient inondés, surtout le pont de Houédonou, principale porte d’entrée sur Cotonou, non loin de l’université d’Abomey-Calavi où le niveau de 141 mm d’eau a été relevé. Nombreux sont ceux qui ont découvert, avec amertume, la mauvaise surprise de ce matin-là sur l’axe menant au pont. RFI