Revue de presse du 1er février 2016

L’UA n’enverra pas de soldats au Burundi
Les chefs d’Etat des pays membres de l’organisation panafricaine vont examiner un projet d’envoi de cinq mille soldats au Burundi, lors de leur 26e sommet tenu ce weekend à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne. L’Union africaine n’a jamais eu l’intention d’envoyer des soldats au Burundi sans le consentement de ce pays, a précisé Ibrahima Fall, le représentant de l’organisation continentale dans la région des Grands Lacs. Les autorités burundaises ont depuis plusieurs mois déclaré qu’elles allaient considérer l’envoi de soldats de l’UA dans leur territoire comme une agression du pays. Les troupes de l’Union africaine devaient assurer la protection des civils, selon l’organisation panafricaine.  BBC

Burundi. Sommet de l’Union africaine : l’intervention militaire, ultime solution ?
C’est ce week-end (30- 31 janvier) que s’ouvre à Addis-Abeba (Ethiopie), le 26e sommet de l’Union africaine (UA) avec, pour plat de résistance, la crise burundaise. Le cas burundais préoccupe donc l’Afrique au plus haut niveau puisqu’il lui vaut un sommet, même si le format reste limité. Mais, pour bon nombre d’Africains dont le sommeil est hanté, il n’y a point de place pour un optimisme facile. D’abord, parce que les sommets de l’UA se suivent et se ressemblent. Ensuite, parce que les conclusions qui sortiront du conciliabule sont intimement liées au profil des participants au sommet. Si les présidents qui se rencontrent sont susceptibles de se retrouver un jour dans la même situation que Nkurunziza, il n’y a rien à espérer. Enfin, parce que l’idée maîtresse d’envoyer une force d’interposition de 5 000 soldats au Burundi pour stabiliser le pays et protéger les populations laisse planer des doutes. Courrier International

Burundi: Faut-il huer l’UA?
L’Union africaine (UA) s’est donc une fois de plus hissée à la hauteur de sa légende. Réunie ce week-end en son siège éthiopien d’Addis-Abeba pour son 26e sommet, l’instance continentale a renoncé à dépêcher une force de maintien de la paix au Burundi, théâtre d’un sanglant naufrage ; et ce, six semaines après avoir arrêté le principe de l’envoi d’une Mission de prévention et de protection (Maprobu) dotée de 5000 hommes. Renoncer, surseoir, ajourner, différer, atermoyer : c’est il est vrai, au risque d’épuiser le dictionnaire des synonymes, ce que l’UA fait le mieux, et avec le plus de constance. Commentaire agacé du Tchadien Idriss Déby Itno, élevé pour un an à la dignité de président en exercice de l’Union : « Nous nous réunissons trop souvent, nous parlons toujours trop, nous écrivons toujours beaucoup, mais nous n’agissons pas assez et parfois pas du tout. » La franchise : voilà au moins une vertu qu’il faut mettre au crédit de Déby. L’Express

Le pouvoir burundais « satisfait » de la décision de l’UA de continuer les discussions
Le ministre burundais des Affaires étrangères Alain Aimé Nyamitwe s’est déclaré « satisfait » de la décision de l’UA de surseoir à l’envoi d’une force de maintien de la paix dans son pays, dimanche 31 janvier à Addis Abeba. « On ressent un brin de satisfaction: les chefs d’État ont compris que là, il y avait eu un manquement dans la décision. On ne sait même pas pourquoi ils s’étaient empressés de prendre cette décision », a-t-il déclaré à la presse peu après la clôture du 26e sommet de l’UA. Les chefs d’Etat africains ont décidé dimanche de prolonger les discussions avec le pouvoir en place au Burundi afin de le convaincre d’accepter le déploiement de cette « mission de stabilisation » de 5.000 hommes, dont le principe avait été acté mi-décembre par l’UA. VOA

Idriss Déby Itno : « L’Union africaine a donné une chance au président Nkurunziza de résoudre la crise »
Le chef de l’État tchadien Idriss Déby Itno vient d’être désigné pour un an à la présidence de l’Union africaine (UA). Il a donné sa première interview à Jeune Afrique. Pour lui, le Burundi ne doit pas s’imaginer que l’absence d’intervention militaire à ce stade est un blanc seing. Il prévient : si la situation dégénère, l’UA fera usage de la force. Jeune Afrique

Tchad : Deux attentats suicides font près de 60 victimes
Deux attentats suicides ont fait dimanche trois morts et 56 blessés dans deux localités tchadiennes de la région du lac Tchad, cible régulière d’attaques des islamistes nigérians de Boko Haram. La veille, le Nigeria avait aussi été touché. Deux attaques quasi-simultanées ont touché le territoire tchadien dimanche matin. La première attaque a visé la localité de Guité, où un kamikaze circulant à moto s’est fait exploser, tuant une personne et en blessant 32, selon un officier des services de sécurité sous couvert d’anonymat. Un deuxième attentat suicide a fait deux morts et 24 blessés dans le village de Mitérié.  France 24

L’Afrique veut quitter la CPI
Une proposition en faveur du retrait des pays africains de la Cour pénale internationale, faite par le président kényan Uhuru Kenyatta, a été adoptée à la fin du sommet de l’UA, ce dimanche, à Addis-Abeba. M. Kenyatta a proposé à ses pairs du continent de préparer une feuille de route censée aboutir au désengagement des pays africains du Statut de Rome, par lequel la CPI a été instituée. Selon le chef de l’Etat tchadien Idriss Déby Itno, le nouveau président en exercice de l’UA, la proposition kényane repose sur le sentiment que la Cour pénale internationale cible notamment les dirigeants africains. BBC

Washington vient en aide à l’Ethiopie
Selon le gouvernement éthiopien, environ dix millions de personnes – à peu près 12,5 % de la population du pays – ont besoin d’aide alimentaire pour ne pas subir la famine, à la suite de la sécheresse. La famine pourrait affecter un nombre de personnes deux fois plus important, dans le pays, dans les prochains mois, selon les Nations unies. L’Ethiopie est confrontée cette année à une sécheresse, la plus grave depuis plusieurs décennies. L’Afrique de l’Est est secouée par une sécheresse aggravée par le phénomène climatique El Nino. BBC

Idriss Déby Itno, président de l’UA
C’est désormais le Tchad qui préside aux destinées de la plus importante organisation africaine pour les douze prochains mois. Outre la présidence de l’Union africaine, Idriss Déby Itno dirige la Communauté des Etats sahélo-sahariens (CEN-SAD) et le G5 Sahel, qui regroupe la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad. Mais pour Ngarlejy Yorongar, opposant au régime d’Idriss Déby Itno,  »le Tchad est en deuil » avec cette désignation du président tchadien à la tête de l’UA. Le leader du parti Fédération Action pour la République (FAR) déclare avoir écrit à la présidente de la Commission de l’Union africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma pour protester contre la désignation de M. Déby comme président de l’UA, mais que celle-ci n’a pas donné une suite.  BBC

Sommet de l’UA: victoire diplomatique pour Idriss Déby
Le sommet de l’Union africaine a démarré samedi 30 janvier à Addis-Abeba, en Ethiopie. Au programme : de nombreux dossiers sécuritaires. Mais le temps fort de cette journée a été la passation de pouvoir à la tête de la présidence tournante de l’Union africaine. Le Zimbabwéen Robert Mugabe a passé la main à Idriss Déby, une victoire diplomatique pour le président tchadien, à l’approche de la présidentielle au Tchad. RFI

RCA: la France souhaite mettre fin à l’opération Sangaris en 2016
En République centrafricaine (RCA), la force française Sangaris sera ramenée au niveau d’avant-crise, c’est-à-dire environ 300 hommes, à la fin de l’année 2016, a indiqué le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, interrogé, ce dimanche 31 janvier, dans le cadre de l’émission Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro. Mi-janvier, lors de ses vœux aux armées, le président français, François Hollande, avait alors annoncé un désengagement « rapide » de cette même force française. RFI

Centrafrique: Des responsables de l’ONU désignent des pays dont les troupes sont accusées d’abus sexuels en Centrafrique
Illustrant le fait que la transparence est un élément important de la lutte contre ce « fléau incroyablement difficile », M. Banbury a nommé certains des pays dont les troupes – toutes placées sous le drapeau de l’ONU- sont impliquées : le Bangladesh, la République démocratique du Congo (RDC), le Maroc, le Niger et le Sénégal. Il a noté que dans ces affaires, toutes les victimes étaient mineures au moment des prétendus abus, lesquels ont été perpétrés par un total de 10 personnes originaires de ces 5 pays. Il a précisé que l’ONU avait lancé sa propre enquête dans les affaires impliquant des soldats de la RDC et du Niger, car ces deux pays n’ont pas répondu à la demande de l’ONU de prendre l’initiative en la matière. De son côté, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, s’est dit très alarmé par le fait que des allégations d’exploitation et d’abus sexuels sur des mineurs en République centrafricaine par des membres de forces militaires étrangères se poursuivent. Les crimes présumés ont principalement eu lieu en 2014, mais n’ont été découverts que ces dernières semaines.  UN

UA: Ouattara et Kaboré se rencontrent, sur fond d’affaire Soro
Vendredi 29 janvier 2016 à Addis-Abeba, avant l’ouverture ce samedi matin du 26e sommet de l’UA, une rencontre surprise a réuni les présidents de Côte d’Ivoire et du Burkina Faso. Cet entretien était important, deux semaines après l’annonce d’un mandat d’arrêt de la justice burkinabè contre Guillaume Soro, président de l’Assemblée nationale ivoirienne. RFI

Union africaine : où va l’argent
C’était lors du sommet de Johannesburg, en juin 2015. Les chefs d’État et de gouvernement décidaient de « s’approprier » le budget de l’Union africaine (UA). L’objectif : que ses États membres financent, d’ici à cinq ans, l’intégralité de son budget de fonctionnement, 75 % de ses programmes et 25 % de ses opérations de paix et de sécurité. Il reste bien du chemin à parcourir. L’immense majorité des programmes (programme frontières, conception de la grande muraille verte pour le Sahel, bourses d’étude…), aux contours assez flous, est financée par des partenaires internationaux. La seule opération de maintien de la paix sous la conduite de l’UA (l’Amisom, en Somalie) est financée par des bailleurs étrangers. Les missions au Mali, en Centrafrique ou en RD Congo sont, elles, prises en charge par l’ONU. Jeune Afrique

Présidentielle au Congo-Brazza : le premier parti d’opposition désigne son candidat
L’Union panafricaine pour la démocratie sociale (Upads), premier parti d’opposition au Congo, a annoncé dimanche à Brazzaville avoir désigné son candidat à l’élection présidentielle du 20 mars. Pascal Tsaty Mabiala, premier secrétaire du parti, a été investi au terme d’une session extraordinaire du Conseil national de l’Upads. Il est le deuxième candidat d’opposition à se présenter face au président sortant, Denis Sassou Nguesso. « Le Conseil national a unanimement retenu (…) la candidature du camarade Pascal Tsaty Mabiala à cette élection majeure », a annoncé le porte-parole de l’Upads, Honoré Sayi. « Pendant la campagne présidentielle, face à la dictature nous opposerons le courage, face à la tricherie nous opposerons la vigilance et face au doute nous opposerons l’enthousiasme et la détermination », a affirmé M. Tsaty Mabiala, âgé de 66 ans. VOA

Afrique australe : la crise alimentaire en chiffres
Cette année, l’Afrique australe est confrontée au risque de mauvaises récoltes, car les précipitations ont atteint leur niveau le plus bas dans une région où 29 millions de personnes vivent déjà sans un accès fiable à une alimentation bon marché et nourrissante en quantité suffisante. « Les perspectives sont alarmantes, car plusieurs zones n’ont connu que peu ou pas de précipitations et la fenêtre de plantation des céréales se ferme rapidement ou s’est déjà fermée dans certains pays », a mis en garde le Programme alimentaire mondial (PAM). « La région est mal préparée pour un choc de cette magnitude, d’autant plus que la dernière saison de croissance a aussi été affectée par la sécheresse. Cela se traduit par un épuisement des stocks régionaux, des prix élevés des produits alimentaires et une augmentation sensible du nombre de personnes affectées par l’insécurité alimentaire », a dit l’agence des Nations Unies. IRIN

Afrique: L’Italie à l’assaut de l’Afrique
Le premier ministre et le président de la République s’apprêtent à partir pour l’Afrique, continent retenu stratégique pour l’avenir de la péninsule. On a vu et entendu le Premier ministre Matteo Renzi en Afrique, on va y voir et entendre aussi cette année le président de la République italienne, Sergio Mattarella. Le premier s’apprête à revenir en Afrique pour la troisième fois, avec sa tournée du 1er février qui le conduira au Nigéria, au Ghana et au Sénégal. Le second a prévu d’entamer le contact direct avec l’Afrique subsaharienne par le pays qui abrite son organisation continentale, l’Union africaine, l’Ethiopie. Aujourd’hui aux prises avec une grave sécheresse qui menace ses populations, l’Ethiopie est aussi une partenaire de poids de l’Italie qui y mène une activité multisectorielle déterminante. allAfrica

Algérie : le Parlement se penche sur une révision de la Constitution
Le Parlement algérien se prononcera mercredi sur un projet de révision de la Constitution, qui limite notamment à deux le nombre de mandats présidentiels. Un statut qui avait été supprimé par l’actuel chef d’État, Abdelaziz Bouteflika. Alors qu’Abdelaziz Bouteflika effectue son quatrième mandat présidentiel en Algérie, il pourrait en être tout autrement pour ses successeurs. Le Parlement algérien doit se réunir à partir de mercredi 3 février pour adopter un projet de révision de la Constitution, a annoncé samedi 30 janvier la présidence dans un communiqué. Entre autres mesures, ce projet rétablit la limitation à deux du nombre de mandats présidentiels qui avait été supprimée en 2008.  France 24

L’expansion de l’EI en Libye inquiète les Africains
Un seul consensus : accélérer. A l’occasion de la cinquième réunion du groupe international de contact pour la Libye, l’UA, l’UE, les Nations unies et les pays africains frontaliers ont rappelé jeudi 28 janvier à Addis-Abeba la nécessité de « ne plus perdre de temps » pour rétablir la stabilité politique en Libye. Le 25 janvier, le rejet du gouvernement d’union nationale, formé sous l’égide de l’ONU, par le Parlement de Tobrouk, le seul reconnu par la communauté internationale, a confirmé les difficultés du processus de transition engagé depuis des mois. Le Monde



Photo: Adam Jones