Revue de presse du 19 novembre 2025

RDC : de nouveaux affrontements dans le Sud-Kivu
Malgré les différents accords conclus entre la RDC et le Rwanda, mais aussi entre Kinshasa et les rebelles de l’AFC-M23, l’intensité des combats ne faiblit pas. … C’est dans ce contexte qu’une frange de la société civile du Sud-Kivu vient de lancer une campagne pour inciter les parties en conflit à organiser un dialogue, dans l’espoir d’une paix durable. Samedi dernier, le 15 novembre, le gouvernement congolais et l’AFC-M23 ont signé, à Doha, sous la médiation du Qatar, l’accord-cadre global pour la paix dans l’est de la RDC. Les deux parties ont réaffirmé leur engagement à respecter la Constitution congolaise, l’intégrité territoriale de la RDC, le droit international humanitaire, ainsi que le rétablissement de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire congolais, en particulier dans les zones contrôlées par l’AFC-M23. Des discussions complémentaires devront bientôt préciser les étapes, le calendrier et les procédures de mise en œuvre de ce plan. DW

Conflit dans l’est de la RDC: où en est le dialogue national porté par les confessions religieuses?
Alors que Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23 ont signé le week-end dernier à Doha un accord-cadre qui ouvre la voie à huit protocoles de négociation et que l’opposant Martin Fayulu vient de relancer l’appel à un dialogue national en RDC, où en est ce processus porté par les différentes confessions religieuses du pays ? Près de trois mois après l’adoption d’une feuille de route à l’issue de quatre séances de travail en juillet et en août puis d’un atelier de cinq jours avec – entre autre – des proches collaborateurs du président, ces dernières attendent toujours sa convocation. … Depuis la fin du mois d’août en effet, celui-ci s’est contenté de donner quelques indications sur ce qu’il souhaite. Dans le courant du mois d’octobre, le chef de l’État a ainsi rejeté l’idée d’un dialogue incluant des représentants « de l’agresseur ». … Depuis qu’elles ont pris l’initiative de ce dialogue au mois de février, les Églises catholique et protestante congolaises ont pourtant dû franchir de nombreux obstacles pour le faire valoir. Leurs représentants ont d’abord parcouru le monde pour rencontrer des responsables américains, européens, africains, ainsi que des acteurs politiques et des membres des mouvements armés impliqués dans le conflit qui déchire l’est de la RDC. Considérant la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) et l’Église du Christ au Congo (ECC) comme proches de l’opposition, la méfiance de Félix Tshisekedi est toutefois restée forte à ce stade. RFI

Mali : les imams critiquent les djihadistes du JNIM
A la demande du Haut conseil islamique, les imams prononcent des « invocations spéciales » pour le retour de la paix et de la stabilité dans le pays. Depuis le 17 octobre dernier, ces invocations spéciales, appelées « Qunut » en arabe, tirant leur source de la tradition islamique, sont prononcées par les imams à la fin de chaque prière obligatoire. Elles sont accompagnées par les « amin » des fidèles. … C’est au nom de l’islam et du djihad que le Jnim, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, justifie ses actions dans le pays, avec des attaques coordonnées ciblant les populations civiles, les forces armées maliennes et dernièrement, les bus et les camions-citernes. Pour Mohamed Kimbiri, président du Collectif des associations musulmanes du Mali, ces actes n’ont « rien à voir avec l’islam » : « C’est une utilisation péjorative du précepte de l’islam qu’on veut coller à des gens qui font des choses contraires à la religion. Il y a certaines choses que le prophète de l’islam Mohamed, paix et salut sur Lui, a interdit de toucher », explique-t-il. DW

L’ONU invite à l’union contre les attaques djihadistes dans le Sahel et rappelle le besoin humanitaire
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé, mardi 18 novembre, les Etats du Sahel à mettre de côté leurs différends pour faire face à l’explosion des attaques des groupes djihadistes dans cette région en proie à une crise humanitaire. « Il est absolument essentiel que, malgré ces divergences, nous construisions une plateforme de coopération entre les services de renseignement et de sécurité » des pays de la région, a-t-il déclaré en visioconférence face au Conseil de sécurité de l’ONU. Il a invité à l’union, sur ce sujet, entre les pays de la Cedeao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest), ceux de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) – formée par les juntes souverainistes au pouvoir au Mali, au Niger et au Burkina Faso –, et la Mauritanie, le Tchad et l’Algérie. … Face au Conseil de sécurité, le président de la Commission de la Cedeao, le Gambien Omar Alieu Touray, a rappelé que « la confiance est nécessaire pour que les pays collaborent dans le partage d’informations et de renseignements, les patrouilles frontalières et les opérations conjointes ». « Malheureusement, la situation dans notre région est caractérisée par la méfiance », a-t-il regretté, appelant « les membres de ce Conseil et la communauté internationale à nous aider à construire la confiance ». Le président en exercice de la Cedeao, le Sierraléonais Julius Maada Bio, a lui appelé à un « pacte pour la paix et la résilience au Sahel » entre son organisation, l’ONU et l’Union africaine. Le Monde avec AFP

Interpol : 9 arrestations en Afrique de l’Ouest liées au terrorisme
Une opération de sécurité frontalière coordonnée par INTERPOL en Afrique de l’Ouest a permis de procéder à 62 arrestations et de saisir d’importantes quantités de munitions et d’explosifs, d’armes à feu, de stupéfiants, de médicaments contrefaits et de véhicules volés. L’opération Screen West Africa 2025 (juillet-octobre) a réuni les services chargés de l’application de la loi de 12 pays d’Afrique de l’Ouest afin de renforcer la sécurité aux frontières, de traquer les personnes liées au terrorisme et de démanteler les réseaux criminels transnationaux. Les agents en première ligne aux frontières terrestres, aériennes et maritimes ont utilisé les appareils mobiles d’INTERPOL et d’autres systèmes pour accéder aux vastes bases de données mondiales de l’organisation, effectuant au total 1,7 million de vérifications en temps réel, contre 1,3 million en 2024. … L’opération comprenait également des contrôles dans les ports et les eaux territoriales. INTERPOL a alerté les pays participants au sujet des navires recourant à des pratiques frauduleuses, telles que la falsification d’identité, les opérations dites « clandestines », dans le cadre desquelles les navires désactivent délibérément leurs systèmes d’identification, et les changements fréquents de pavillon, ou « flag hopping ». Africanews

Gabon : 9 anciens collaborateurs d’Ali Bongo condamnés pour corruption
Au Gabon, neuf anciens collaborateurs de l’ex-président Ali Bongo ont été condamnés à des peines de prison allant de deux à quinze ans. Les prévenus ont été reconnus coupables de détournement massif de fonds publics, corruption et blanchiment d’argent. Le verdict de la Cour criminelle spécialisée de Libreville intervient six jours après la condamnation par contumace de Sylvia et Noureddine Bongo à vingt ans de réclusion criminelle. L’accusation évoque des crimes financiers qui ont eu lieu pendant les 14 années de pouvoir d’Ali Bongo de 2009-2023. L’affaire porte sur un montant total d’environs 4 917 milliards de francs CFA, soit près de 7,5 milliards d’euros. Une somme qui aurait été détournée pour l’acquisition de champs pétroliers, deux avions Boeing et des biens mobiliers au Gabon, au Maroc et à Londres selon le parquet. Africanews

Législatives en Côte d’Ivoire: 1141 candidatures validées pour briguer les 255 sièges de l’Assemblée
En Côte d’Ivoire, après la présidentielle remportée par le président sortant Alassane Ouattara avec plus de 89 % des voix, place désormais aux élections législatives, prévues le 27 décembre prochain. Plus de mille candidats briguent les 255 sièges de l’Assemblée nationale. La Commission électorale indépendante, la CEI, a publié mardi soir la liste provisoire des candidatures retenues. Au total, 1 141 candidatures ont été validées par la CEI, après le retrait de 272 dossiers, pour désistement ou non-conformité avec la loi électorale. Le parti au pouvoir, le RHDP, présente plus de 200 candidats dans toutes les circonscriptions du pays. Parmi eux, une vingtaine de membres du gouvernement. On y retrouve notamment : le vice-président Tiémoko Meylet Koné, candidat à Tafiré, le Premier ministre Robert Beugré Mambé candidat à Songon et le ministre de la Défense Téné Birahima Ouattara à Abobo. De son côté, le PDCI-RDA, principal parti d’opposition, aligne plus d’une centaine de candidats, notamment dans son fief de Cocody où il mise sur l’actuel maire Jean-Marc Yacé. À Yopougon en revanche, le PDCI devra y aller sans son allié, le PPA-CI de Laurent Gbagbo qui a décidé de boycotter ces législatives. RFI

Violence au nord du Mozambique : plus de 100.000 personnes forcées de fuir en une semaine
Alors que les attaques coordonnées menées par des groupes armés non étatiques se sont intensifiées dans certains districts de la province de Nampula, dans le nord du Mozambique, depuis le 10 novembre dernier, 80 % de la population de Lúrio et Mazula (environ 128.000 personnes) ont fui dans la brousse ou vers d’autres districts, ont indiqué des agences humanitaires des Nations Unies. … Les habitants des régions environnantes se concentrent à Lúrio Sede, tandis que certaines familles traversent la rivière Lúrio vers Mecúfi (province de Cabo Delgado). Le 10 novembre, des groupes armés non étatiques auraient traversé le fleuve Lúrio dans le district de Chiúre (province de Cabo Delgado), et lancé des attaques contre le village de Cucune, dans le poste administratif de Lúrio, district de Memba, province de Nampula. A la suite des attaques, « Mazuva a été largement désertée en raison des attaques en cours, et bien qu’aucune concentration importante ne se soit formée à Memba Sede, des départs progressifs ont lieu, les civils quittant les lieux par crainte de violences potentielles », signale l’OCHA. ONU Info

Zambie : la Chine s’engage dans la rénovation d’une ligne ferroviaire
Le Premier ministre chinois Li Qiang entamera mercredi une visite de deux jours en Zambie, pays d’Afrique australe, qui portera principalement sur la rénovation, pour un montant de 1,4 milliard de dollars, d’une ligne ferroviaire datant de la guerre froide afin d’améliorer encore l’accès de la Chine aux minéraux essentiels. La Chine investit massivement dans l’exploitation minière en Zambie, l’un des principaux producteurs mondiaux de cuivre, métal indispensable à la fabrication d’appareils électroniques. La Chine investit massivement dans l’exploitation minière en Zambie, l’un des principaux producteurs mondiaux de cuivre, métal indispensable à la fabrication d’appareils électroniques. La Chine, la Zambie et la Tanzanie ont signé en septembre un accord accordant à l’entreprise publique China Civil Engineering Construction Corporation des concessions pour mener à bien cette modernisation. … Cette ligne ferroviaire a pris une importance nouvelle pour la Chine après qu’un projet soutenu par les États-Unis visant à construire une ligne ferroviaire reliant la Zambie et le Congo voisin à la côte atlantique africaine en Angola a pris de l’ampleur l’année dernière, lorsque le président américain de l’époque, Joe Biden, a visité une partie de ce projet. Africanews avec AP