Le Sahel, épicentre des morts liées au « terrorisme » dans le monde en 2025
La région du Sahel concentre, pour la troisième année de suite, près de la moitié des décès liés au « terrorisme » dans le monde en 2025, selon le dernier Indice mondial du terrorisme, publié jeudi 19 mars. Cet indice, élaboré par le groupe de réflexion Institute for Economics and Peace, basé en Australie, classe depuis treize ans 163 pays en fonction de l’impact du « terrorisme », avec comme indicateurs le nombre d’attaques, de morts, de blessés et d’otages. … Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), principal groupe djihadiste actif au Burkina, a notamment fait évoluer sa stratégie et vise désormais plus les militaires que les civils dans ses attaques. Cinquième en 2024, le Niger est devenu le troisième pays le plus touché par le « terrorisme » en 2025, dépassant le Mali et la Syrie, avec 703 morts, dont plus de la moitié sont des civils. Le Nigeria, gagne aussi deux places, quatrième avec 750 morts en 2025, contre 565 l’année précédente, soit une augmentation de 46 %. « Il s’agit du bilan le plus élevé depuis 2020 », dû à « l’instabilité interne ainsi que la guerre » entre les deux groupes djihadistes rivaux de l’Iswap et Boko Haram, explique l’indice. Le Mali est passé de la quatrième position à la cinquième, avec 341 morts, contre 604 en 2024. L’indice attribue la plupart des attaques au Sahel à l’Etat islamique et au GSIM. Il évoque également l’expansion de ces groupes djihadistes aux pays côtiers ouest-africains, illustrée notamment par la position du Bénin, désormais à la 19e place (26e en 2024). Le Monde avec AFP
Nigéria : les chefs d’état-major à Maiduguri après des attentats-suicide
Deux jours après le triple attentat-suicide perpétré à Maïduguri au Nigéria, les chefs de la défense se sont rendus ans cette ville du nord-est du pays. Cette attaque, l’une des plus meurtrières de ces dernières années dans la capitale de l’État de Borno, a fait 23 morts. L’insurrection djihadiste, qui dure depuis 17 ans, est en pleine mutation : les kamikazes prennent à nouveau pour cible les centres urbains, des hommes armés lancent des raids coordonnés contre plusieurs postes militaires simultanément, et les lignes de front s’éloignent de l’épicentre de la guerre, dans le nord-est. « Mais pour que nous puissions mettre fin à ces actes de terrorisme, les habitants des États de Borno et de Yobe doivent s’approprier ce problème. Car la grande majorité des personnes qui commettent ces actes odieux sont originaires de ces États. Ce sont nos frères, nos sœurs, nos cousins, et nous les connaissons. », a déclaré Général Olufemi Oluyede, chef d’état-major nigérian. Dans les campagnes, où la violence a été largement contenue depuis son pic d’il y a dix ans, les tactiques djihadistes évoluent et de nouveaux groupes armés – notamment issus de la région voisine du Sahel – entrent dans la mêlée. « Cela signifie que la population est complice. Pour que nous puissions mettre un terme à cette situation, tout le monde doit se mobiliser. Notre peuple doit être déterminé à ce que cela cesse et doit prendre en main ce problème. », a indiqué Général Olufemi Oluyede, chef d’état-major nigérian. Africanews avec AFP
Réunion tripartite à Cotonou des chefs d’état-major de France, Côte d’Ivoire et Bénin
Ce jeudi 19 mars 2026, Cotonou accueille un sommet militaire trilatéral de premier plan. Le chef d’état-major général des forces armées béninoises, Fructueux Gbaguidi, reçoit ses homologues de Côte d’Ivoire et de France. Au cœur des échanges : la lutte contre le terrorisme dans une sous-région de plus en plus sous pression. La menace est commune. La réponse se veut concertée. Les patrons des trois armées sont réunis dans la capitale économique du Bénin pour affiner ensemble une stratégie commune, en s’appuyant sur le savoir-faire et l’expertise de forces armées parmi les plus aguerries dans ce domaine. Les militaires échangeront entre eux, mais les discussions ne resteront pas cantonnées aux états-majors : des rencontres avec les responsables politiques sont également prévues. La dynamique de coopération entre Français, Ivoirien et Béninois n’est pas nouvelle : les trois pays s’étaient déjà retrouvés en juillet 2025 en Côte d’Ivoire pour une réunion similaire. Depuis, le haut commandement militaire a changé en France. Le général Thierry Burkhard a cédé sa place au général Fabien Mandon, et Cotonou est, pour lui, une première visite, même s’il connaît déjà le général Gbaguidi, rencontré à Paris, et avec qui il a parfois échangé par téléphone. RFI
Au Tchad, au moins 15 personnes tuées à Tiné par un drone en provenance du Soudan
Le conflit au Soudan, qui oppose depuis avril 2023 l’armée aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), continue de déborder au Tchad alors que le gouvernement a décidé fin février de fermer sa frontière avec le Soudan après des « incursions répétées » de groupes armés impliqués dans cette guerre. Les FSR ont nié jeudi, sur le réseau social Telegram, être à l’origine de cette attaque, rejetant la responsabilité sur leurs rivaux de l’armée soudanaise alors que le président tchadien, Mahamat Idriss Déby, a convoqué dans la nuit de mercredi un conseil de défense et sécurité et ordonné à l’armée de « riposter à compter de cette nuit à toute attaque provenant du Soudan », selon une publication de la présidence sur les réseaux sociaux. Une roquette propulsée depuis le Soudan avait causé des dégradations fin février à Tiné où 15 militaires et 8 civils avaient déjà perdu la vie en raison du conflit depuis fin décembre, selon un décompte de l’AFP. Longue de près de 1 400 kilomètres et située dans une région désertique, la frontière entre le Tchad et le Soudan demeure poreuse et difficile à contrôler. Le Monde avec AFP
Guerre au Moyen-Orient: l’aide humanitaire pour 400.000 enfants bloquée
Un chargement de fournitures médicales à destination du Soudan est bloqué à Dubaï en raison de la fermeture du détroit d’Ormuz, ce qui selon l’ONG britannique « met en péril plus de 90 centres de soins de santé primaires à travers le Soudan ». Ces médicaments destinées à plus de 400 000 enfants comprennent « des antibiotiques, des antipaludéens, des vermifuges, des médicaments contre la douleur et la fièvre, ainsi que des vitamines et des préparations injectables et pédiatriques », précise l’ONG. Save the Children étudie des « itinéraires alternatifs » pour acheminer ces stocks, notamment le transport routier via Djeddah, puis le fret maritime jusqu’à Port-Soudan, « ce qui pourrait engendrer un surcoût de 1 000 à 2 000 dollars américains par conteneur », ajoute l’organisation. En outre, souligne l’organisation, la hausse des prix du carburant entraînera une hausse des taux d’inflation, qui avait déjà atteint des niveaux très élevés, à travers le Soudan. Cela se répercutre sur les coûts de transport et donc des importations qui entraînera celui du prix des denrées alimentaires et des matières premières. TV5 Monde avec AFP
Comment la guerre au Moyen-Orient provoque «l’accélération de la demande en gaz algérien»
La guerre au Moyen-Orient et le blocage partiel du détroit d’Ormuz menacent de faire augmenter davantage les prix de l’énergie. Plus d’un tiers du commerce international du gaz et du pétrole passe par ce détroit. Ainsi, dès les premières semaines de cette guerre, le prix de gaz a augmenté de 30% en Europe. Face à la crise, l’Algérie a augmenté son exportation à destination du Vieux continent pour répondre au besoin du marché. Selon un rapport de la plateforme spécialisée Energy research unit, basée à Washington, les exportations de Gaz naturel liquéfié (GNL) de l’Algérie ont bondi à plus de 462 000 tonnes au cours des deux premières semaines de mars contre environ 265 000 tonnes au cours des deux premières semaines de février. Ces quantités supplémentaires de gaz ont été acheminées vers l’Espagne, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas et la France, précise le site spécialisé. … Suite à la guerre en Ukraine en 2022 et les restrictions imposées sur le gaz russe, Alger était déjà devenue un fournisseur majeur du continent européen en gaz naturel. Elle conforte ainsi sa position et cherche à s’imposer davantage. RFI
Avec la guerre au Moyen-Orient se profile un nouveau choc économique pour l’Afrique
Avec un prix du baril de pétrole qui a dépassé, lundi 9 mars, les 110 dollars (86,50 euros) et a clôturé au-dessus des 100 dollars jeudi, conséquence de la guerre au Moyen-Orient et de la fermeture du stratégique détroit d’Ormuz, les ministères des finances des pays africains sentent venir, à nouveau, un probable séisme économique. Car la plupart des Etats du continent sont extrêmement dépendants des importations d’or noir, plus des diesel et d’essence, car ils ne possèdent pas de raffinerie locale. Des produits raffinés bien plus coûteux encore que le brut. En plus de l’essor du nombre de voitures et de motos sur leurs routes, la consommation de carburants est renforcée localement par la gourmandise des générateurs, qui permettent à de nombreux habitants, du Tchad au Malawi, du Gabon à la Tanzanie, de s’éclairer et de travailler, malgré les défaillances du réseau électrique. Chaque hausse de 20 dollars du baril de brut fait plonger la balance courante de l’Afrique du Sud, mais aussi celles de la Tanzanie, de l’Ouganda ou du Kenya, de l’équivalent d’environ 1 % du produit intérieur brut (PIB), ruinant d’autant les efforts de croissance économique, selon des données publiées par Bloomberg. … L’agence d’information financière souligne toutefois qu’une poignée de pays devraient profiter de la hausse du cours de l’or noir, à commencer par ses grands producteurs, comme le Nigeria ou l’Angola. Le Monde
La RDC et le Rwanda s’accordent sur des mesures concrètes pour appliquer l’accord de Washington et apaiser les tensions
Des représentants de la République démocratique du Congo et du Rwanda se sont réunis mardi 17 et mercredi 18 mars 2026 à Washington, aux Etats-Unis. Au terme de ces échanges, les deux parties ont convenu de mesures concrètes visant à poursuivre la mise en œuvre de l’accord de Washington pour la paix et la prospérité, rapporte un communiqué du Département d’État américain publié le 18 mars. Cet accord était signé le 4 décembre 2025 par les deux pays, sous la médiation du président américain, Donald Trump. Parmi les principales décisions, Kinshasa et Kigali ont réaffirmé leur engagement à respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de chaque État. Le Rwanda s’est engagé à un désengagement progressif de ses forces et à la levée de certaines mesures défensives dans des zones précises en RDC. De son côté, la RDC a accepté de mener des actions ciblées et limitées dans le temps pour neutraliser les Forces démocratiques de libération du Rwanda, (FDLR). Les deux pays ont également insisté sur la nécessité de garantir la protection des populations civiles, au cœur des préoccupations régionales. Radio Okapi
ONU : la lutte contre les mines, condition préalable à un accès humanitaire
L’Organisation des Nations Unies estime qu’il faut s’attaquer à la contamination par les mines terrestres en Éthiopie et au Soudan. Les responsables du programme d’action contre les mines terrestres de l’ONU de ces deux nations, ont appelé à davantage de financement et de sensibilisation. S’exprimant au siège des Nations unies à New York, Rob Syfret, responsable pour l’Éthiopie, a déclaré que la stabilité de la région était en jeu et que tout devait être mis en œuvre pour empêcher le pays de retomber dans le conflit. … Pour le Soudan qui était déjà confronté à une contamination par mines terrestre héritée de décennies de conflit, la guerre actuelle ajoute une nouvelle couche complexe de contamination dans des zones densément peuplées. « L’ampleur et la nature de la contamination au Soudan sont alarmantes, car cette guerre se déroule dans les villes. À Khartoum, les risques liés aux explosifs sont omniprésents : on en trouve dans les habitations, sur les routes, dans les écoles et les hôpitaux, ainsi que dans les infrastructures essentielles, souvent mélangés aux décombres. De plus, une menace liée aux mines terrestres est apparue, avec sept champs de mines identifiés à ce jour dans la ville. », a expliqué Mohammad Sediq Rashid, responsable du Programme d’action contre les mines au Soudan. M. Rashid a ajouté que la lutte contre les mines est une condition préalable à un accès humanitaire sûr et aux efforts de relèvement et de reconstruction. Africanews avec AFP
Au moins 17 migrants africains morts noyés au large des Comores
Au moins 17 migrants d’un groupe se présentant comme des ressortissants congolais sont morts noyés après avoir été déposés près des côtes des Comores, a annoncé jeudi le ministre de l’Intérieur de cet Etat de l’océan Indien. Depuis plus de cinq ans, des groupes de migrants espérant rejoindre le département français de Mayotte, situé géographiquement dans l’archipel des Comores, sont débarqués près du littoral comorien, mais c’est la première fois que des corps sont repêchés, selon le représentant des Nations unies aux Comores, James Tsok Bot. Plusieurs des 30 survivants du drame survenu mercredi ont déclaré que les passeurs leur avaient assuré qu’ils étaient à Mayotte. Quatre autres personnes sont portées disparues. « Ceux qui sont vivants disent qu’ils sont des Congolais », a indiqué le ministre de l’Intérieur, Mohamed Ahamada Assoumani, lors d’un point presse improvisé à Mitsamiouli, ville à la pointe nord de la Grande Comore, théâtre du drame. AFP
