Revue de Presse du 19 mars 2019

Tshisekedi suspend ‘l’installation’ des sénateurs
Le président Félix Tshisekedi a décidé lundi de suspendre « l’installation » des sénateurs élus vendredi en raison d’accusations de corruption en République démocratique du Congo, promettant des poursuites pour « débusquer » les élus corrompus. L’annonce a été faite par le ministre de l’Intérieur par intérim, Basile Olongo, à l’issue d’une réunion « inter-institutionnelle ». Le parti de l’ancien président Joseph Kabila, « le PPRD (parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie) rejette en bloc les mesures liées au blocage de l’installation des sénateurs élus et au report de l’élection des gouverneurs » des provinces, dans un communiqué.  BBC

L’ONU appelle à la formation rapide d’un gouvernement en RDC
Les Nations unies ont exhorté lundi le nouveau président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, à former rapidement un nouveau gouvernement, en avertissant que les électeurs avaient des « attentes immenses ». Proclamé vainqueur de l’élection présidentielle du 30 décembre, l’ex-opposant Félix Tshisekedi, investi en janvier, n’a toujours pas nommé de Premier ministre ni de gouvernement. Il est lié par un accord politique à son prédécesseur Joseph Kabila, dont la coalition du Front commun pour le Congo (FCC) a conservé la majorité absolue à l’Assemblée nationale.  VOA

Bouteflika veut rester au pouvoir après l’expiration de son mandat
Cette annonce intervient à un peu plus d’un mois de l’expiration de son mandat fixé au 28 avril. Bouteflika, aurait également confirmé son intention de prolonger son quatrième mandat au-delà de son terme constitutionnel, jusqu’à un nouveau scrutin organisé à l’issue d’un processus de révision constitutionnelle. La nouvelle mouture de cette constitution sera soumise à referendum après une conférence nationale destinée à mettre fin à la crise actuelle.  BBC

Algérie : le Premier ministre recherche désespérément des ministres 
En Algérie, le Premier ministre Noureddine Bedoui peine à trouver de “nouvelles têtes” pour son prochain gouvernement. Nombre de candidats approchés préfèrent garder leurs distances avec le régime honni. Qui pour constituer le futur gouvernement en Algérie ? C’est à cette équation qu’est confrontré Noureddine Bedoui, le nouveau Premier ministre algérien. Nommé la semaine dernière en remplacement de l’impopulaire Ahmed Ouyahia, M. Bedoui avait promis qu’il nommerait, dans les plus brefs délais, un nouveau gouvernement de technocrates parmi les “jeunes compétences, hommes et femmes” de l’Algérie. Sauf que, dans la pratique, les choses sont moins aisées. Les consultations se soldent par des échecs. Meziane Meriane, une dirigeante syndicale du secteur de l’éducation, a par exemple refusé de participer à une réunion avec la militante pro-Bouteflika, estimant que ses délégués refusaient de faire partie d’un gouvernement “condamné par le peuple”. Africa News

Algérie : à Tlemcen, Abdelaziz Bouteflika lâché par son fief historique
« On l’a aimé, on l’a vraiment aimé. » Derrière le comptoir de sa boutique de photo, Salim, le visage barré par des lunettes rectangulaires et un front légèrement dégarni, rumine. Il n’a pas encore digéré la dernière lettre d’Abdelaziz Bouteflika, relayée lundi 11 mars par l’agence officielle APS. Dans ce message, le chef de l’État algérien, aux commandes depuis presque vingt ans, a annoncé le report de l’élection présidentielle, initialement prévue pour le 18 avril, et la prorogation de son quatrième mandat. « Il aurait pu partir la tête haute au bout de son deuxième mandat. Il serait resté dans l’histoire de l’Algérie comme un grand homme. Mais là, il rallonge son quatrième mandat en toute illégalité. C’est pire que s’il avait voulu briguer un cinquième. Je ne m’attendais pas à ça de lui », lâche, dépité, cet ancien partisan qui vit à Tlemcen. Jeune Afrique

Diplomatie.Alger-Moscou, une alliance qui monte en puissance
Le nouveau chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra, à la recherche de soutiens sur la scène internationale, s’évertue à minimiser l’ampleur de la crise auprès des dirigeants étrangers. Obtiendra-t-il gain de cause ? Ce mardi 19 mars, c’est à Moscou que Lamamra est attendu. Comme les États-Unis, l’UE suit avec grand intérêt les événements en cours et n’a pas manqué d’apporter “officiellement” son soutien aux manifestants tout en réclamant des autorités le respect des droits constitutionnels en matière de manifestations et rassemblements pacifiques. Mais Lamamra [fraîchement nommé vice-Premier ministre et chef de la diplomatie] aura affaire à un autre grand partenaire cette semaine. Ce n’est pas lui qui a annoncé son déplacement à Moscou aux Algériens. Ces derniers l’ont appris lors d’une déclaration faite par le ministre russe des Affaires étrangères [Sergueï Lavrov]. Son porte-parole a apporté de nouvelles précisions indiquant que ce déplacement permettra à la Russie d’obtenir des “informations de première main” au sujet de la situation algérienne.  Courrier International

« Au Mozambique, le bilan du cyclone pourrait dépasser 1.000 morts »
« Pour le moment, nous avons officiellement 84 morts. Mais quand on a survolé la zone tôt ce matin (…) pour comprendre ce qui se passe, tout laisse à penser que le bilan pourrait dépasser les 1.000 morts », a déclaré le président mozambicain, Filipe Nyusi, à une chaîne de télévision à Maputo. Le cyclone a traversé jeudi la ville de Beira à la vitesse de 177 km par heure, mais les équipes de secours ne sont arrivées que dimanche dans cette cité portuaire. Au Mozambique, les personnes tuées ont été victimes des inondations et des vents violents qui ont détruit des maisons et arraché des toits de bâtiments en béton, lors du passage du cyclone. BBC

Soudan: l’opposition réunie à Paris pour discuter de la crise
Des centaines de manifestants sont descendus dans les rues de la capitale Khartoum pour demander la démission du président Omar el-Béchir, ce lundi 18 mars. Manifestations dans le quartier Bahari dans le nord de la capitale, ainsi que dans le quartier de l’université nationale. Cela fait trois mois que la contestation a démarré. Pendant ce temps, une dizaine de partis d’opposition, de mouvements armés et de membres de la société civile sont réunis depuis lundi à Paris, en France pour discuter de la situation.  RFI

Une nouvelle approche contre l’épidémie d’Ebola en RDC
Plus de sept mois après son début, le bilan de l’épidémie d’Ebola qui frappe le nord-est de la RDC vient de dépasser les 600 morts. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) juge pourtant l’épidémie contenue, et envisage même d’en voir la fin dans six mois. Un objectif réalisable mais qui nécessite cependant un changement d’approche. Chaque jour, les nouveaux cas d’Ebola en RDC se comptent sur les doigts d’une main. Clairement, un pic est passé, ce qui pousse l’OMS à déclarer l’épidémie comme « contenue ». Pour de nombreux observateurs, l’usage de ce terme est sans doute un peu prématuré. RFI

Attaque terroriste : ce lourd tribut que paie l’armée malienne
Vingt-trois corps de soldats ont été inhumés dans le cimetière de Dioura, mais le bilan de l’attaque aux aurores de leur camp n’est que provisoire. Restent les 17 blessés et peut-être des disparus au cours de cette bataille qui a duré une dizaine d’heures. La plus importante depuis l’attaque de Kidal, dans le nord, en 2014 par les rebelles touareg. Cette fois-ci, les groupes armés terroristes, les GAT dans le jargon militaire, ont perpétré leur opération commando bien plus au sud, à Dioura, entre Mopti et la frontière mauritanienne. À 6 heures du matin, une opération-surprise combinée avec l’utilisation de plusieurs modes opératoires surprend les soldats maliens qui sont à peine réveillés. Le Point

Guinée-Bissau : après les législatives, le PAIGC et ses alliés forment une majorité
Le PAIGC, parti victorieux lors des élections législatives du 10 mars en Guinée-Bissau, a signé lundi un accord avec trois formations. Une alliance qui lui garantit une majorité pour former le prochain gouvernement, selon des sources politiques. Après avoir obtenu une majorité relative avec 47 sièges sur 102, le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) a officialisé plusieurs alliances. Les dirigeants du PAIGC et de trois autres formations totalisant sept sièges – dont cinq pour l’APU-PDGB (Alliance populaire unifiée-Parti démocratique de Guinée-Bissau) de Nuno Gomes Nabiam – ont signé lundi 18 mars un accord de deux pages. Jeune Afrique

Cameroun : Tibor Nagy très mesuré après sa rencontre avec Paul Biya
Le sous-secrétaire d’État américain chargé des Affaires africaines a été reçu en audience par le président camerounais, lundi au palais d’Etoudi. Les déclarations du diplomate à l’issue de cette entrevue ont été beaucoup plus mesurées que ses propos tenus quelques jours auparavant. Le président camerounais Paul Biya et le sous-secrétaire d’État américain chargé des Affaires africaines, Tibor Nagy, se sont rencontrés en début d’après-midi ce lundi 18 mars. L’entrevue, qui a duré un peu plus d’une heure, a notamment permis aux deux personnalités d’évoquer la coopération entre leurs deux pays. Selon un communiqué du département d’État américain diffusé en prélude de cette visite, il s’agissait de discuter « du rôle du Cameroun comme partenaire des États-Unis dans la sous-région ». Jeune Afrique

Au Nigeria, l’opposant Atiku Abubakar conteste en justice la réélection de Muhammadu Buhari
L’opposant malheureux à la présidentielle nigériane, Atiku Abubakar, a déposé lundi un recours en justice contre les résultats du scrutin du 23 février donnant le président sortant Muhammadu Buhari vainqueur. Atiku Abubakar ne perd pas espoir. Le candidat vaincu à la présidentielle du 23 février au Nigeria a déposé lundi 18 mars une requête en justice pour contester formellement les résultats donnant le président sortant Muhammadu Buhari gagnant. Le candidat du Parti démocratique populaire (PDP, opposition) était arrivé second derrière le chef de l’État, vainqueur avec une avance de près de 4 millions de voix sur son principal rival, soit 56 % des suffrages contre 41 %. Atiku Abubakar avait aussitôt dénoncé une « parodie d’élection » et annoncé qu’il allait saisir la justice, dénonçant de nombreuses irrégularités et tricheries. France 24

La francophonie en plein essor mais suspendue à la scolarisation en Afrique
Le nombre de francophones dans le monde pourrait doubler d’ici à 50 ans grâce au boom de l’Afrique, mais encore faut-il relever le défi de la scolarisation au sud du Sahara, avertit un rapport diffusé pour la Journée internationale de la Francophonie, le 20 mars. Avec 300 millions de locuteurs, soit une progression de 10% depuis 2014, le français conforte sa place de cinquième langue la plus parlée dans le monde, après le chinois, l’anglais, l’espagnol et l’arabe, révèle le rapport quadriennal de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), publié chez Gallimard sous le titre “La langue française dans le monde”. La part des francophones dans le monde reste “très stable”, faisant mentir la pensée selon laquelle la langue de Molière perd le combat face à celle de Shakespeare. Même en tant que langue de l’internet, le français maintient sa place de quatrième, derrière l’anglais, le chinois et l’espagnol. Africa News



Photo: Adam Jones