Revue de Presse du 19 juillet 2016

Quel bilan tirer du 27e sommet de l’Union africaine?
La réunion des chefs d’Etat pour le 27e sommet de l’Union africaine (UA) s’est achevée à Kigali. Un sommet fait de nombreux rebondissements, sur la présidence de la Commission de l’UA, mais aussi sur des sujets comme le terrorisme ou encore le Soudan du Sud. RFI

L’Union africaine s’apprête à réintégrer le Maroc
Le paradoxe est notable. Sur un continent où nombre d’hommes s’acharnent à rester au pouvoir, une femme se voit contrainte de se maintenir à la tête de la principale instance de l’Union africaine (UA). Nkosazana Dlamini-Zuma espérait passer la main, lundi 18 juillet, après quatre années à la tête de la Commission de l’organisation panafricaine. L’ex-ministre sud-africaine devra finalement attendre au moins six mois de plus avant de se consacrer, peut-être, à ses ambitions nationales. Réunis en sommet à Kigali, la capitale rwandaise, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA ne lui ont pas trouvé de successeur et devront remettre le couvert en janvier 2017. Le Monde

Pourquoi le Maroc souhaite réintégrer l’Union africaine 
Le souhait de Rabat de réintégrer l’Union africaine après 32 ans d’absence témoigne de la volonté de Rabat de s’imposer diplomatiquement sur le continent. Et de reprendre l’ascendant sur le dossier du Sahara occidental. Mohammed VI ne s’est pas rendu à Kigali mais son message est bien passé. Dans une missive distribuée, lundi 18 juillet, aux chefs d’État et de gouvernement réunis depuis la veille dans la capitale rwandaise pour le 27e sommet de l’Union africaine (UA), le roi du Maroc a officialisé son souhait de voir Rabat réintégrer l’institution continentale, 32 ans après en avoir claqué la porte. France 24

UA : la suspension de la RASD demandée
La motion a été transmise par le président gabonais, Ali Bongo Ondimba, au nom de l’ensemble des signataires. Selon les initiateurs, la suspension de la RASD permettra à l’UA de « jouer un rôle constructif et de contribuer positivement aux efforts de l’ONU dans le dénouement définitif du différend régional sur le Sahara ». Les pays signataires déclarent regretter l’absence du Maroc des instances de l’Union Africaine. Ils ont également salué « la décision du Royaume de ce pays, membre fondateur de l’OUA, de reprendre sa place au sein l’Union Africaine ». BBC

L’UA propose l’envoi d’une brigade d’intervention au Soudan du Sud
Les chefs d’Etat africains réunis au 27e sommet de l’Union africaine (UA) à Kigali se sont prononcés lundi en faveur de l’envoi d’une « force régionale de protection » au Soudan du Sud avec un mandat plus robuste que l’actuelle mission des Nations unies sur place. La capitale du Soudan du Sud a été le théâtre de combats meurtriers entre les troupes du président Salva Kiir et les forces loyales au vice-président, l’ex-rebelle Riek Machar. Ces combats, qui ont fait au minimum 300 morts et plusieurs dizaines de milliers de déplacés, ont mis en péril un fragile accord de paix conclu en août 2015 pour mettre un terme à une guerre civile débutée fin 2013, deux ans et demi après l’accession à l’indépendance du pays. TV5

Afrique. Toujours pas de patron pour l’Union africaine
Le 27e Sommet de l’Union africaine à Kigali au Rwanda (du 17 au 18 juillet) n’a pas réussi à désigner le chef de cette organisation. Lancée en 2002 pour parachever le rêve panafricain des pères fondateurs au lendemain des indépendances, l’Union africaine est un échec cinglant, estime ce journal sénégalais. A sa création, en l’an 2002, l’Union africaine (UA) était censée servir de rampe de lancement à la renaissance africaine ; elle n’est plus que l’expression de sa panne. Ses Etats membres sont paralysés par une crise suffocante, avec des économies en chute libre ou dominées par des acteurs étrangers privant les peuples de revenus. Sa classe moyenne a rejoint les rangs des damnés de la terre. Courrier International

L’UA hésite sur le retrait de la CPI
Pendant deux jours, les 54 chefs d’Etat et de gouvernement du continent se sont penchés sur plusieurs sujets brûlants. Entre autres: le retrait africain de la CPI. Écoutez, à ce sujet les précisions de Éric Topona, qui s’est entretenu avec plusieurs défenseurs du maintien dans la juridiction de la CPI – cliquez sur l’image ci-dessus. Autres sujets débattus, le terrorisme transnational, ou encore le regain de tensions au Soudan du Sud. À ce sujet, les chefs d’État se sont prononcés en faveur de l’envoi d’une « force régionale de protection » dans le pays, jugeant le mandat actuel des Nations unies insuffisant « pour imposer la paix ». Deutsche Welle

Mali : une base militaire attaqué
Des hommes armés ont attaqué ce mardi une base de l’armée malienne, dans la ville de Nampala, dans le centre du Mali. Les assaillants ont pris le contrôle du campement militaire, a déclaré à l’agence Reuters un élu local. Il y aurait eu des « victimes », mais leur nombre reste à déterminer, selon un correspondant de BBC Afrique au Mali. L’attaque a été confirmée de source militaire, mais elle n’a pas encore été revendiquée. Les attaques djihadistes longtemps concentrées dans le nord du Mali se sont étendues depuis 2015 vers le centre et le sud du pays. BBC

Mali : arrestation de Boubacar Sawadogo, lieutenant burkinabè d’Ansar Eddine sud
Boubacar Sawadogo, un des cadres d’Ansar Eddine sud qui avait pour mission d’implanter une filiale au Burkina, a été arrêté au Mali. Détenu à Bamako, il pourrait être prochainement extradé vers Ouagadougou. Boubacar Sawadogo, l’un des lieutenants d’Ansar Eddine sud, a été arrêté par les services de sécurité maliens dans la région de Sikasso, puis transféré à Bamako où il est incarcéré depuis plusieurs semaines. À la tête d’une katiba d’une trentaine d’hommes, ce Burkinabè proche de Yacouba Touré (le numéro deux d’Ansar Eddine sud, arrêté début mai), avait pour mission d’implanter une cellule jihadiste dans son pays. Il est aussi l’auteur de l’attaque contre la gendarmerie de Samorogouan (sud-ouest du Burkina), qui avait coûté la vie à trois gendarmes le 9 octobre 2015. Jeune Afrique

Nigeria: 249 personnes suspectées de liens avec Boko Haram blanchies, l’armée leur donne 10 dollars
Près de 250 prisonniers détenus par les autorités nigérianes pour des liens présumés avec le groupe jihadiste Boko Haram, ont été libérés après avoir été blanchis, et ont reçu dix dollars de la part de l’armée, a annoncé lundi l’armée nigériane. « Hier (dimanche), 249 personnes suspectées d’être des terroristes de Boko Haram ou leurs complices ont été blanchies et libérées (…) après approbation du chef de l’armée », qui était en visite à Maiduguri, fief historique de Boko Haram, a précisé le porte-parole de l’armée, Sani Usman. Dans un communiqué, le porte-parole a indiqué que parmi les personnes libérées figuraient 169 hommes, 46 femmes et 34 enfants, sans préciser combien de temps elles avaient passé en prison. TV5

L’ONU craint que l’EI ne métastase en Libye et dans la région
Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, s’est inquiété de ce que des cellules du groupe Etat islamique, chassées de leur fief de Syrte, ne s’implantent ailleurs en Libye ou en Afrique du nord. M. Ban a fait état de ses inquiétudes dans un rapport confidentiel au Conseil de sécurité dont l’AFP a obtenu une copie. « Les pressions récentes exercées contre le groupe Etat islamique en Libye pourraient inciter ses membres, y compris les combattants étrangers, à se délocaliser et à se regrouper, en cellules plus petites et plus dispersées géographiquement, à travers la Libye et dans les pays voisins », écrit le secrétaire général. VOA

La candidature d’Ali Bongo contestée devant la Cour constitutionnelle
Les avocats de l’ex-président de la Commission de l’Union africaine – et ancien beau-frère du chef de l’État – Jean Ping, et de l’ancien président de l’Assemblée nationale, Guy Nzouba Ndama, se sont rendus lundi à la Cour constitutionnelle. Objectif : faire refuser la candidature d’Ali Bongo Ondimba au motif que celui-ci est inéligible. Par ailleurs, selon l’opposition, plusieurs milliers de recours avaient été déposés la semaine dernière devant la Commission électorale nationale (Cenap) pour empêcher le président élu en 2009 à la mort de son père, Omar Bongo Ondimba, de briguer un second mandat. Cela a été en vain, la Cenap ayant validé au total quatorze candidatures, dont celle d’Ali Bongo. Pour les détracteurs du dirigeant gabonais, celui-ci est un enfant nigérian adopté par l’ancien président Omar Bongo à la fin des années 60. Ils l’accusent d’avoir falsifié son état civil. À leurs yeux, il ne peut donc pas être président en vertu de la Constitution, qui impose d’être né gabonais. Le Point

RD Congo : ce que Tshisekedi et Katumbi sont allés chercher au Quai d’Orsay
Étienne Tshisekedi et Moïse Katumbi, deux figures importantes du « Rassemblement » de l’opposition congolaise, ont été reçus lundi au Quai d’Orsay. Au menu des échanges : le respect de la Constitution de la RD Congo et le dialogue politique national. C’est au ministère des Affaires étrangères français que se sont donné rendez-vous, le 18 juillet, les envoyés spéciaux pour la région des Grands Lacs – Koen Vervaeke de l’Union européenne, Thomas Perriello des États-Unis, Danae Dholakia (Grande-Bretagne) notamment – et les opposants congolais regroupés au sein du « Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement », issu des assises de Genval, dans la banlieue bruxelloise. Jeune Afrique

Conférence internationale sur le Sida : les progrès menacés par une baisse des financements
La 21e conférence internationale sur le sida s’est ouverte lundi, à Durban, en Afrique du Sud. Plusieurs organisations ont fait part de leur inquiétude quant à une baisse du financement de la recherche par les pays donateurs. La 21e conférence internationale sur le sida s’est ouverte lundi 18 juillet à Durban, en Afrique du Sud, sur une note d’inquiétude. Michel Sidibé, le directeur de l’Onusida a mis en garde contre une baisse inédite de financement de la recherche par les pays donateurs. France 24

Violents affrontements entre étudiants et policiers à l’université d’Abidjan
Des affrontements ont éclaté, lundi 18 juillet, entre policiers et étudiants à l’université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, faisant plusieurs blessés, a-t-on appris auprès de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci). « Les étudiants en grève depuis une semaine pour des revendications académiques tentaient de tenir un meeting sur le campus lorsqu’ils ont été dispersés par la police », a assuré à l’AFP Saint Clair Allah, secrétaire général du mouvement. Le Monde



Photo: Adam Jones