Soudan : entre violences et inondations, plus de 200.000 nouveaux déplacés au Kordofan
Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), les combats continuent de provoquer des déplacements massifs dans plusieurs régions du Soudan. Dans le Kordofan du Nord, les affrontements à Um Arada, au sud-ouest d’El Obeid, ont déplacé plus de 4.200 personnes le week-end dernier. Dans le Nil Bleu, les violences autour de Geissan ont entraîné le déplacement de 7 800 personnes, certaines ayant fui vers l’Éthiopie. Au Darfour-Ouest, près de 18 000 personnes ont également été déplacées durant la première quinzaine d’août. Le conflit, déjà dévastateur, se double désormais de catastrophes climatiques et de nouvelles menaces sur les secours. … Même si un « nombre significatif » de personnes retournent à Khartoum, ce pays d’Afrique de l’Est compte 11,3 millions de personnes déplacées de force depuis avril 2023, dont 6,5 millions à l’intérieur du pays et 4,6 millions dans les pays voisins, selon le dernier décompte du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR). Dans d’autres parties du pays, l’escalade du conflit, les attaques répétées contre les infrastructures et les inondations saisonnières dévastatrices aggravent les besoins humanitaires et poussent les familles au-delà de leurs limites. … Ces derniers développements interviennent alors que l’accès humanitaire est encore perturbé par des retards dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, notamment via la mer Rouge et le détroit d’Ormuz, accentuant la pression sur une réponse déjà fragile. ONU Info
Nigeria: coup d’envoi de la campagne présidentielle de janvier 2027 sur fond d’insécurité et de vie chère
Au Nigeria, la campagne pour l’élection présidentielle et les élections des 360 députés de la Chambre des représentants, prévues le 16 janvier prochain, débute officiellement ce mercredi 19 août 2026. Dix-neuf candidats, dont trois femmes, sont en lice pour la présidentielle, parmi lesquels le président sortant Bola Ahmed Tinubu. À cinq mois du scrutin, la campagne s’ouvre dans un contexte difficile pour le pouvoir, qui défend le bilan de ses réformes face aux inquiétudes persistantes d’une partie de la population. … Et deux préoccupations devraient particulièrement peser dans la campagne : l’économie et l’insécurité. … Le Congrès des progressistes (APC) de Bola Ahmed Tinubu entend s’appuyer sur les « politiques, réformes et réalisations de l’administration », selon le directeur de la communication du parti, Bala Ibrahim. Fin des subventions sur l’essence et l’électricité, réformes fiscales ou encore dévaluation du naira : le président sortant assume des décisions très difficiles, mais « nécessaires pour le pays ». … Face au président sortant, ses principaux concurrents cherchent déjà à mobiliser leur électorat. Le Congrès démocratique africain (ADC) d’Atiku Abubakar, arrivé deuxième en 2023, mène des campagnes d’adhésion pour tenter de transformer le soutien dont il bénéficie en ligne en votes dans les urnes. Pour Peter Obi, arrivé troisième lors du scrutin de 2023 et désormais sous la bannière du Congrès démocratique du Nigeria (NDC), l’enjeu est d’élargir sa base électorale au-delà de son bastion du sud-est, notamment grâce à son colistier Rabiu Musa Kwankwaso, originaire du nord du pays. … L’autre grande préoccupation des électeurs est la situation sécuritaire, alors que les attaques de groupes armés, appelés « bandits », et de jihadistes se multiplient dans plusieurs régions du pays. … Une insécurité qui pourrait peser jusque sur le déroulement de la campagne : l’absence de garanties sécuritaires dans certaines régions risque de perturber l’organisation de meetings ou de dissuader des électeurs de se déplacer. RFI
Guerre en Ukraine: des mères d’Afrique australe implorent le retour de leur fils ou de leur corps
Au lieu de fêter l’anniversaire de son fils, une mère de famille zimbabwéenne, Rodwin Chitewere, a passé la journée à prier pour que son corps soit rapatrié après sa mort parmi les forces russes menant la guerre contre l’Ukraine. Dans d’autres pays de la région, comme le Botswana ou l’Afrique du Sud aussi, des femmes désespèrent de voir leur fils ou leur mari revenir d’un conflit dans lequel ils ont été plongés contre leur gré dans de nombreux cas, après des campagnes de recrutement au motif trompeur qui persistent. … Harare a annoncé en mars que 15 de ses ressortissants avaient été tués sur des « champs de bataille étrangers », sans plus de précision, et que plus de 60 autres restaient coincés en première ligne. … Le collectif All Eyes on Wagner a publié en février les noms de plus de 1.400 Africains recrutés, selon lui, par Moscou entre janvier 2023 et septembre 2025, dont plus de 300 seraient morts. L’Afrique du Sud a annoncé qu’au moins deux de ses citoyens avaient été tués en combattant pour la Russie et que malgré le rapatriement de quinze personnes, d’autres demeuraient sur place. … Une mère botswanaise rencontrée par l’AFP est sans nouvelles de son fils de 20 ans depuis près d’un an. Lui et un ami sont partis en Russie en juillet 2025. … Elle accuse la fille de l’ancien président sud-africain Jacob Zuma de les avoir trompés en leur prétextant un cours de développement personnel en Russie. Cette dernière, Duduzile Zuma-Sambudla, a démissionné de son poste de parlementaire en décembre après une enquête de police la visant pour son rôle dans le recrutement de Sud-Africains. AFP
En Zambie, le président sortant, Hakainde Hichilema, réélu, son principal adversaire conteste le résultat
Le président sortant de Zambie, Hakainde Hichilema, a été réélu pour un deuxième mandat, mardi 18 août, dans une confusion politique inhabituelle pour ce pays d’Afrique australe, où son principal adversaire, Brian Mundubile, conteste le résultat après des arrestations ayant visé des alliés. « HH », comme il est surnommé, a recueilli environ 60 % des voix lors du scrutin de jeudi, selon les résultats de la commission électorale communiqués mardi. Ce score est similaire à celui obtenu lors de l’élection de 2021, qui lui avait valu son premier mandat de cinq ans. Son principal concurrent, un ancien ministre de l’ancien président Edgar Lungu (2015-2021), a obtenu environ 38 % des suffrages : un résultat significatif pour une campagne lancée en mai et entachée de restrictions ainsi que d’actes d’intimidation, de l’avis d’observateurs. « Nous allons désormais présenter ces preuves aux instances judiciaires compétentes et épuiser toutes les voies légales à notre disposition dans les délais impartis », a déclaré l’avocat de formation de 55 ans dans un communiqué. Son parti, le NRPUP, avait auparavant déclaré à l’Agence France-Presse que son candidat se trouvait « dans un lieu sûr, sous la protection d’un organisme international de défense des droits humains, en raison des menaces dont il a fait l’objet ». La police détenait toujours plusieurs personnalités de la principale alliance d’opposition, arrêtées à la fin de la semaine sur la base d’accusations, démenties par les intéressées, d’avoir tenté de former une milice. Le Monde avec AFP
Elections en Zambie: l’ONU appelle les autorités à cesser les « arrestations arbitraires » d’opposants
Le Haut-Commissaire des droits de l’homme de l’ONU a appelé mercredi les autorités zambiennes à cesser les « arrestations arbitraires » d’opposants, après des interpellations survenues en marge de la réélection du président sortant Hakainde Hichilema pour un deuxième mandat. Se disant « préoccupé par les informations faisant état d’arrestations et de détentions de membres de l’opposition en Zambie, avant et après les élections générales du 13 août », le Haut-Commissaire Volker Türk a appelé dans un communiqué « les autorités à cesser les arrestations arbitraires et à garantir pleinement le respect des droits liés à une procédure régulière pour toutes les personnes détenues ». Le gouvernement a confirmé dimanche les arrestations de 11 personnes, dont six figures de l’opposition, dans un coup de filet organisé le 13 août, jour des élections, et visant selon lui une milice présumée. Le parti d’opposition NRPUP de Brian Mundubile, principal concurrent du président réélu lors du scrutin, a quant à lui daté l’opération au 14 août et rejeté « catégoriquement » ces accusations. « Le NRPUP n’a pas de milice », a balayé lundi la formation, selon laquelle un parlementaire a été blessé par balles lors du raid. « En cette période post-électorale cruciale, il est essentiel de veiller au respect des droits humains et de s’assurer que toute contestation liée aux élections soit exprimée et traitée de manière pacifique, conformément au droit international des droits humains », a exhorté M. Türk. AFP
Deux Français arrêtés et détenus au Togo depuis le 27 juillet, selon le Quai d’Orsay
Deux ressortissants français, des réalisateurs travaillant pour une société de production française, ont été arrêtés le 27 juillet au Togo, a fait savoir, mardi 18 août au soir, le ministère des affaires étrangères français, confirmant des informations de médias locaux. … D’après des médias locaux, il s’agit de deux journalistes réalisateurs dont la production devait être diffusée sur France Télévisions. Petit pays côtier d’Afrique de l’Ouest, le Togo est dirigé depuis 2005 par Faure Gnassingbé, successeur de son père, Eyadéma, resté trente-huit ans au pouvoir. … Les chaînes de Radio France internationale et France 24 ont été interdites d’antenne en juin 2025 pour trois mois, accusés d’avoir relayé des « propos inexacts et tendancieux » après des manifestations critiques envers le pouvoir, qui avaient secoué le pays le même mois. Ces médias français ne peuvent toujours pas émettre, selon un journaliste de l’Agence France-Presse. En avril, le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, avait déclaré avoir plaidé pour la levée de cette suspension, lors d’une visite au Togo – le premier déplacement officiel français de si haut niveau depuis dix ans. Le Togo figure à la 97ᵉ place sur 180 pays au classement annuel de la liberté de la presse, réalisé par Reporters sans frontières (RSF). Le pays compte un grand nombre de médias, mais l’indépendance des journalistes dépend du contexte politique, rapporte l’ONG. Le Monde avec AFP
Togo: plusieurs nominations à la tête de l’armée et des services de renseignement
Au Togo, vague de nouvelles nominations au sein de la « grande muette », avec un changement à la tête des Forces armées togolaises (FAT). Les services de renseignement ont également un nouveau patron. Près de dix décrets ont été publiés lundi 17 août 2026 à Lomé, promouvant essentiellement des proches et des fidèles du président du Conseil, Faure Gnassingbé. Double promotion pour le colonel Tchakpelé Aklesso : élevé au grade de général de brigade, il est nommé dans la foulée chef d’état-major général des Forces armées togolaises. Le nouveau patron de l’armée est un très proche du président Faure Gnassingbé. Jusqu’ici directeur général de l’Agence nationale de renseignement, il avait auparavant occupé le poste de chef de la garde présidentielle. À Lomé, un fin connaisseur des arcanes du pouvoir lui attribue trois missions à la tête de l’armée : assurer la défense du pays, fluidifier la coordination entre les différents corps et poursuivre la lutte contre le terrorisme. « Avec lui, le président du Conseil peut dormir tranquillement », estime de son côté une source diplomatique dans la capitale togolaise. La direction de l’Agence nationale de renseignement, laissée vacante par son départ, revient désormais à un colonel. Le mouvement s’étend à d’autres corps des Forces armées togolaises. L’armée de terre passe sous le commandement du colonel Kombaté Latiembe et l’armée de l’air sous celui du colonel Idrissou Abdu Ahabou. Selon des observateurs, ces deux nominations montrent que les deux officiers supérieurs n’étaient pas tombés en disgrâce, contrairement à ce que laissaient entendre certaines rumeurs. Faure Gnassingbé nomme également le colonel Kilimou Mazama Esso chef d’état-major particulier. « Un homme discret qui sait cloisonner comme son patron », confie une source sécuritaire régionale. Enfin, parmi ces nouvelles nominations, un général de brigade et pilote d’avion prend la tête de l’Agence nationale de l’aviation civile. RFI
Du Gabon jusqu’à la Tanzanie, la diplomatie congolaise à la manœuvre
Le président congolais, Félix Tshisekedi, échange ce mardi 18 août 2026 à Zanzibar avec Samia Suluhu Hassan pour consolider la coopération sécuritaire et économique entre Kinshasa et Dodoma. Une séquence diplomatique entamée quelques jours plus tôt au Gabon. À Libreville, la visite du président congolais a permis de clarifier les attentes des deux pays et de sceller de nouveaux engagements bilatéraux. … Enfin, trois accords ont été signés, l’un de coopération générale, notamment judiciaire, environnementale, sanitaire et minière, un autre sur l’exemption de visas pour les passeports diplomatiques et de service et ensuite, sur des consultations politiques et diplomatiques régulières. Une commission mixte doit suivre leur mise en œuvre. Après Libreville, Félix Tshisekedi est donc à Zanzibar. Les autorités tanzaniennes annoncent des discussions allant du commerce et des investissements à la paix et à la sécurité. … En avril, Kinshasa demandait notamment l’expertise tanzanienne pour former des officiers et cadres de l’armée congolaise (FARDC). Deuxième dossier : le corridor de Dar es Salaam, important pour le sud-est minier congolais. Des travaux RDC-Tanzanie-Zambie ont déjà identifié des problèmes très concrets : postes de contrôle illégaux, paiements en espèces, vols de cargaisons et coordination aux frontières. RFI
En Centrafrique, François Bozizé mis en cause dans la disparition de Charles Massi lors du procès « Bossembélé »
L’ex-compagne de Charles Massi a livré un témoignage accablant devant la Cour pénale spéciale contre François Bozizé, jugé par contumace pour des crimes de guerre commis au camp militaire de Bossembélé. Le procès s’est ouvert le 16 juin par contumace – François Bozizé vit en exil en Guinée-Bissau depuis mars 2023. La CPS l’accuse de crimes contre l’humanité commis entre 2009 et 2013 dans une prison et un camp militaire de Bossembélé, dans le centre du pays. Questionnée lundi au procès sur les circonstances de la disparition de Charles Massi, son ex-compagne Hortense Balley Kombet a directement désigné l’ancien chef de l’État. Porté disparu en janvier 2010, Charles Massi avait été plusieurs fois ministre sous les présidences d’Ange-Félix Patassé et de François Bozizé, avant de passer dans l’opposition. Selon le récit de Balley Kombet, Charles Massi aurait été arrêté par les autorités tchadiennes alors qu’il envisageait de rejoindre la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), un groupe armé alors actif en Centrafrique. Elle a soutenu qu’il aurait ensuite été « échangé contre Baba Laddé », un rebelle tchadien, avant d’être remis à des éléments de la garde présidentielle centrafricaine. Elle a affirmé devant les juges que l’ancien ministre aurait alors été torturé puis tué. Ce procès, dit « Bossembélé » du nom de la ville où la plupart des crimes présumés ont été commis, est le sixième ouvert devant la CPS. Il oppose le parquet spécial et les parties civiles à François Bozizé Yangouvonda et trois coaccusés, Eugène Barret Ngaïkosset, Vianney Semndiro et Firmin Junior Danboy. Les quatre hommes sont jugés pour des crimes contre l’humanité présumés commis entre 2009 et mars 2013. Les poursuites portent sur des faits allégués de meurtre, de privation grave de liberté, de torture et actes inhumains, ainsi que de disparitions forcées. Jeune Afrique avec AFP
Madagascar annonce le démantèlement d’un réseau de falsification de diplômes
Tout commence le 5 août. Une jeune femme se présente à l’Office du baccalauréat pour faire certifier une copie de son diplôme. Un responsable de l’université repère des anomalies : la candidate n’a jamais eu son bac : elle avait échoué en 2024. L’enquête remonte un réseau structuré, dirigé par le directeur d’une école privée. Il impliquait un agent de l’Office du baccalauréat et plusieurs employés de l’université d’Antananarivo. Onze personnes sont concernées. Cinq responsables sont sous mandat de dépôt à la prison d’Antanimora. La candidate est sous contrôle judiciaire, cinq autres employés ont été libérés. Cette affaire n’est pas isolée. En décembre dernier, le Bureau indépendant anti-corruption (Bianco) a lancé une campagne dédiée aux faux diplômes, enregistrant 272 plaintes en un mois. En avril déjà, un scandale presque identique visait l’Agence portuaire et maritime, avec onze personnes également mises en cause. Le 22 juillet dernier, le ministère de l’Éducation nationale et le Bianco ont signé une nouvelle convention pour lutter contre la corruption dans l’éducation. Un partenariat de plus, deux semaines à peine avant que n’éclate cette affaire. RFI
