Ebola : un premier cas confirmé à Goma, en RDC, où l’OMS a déclaré une « urgence de santé internationale »
Un cas de contamination par le virus Ebola a été confirmé à Goma, grande ville de l’est de la République démocratique du Congo (RDC) et contrôlée par le groupe armé antigouvernemental M23, a appris l’Agence France-Presse (AFP), dimanche 17 mai, auprès du directeur de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) congolais. … L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclenché dimanche son deuxième niveau d’alerte internationale le plus élevé. … A ce stade, 91 morts signalés ont vraisemblablement été causés par Ebola, selon les derniers chiffres donnés dimanche par le ministre de la santé congolais, Samuel-Roger Kamba. Environ 350 cas suspects ont été signalés. La plupart des personnes concernées ont entre 20 et 39 ans. Plus de 60 % sont des femmes. Peu d’échantillons ont pu être testés en laboratoire à ce jour et les bilans s’appuient principalement sur des cas suspects. L’épicentre de l’épidémie se situe dans la province d’Ituri, frontalière de l’Ouganda et du Soudan du Sud. Dans cette région aurifère, de vastes mouvements de population liés à l’activité minière ont lieu quotidiennement. Certaines parties de la province sont par ailleurs en proie à des violences, menées par plusieurs groupes armés, rendant l’accès difficile pour des raisons de sécurité. Le virus s’est déjà propagé au-delà des frontières de l’Ituri et de la RDC. Outre le cas recensé à Goma, deux morts ont aussi été enregistrés en Ouganda, selon l’OMS. Il s’agit de personnes qui avaient voyagé depuis la RDC, aucun foyer d’épidémie local n’a été signalé. Dans ces trois cas, des tests en laboratoire ont confirmé le lien avec Ebola. Le Monde avec AFP
Au Mali, dix civils tués dans des frappes de l’armée
Des frappes de drones conduites par l’armée malienne, dimanche 17 mai, ont tué au moins dix civils, notamment des jeunes, qui s’apprêtaient à célébrer un mariage collectif traditionnel à Téné, située dans la région de San, dans le centre du pays. Ces frappes surviennent dans un contexte marqué par une situation sécuritaire critique après des attaques coordonnées d’ampleur menées les 25 et 26 avril par des djihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et la rébellion du Front de libération de l’Azawad (FLA), à dominante touareg. Au Mali, de nombreux civils, accusés d’avoir collaboré avec le camp adverse, sont régulièrement victimes de représailles et d’exactions de l’armée et de ses alliés russes, comme des djihadistes. … Le Mali est plongé dans une crise sécuritaire inédite depuis les attaques menées à la fin d’avril par les groupes armés contre la junte, qui est plus que jamais affaiblie. Depuis, les militaires ont perdu le contrôle de plusieurs localités dans le nord du pays, notamment la ville-clé de Kidal. Le ministre de la défense, Sadio Camara, un des piliers de la junte, a également été tué. Le Monde avec AFP
Au Mali, après les attaques jihadistes d’avril, les services de renseignement sur le gril
[Un] officier du renseignement malien a accepté de parler sous couvert d’anonymat, quelques jours après les attaques coordonnées du 25 avril qui ont frappé six villes du pays et tué le ministre de la Défense, Sadio Camara. … A l’Agence nationale de la sécurité d’Etat (ANSE), certains grincent des dents. Cette institution redoutée, placée sous l’autorité directe du président de la République, a fait face à l’une des défaillances les plus graves de son histoire : l’infiltration de l’appareil sécuritaire par l’ennemi qu’il était censé surveiller. Notre source, dotée d’une longue expérience au sein de l’ANSE, décrit un service de renseignement dysfonctionnel, obsédé par la «protection du régime», et désormais privée de capteurs dans la nébuleuse jihadiste. … Six mois avant le 25 avril, déjà, des agents de l’ANSE insistaient sur l’imminence d’une attaque visant le cœur du pouvoir, assure-t-il. … L’infiltration par des éléments jihadistes de Kati, la ville garnison située à la sortie de la capitale, avait été signalée. «La présidence savait que l’attaque était imminente. En interne, on pensait que ça allait arriver avant le 2 mai. On faisait remonter les informations et Koné les balayait du revers de la main», s’agace l’officier. … Le rôle de l’ANSE sera-t-il remis à plat ? «Il n’y a que deux options, martèle notre source. Soit on amène quelqu’un de compétent et on restructure l’agence, soit ça se reproduira. De l’extérieur, les gens pensent que le Mali est entre les mains de personnes qui vont ramener la sécurité. C’est tout le contraire. Ce qu’ils voient, ce n’est que de la propagande. » Libération
Mozambique: à Cabo Delgado, une guerre oubliée continue de traumatiser les habitants
Dans le cadre d’une série de reportages rares, RFI a pu se rendre à Cabo Delgado, dans le nord du Mozambique, à la frontière avec la Tanzanie. Depuis près de dix ans, cette région est le théâtre d’un conflit sanglant entre le groupe armé Ahlu Sunnah Wa-Jamma – surnommé localement les « shebabs » – et les Forces armées du Mozambique (FADM). Un conflit peu médiatisé car fermé à la presse, mais dont les habitants continuent de payer le prix. « Les shebabs savent déjà que vous êtes là… », glisse le responsable de la sécurité d’une ONG de Mocimboa da Praia, ville du nord-est du Mozambique. C’est ici qu’en 2017, pour la première fois, des hommes armés mènent des attaques contre plusieurs postes de police. … Depuis plusieurs années, cette ville portuaire de 30 000 habitants subit des incursions quasi hebdomadaires : pillages, massacres, assassinats par décapitation, enlèvements, viols… Le traumatisme des habitants de Cabo Delgado est énorme. … À noter également qu’au début du mois de mai 2026, cinq personnes ont été tuées lors de deux attaques menées à Ancuabe et Macomia. Selon l’ONG Acled, au moins sept personnes ont perdu la vie depuis fin avril, tandis que l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) recense plus de 12 000 déplacés depuis le début du mois de mai. RFI
Cap-Vert : le principal parti d’opposition remporte les législatives
Le principal parti de l’opposition au Cap-Vert a remporté les élections législatives organisées dimanche avec 46% des votes, selon des résultats provisoires portant sur près de 98% des bureaux de votes, publiés dans la nuit. Son dirigeant Francisco Carvalho, qui a déjà revendiqué la victoire, devient le nouveau premier ministre du pays en remplacement d’Ulisses Correia e Silva, qui était à la tête du gouvernement depuis 10 ans. Au Cap-Vert, le système politique est parlementaire. Le parti qui recueille le plus de voix lors des législatives choisit le chef du gouvernement qui domine l’exécutif, le président exerçant un rôle d’arbitre. … [L]e Parti Africain pour l’indépendance du Cap-Vert (PAICV), a obtenu pour le moment une majorité relative avec 33 des 72 sièges de l’Assemblée nationale, selon les résultats provisoires de la commission électorale nationale portant sur près de 98,1% des bureaux de votes. … Le Cap-Vert, archipel de 550 000 habitants en plein Atlantique, à environ 600 kilomètres au large du Sénégal, est réputé être un modèle démocratique en Afrique. Depuis les premières élections libres de 1991, le petit pays d’Afrique de l’Ouest n’a enregistré aucun incident ni violences liés aux élections et à leurs résultats. De 2011 à 2016, et de 2021 à 2026, un gouvernement et un président de la République de couleurs politiques différentes ont cohabité dans le pays. L’année électorale s´achèvera en novembre avec la présidentielle. Le président sortant, José Maria Neves, soutenu par le PAICV, est candidat à sa propre succession pour un second mandat de cinq ans. Africanews
Kenya: les chauffeurs en grève contre une nouvelle hausse du prix du carburant
Au Kenya, la contestation monte après l’entrée en vigueur, le 15 mai, d’une nouvelle hausse des prix du carburant. Une augmentation que les autorités justifient par la hausse des coûts à l’importation. Déjà confrontés à une première hausse le mois précédent, les acteurs du transport appellent à une grève ce lundi 18 mai 2026. Propriétaires de matatus – les minibus privés de transport en commun – chauffeurs de taxi ou encore transporteurs routiers : tout le secteur est appelé à se mobiliser pour dénoncer l’augmentation des prix à la pompe et réclamer une baisse du carburant. … Le secteur appelle aussi à la démission du ministre de l’Énergie et à la dissolution de l’Autorité en charge de la régulation du pétrole. La chambre de commerce du Kenya s’est également inquiétée des conséquences de la hausse des prix sur les coûts de production et la compétitivité des entreprises kényanes. Le gouvernement avait déjà tenté d’atténuer l’impact de la précédente hausse en réduisant la TVA sur les carburants. Une mesure jugée insuffisante par les professionnels du secteur. RFI
Comores: retour progressif au calme après le gel de la hausse du carburant par le gouvernement
Aux Comores, le calme revient progressivement après plusieurs jours de grève et de tensions liées à la hausse des prix du carburant. À Moroni, commerces, taxis et vendeurs ambulants ont repris leurs activités dimanche 17 mai 2026, au lendemain de la décision du gouvernement de suspendre l’augmentation des tarifs. Mais malgré le communiqué, certaines stations-service continuaient la veille d’appliquer les prix hauts, disant attendre un arrêté officiel pour appliquer la baisse. De leur côté, les autorités étudient la « possibilité de les accompagner dans la mesure du possible ». « Il n’y avait pas d’eau, il n’y avait rien à manger, mais le gouvernement a fait la sourde oreille », explique Fikira Allaoui. Dans l’archipel des Comores, la crise est passée. Les taxis circulent à nouveau dans les rues de la capitale de quelque 100 000 habitants, les commerces ont rouvert et les vendeurs ambulants ont repris leurs activités. … Si Moroni revit, à Anjouan en revanche, l’activité restait fortement perturbée ce dimanche 17 mai 2026 avec très peu de taxis en circulation et aucun bus dans la journée. RFI
Somalie: le pays à un «tournant critique», près de six millions de personnes menacées par l’insécurité alimentaire
En Somalie, toutes les régions rurales du pays sont touchées par cette crise alimentaire, indique l’ONG Mercy Corps, près de 70 % du territoire national. Une crise accentuée par le conflit au Moyen-Orient qui fait grimper les prix et une saison des pluies catastrophiques, explique Daud Jiran, le directeur national de l’organisation américaine en Somalie. « La situation est d’autant plus grave que les pluies ont été très faibles ces derniers temps. La principale saison des pluies dans le pays a été déficitaire, et on estime qu’environ 6,5 millions de personnes sont désormais confrontées à l’insécurité alimentaire ». … « De nombreuses familles arrivent aujourd’hui dans des camps de déplacés et il ne s’agit donc plus seulement de survie, mais d’une situation de fin de vie. Nous espérons que la communauté internationale saura se mobiliser et apporter un soutien immédiat. » L’organisation Mercy Corps rappelle qu’en 2011, le retard de la réponse humanitaire a entrainé une crise sans précédent. Selon les estimations des ONG, 250 000 personnes avaient perdu la vie. RFI
En Zambie, la dissolution du Parlement inquiète la société civile
La Zambie a dissous son Parlement vendredi 15 mai, à moins de trois mois de la présidentielle du 13 août. Une dissolution qui interroge et inquiète plusieurs associations de la société civile. Cette dissolution qui intervient après une fin de session parlementaire particulièrement controversée : 73 lois ont été examinées et votées en une semaine seulement. Des textes sur la cybersécurité, les rassemblements publics ou encore la surveillance, que plusieurs organisations jugent inquiétants pour les libertés publiques. « Nous ne connaissons pas les motivations derrière le passage de toutes ces lois en une seule semaine, alors que nous avions eu cinq ans pour faire ce travail correctement », s’interroge Austin Kayanda, directeur du Media Institute of Southern Africa, joint par Christina Okello. L’acteur de la société civile rappelle au micro de RFI que des inquiétudes avaient été soulevées quant à la nécessité de revoir certaines de ces lois dès le début du mandat « et on nous avait assuré que cela ne se ferait pas », informe-t-il. … Austin Kayanda estime que les Zambiens auraient dû avoir plus de temps pour examiner ces textes et donner leur avis. RFI
Algérie-France : le ministre Gérald Darmanin à Alger pour poursuivre le dégel des relations
Après la ministre déléguée aux Armées Alice Rufo en mai, son collègue de l’Intérieur Laurent Nuñez à la mi-février, c’est désormais au ministre de la Justice Gérald Darmanin de se rendre en Algérie, ce 18 mai, pour consacrer le réchauffement des relations entre les deux pays. Lors de son déplacement express, Gérald Darmanin sera reçu par son homologue algérien, Lotfi Boudjemaa, mais un éventuel entretien avec le chef de l’État Abdelmadjid Tebboune n’est pas exclu. Le déplacement de lundi « a pour objet de travailler l’ouverture d’un nouveau chapitre de la coopération judiciaire entre nos deux pays », souligne le ministère de la Justice. La priorité consistera à relancer une collaboration « extrêmement ralentie » et à surmonter un « manque de coopération pour des raisons diplomatiques ». … Signe d’un réchauffement des relations bilatérales franco-algériennes, le ministre algérien de l’Intérieur, Saïd Sayoud, se rendra pour sa part à Paris dans « quelques jours », a annoncé Laurent Nuñez dans un entretien paru dimanche. « C’est un signal très positif. Une coopération sécuritaire se réinstaure progressivement », a-t-il salué, dans La Tribune Dimanche, en rappelant que « plusieurs millions de personnes de part et d’autre de la Méditerranée » étaient concernées par la relation entre les deux pays. RFI
