Adapter la riposte du Bénin contre les groupes militants violents
Les attaques persistantes de groupes islamistes militants dans les régions frontalières du nord du Bénin constituent une menace croissante pour la sécurité des pays côtiers d’Afrique de l’Ouest. Le Bénin a procédé à des réformes institutionnelles notables pour renforcer ses forces de sécurité. Afin de lutter de manière efficace contre l’insurrection militante, une formation accélérée et recentrée est cependant nécessaire pour traduire ces réformes en capacités opérationnelles plus adaptées. Pour maintenir la pression sur les insurgés, habiliter les commandants locaux, associer une mobilité accrue des forces à une force de frappe, et fusionner les échanges de renseignements entre les ministères constituent des adaptations opérationnelles prioritaires et nécessaires. Afin de lutter de manière efficace contre l’insurrection dans le nord du Bénin il faut rendre opérationnel un modèle de protection centré sur la population et ancrer cette éthique au sein des forces de sécurité. Centre d’Études Stratégiques de l’Afrique
Afrique : inquiétude face à l’expansion du groupe Etat islamique
Dans son rapport semestriel au Conseil de sécurité, le Secrétaire général des Nations Unies met en garde contre le renforcement du groupe Etat islamique en Afrique de l’Ouest, au Sahel et dans le bassin du lac Tchad. Le document souligne une consolidation territoriale, une intensification des attaques et un recours accru aux nouvelles technologies.… Le document parvenu à APA souligne que le Sahel central, notamment les zones frontalières entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger, ainsi que le bassin du lac Tchad, demeure l’épicentre de l’expansion du groupe. L’ONU relève que la menace est devenue « multipolaire et de complexité croissante », avec un renforcement des capacités opérationnelles et technologiques.… Au Niger, les régions de Tillabéri, Tahoua et Dosso ont connu une activité soutenue du groupe État islamique au Sahel, tandis qu’au Mali, des attaques ont été enregistrées à Ménaka et Tessit. Fin 2025, des affrontements ont opposé ce groupe au Jama’a Nusrat ul-Islam wa al-Muslimin (JNIM), affilié à Al-Qaida, pour la suprématie territoriale.… L’ONU met également en garde contre l’utilisation croissante de technologies avancées en Afrique de l’Ouest, notamment les systèmes de drones aériens. Le rapport note que l’ISWAP augmente son stock de drones via l’importation commerciale de pièces détachées ensuite réassemblées localement. APA
Libye : l’ONU décrit une machine d’exploitation des migrants
« J’aurais préféré mourir ». Détenue pendant plus de six semaines dans une maison de traite à Tobrouk, dans l’est de la Libye, une femme érythréenne raconte avoir été violée à plusieurs reprises, avant d’être libérée après le paiement d’une rançon par sa famille. Son témoignage figure parmi près d’une centaine de récits recueillis par l’ONU… Selon un rapport publié mardi par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) et la Mission d’appui des Nations unies en Libye (MANUL), ces exilés continuent d’être victimes d’abus systématiques et impitoyables : meurtres, torture, violences sexuelles, traite d’êtres humains, extorsion, travail forcé, prostitution forcée ou servitude domestique. Le document décrit un système d’exploitation profondément enraciné, où des réseaux criminels – parfois liés aux autorités libyennes et à des circuits internationaux – enlèvent, détiennent et exploitent ces migrants. Certains sont séparés de leur famille, arrêtés puis transférés vers des centres de détention sans procédure régulière, souvent sous la menace d’armes, dans ce qui s’apparente à des détentions arbitraires. « Il n’y a pas de mots pour décrire le cauchemar sans fin dans lequel ces personnes sont plongées… », a déclaré à cette occasion Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme. Onu Info
« Une proclamation à caractère politique »: que cherche la Chine en supprimant ses droits de douane avec les pays africains?
Plus aucun droits de douane. La Chine a annoncé ce samedi 14 février la levée de ses taxes douanières pour 53 pays africains, ont rapporté les médias officiels du pays. Une annonce qui s’inscrit dans le sillon de la volonté du président de la République populaire de Chine, Xi Jinping, d’affirmer sa position de premier partenaire économique du continent.… Un seul pays africain est exclu de cette nouvelle étape marquante pour les relations économiques entre la Chine et l’Afrique: l’Eswatini, [qui] entretient toujours des relations diplomatiques avec l’île de Taïwan.… Pour [TV5MONDE le socio-économiste et sinologue au CNRS] Thierry Pairault, « son rôle en Afrique, ce n’est pas tant l’accès aux marchés, ce n’est pas tant l’aspect économique que l’aspect politique qui peut en résulter ». En fait, « la Chine veut montrer que ce sont eux les gentils », résume-t-il. Selon Sanusha Naidu… « Je pense qu’il faut arrêter de penser que les pays d’Afrique accepteront d’être contrôlés par la Chine, » affirme-t-elle.… Et de conclure que même si l’Afrique est un territoire stratégique pour les grandes puissances, son destin économique lui appartient. « Ce n’est pas la négociation de la Chine, ce n’est pas la négociation de l’Union européenne, c’est la négociation de l’Afrique », pointe-t-elle du doigt. TV5Monde
Est de la RDC: le cessez-le-feu annoncé à Luanda reste sans effet
C’est à midi ce mercredi 18 février que devait entrer en vigueur un cessez-le-feu entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23. La date et l’heure avaient été annoncées le 9 février à Luanda par le président angolais João Lourenço, à l’issue d’une rencontre avec le président togolais Faure Gnassingbé, médiateur de l’Union africaine, l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, le président congolais Félix Tshisekedi. Neuf jours plus tard, cette nouvelle tentative s’inscrit dans une série d’initiatives restées sans effet. Un énième cessez-le-feu qui, au-delà de son entrée en vigueur annoncée, se heurte une fois encore à la question de la confiance entre les parties.… Le lien entre ces engagements et le cessez-le-feu annoncé à Luanda n’est pas précisé. Aucune consultation formelle de toutes les parties n’a été rendue publique avant l’annonce de la date. Pendant ce temps, les combats se poursuivent, notamment dans le Sud-Kivu, ce qui interroge sur la mise en œuvre effective de cette nouvelle tentative de cessez-le-feu. RFI
Le Starlink d’Elon Musk, nouveau “ministre des Affaires étrangères” d’un monde connecté ?
En théorie, Starlink est un opérateur commercial parmi d’autres. Selon Reuters, SpaceX a réalisé, l’année dernière, 8 milliards de profits pour un chiffre d’affaires de l’ordre de 16 milliards. SpaceX est déjà la société la plus valorisée, estimée à 800 milliards de dollars. Dans les faits, son contrôle centralisé – un seul propriétaire, une seule constellation mondiale, des terminaux légers et faciles à transporter – lui donne un pouvoir inédit : décider qui a accès à Internet, où et quand, y compris en pleine guerre.… Dans l’est de la République démocratique du Congo, en guerre depuis plus de trente ans, les drones ont récemment rebattu les cartes militaires.… Dans un pays où les routes sont rares et les fronts très étendus, ces appareils offrent un avantage décisif : surveillance à longue distance, frappes ciblées, capacité d’atteindre des infrastructures loin de la ligne de front. Des experts congolais et de l’ONU soulignent que de nombreux groupes armés ont désormais accès à Internet par satellite, notamment via Starlink, auquel les drones peuvent être facilement connectés.… Starlink devient un multiplicateur de puissance dans un conflit régional où s’entremêlent intérêts miniers, rivalités entre États voisins et présence de mercenaires liés à des sociétés actives ailleurs en Afrique. RTBF
« Le business du désespoir »: ces jeunes africains recrutés par la Russie pour combattre sur le front en Ukraine
Dans son rapport Le Business du désespoir, le collectif d’investigation All eyes on Wagner estime qu’au moins 1.417 Africains ont été envoyés sur le front ukrainien par la Russie entre 2023 et mi-2025. Un « chiffre minimal », explique la membre du collectif d’investigation Lou Osborn à TV5MONDE. Le collectif d’investigation All eyes on Wagner a mis des noms et des visages sur les 1.417 Africains envoyés sur le front ukrainien entre 2023 et mi-2025. Dans son rapport Le Business du désespoir, publié le mercredi 11 février, le collectif retrace les parcours de vie de ces combattants issus de 35 pays africains.… Mais ce que All eyes on Wagner a surtout mis en lumière, c’est l’existence d’agents russes chargés du recrutement de ces combattants en Afrique. Elle ajoute: « Au cours de la conversation, il nous a indiqué qu’il servait de couverture aux services de sécurité russes. Nous pensons donc qu’ils sont directement à la manœuvre. » TV5Monde
L’Afrique du Sud déploiera l’armée dans les foyers de criminalité sous dix jours
L’Afrique du Sud s’apprête à déployer des unités de l’armée aux côtés de la police dans un délai de dix jours afin de lutter contre une criminalité galopante alimentée par les gangs de drogue et les mineurs illégaux. L’annonce a été faite mardi 17 février par le ministre par intérim de la Police, Firoz Cachalia, devant le Parlement. Les chefs de l’armée et de la police ont finalisé « le plan de déploiement qui débutera dans les dix prochains jours », a précisé le ministre. Cette décision s’inscrit dans une série de mesures musclées prises par le gouvernement pour contenir la violence dans un pays qui affiche l’un des taux d’homicide les plus élevés au monde, avec environ 60 meurtres par jour.… La mesure suscite toutefois des critiques. Des experts de la sécurité et des partis d’opposition estiment que les militaires ne sont pas formés aux missions de maintien de l’ordre. D’autres s’interrogent sur le coût du dispositif et y voient l’aveu d’un échec de la police à endiguer la violence. « Envoyer l’armée à court terme ne réduira pas les 64 meurtres qui ont lieu chaque jour dans ce pays », a lancé Mmusi Maimane, chef du parti libéral Build One South Africa, lors de la séance parlementaire à laquelle assistait le président Ramaphosa. Africanews/AFP
Au Gabon, les autorités annoncent la suspension des réseaux sociaux « jusqu’à nouvel ordre »
Dans un communiqué lu, mardi 17 février, sur la chaîne publique de télévision Gabon 1ère, le porte-parole de la Haute Autorité de la communication (HAC) du pays, Jean-Claude Mendome, a annoncé « la suspension immédiate des réseaux sociaux sur le territoire gabonais jusqu’à nouvel ordre ». Sans désigner les plateformes concernées, le porte-parole a justifié la décision des autorités gabonaises par la présence de contenus risquant « d’engendrer des conflits sociaux, de déstabiliser les institutions de la République et de mettre gravement en péril l’unité nationale, les avancées et les acquis démocratiques ». Elu avec 94,85 % des voix, le 12 avril 2025, dix-neuf mois après le coup d’Etat qui avait renversé Ali Bongo, an août 2023, le président gabonais, Brice Oligui Nguema, a été confronté, en janvier et en février, à sa première vague de contestation sociale, avec une grève des enseignants qui dure par endroits depuis plus d’un mois. Le Monde
Mozambique: deux ex-hauts gradés auditionnés à propos des violences post-électorales
Au Mozambique, l’ancien commandant de la police, Bernardino Rafael et l’ancien ministre de l’Intérieur, Pascoal Ronda, ont été entendus mardi 17 février par le procureur général. Cette audition se fait dans le cadre d’une plainte déposée en avril par la plateforme Decide. Cette organisation de la société civile les accuse d’être responsables des morts et violations des droits de l’homme survenues durant la crise post-électorale entre octobre 2024 et mars 2025. C’est la deuxième audition des deux hommes.… Depuis le mois d’octobre, le Mozambique a initié un grand dialogue national. Selon la société civile, la crise post-électorale a fait plus de 500 morts. RFI
Congo-Brazzaville: le dialogue politique avant la présidentielle s’est ouvert dans le centre du pays
À moins d’un mois des élections présidentielles de mars en République du Congo, les différents acteurs politiques, majorité et opposition, se réunissent à Djambala, dans le centre du pays. Un dialogue de quatre jours qui s’est ouvert lundi 16 février et se tiendra jusqu’au 19 février, pour tenter de baliser le chemin d’un scrutin présidentiel apaisé en mars prochain. Le président Denis Sassou-Nguesso, 82 ans, au pouvoir depuis plus de 40 ans, prend part à ce scrutin.… Depuis plusieurs années et avant chaque scrutin, les autorités organisent de telles rencontres avec l’opposition.… Cette année, deux des six opposants candidats à la présidentielle sont absents de ce dialogue, leur parti n’ayant pas encore été approuvé par le ministère de l’Intérieur. Destin Gavet, candidat du parti d’opposition Mouvement Républicain (MR), demande à ce que les recommandations soient prises en compte. « Nous souhaitons que les recommandations issues de cette concertation soient automatiquement applicables à l’élection à venir, contrairement à ce que nous avons vu par le passé », a-t-il indiqué. Par le passé, l’opposition a systématiquement demandé l’utilisation du vote biométrique à la place du vote manuel. Une demande qui, jusqu’à présent, est restée lettre morte. RFI
Erdogan appelle à la stabilité dans la Corne de l’Afrique lors de sa visite en Éthiopie
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a réaffirmé mardi la position de la Turquie sur la Corne de l’Afrique, lors de sa rencontre avec le Premier ministre Abiy Ahmed. À cette occasion, plusieurs accords bilatéraux ont été signés, notamment dans les domaines économique et énergétique.… De son côté, Abiy Ahmed a souligné les enjeux économiques et géopolitiques auxquels son pays est confronté.… L’Éthiopie dépend actuellement du port de Djibouti pour la quasi-totalité de son commerce extérieur, ce qui limite sa croissance et sa capacité logistique.… La visite d’Erdogan s’inscrit dans une stratégie plus large de la Turquie en Afrique de l’Est, visant à renforcer les liens bilatéraux et à contribuer à la stabilité régionale, notamment en Somalie où Ankara fournit formation et aide au développement. AfricaNews/AFP
Paris et Alger s’engagent à relancer leur coopération en matière de sécurité
La France et l’Algérie se sont engagées mardi à relancer leur coopération en matière de sécurité. Une volonté manifestée lors de la visite du ministre français de l’intérieur dans la capitale algérienne dans un contexte de relations diplomatiques tendues entre Paris et Alger. Laurent Nuñez a rencontré notamment le président algérien Abdelmadjid Tebboune. « Nous avons travaillé à mettre en place, à réenclencher un dispositif de coopération sécuritaire de très haut niveau qui a porté à la fois sur la coopération judiciaire, la coopération policière, la coopération en matière de renseignement, pour densifier ces relations, reprendre des relations de sécurité normales », a déclaré le ministre français de l’intérieur. Outre le volet sécuritaire, divers autres sujets devaient encore être réglés par les autorités des deux pays. Ils concernent la réadmission des Algériens en situation irrégulière en France, le trafic de drogue et la lutte contre le terrorisme. AfricaNews
A Madagascar, la ville de Tamatave, détruite à 80 %, se relève difficilement après le passage du cyclone Gezani
Des quartiers entiers de cette ville de 400 000 habitants ont été détruits, et les services essentiels – eau, électricité, santé, éducation – sont toujours lourdement affectés, près d’une semaine après le passage de l’ouragan. Quelques ustensiles de cuisine, des habits, des fournitures scolaires : les maigres biens sauvés par Lucia Rasoanaivo sont entreposés dans une salle de classe d’un lycée protestant de Tamatave, sur la côte est de Madagascar. Comme près de 400 habitants du quartier informel de Salazamay, la fabricante de meubles a trouvé refuge avec ses trois enfants dans ce centre d’hébergement en dur, juste avant que le cyclone tropical Gezani frappe la deuxième ville malgache, dans la nuit du mardi 10 au mercredi 11 février. La catastrophe naturelle a fait 59 morts, quinze disparus, et au moins 366 000 sinistrés dans cinq régions de l’est et du centre de Madagascar, selon le dernier bilan officiel publié le 16 février. Le Monde
