Soudan : au moins 82 morts dans l’effondrement d’une mine d’or
La mine d’Al-Zaraa s’est effondrée mardi, et « un nombre indéterminé » de personnes restent coincées sous les décombres, a déclaré, mercredi, une source des Forces de soutien rapide à l’Agence France-Presse. Une mine d’or s’est effondrée dans la région du Kordofan (sud), au Soudan, tuant au moins 82 personnes et en blessant 52, a appris, mercredi 16 septembre, l’Agence France-Presse, auprès d’une source au sein des paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), qui contrôlent la région.… Depuis le début du conflit, en avril 2023, qui voit s’opposer l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide (FSR), les deux camps ont tiré profit des ressources du pays, notamment du commerce de l’or, évalué à des milliards de dollars. Dans un pays où près de 20 millions de personnes sont désormais confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, selon les Nations unies (ONU), beaucoup de jeunes hommes se sont lancés dans une dangereuse ruée vers l’or, principalement dans des mines artisanales, comme celle qui s’est effondrée mardi. Le Monde
RDC : l’opposition dénonce une répression meurtrière
En RDC, la répression de la marche de la C64 contre le changement de Constitution ravive les tensions. L’opposition dénonce des violences meurtrières et des arrestations, tandis que le pouvoir conteste ces accusations. En République démocratique du Congo, la répression des manifestations de l’opposition est devenue récurrente, même quand ces manifestations sont autorisées par les autorités. Ces rassemblements sont souvent marqués par des violences, dont l’opposition et le pouvoir s’accusent mutuellement. C’était le cas de la marche de la Coalition Article 64, la C64, organisée mardi dernier contre le projet de changement de la Constitution. La manifestation a été réprimée par la police dans différentes villes du pays. La C64 fait état d’arrestations, de blessés et même de morts. La C64 accuse le gouvernement congolais d’avoir prémédité les violences contre les manifestants. Elle affirme qu’à la police nationale, déployée dans les rues de la capitale, se sont joints des membres de la Force du progrès, un mouvement de jeunes, associé à l’Union pour la démocratie et le progrès social, l’UDPS, le parti du président Félix Tshisekedi.… Ces accusations sont toutefois contestées par le parti présidentiel. Adolphe Amisi Makutano, cadre de l’UDPS, parle d’une manifestation qui a échoué à atteindre ses objectifs. DW
Malgré sa fermeture, la frontière RDC-Ouganda reste poreuse
En dépit de la fermeture de la frontière par l’Ouganda pour faire face à la propagation du virus d’Ebola, des commerçants et des familles continuent de traverser par des pistes clandestines, échappant ainsi aux contrôles sanitaires. À Kasindi et Nobili, des acteurs locaux estiment qu’une réouverture de la frontière, sous contrôle sanitaire renforcé, permettrait au contraire de mieux surveiller les mouvements de population entre la RDC et l’Ouganda. Pour Profil Kalengya, président de la Fédération des entreprises du Congo à Kasindi, la fermeture de la frontière favorise les passages en dehors des points de contrôle officiels. « Lorsque la frontière est fermée, certains transfrontaliers empruntent les pistes poreuses et c’est un danger pour le contrôle et la surveillance de la maladie à virus Ebola. » À Kasindi, principale porte d’entrée vers l’Ouganda, certains habitants affirment avoir continué à traverser malgré la fermeture de la frontière. DW
Ebola en RDC : le combat est loin d’être gagné
La course pour endiguer l’épidémie d’Ebola est loin d’être terminée en République démocratique du Congo (RDC). Si certains indicateurs montrent une amélioration, notamment dans les zones les plus durement touchées d’Ituri, l’épidémie continue de gagner du terrain dans d’autres régions, mettant à rude épreuve les équipes de riposte. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) appelle donc à ne pas relâcher les efforts face à une situation qui reste particulièrement active dans plusieurs provinces. « Ne vous y trompez pas. L’épidémie continue de progresser et continue de faire des victimes », a déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d’une conférence de presse à Genève. Plus de 7.200 cas ont désormais été signalés, pour plus de 3.500 décès, dans sept provinces de la RDC. En Ituri, où la transmission commence à ralentir, la circulation du virus demeure néanmoins très élevée : environ 300 nouveaux cas et 160 décès y ont été enregistrés au cours de la seule semaine dernière, soit près de la moitié du bilan national. ONU Info
Du gouvernement à l’armée, le général Tiani resserre les rangs après la tentative de putsch au Niger
Depuis le 29 août, le chef de la junte a remplacé quatre ministres, démis de ses fonctions le chef d’état-major des armées et procédé à l’arrestation d’au moins 200 militaires. Plus de deux semaines après la tentative de putsch qui l’a visé, le 29 août, le général Abdourahamane Tiani reste mutique, mais resserre les rangs autour de lui. Mardi 15 septembre, le chef de la junte au pouvoir au Niger a procédé à un « réaménagement technique du gouvernement » et remplacé quatre de ses ministres – ceux de l’agriculture, de la refondation, de l’énergie et de la communication. « Les entrants, en particulier Abdourahamane Oumarou [militant panafricaniste et soutien de la première heure des militaires], sont des fidèles de la junte. Les promouvoir est une façon pour le général Tiani de consolider son régime », explique un opposant sous couvert de l’anonymat. Le 29 août, celui qui avait pris le pouvoir par les armes trois ans plus tôt, le 26 juillet 2023, a failli être renversé à son tour. Des mutins, menés par de jeunes officiers des forces spéciales, avaient attaqué le palais présidentiel, tenté d’investir la télévision nationale et pris une importante base aérienne et logistique sur l’aéroport de Niamey. Durant cette journée sous haute tension, une partie de l’armée avait semblé prête à basculer dans le camp des mutins. Il aura fallu l’intervention décisive, à la nuit tombée, des 200 à 300 militaires russes du contingent d’Africa Corps basé sur place pour mettre les mutins en échec et sauver le général Tiani. Le Monde
Centrafrique : Une trentaine de personnes enlevées près de Bangassou
Au moins une trentaine de personnes ont été enlevées samedi dans plusieurs villages situés à proximité de Bangassou, dans le sud-est de la Centrafrique, selon des sources locales qui attribuent ces kidnappings aux rebelles de l’Armée de libération du Seigneur (LRA).… D’après son témoignage, les assaillants ont fait irruption dans trois villages pour capturer des habitants. Plusieurs villageois sont toutefois parvenus à s’échapper et à rejoindre Bangassou, où ils ont alerté les autorités. Le député de Bangassou, Serge Singha Bengba, ainsi que plusieurs autres sources interrogées par l’AFP, attribuent également ces enlèvements à la LRA. Des cas d’enlèvements similaires, également attribués localement à la LRA, avaient déjà été signalés par la presse centrafricaine ces derniers mois. Fondée en Ouganda à la fin des années 1980 et longtemps dirigée par Joseph Kony, la rébellion est accusée de nombreuses atrocités, notamment des enlèvements, des meurtres et le recrutement forcé d’enfants. Repoussée progressivement hors d’Ouganda, elle a étendu ses opérations dans des zones reculées de plusieurs pays d’Afrique centrale, notamment en Centrafrique. Bien que considérablement affaiblie, la LRA disposerait encore de combattants actifs dans certaines régions isolées, où les populations rurales restent particulièrement vulnérables. Sahel-Intelligence
Moscou se tourne vers l’Afrique alors que les « Maisons russes » ferment leurs portes en Europe
La Russie ouvre 11 nouvelles « Maisons russes » à l’étranger, dont huit en Afrique. Rossotrudnichestvo, l’agence d’État chargée de la gestion de ces centres, a signé les accords le 8 septembre.… Les « Maisons russes » enseignent le russe, organisent des concerts et attribuent des bourses universitaires. Mais les gouvernements occidentaux affirment que certaines servent également de couverture à des espions. Depuis 2022, date à laquelle la Russie a lancé son invasion à grande échelle de l’Ukraine, au moins 13 d’entre elles ont fermé leurs portes, presque toutes en Europe.… Au moins 16 « Maisons de la Russie » sont déjà en activité en Afrique. Huit nouvelles ouvertures sont prévues sur ce continent : au Kenya, en République démocratique du Congo, à Madagascar, au Mali, à Sao Tomé-et-Principe, au Sénégal, en Sierra Leone et au Togo.… Trois maisons ont ouvert leurs portes au Sahel après la prise du pouvoir par des juntes pro-russes au Burkina Faso, au Mali et au Niger. En République centrafricaine, culture et sécurité se recoupent. La maison de Bangui est dirigée par Dmitry Sytyi, ancien bras droit du patron de Wagner, Evgueni Prigojine, dans le pays. BBC
Togo: un an de détention pour l’ex-ministre des Armées et critique du pouvoir Marguerite Gnakadé
Un an après son interpellation à son domicile de Lomé, au Togo, le dossier de Marguerite Gnakadé est toujours en instruction. Elle n’a été entendue qu’une seule fois sur le fond de l’affaire, selon son avocat, qui dénonce une aberration. L’ancienne ministre des Armées est notamment inculpée de trouble aggravé à l’ordre public, appel au soulèvement populaire, incitation de l’armée à la révolte et atteinte à la sûreté nationale. Me Elom Kpadé affirme ne pas avoir été officiellement informé du lieu de détention de sa cliente et ne pas y avoir accès. Pour voir Marguerite Gnakadé, l’avocat explique devoir se rendre au palais de justice, où elle est alors conduite de nuit sous bonne escorte. Dans l’entourage de cette femme de 64 ans, on décrit des conditions de détention très difficiles : isolée dans une pièce, sans radio ni télévision, sans stylo ni bloc-notes pour écrire, sans téléphone et sans possibilité de sortir pour se dégourdir les jambes.… Contactées par RFI, les autorités togolaises n’ont pas donné suite pour le moment. RFI
En Guinée, la chaîne France 24 interdite de diffusion après qu’un présentateur a qualifié le chef de l’Etat, Mamadi Doumbouya, de « président putschiste »
Depuis l’arrivée au pouvoir du général Doumbouya, les principaux partis politiques ont été dissous, les manifestations, interdites, sont réprimées et de nombreux dissidents ont été arrêtés, condamnés, poussés à l’exil ou sont portés disparus. Les autorités guinéennes ont interdit, jeudi 17 septembre, « avec effet immédiat » la diffusion de France 24 sur l’ensemble du territoire, après qu’un présentateur a qualifié le chef de l’Etat, Mamadi Doumbouya, de « président putschiste ». La Haute Autorité de la communication (HAC) avait protesté mercredi contre l’emploi « délibéré » de ce « qualificatif inapproprié » dans un journal télévisé diffusé le 14 septembre. France 24 a reconnu sur son site avoir « qualifié par erreur » M. Doumbouya de « président putschiste ». La chaîne avait également annoncé à l’Agence France-Presse, mercredi soir, qu’elle présenterait « ses excuses » et rectifierait « cette erreur à l’antenne ».… Dans ce pays d’Afrique de l’Ouest dirigé d’une main de fer par Mamadi Doumbouya, arrivé au pouvoir par un coup d’Etat en 2021 avant d’être élu président en décembre 2025 à l’issue d’un scrutin sans opposant d’envergure, la HAC a suspendu plusieurs médias par le passé. Le Monde
Mauritanie: la consommation de drogue chez les jeunes, un phénomène qui inquiète
En Mauritanie, la consommation de drogue prend une ampleur inquiétante chez les jeunes et s’accompagne de graves dégâts humains et matériels. Chaque jour, des citoyens sont agressés, parfois tués, violés ou volés par des jeunes sous l’emprise de stupéfiants. Le dernier drame en date remonte à cette semaine à Nouadhibou, dans le nord du pays, où une mère a été tuée par son propre fils en état de manque. Il y a à peine une semaine, un fait similaire s’était produit dans un quartier périphérique de Nouakchott. Une situation qui suscite une vive inquiétude au sein de la population. Mais quelles sont les causes de ce phénomène et comment y remédier ? Plusieurs facteurs expliqueraient pourquoi de plus en plus de jeunes Mauritaniens consomment de la drogue, notamment la pauvreté, l’environnement social ou encore le manque d’emploi. … Pour l’expert en sécurité Mansour Ly, cette évolution de la consommation de drogue en Mauritanie s’explique également par la position géographique du pays. Selon lui, seules des solutions à l’échelle régionale pourront freiner l’ampleur du phénomène. « Les routes de la drogue changent de nature en Mauritanie. Et pourquoi ? La réponse mauritanienne ne peut plus se penser isolément. Elle doit s’inscrire maintenant dans une coopération régionale avec nos pays voisins, le Sahel et nos pays du littoral atlantique. Le plus préoccupant à mes yeux reste ce qui se passe à l’intérieur du pays. La drogue ne se contente plus maintenant de traverser le territoire, elle commence à irriguer un marché local. » RFI
Nigeria : Arrestation d’un mexicain, chef d’un réseau de laboratoires de méthamphétamine
Les autorités nigérianes ont arrêté un ressortissant mexicain présenté par l’Agence nationale antidrogue du Nigeria (NDLEA) comme un responsable présumé d’un réseau de laboratoires clandestins de méthamphétamine implantés dans le pays. Arturo Carrera Loaiza, 40 ans, a été interpellé le 19 août alors qu’il tentait de quitter le Nigeria par l’aéroport de Lagos, dans le sud-ouest du pays. Son arrestation intervient au terme de plusieurs mois d’investigations ayant notamment permis le démantèlement d’un laboratoire de méthamphétamine dans l’Etat d’Ebonyi, au sud-est.… Cette affaire s’inscrit dans une enquête plus large visant les réseaux clandestins de production de drogues au Nigeria. Le 16 mai, trois Mexicains et sept Nigérians avaient déjà été arrêtés dans une zone forestière de l’Etat d’Ogun. Sahel-Intelligence
Soudan du Sud : le « Super El Niño » menace d’aggraver une crise alimentaire déjà alarmante
Conflits, dérèglement climatique, déplacements de population et chute des financements humanitaires plongent le Soudan du Sud dans l’une de ses plus graves crises alimentaires depuis des années. Alors que 7,8 millions de personnes peinent déjà à se nourrir, le Programme alimentaire mondial (PAM) alerte sur les effets croissants du phénomène El Niño, qui pourrait encore aggraver la situation dans le pays et dans toute la région. « Cela va avoir un impact encore plus important sur la sécurité alimentaire dans toute la région », a averti Matthew Hollingworth, Directeur exécutif adjoint chargé des opérations au PAM. Selon l’agence onusienne, les conditions météorologiques extrêmes et l’arrivée d’un « Super El Niño » font peser une menace supplémentaire sur le Soudan du Sud, mais aussi sur les pays voisins, notamment le Soudan, l’Érythrée, l’Éthiopie, l’Ouganda et le Kenya. Des précipitations inférieures à la moyenne et une forte hausse des températures pourraient ainsi accentuer une crise alimentaire déjà dramatique dans l’un des pays les plus vulnérables aux chocs climatiques. ONU Info
Épidémies : réunis au Togo, les biologistes africains sonnent l’alarme
Réunis pour leur première conférence régionale au Togo, des professionnels de laboratoire médical veulent tirer les leçons d’Ebola et de la Covid-19. Ils demandent aux gouvernements de renforcer les capacités de diagnostic et de consacrer davantage de ressources à la préparation sanitaire. La Fédération ouest-africaine des sciences de laboratoire médical a ouvert mercredi, à Lomé, sa première conférence consacrée aux défis posés par les épidémies sur le continent. Pendant trois jours, des biologistes médicaux de plusieurs pays doivent échanger autour du thème : « Les biologistes médicaux et la santé publique en Afrique de l’Ouest : enjeux, défis et perspectives ».… Pour les professionnels réunis à Lomé, les précédentes crises sanitaires ont confirmé le rôle déterminant des laboratoires dans la détection des virus et la prise en charge rapide des patients.… Au-delà du partage d’expériences, les participants veulent attirer l’attention des autorités sur la nécessité d’investir durablement dans les laboratoires, la formation du personnel et les dispositifs de prévention.… À l’issue de la conférence, les experts devraient présenter des recommandations visant à améliorer la préparation des pays d’Afrique de l’Ouest. Ils réclament notamment davantage d’équipements, de personnels qualifiés et de financements afin d’éviter qu’une nouvelle épidémie ne se transforme en crise sanitaire majeure. AfricaNews
