Revue de presse du 17 mars 2026

Au Nigeria, la ville de Maiduguri frappée par une série d’attentats, au moins 23 morts
Des explosions imputées à plusieurs attentats-suicides ont tué au moins 23 personnes et en ont blessé plus d’une centaine à Maiduguri, la capitale de l’Etat de Borno, dans le nord-est du Nigeria, a annoncé mardi 17 mars la police. « Au vu des premières investigations, on soupçonne des kamikazes », a rapporté le porte-parole de la police, Nahum Kenneth Daso, dans un communiqué, et « malheureusement, 23 personnes ont perdu la vie et 108 autres ont été blessées à des degrés divers ». Les explosions ont eu lieu lundi soir, vingt-quatre heures après l’attaque d’un poste militaire dans une banlieue de Maiduguri située à quelques kilomètres de l’aéroport de la ville. Un journaliste de l’Agence France-Presse présent dans un hôpital de Maiduguri lundi soir a vu des dizaines de blessés cherchant à se faire soigner après les explosions, ainsi que de multiples corps recouverts de draps sur le trottoir à l’extérieur. … Ces attentats surviennent après une période de relative tranquillité dans la ville depuis que l’insurrection avait été repoussée vers les zones rurales reculées. Théâtre de fusillades et d’attentats à la bombe, avec un pic d’attaques au milieu des années 2010, Maiduguri était plutôt calme depuis quelques années. La violence a toutefois persisté dans les campagnes environnantes, et ces derniers mois les groupes djihadistes ont intensifié leur pression. La semaine dernière, l’armée a confirmé des « attaques coordonnées » contre plusieurs bases militaires dans le Nord-Est, qui ont tué au moins 14 personnes, dont 10 soldats. Le Monde avec AFP

Au moins 12 morts dans une présumée attaque terroriste au Burkina
Des djihadistes présumés ont attaqué un village au Burkina Faso, tuant au moins 12 civils, dont neuf membres d’une force de volontaires qui soutient l’armée, ont indiqué mardi des sources locales et sécuritaires. Ce pays d’Afrique de l’Ouest, dirigé par une junte militaire depuis le coup d’État de 2022, est confronté depuis plus d’une décennie à des violences meurtrières perpétrées par des djihadistes. Une série d’attaques a été perpétrée samedi et dimanche contre l’armée et la force de volontaires civils (VDP) dans différentes régions du pays, a indiqué une source sécuritaire. Lors d’une de ces attaques, des « terroristes » ont pris d’assaut dimanche le village de Dourtenga, situé dans le centre-est du pays, tuant neuf membres de la VDP, dont leur chef, a déclaré un responsable local à l’AFP. Une femme figurait parmi les trois autres personnes tuées, a précisé la source. … Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans a revendiqué le mois dernier plusieurs attaques contre l’armée et les forces de volontaires. Selon l’observatoire des conflits ACLED, plus de 130 personnes ont été tuées en une dizaine de jours. Malgré le nombre croissant d’attaques, la junte militaire affirme avoir repris près des trois quarts du territoire et réinstallé dans leurs régions d’origine plus d’un million de personnes qui avaient fui les violences. Mais selon des experts régionaux, le Burkina n’a pas brisé la spirale de violence qui a fait des dizaines de milliers de morts parmi les civils et les soldats depuis 2015, dont plus de la moitié au cours des trois dernières années, selon l’ACLED. Africanews

Mali: au moins huit personnes exécutées par l’armée près de Kayes
Au Mali, au moins huit personnes ont été exécutées par l’armée malienne dans le cercle de Yélimané, région de Kayes, près des frontières mauritanienne et sénégalaise. Les corps ont été retrouvés les 15 et 16 mars, après des arrestations massives effectuées par l’armée malienne vendredi 13 mars dernier dans plusieurs villages. … Vendredi dernier, l’armée malienne arrête, selon plusieurs sources locales, 34 personnes, toutes membres de la communauté peule, à Bougoutourou, Dogofiri, et Diongaga. Depuis, huit corps ont été retrouvés : les cadavres, calcinés, abandonnés en brousse, ont les yeux bandés. Les familles, toujours sans nouvelles de leurs proches après leur arrestation, craignent que le même sort leur ait été réservé. … Depuis début février, l’armée malienne – parfois accompagnée de ses supplétifs russes de l’Africa Corps – a mené plusieurs opérations dans la région de Kayes, au cours desquelles des exécutions ont pu être recoupées par RFI : le 6 février à Torodo, 8 morts ; le 26 février à Aïté, 7 morts ; ou encore le 6 mars près de Nampala, dans une autre région mais toujours près de la frontière mauritanienne, 7 morts. RFI

RDC : Les affrontements entre FARDC et M23 à Luvungi provoquent un déplacement massif vers Uvira
D’intenses mouvements de populations civiles secouent ce mardi 17 mars la localité de Runingu, au Sud-Kivu, suite à de violents combats opposant les Forces armées de la RDC (FARDC) aux rebelles de l’Alliance Fleuve Congo (AFC-M23) à Luvungi, près de Kabunambo rapportent des sources concordantes locales. Les hostilités ont éclaté tôt ce matin, marquées par des bombardements qui terrifient les riverains. De nombreux habitants fuient vers des zones jugées plus sécurisées, en direction Sud vers Uvira, à moins de 35 km de Luvungi. Ces affrontements brisent la trêve relative observée autour d’Uvira depuis le retrait de l’AFC-M23 fin janvier 2026. Les combats se concentrent désormais dans la partie Nord de la ville, ainsi que dans les Hauts et Moyens plateaux. Parallèlement, la plaine de la Ruzizi est le théâtre d’hostilités renouvelées, aggravant l’insécurité dans cette zone frontalière. La localité de Kirungu, située à quatre heures de marche à pied en amont d’Uvira, est tombée lundi 16 mars dans la soirée sous le contrôle de la coalition rebelle, selon des sources locales. Ce site stratégique relie Uvira aux moyens et hauts plateaux de Minembwe, bastion de la coalition Twirwaneho, Red Tabara, Ngumino, FNL-Zabampema et AFC-M23. Cette alliance multigroupe mène une guerre de longue date contre les FARDC et les groupes armés locaux Maï-Maï. … Dans un contexte de tensions persistantes à l’Est de la RDC, ces événements soulignent la fragilité de la sécurité régionale et l’urgence d’une réponse humanitaire coordonnée. Radio Okapi

Au Soudan du Sud, 100 000 personnes ont fui en un mois vers l’Ethiopie
Environ 100 000 habitants du Soudan du Sud ont fui le pays en mars pour se réfugier en Ethiopie, suivant l’ordre donné par l’armée sud-soudanaise à la population de se retirer d’une zone contrôlée par l’opposition, selon une estimation communiquée par l’Unicef, mardi 17 mars. Ce pays, de plus en plus instable, connaît depuis décembre une recrudescence des combats entre forces gouvernementales et d’opposition, principalement dans l’Etat du Jonglei (centre-est). La population déplacée est fortement fragilisée : un quart des enfants de moins de 5 ans ayant dû quitter leur domicile souffre désormais de malnutrition, à un niveau « alarmant », pointe l’Unicef dans un communiqué. Le 6 mars, l’armée sud-soudanaise (SSPDF) a exigé des civils vivant à Akobo, une ville de l’est du Jonglei tenue par les forces d’opposition, qu’ils partent dans des régions sous son contrôle ou dans des zones estimées plus sûres. Elle a également ordonné à la mission onusienne au Soudan du Sud (Minuss) et aux ONG présentes à Akobo, de « se retirer immédiatement », en amont « d’offensives militaires ». La Minuss a toutefois refusé de s’exécuter. L’armée sud-soudanaise affirme depuis lors avoir pris le contrôle d’Akobo, mais des affrontements étaient encore recensés samedi à proximité de cette ville, selon une source sécuritaire. Le Monde avec AFP

« Nous irons où ils se cachent » : éradiquer l’État islamique en Somalie
En avril 2025, le général Michael Langley, alors commandant de l’Africa Command (Africom) des États-Unis, a déclaré devant le Congrès américain que « l’EI contrôle son réseau mondial depuis la Somalie ». … Basé dans la région semi-autonome du Puntland, au nord-est du pays, l’EI-Somalie a été fondé par un ressortissant somalien, Abdulqadir Mumin. Celui-ci a vécu en Suède et au Royaume-Uni et possédait la citoyenneté britannique. En 2015, il est apparu aux côtés de 17 hommes dans une vidéo prêtant allégeance à l’EI. Mumin avait auparavant été membre du groupe armé al-Shabab, qui combat le gouvernement depuis deux décennies et contrôle encore de vastes zones du sud de la Somalie. L’EI-Somalie a chassé al-Shabab des montagnes d’al-Miskad au Puntland, y faisant venir des recrues étrangères et devenant progressivement un centre de formation et de financement pour le réseau élargi de l’EI. Le groupe a exercé une influence dans la ville portuaire de Bosaso, et un rapport du Trésor américain indiquait qu’en 2022 l’EI-Somalie avait « récolté 2 millions de dollars grâce à des paiements d’extorsion auprès d’entreprises locales, d’importations, d’élevage et d’agriculture ». … Après de longs mois de combats, le village a été repris par les Forces de défense du Puntland en février 2025. Les Américains avaient aidé, en ciblant et en tuant trois militants de l’EI en mai 2024. … En juin 2025, l’ONU estimait que le groupe État islamique comptait jusqu’à 800 combattants en Somalie, dont plus de la moitié étaient des étrangers. Les Forces du Puntland affirment avoir tué des centaines de membres de l’EI au cours des 16 derniers mois, et ont publié des images de plus de 50 combattants étrangers capturés, originaires notamment d’Éthiopie, du Maroc et de Syrie. BBC

La Guinée, le Liberia et la Sierra Leone s’engagent à résoudre leurs tensions frontalières par le «dialogue»
Le chef d’État guinéen Mamadi Doumbouya a reçu ce lundi 16 mars à Conakry son homologue libérien Joseph Boakai et le dirigeant sierra-léonais Julius Maada Bio lors d’un sommet à huis clos concernant les récentes tensions aux frontières communes de leurs trois pays à propos de la délimitation de leurs territoires respectifs. La Côte d’Ivoire, qui a une frontière commune avec la Guinée et le Liberia, était également représentée à la rencontre « en qualité de pays témoin », selon les autorités guinéennes. Les leaders des trois pays n’ont fait aucune déclaration. C’est le ministre guinéen des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté, qui a lu le communiqué commun : « Les parties se sont engagées en faveur de la paix, de la sécurité, de la stabilité et du développement au sein de l’Union du Fleuve Mano. À cet effet, elles ont appelé au retour du statu quo de coexistence pacifique entre les communautés frontalières. » … Les trois États ouest-africains ont également annoncé la création de commissions conjointes techniques pour « examiner les questions de délimitation et de gestion des frontières », appelant leurs populations respectives au calme. … Des tensions ont éclaté ces derniers jours entre la Guinée et son voisin du Liberia à leur frontière commune, provoquant des affrontements entre des civils libériens et des soldats guinéens, selon un communiqué lundi matin du ministère libérien des Affaires étrangères. … Fin février, des incidents frontaliers avaient également eu lieu entre la Guinée et la Sierra Leone, les deux pays s’étant mutuellement accusés d’incursions militaires sur leurs territoires à leur frontière commune. RFI

Cinq ans ferme : les peines s’accumulent pour l’ancien président tunisien Moncef Marzouki
Le 16 mars 2026, la chambre criminelle près le tribunal de première instance de Tunis a rendu son verdict : l’ancien président, Moncef Marzouki, 80 ans, ainsi que l’ancien bâtonnier, Abderrazak Kilani, 71 ans, ont été condamnés – par contumace – à cinq années de prison ferme avec exécution immédiate. Une nouvelle fois, les faits reprochés concernent des actes liés au « terrorisme » et à une « atteinte à la sûreté de l’État », mais ne sont pas précisément connus. En juin 2025, l’ancien président – élu en 2011, mais battu en 2014 par Béji Caïd Essebsi – avait déjà été condamné à vingt-deux ans de prison pour des faits similaires. Ces peines s’ajoutent à des condamnations précédentes : huit ans de prison ferme en février 2024 pour avoir tenté de « changer la forme du gouvernement », d’ « inciter les Tunisiens à s’armer les uns contre les autres » et de « provoquer le désordre et le pillage » dans le pays. L’accusation se référait alors à des messages écrits par Moncef Marzouki sur les réseaux sociaux. En 2021, il avait également été condamné à quatre années de prison pour « atteinte à la sûreté de l’État à l’étranger » après avoir, lors d’une manifestation à Paris, appelé le gouvernement français à « rejeter tout soutien » au président Kaïs Saïed, qu’il avait accusé d’avoir « comploté contre la révolution ». L’ancien et l’actuel présidents sont habitués à polémiquer à distance. En 2021, Kaïs Saïed avait demandé à la justice d’enquêter sur Moncef Marzouki, qu’il traitait d’ « ennemi de la Tunisie », et de lui retirer son passeport diplomatique. Jeune Afrique

Assassinat de Lumumba : la justice ordonne le renvoi en procès d’un ex-diplomate belge
Soixante-cinq ans après les faits, la justice belge a ordonné mardi le renvoi en procès d’un ancien diplomate belge, Etienne Davignon, soupçonné de « participation à des crimes de guerre » pour son implication dans les décisions ayant mené à l’assassinat du dirigeant congolais Patrice Lumumba en 1961. La décision, susceptible d’appel, a été rendue à huis clos par une juridiction d’instruction à Bruxelles. Le parquet fédéral a confirmé à l’AFP ce renvoi annoncé à la presse par l’avocat Christophe Marchand, qui défend les descendants du héros de l’indépendance congolaise. Selon l’avocat, le procès pourrait se tenir « au plus tôt en janvier » 2027. Jamais un procès pénal n’a été organisé sur cette page sombre de la relation entre le Congo devenu indépendant en juin 1960 et son ancienne puissance coloniale, la Belgique. … Premier chef du gouvernement du Congo indépendant (l’actuelle République démocratique du Congo, RDC), Patrice Lumumba avait été renversé dès la mi-septembre 1960 par un coup d’Etat. Transféré dans la région sécessionniste du Katanga (sud), il fut exécuté le 17 janvier 1961 par des séparatistes, avec l’appui de mercenaires belges. Il avait 35 ans. Son corps fut dissous dans l’acide. … A l’époque de l’indépendance du Congo, M. Davignon, qui aura ensuite une longue carrière d’homme d’affaires et fut même commissaire européen dans les années 1980, était diplomate stagiaire pour les Affaires étrangères belges. Il est soupçonné d’avoir été aux premières loges quand a été évoqué par divers responsables belges le transfert du prisonnier Lumumba dans une région où les autorités locales lui étaient très hostiles, le Katanga, dont la sécession était alors soutenue par le pouvoir belge, selon la plainte. AFP

Cameroun, Angola, Guinée équatoriale : ce qu’il faut savoir du programme de la tournée en Afrique centrale du pape Léon XIV
En Afrique centrale, la tournée du pape Léon XIV débutera par le Cameroun (du 15 au 18 avril), à Yaoundé. Le souverain pontif doit rencontrer des évêques et participer à de grandes célébrations religieuses rassemblant des milliers de fidèles. Le message principal devrait porter sur la paix, le dialogue entre les religions et la lutte contre la pauvreté au moment où le Cameroun fait en effet face à des défis sociaux importants, notamment les inégalités économiques et les tensions régionales. L’Église catholique y joue un rôle majeur. Dans ce contexte, l’étape la plus symbolique aura lieu le jeudi 16 avril sous haute sécurité à Bamenda, dans le nord-ouest anglophone, épicentre du conflit armé qui oppose depuis près d’une décennie forces gouvernementales et groupes séparatistes, où le chef de l’Eglise catholique devrait lancer un appel à la paix. … La deuxième étape de la tournée du pape en Afrique centrale l’amènera en Angola (du 18 au 21 avril). A Luanda, Léon XIV sera attendu par une foule de fidèles. La visite en Angola, ex-colonie portugaise indépendante depuis 1975, devrait mettre en lumière les thématiques sociales chères au souverain pontif avec les tensions autour des ressources (pétrole, minerais), la lutte contre la corruption et les inégalités. … La visite pontificale se terminera en Guinée équatoriale, pays à majorité chrétienne ( du 21 au 23 avril), à Malabo. Cet État d’Afrique centrale est l’un des plus riches de la région grâce au pétrole, mais il est aussi régulièrement critiqué pour les inégalités sociales. La présence du pape revêt donc également une dimension diplomatique. À travers ses interventions, il pourrait appeler à davantage de solidarité et de justice sociale, tout en encourageant l’Église locale à poursuivre son engagement auprès des populations. TV5 Monde avec AFP