Ebola: l’épidémie pourrait être la « pire » jamais connue en Afrique de l’Ouest et à l’est de la RD Congo
« Si nous ne parvenons pas à endiguer très rapidement cette épidémie, elle sera pire que celle que nous avons connue en Afrique de l’Ouest et dans l’est de la République démocratique du Congo », a affirmé ce mardi 16 juin Jean Kaseya, directeur général du Centre africain de Contrôle et de Prévention des Maladies (CACM), cité par l’agence de presse britannique Reuters. Actuellement, des dizaines de milliers de personnes étant entrées en contact avec des malades n’ont toujours pas été retrouvées, a précisé Jean Kaseya, lors d’une réunion virtuelle des chefs d’État africains au Burundi. L’épidémie actuelle pourrait être plus violente encore que celle ayant tué plus de 11.000 personnes en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone, entre 2014 et 2016. « Un mois après la déclaration de l’épidémie, la maladie progresse plus rapidement que la réponse », a alerté ce lundi 15 juin Kate White, coordinatrice médicale d’urgence de l’ONG Médecins Sans Frontières (MSF) en République démocratique du Congo. MSF s’est également inquiété de « dangereuses lacunes » dans le système mis en place actuellement pour endiguer l’épidémie dans le pays. TV5 Monde
La guérison des patients atteints d’Ebola offre de rares moments de joie au cœur de l’épidémie
Vendredi, juste après midi, une douzaine de professionnels de santé vêtus de blouses vertes ont chanté des chants de louange — « La grâce nous a été montrée ; la grâce a été montrée aux patients » — alors qu’ils escortaient Daniel Kitambala hors de la clinique. Deux tests d’Ebola négatifs ont confirmé qu’il était exempt du virus après avoir passé environ trois semaines dans l’établissement. « Cette maladie est terrible. Je me sentais très mal [quand je suis arrivée ici]. Mais Dieu est grand, je vais bien maintenant », a déclaré Kitambala, un fervent chrétien, à la BBC alors que les médecins continuaient à l’encourager. L’homme de 49 ans, vêtu d’un t-shirt et d’un pantalon noirs et portant un sac en polyéthylène noir contenant ses affaires stérilisées, rayonnait de joie et de soulagement alors qu’il marchait entre les deux lignes de filets oranges qui jalonnent la sortie du centre de traitement. Il a été confirmé que plus de 140 personnes sont décédées des suites de la maladie, une espèce rare de Bundibugyo, dans la province de l’Ituri, épicentre de la dernière épidémie déclarée pour la première fois il y a un peu plus d’un mois. … Mais il est possible de survivre au virus et les célébrations au centre de traitement Ebola de Mongbwalu en étaient la preuve. BBC
RDC : L’opposition exige désormais la démission de Félix Tshisekedi
L’opposition congolaise durcit le ton et appelle désormais à la démission du président Félix Tshisekedi, qu’elle accuse de violer la Constitution en engageant une démarche visant à modifier la loi fondamentale du pays. L’appel été lancé mardi 16 juin 2026 à Kinshasa. La Coalition Article 64 annonce, à cet effet, l’organisation le 8 juillet prochain d’une marche pacifique sur l’ensemble du pays, avec pour point de chute le Palais présidentiel. L’annonce a été faite ce mardi, à l’issue d’une réunion d’évaluation des événements du vendredi 12 juin dernier. « Les membres de la coalition article 64 ont levé l’option d’appeler le peuple congolais dans toutes les provinces, dans tous les territoires, toutes les chefferies, localités et autres à participer à une grande ou à de grandes marches pacifiques le 8 juillet », a déclaré Prince Epenge, porte-parole de Lamuka et l’un des cadres de cette plateforme de l’opposition. A Kinshasa, selon lui, cette grande marche pacifique aura comme point de chute Mont-Ngaliema « pour exiger la démission de Monsieur Tshisekedi qui a trahi la nation, qui craché sur la Constitution et qui va réaliser un referendum aux fins de réaliser la balkanisation du pays ». Cette annonce est faite quelques heures seulement après le vote au Parlement de la loi référendaire. Ce dossier continue de diviser. La majorité présente cette réforme comme un cadre juridique destiné à organiser les référendums prévus par la Constitution. L’opposition, notamment la Coalition Article 64, y voit en revanche une démarche susceptible d’ouvrir la voie à une révision constitutionnelle et, à terme, à un troisième mandat présidentiel pour Félix Tshisekedi. Radio Okapi
Téné Birahima Ouattara affirme que la Côte d’Ivoire est prête à reprendre une coopération sécuritaire avec le Mali et le Burkina Faso
En marge d’un déplacement en France où il participe au salon Eurosatory consacré aux industries de la défense, le vice-Premier ministre affirme qu’Abidjan est prête à reprendre sa collaboration sécuritaire avec Bamako et Ouagadougou. … Téné Birahima Ouattara, vice-Premier ministre ivoirien également en charge de la Défense semble avoir fait un premier pas. « Je reste convaincu d’une chose : le terrorisme, tel qu’il se présente actuellement, ne peut être vaincu par un État. Il faut qu’il y ait une collaboration, une mutualisation des forces », a-t-il déclaré mardi 17 juin en marge du salon Eurosatory dédié au secteur, en France. « Avec le Burkina, par exemple, on a engagé la possibilité de pouvoir mener des opérations communes ensemble. Il y a eu un arrêt que je qualifierais de brutal [en juin 2024] et depuis, il n’y a rien du tout. Mais c’est souhaitable que nous puissions avoir ce type de partenariat pour essayer de faire face au terrorisme », a jouté Téné Birahima Ouattara, en se disant « sincèrement prêt » à reprendre une coopération, si ses deux voisins le souhaitent. Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), qui mène régulièrement des attaques contre le Burkina Faso et le Mali, parfois à quelques kilomètres seulement de la frontière ivoirienne, n’a plus visé la Côte d’Ivoire depuis 2021. Les autorités ivoiriennes mettent en avant leur réponse militaire, mais aussi sociale, dans la zone frontalière pour expliquer cette situation. « Dès le début, nous avons pensé qu’il fallait d’abord organiser la zone nord, sur un plan militaire mais aussi sur le plan du développement. La misère est un terreau facile pour le terrorisme », a expliqué Téné Birahima Ouattara, qui précise que 3 000 hommes sont déployés dans la zone nord du pays. Jeune Afrique avec AFP
Mali : Reprise des contacts officiels avec la Mauritanie
Le président de la transition malienne, le général Assimi Goïta, a reçu lundi à Bamako le ministre mauritanien de la Défense, Hanana Ould Sidi, dans le cadre d’une visite officielle intervenant dans un contexte de crispation entre les deux pays voisins, alimentée par la menace terroriste dans leur zone frontalière commune. Selon un communiqué de la présidence malienne, le responsable mauritanien était porteur d’un message du président mauritanien, Mohamed Ould Ghazouani, destiné au chef de l’État malien. A l’issue de l’entretien, Hanana Ould Sidi a indiqué avoir transmis à Assimi Goïta les salutations fraternelles du président mauritanien, mettant en avant les liens historiques d’amitié, de solidarité et de fraternité qui unissent les peuples mauritanien et malien. … Cette rencontre intervient alors que les relations entre Bamako et Nouakchott traversent une période de tensions. Les autorités maliennes accusent la Mauritanie de servir de refuge à des groupes terroristes et séparatistes opérant dans la région frontalière, des allégations catégoriquement démenties par Nouakchott. Sahel Intelligence
Julius Maada Bio à Nouakchott pour renforcer la collaboration entre la Mauritanie et le Sierra Leone
C’est une séquence diplomatique importante qui se déroule à Nouakchott. Accueilli avec les honneurs au palais présidentiel, le président sierra-léonais, Julius Maada Bio, a été reçu par son homologue mauritanien, Mohamed Ould Ghazouani. … Au cœur des échanges figurent plusieurs secteurs stratégiques, notamment le commerce, les investissements et la pêche. La Mauritanie, dont l’économie repose en grande partie sur l’exploitation de ses ressources halieutiques, et la Sierra Leone, engagée dans le développement de son économie bleue, souhaitent renforcer leur collaboration pour une gestion durable et profitable des ressources maritimes. Concernant la sécurité régionale, notamment dans le Sahel et en Afrique de l’Ouest, les deux dirigeants ont souligné l’importance du dialogue, de la coopération et de la solidarité entre les États. Pour le politologue Mansour Ly, cette dynamique s’inscrit dans une stratégie diplomatique plus large. Pour l’analyste, Nouakchott développe « une diplomatie d’ouverture et de modération, pour parvenir à des relations saines et constructives avec ses partenaires africains, y compris ceux confrontés à des défis politiques ou sécuritaires. » Au-delà des aspects diplomatiques, cette visite se veut un signal fort : celui d’une volonté commune de transformer les relations entre Nouakchott et Freetown en opportunités concrètes de développement, au bénéfice des populations des deux pays. RFI
Centrafrique : la société civile satisfaite du début du procès de Bozizé
L’ancien président de la République centrafricaine est jugé par contumace pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité devant la Cour pénale spéciale de Bangui. François Bozizé, exilé en Guinée-Bissau, est accusé de meurtres, disparitions forcées, actes de torture et viols présumés commis par les éléments de sa garde républicaine entre février 2009 et mars 2013. « Le régime de François Bozizé est décrit comme s’étant réduit à un exercice du pouvoir solitaire et paranoïaque. En effet, la politique de répression à l’encontre de toute opposition à son autorité, qu’elle soit supposée ou réelle, s’est encore intensifiée au cours des dernières années de la présidence de François Bozizé », déclare Dieudonné Senego, greffier en chef de la Cour pénale spéciale (CPS). Ce procès était attendu depuis des années par les collectifs de victimes. Pour beaucoup, il s’agit d’un rendez-vous historique, au carrefour de la politique et du droit, qui vient de s’engager en République centrafricaine. « Nous espérons que ce procès sera équitable et crédible, et que le verdict satisfera la société civile. Les droits des victimes doivent être respectés et des réparations doivent être accordées. Car s’il est bon que ce procès ait lieu, il est encore mieux qu’il soit suivi de réparations », indique Donatien Aimé Dewo-Bafouga, membre de l’organisation de la société civile « Forum pour les droits de l’homme ». Bozizé, âgé de 79 ans, s’était emparé du pouvoir lors d’un coup d’État en 2003 avant d’être renversé dix ans plus tard par des rebelles. Mardi, l’ex-dirigeant était représenté à la barre par son avocat à l’ouverture du procès. Africanews
Cacao: à Abidjan, Ghana et Côte d’Ivoire annoncent des mesures communes pour faire face à la crise
Le président ivoirien Alassane Ouattara et son homologue ghanéen John Dramani Mahama animaient ce mardi 16 juin, à Abidjan, en Côte d’Ivoire, un sommet de l’Initiative Cacao Côte d’Ivoire–Ghana, une organisation intergouvernementale des pays producteurs de cacao. Mardi soir, les chefs d’État ont annoncé deux décisions principales. D’abord, l’harmonisation des prix du cacao entre la Côte d’Ivoire et le Ghana, qui signifie que le Conseil Café-Cacao et le Cocobod devront se consulter pour fixer le prix. Ensuite, l’alignement du calendrier de la campagne de commercialisation du cacao entre les deux pays, qui va désormais démarrer simultanément le 1er septembre. Certains producteurs y voient un acte positif : car le 1er septembre, c’est la rentrée scolaire. Cela permet de lever les difficultés financières auxquelles les planteurs sont confrontés chaque année à cette période. Mais, surtout, les deux pays ont décidé l’ouverture de l’Initiative Cacao à d’autres pays du continent : le Cameroun et le Nigeria, notamment, qui n’ont pas encore officiellement réagi. S’ils acceptent cette démarche, « l’Initiative Cacao Côte d’Ivoire Ghana représenterait alors au moins 75% de la production mondiale du cacao, explique un acteur de la filière. Cela permettrait de mieux peser sur les négociations avec les industriels. Car les deux pays seuls ne peuvent pas bousculer le marché ». L’idée est de parler d’une seule voix sur les marchés internationaux et de partager les bonnes pratiques. « Nous devons agir ensemble », ont d’ailleurs déclaré les deux chefs d’État, face à un parterre d’officiels ivoiriens et Ghanéens. RFI
Le Ghana accueille un sommet international pour faire avancer les réparations liées à l’esclavage
Le Ghana accueille à partir de ce mercredi 17 juin un sommet international consacré aux réparations liées à l’esclavage et au colonialisme. Pendant trois jours, experts, ministres et chefs d’État tenteront de définir les prochaines étapes d’un mouvement qui a récemment franchi un cap symbolique avec le vote d’une résolution des Nations unies reconnaissant l’esclavage comme le crime le plus grave contre l’humanité. L’objectif affiché à Accra est désormais de passer des déclarations aux actes. Cette première journée est consacrée à des discussions techniques destinées à définir un langage commun et à préciser les différentes formes que pourraient prendre les réparations. Les chefs d’État doivent rejoindre les travaux jeudi et vendredi. … Les discussions portent ainsi sur un large éventail de mesures : restitutions d’œuvres d’art, investissements, programmes éducatifs, reconnaissance officielle des préjudices subis ou encore excuses de la part des pays ayant profité de l’esclavage. Pour le président ghanéen John Mahama, champion de l’Union africaine sur cette question, les réparations concernent également la place de l’Afrique dans le monde contemporain. Il juge notamment inacceptable que le continent ne dispose toujours pas d’un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies. RFI
Un suspect du génocide au Rwanda comparaît devant un tribunal néerlandais
Un Rwandais de 68 ans comparaît à partir de mercredi devant un tribunal néerlandais, soupçonné d’avoir incité et participé au massacre de 3.000 Tutsis lors du génocide au Rwanda en 1994. Le parquet accuse cet homme, dont l’identité n’a pas été divulguée, d’avoir été « personnellement impliqué dans le meurtre de Tutsis », dont environ 800.000 ont été assassinés en l’espace de trois mois. Il est accusé d’avoir perpétré des pillages et des destructions massives contre des Tutsis à Mbazi, dans le sud du Rwanda. « Au cours de ces actes de violence, les maisons de Tutsis ont été incendiées et détruites, et leurs biens pillés », a déclaré le parquet. Peu après, environ 3.000 Tutsis qui avaient fui vers un stade de Mbazi ont été tués. Le suspect est inculpé d’incitation et de complicité de génocide, ainsi que de crimes de guerre pour les pillages. … D’après les autorités néerlandaises, le suspect est recherché depuis longtemps par le parquet rwandais, qui a émis un mandat d’arrêt international à son encontre en 2014. Cependant cet homme a acquis la nationalité néerlandaise et ne peut être extradé vers le Rwanda. Il réside aux Pays-Bas depuis 1998. Les enquêteurs néerlandais se penchent sur son cas depuis 2020 et ont interrogé des dizaines de témoins, y compris au Rwanda. Le procès devant le tribunal de district de La Haye devrait durer jusqu’au 29 juin, le verdict étant attendu le 28 août. AFP
