Revue de Presse du 17 janvier 2018

Les Gambiens « plus libres » aujourd’hui qu’au temps de Yahya Jammeh
Selon un rapport de l’institut Freedom House, basé aux États-Unis, les Gambiens se sentent plus libres aujourd’hui qu‘à l‘époque de l’ancien président Yahya Jammeh. Arrestations arbitraires, menaces de mort, intimidations…. À en croire des ONG dont Amnesty International, les 22 ans de règne de Yahya Jammeh ont été marqués par des violations inconditionnelles des droits de l’homme. « Si vous êtes affiliés à des mouvements de défense des droits de l’Homme, je vous préviens que votre sécurité n’est pas garantie. Nous sommes prêts à tuer les saboteurs ! Vous êtes choqués ? Je ne se sacrifierai pas la paix et la sécurité de la Gambie sur l’autel de la liberté d’expression. Si je dois couper des têtes pour nettoyer la société gambienne, je m’exécuterai », disait en 2014, Yahya Jammeh. Africa News

Grève générale au Bénin
Au Bénin, les travailleurs des secteurs de l’éducation, de la santé, de l’administration et du port observent une grève de 72 heures renouvelables. Ils dénoncent la loi interdisant le droit de grève aux agents de la santé et de la justice. Sept confédérations et centrales syndicales du pays sont concernées. Une loi votée par les députés en décembre dernier interdit la grève aux agents de la santé et de la justice. Le personnel de la justice est déjà en grève depuis le début de ce mois. BBC

Les touristes de retour en Egypte
Les revenus du tourisme égyptien ont fait un bon de 123% en 2017. Après les six années moroses qui ont suivi la révolution. Les touristes sont donc en train de retrouver le chemin de l’Egypte. Plus de 8 millions de touristes s’y sont rendus l’année dernière. Reportage d’Ariane Lavrilleux au Caire. BBC

Sénégal: les discussions de paix pour la Casamance se poursuivent malgré l’enquête
Au Sénégal, l’enquête se poursuit suite aux assassinats de 14 coupeurs de bois dans la forêt de Bourofaye, en Casamance. Vingt-deux personnes ont été interpellées et placées en garde à vue. Certaines seraient directement impliquées et les auditions menées par la gendarmerie sont toujours en cours. Cette tuerie, cette poussée de violence a inquiété de nombreux observateurs mais visiblement, elle n’a eu, pour le moment, aucun impact sur les prises de contacts de plus en plus poussées entre l’Etat et la rébellion dans la recherche d’une paix définitive. RFI

Crise politique au Togo: l’opposition en déplacement à Conakry
Au Togo, le dialogue politique se fait toujours attendre, mais peut-être plus pour longtemps. L’opposition togolaise était à Conakry mardi 17 janvier et avant-hier lundi, à l’invitation du président guinéen, Alpha Condé, qui joue un rôle de médiateur dans cette crise politique au Togo. Objectif de la rencontre : essayer de lancer le dialogue entre le gouvernement togolais et l’opposition. « Nous sommes préoccupés par la situation au Togo », a indiqué le président guinéen à l’issue de la rencontre avec l’opposition togolaise. « Et nous allons œuvrer pour qu’il y ait toutes les conditions d’un dialogue apaisé. » RFI

La chaîne Canal+ accusée de promouvoir les intérêts de Bolloré au Togo
En France, la chaîne de télé Canal + est accusée d’avoir fait la promotion du Togo sur son antenne. Le site d’informations Les Jours affirme que la chaîne cryptée a diffusé le 22 décembre 2017 un « publireportage » sur le pays, tandis que Vincent Bolloré, l’actuel patron de la chaîne, a réalisé au Togo, en 2017, un chiffre d’affaires de plus de 5 milliards. En décembre dernier, deux responsables de Canal + ont été écartés après la diffusion d’un reportage sur la mobilisation des opposants togolais au président Faure Gnassingbé. Le reportage avait fortement déplu à la direction. Jean-Baptiste Rivoire, rédacteur en chef à Canal +, élu du personnel au comité d’entreprise et membre de la société des journalistes de la chaîne estime que cette affaire et celle de la diffusion du « publireportage » sont liées. RFI

Les protestants interpellent à leur tour le pouvoir en RDC
L’église protestante a, à son tour, sévèrement critiqué le pouvoir congolais lors d’un culte de commémoration de l’assassinat du président Laurent-Désiré Kabila, père de l’actuel chef de l’Etat congolais. « J’aime bien l’athlétisme où il y a des courses à pieds surtout. Et, j’aime spécialement une course : la course de relais où une personne transmet le bâton à une 2e personne, à une 3e et à une 4e… Dans l’histoire du pays, c’est pareil aussi. Nous prenons un témoin que nous passons aux autres… Dieu nous a donné un pays des plus riches. Dieu lui-même ne comprend pas pourquoi nous les Congolais nous sommes pauvres… Dieu nous a donné tout dans ce pays », a déclaré dans son serment le pasteur François-David Ekofo devant des officiels congolais et la famille présidentielle dans la cathédrale protestant du centenaire. VOA

Arrestation au Gabon du général Munene, ex-chef d’état-major de la RDC accusé de coup d’Etat
Le général Faustin Munene, ex-chef d’état-major congolais soupçonné par la République démocratique du Congo d’avoir commandité en 2011 une attaque contre la résidence du président Kabila et un camp militaire à Kinshasa, a été arrêté le 10 janvier au Gabon, selon des sources concordantes. « Le général Faustin Munene est aux arrêts depuis le mercredi 10 janvier (…) au Gabon », selon un communiqué du parti Convention du peuple pour le progrès et la démocratie (CPPD, parti créé par Munene) reçu mardi par l’AFP à Kinshasa. VOA

Les raisons de l’absence de l’Algérie du G5 Sahel
La force militaire conjointe des pays du G5 Sahel d’une capacité de 5.000 hommes, sera opérationnelle d’ici à la mi-mars 2018, sans l’Algérie. Or ce pays est l’un des pivots dans la lutte contre le terrorisme en Afrique. La décision de l’Algérie de ne pas participer à la mise en place du G5 Sahel n’est pas anodine. Alger veut rester fidèle, à un principe constitutionnel, celui de ne pas engager des troupes à l’extérieur du pays. Une doctrine critiquée par certains de ses voisins. « L’Algérie se voit visée par quelques puissances extérieures dans une probable déstabilisation du régime comme un deuxième rendez-vous du printemps arabe », explique l’expert tunisien Alaya Alani, spécialiste des mouvements salafistes. D’après lui, l’Algérie a ses propres problèmes et se trouve devant un dilemme: « comment contourner le problème du terrorisme sans dépasser leurs frontières ». Deutsche Welle

RDC : le général John Numbi replacé au sein des FARDC
Très controversé du temps où il était le chef de la police, le général John Numbi a discrètement repris du service à Kinshasa. Décoré de l’Ordre des héros nationaux Kabila-Lumumba en juin 2017, il a été formellement réintégré au sein des Forces armées de RD Congo (FARDC) en novembre et placé sous l’autorité du ministre de la Défense, Crispin Atama Tabe, en attendant une affectation. Accusé par plusieurs organisations de défense des droits de l’homme d’avoir commandité l’assassinat de Floribert Chebeya, l’ex-chef de l’ONG La Voix des sans-voix, et de son chauffeur, Fidèle Bazana, en 2010, Numbi n’a comparu que comme simple témoin lors du procès et n’a pas été condamné. Jeune Afrique

Guinée équatoriale: « une vingtaine » de militants de l’opposition en prison, selon Obiang
Le président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema a affirmé mardi qu' »une vingtaine » de militants de l’opposition étaient en prison, tandis que le principal parti d’opposition, Citoyens pour l’Innovation, évoque lui plus de 200 de ses militants emprisonnés, a appris l’AFP mardi. « Je pense qu’une vingtaine de personnes » sont détenues aujourd’hui, a déclaré Teodoro Obiang Nguema mardi dans une interview à la radio RFI et la télévision France 24, ajoutant que « cela n’a pas de sens » de citer un chiffre précis. Le président Obiang n’a pas détaillé la raison de ces emprisonnements, ni si les détenus étaient sous le coup d’une procédure judiciaire. TV5

En Tunisie, des contestations nourries par une économie bloquée
Au-delà du seul budget d’austérité pour 2018, la contestation parfois violente de la semaine passée a été l’occasion pour nombre de Tunisiens de clamer leur exaspération face à l’absence d’amélioration de leurs conditions de vie, loin des espoirs de la révolution de 2011. Célébrée pour sa transition démocratique, la Tunisie, unique pays rescapé du Printemps arabe, reste en effet engluée dans la morosité économique et sociale. Pourquoi cette nouvelle vague de contestation? Après des années de quasi stagnation, la Tunisie a enregistré un net frémissement de sa croissance (2% en 2017, contre 0,8% en 2015 et 1% l’an dernier). Mais il n’a encore eu aucun impact sur l’emploi, avec un chômage qui reste au-dessus de 15%, et dépasse 30% chez les jeunes diplômés. « Les politiques d’investissement ne cherchent pas à développer des activités qui créent de l’emploi, mais celles qui rapportent des bénéfices », avance Med Dhia Hammami, chercheur en politique économique. TV5

En Afrique du Sud, les frères Gupta rattrapés par la justice
Après des mois d’accusation, de spéculation et de révélation, la justice est passée à l’offensive. Le parquet sud-africain a confirmé, mardi 16 janvier, qu’il s’apprêtait à récupérer une partie des fonds publics soupçonnés d’avoir été détournés par la très controversée famille d’hommes d’affaires Gupta. C’est une première action concrète, très attendue, qui fait suite aux multiples accusations de corruption au sommet de l’Etat qui secouent l’Afrique du Sud et ébranlent la fin de mandat du président Jacob Zuma. Le Monde

« L’impunité est-elle le prix à payer pour la démocratie en Afrique ? »
La mise à l’écart en douceur de Robert Mugabe au Zimbabwe, en novembre 2017, a réactivé le débat sur l’impunité en Afrique et sur son rapport avec l’avancée du processus démocratique. Laver les dictateurs de tous les crimes qu’ils ont commis est-il le prix à payer pour retrouver la paix civile et pour revenir à la démocratie ? En effet, le cas de Mugabe n’est pas isolé. Avant lui, le départ de Yahya Jammeh de Gambie (janvier 2017) avait été négocié contre la promesse de le laisser quitter son pays sans être inquiété. À cette occasion, l’autocrate déchu avait choisi avec soin son pays d’accueil : la Guinée équatoriale, dont il pouvait être presque sûr que le président – l’autre dictateur Teodoro Obiang Nguema Mbasogo – ne lui jouerait pas le mauvais tour du Nigeria à l’encontre de Charles Taylor. Le Monde



Photo: Adam Jones