La nouvelle frontière de la Russie en Afrique
L’influence de la Russie en Afrique repose sur un paradoxe. Alors qu’elle n’apporte que 1 % des investissements directs étrangers, une aide sécuritaire limitée et un modèle politique que peu de sociétés africaines souhaitent imiter, la Russie est cependant devenue ces dernières années l’acteur extérieur dominant au Sahel et ailleurs sur le continent. En réalité, la Russie a principalement exercé son influence en encourageant des prises de pouvoir anticonstitutionnelles, puis en soutenant ces régimes. Ce schéma a été particulièrement manifeste au Sahel. Au cours de l’année précédant le coup d’État d’août 2020 au Mali, les opérations d’information russes — relayées par le biais de faux comptes sur les réseaux sociaux, d’influenceurs et de médias d’État russes — ont joué un rôle déterminant dans l’alimentation du désenchantement à l’égard du gouvernement démocratiquement élu. Après le coup d’État, la Russie a été le premier acteur étranger à reconnaître la junte — et est depuis restée le principal protecteur du régime malien, le protégeant des sanctions et des pressions visant à rétablir un gouvernement civil. … Cette contradiction met en évidence la triste réalité selon laquelle les objectifs de la Russie en Afrique sont de nature géopolitique : saper les liens de l’Afrique avec l’Occident. Promouvoir la stabilité, la prospérité ou une gouvernance représentative en Afrique ne fait pas partie de l’équation. Centre d’études stratégiques de l’Afrique
RD Congo: des manifestations contre un 3e mandat de Félix Tshisekedi réprimées, l’opposition dénonce des arrestations « arbitraires »
Le président congolais Félix Tshisekedi, âgé de 63 ans, achève en 2028 son second mandat de cinq ans, qui est aussi le dernier autorisé par la Constitution actuelle. Celle-ci limite en effet l’exercice de la présidence à deux quinquennats. Mais la majorité présidentielle prépare depuis plusieurs mois l’opinion à l’hypothèse d’une réforme constitutionnelle. En mai, Félix Tshisekedi s’était dit disposé à accepter un nouveau mandat « si le peuple le souhaite ». Ses opposants y voient la perspective d’un contournement de la limitation constitutionnelle et redoutent une prolongation du pouvoir présidentiel au-delà de 2028. Les principaux partis d’opposition, affaiblis après la présidentielle de 2023 largement remportée par Félix Tshisekedi, ont formé en mai une coalition baptisée C64. Cette plateforme entend faire de la rue un levier de pression contre toute modification de la Constitution susceptible de permettre un troisième mandat. Elle avait appelé à une journée nationale de mobilisation mardi 15 septembre. L’objectif visé était de tester sa capacité à rassembler et afficher une opposition unie face au pouvoir. La mobilisation est toutefois restée limitée, avec quelques milliers de participants au total à travers le pays, selon le constat rapporté par l’Agence France-Presse. TV5 Monde avec AFP
Ebola en RDC : l’épidémie continue de s’étendre de façon « exponentielle » dans le nord-est du pays ; la situation épidémiologique reste « hétérogène », alerte l’OMS
L’épidémie de maladie à virus Ebola qui sévit actuellement dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) progresse de manière « exponentielle » dans le Nord-Kivu, alors que des signes d’amélioration sont observés dans d’autres provinces, a annoncé l’Organisation mondiale de la santé (OMS), mardi 15 septembre. Samedi, le gouvernement congolais avait annoncé que le pic de l’épidémie avait été atteint à la mi-août et que les « paramètres indiquaient une diminution du nombre de cas » au niveau national. Cette maladie extrêmement meurtrière a déjà tué, avant l’épisode en cours en RDC, plus de 15 000 personnes en Afrique au cours des cinquante dernières années. En revanche, selon l’OMS, la situation épidémiologique reste hétérogène. « Les tendances à l’échelle nationale ne reflètent pas les tendances au niveau provincial ou au niveau local », a souligné Olivier le Polain, chef de l’unité Epidémiologie et analyse pour les interventions de l’OMS, au cours d’une conférence de presse donnée à Genève. « On a des tendances qui augmentent de manière importante, exponentielle au niveau du Nord-Kivu », a-t-il affirmé. Le Monde avec AFP
Mali: au moins 10 civils tués par des militaires et retrouvés dans « des sacs », selon des sources locales
« Onze civils ont été exécutés dimanche par un détachement de l’armée qui venait dans la localité pour assurer la relève », a déclaré à l’AFP un habitant de Ké-Macina, dans la région de Ségou (centre). Dirigé par des militaires à la suite de deux coups d’Etat en 2020 et 2021, le Mali a tourné le dos à ses partenaires occidentaux et s’est rapproché de la Russie, dont les paramilitaires de l’Africa Corps l’aident dans sa lutte contre les djihadistes. L’armée malienne et les paramilitaires d’Africa Corps ont été plusieurs fois accusés ces dernières années par des organisations de défense des droits humains d’avoir tué des civils au cours d’opérations au Mali. Selon l’oncle d’une des victimes interrogé par l’AFP, « les dix jeunes (avaient) été arrêtés quatre jours avant » par l’armée. « Ils étaient soupçonnés d’informer les djihadistes », a-t-il ajouté. « Les militaires maliens et les Russes ont arrêté ces jeunes avant de les abattre. C’est un jeune qui a pu se sauver qui a témoigné », a ajouté ce proche. Un élu local a également accusé les FAMa (Forces armées maliennes) et des membres de l’Africa Corps d’avoir été responsables de la tuerie. « Encore une fois, les Russes et les FAMa ont tué des civils innocents. Ils ont mis les corps dans des sacs pour les jeter dans une rivière », a-t-il dit à l’AFP. … Une source sécuritaire interrogée par l’AFP a affirmé que les victimes avaient été « égorgées ». TV5 Monde
Niger : inquiétude autour de la disparition du journaliste Moussa Kaka
Deux semaines après sa disparition, l’Union des journalistes de la presse libre africaine (UJPLA) alerte sur le sort du journaliste Moussa Kaka, directeur général de Radio Télévision Saraounia et ancien correspondant de Radio France Internationale (RFI) au Niger. Dans un communiqué rendu public le 14 septembre 2026, l’organisation demande aux autorités nigériennes la localisation et la libération du journaliste porté disparu depuis le 31 août après avoir quitté les locaux de son média à Niamey. L’UJPLA souligne que cette disparition intervient quelques jours après la tentative de déstabilisation survenue dans la nuit du 28 au 29 août 2026 à Niamey. Elle évoque également un contexte de restrictions croissantes contre la presse au Niger. L’organisation rappelle que le journaliste Moussa Kaka avait déjà été « interpellé en novembre 2025 en même temps que cinq autres confrères et placé sous liberté provisoire ». Poursuivi pour « complicité de diffusion de document de nature à troubler l’ordre public », il avait été libéré sous caution, tandis que trois de ses confrères avaient été placés en détention. Reporters sans frontières (RSF), qui s’est également inquiétée de sa disparition, a demandé aux autorités nigériennes d’ouvrir une enquête afin de le retrouver. Ouestaf
Cameroun: une incursion de séparatistes sème la panique et fait plusieurs victimes à Bamenda, dans le Nord-Ouest
Après une journée ville morte, la ville de Bamenda, dans le Nord-Ouest anglophone, a connu un enchaînement de drames. Lundi 14 septembre, une attaque a officiellement fait trois morts dans le 3e arrondissement de la ville. Au lendemain matin, des coups de feu ont perturbé la reprise des activités économiques, interrompues après plusieurs jours de ville morte. Des tirs ont été signalés dans plusieurs quartiers de Bamenda mardi matin, alors que les populations s’apprêtaient à reprendre leurs activités après plusieurs jours de ville morte. … Lundi, dans l’après-midi, trois personnes ont été tuées et quatre autres blessées lors d’une fusillade perpétrée par des assaillants armés. L’attaque, qualifiée d’« incursion terroriste » dans le communiqué du préfet de la Mezam, a eu lieu dans un débit de boisson du quartier Nkwen, dans le 3e arrondissement de Bamenda. Une horreur de plus pour les habitants de Bamenda, alors que la ville est bloquée depuis près de deux semaines par des villes mortes imposées de force par des séparatistes armés, depuis la rentrée scolaire. RFI
Golfe de Guinée : Cinq pays renforcent leur coopération maritime
La Guinée, la Côte d’Ivoire, le Liberia, le Ghana et la Sierra Leone ont lancé une nouvelle patrouille maritime conjointe dans le Golfe de Guinée. Cette opération vise à renforcer la surveillance des espaces maritimes et à lutter contre les trafics ainsi que les autres activités criminelles en mer. Baptisée quatrième patrouille mixte de surveillance, l’initiative réunit les cinq États membres de la Zone F. Les pays participants mutualisent leurs moyens humains, navals et logistiques afin d’améliorer la sécurisation de leurs eaux territoriales et de leurs zones maritimes. L’opération repose également sur une coopération accrue entre les forces navales des cinq pays. Les autorités militaires insistent notamment sur l’importance du partage de renseignements pour permettre une meilleure anticipation des menaces et une intervention plus efficace contre les réseaux criminels opérant en mer. La Guinée entend, pour sa part, profiter de cette initiative pour renforcer la protection de son littoral, long de plus de 350 kilomètres, tout en développant les échanges d’expertise avec les marines des pays partenaires. Cette patrouille s’inscrit ainsi dans les efforts régionaux visant à consolider la sécurité maritime dans le Golfe de Guinée, une zone stratégique confrontée à diverses formes de criminalité, notamment les trafics et la pêche illégale. Sahel Intelligence
En Mauritanie, l’opposition cherche une position commune face aux appels à un troisième mandat
En Mauritanie, l’opposition démocratique, qui réunit plus de 15 partis politiques, a tenu mardi 15 septembre une assemblée générale. Au programme : la désignation d’un nouveau président par intérim à la tête de cette coalition, mais aussi les principales questions d’actualité du pays, dont la question d’un éventuel troisième mandat. Les conditions de vie des citoyens, confrontés à la hausse du coût de la vie, ont notamment été évoquées, tout comme la préparation du prochain dialogue politique. Mais c’est surtout la question d’un éventuel troisième mandat du président Mohamed Ould Ghazouani qui cristallise les tensions. Depuis plusieurs semaines, des élus locaux appellent en effet le chef de l’État à briguer un troisième mandat, en mettant en avant son bilan et ses réalisations. L’opposition rappelle, elle, que la Constitution mauritanienne limite le nombre de mandats présidentiels à deux. Lors de son dernier face-à-face avec la presse nationale, Mohamed Ould Ghazouani avait assuré qu’il ne s’inscrivait pas dans une démarche contraire à la Constitution. Au cours de cette assemblée générale, la quinzaine de partis politiques a cherché à s’accorder sur une position commune face à ces appels répétés au troisième mandat. RFI
IGAD : les Etats cherchent à renforcer la réponse aux crises
Les Etats membres de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) ont appelé, mardi à Djibouti, à renforcer les mécanismes régionaux de dialogue et de coopération face à la multiplication des crises sécuritaires et politiques qui affectent la Corne de l’Afrique et son environnement maritime. Réunis à l’occasion de la 74e session extraordinaire du Conseil des ministres de l’IGAD, les représentants des pays membres ont examiné les principaux développements régionaux, avec un accent particulier sur la paix et la sécurité, la situation en mer Rouge et dans le détroit de Bab el-Mandab, ainsi que les évolutions au Soudan, en Somalie et au Soudan du Sud. Les discussions interviennent dans un environnement régional marqué par une forte imbrication des enjeux terrestres et maritimes. Le détroit de Bab el-Mandab, qui relie la mer Rouge au golfe d’Aden entre la péninsule Arabique et la Corne de l’Afrique, constitue un axe majeur pour les échanges commerciaux internationaux. Les tensions actuelles autour de la façade maritime y ajoutent une dimension stratégique aux défis auxquels sont confrontés les pays de l’IGAD. Pour l’organisation régionale, cette évolution renforce la nécessité d’une action collective et d’une meilleure coordination entre ses Etats membres. Le Conseil a ainsi accordé une attention particulière au rôle que l’IGAD peut jouer dans la facilitation du dialogue, la promotion de solutions politiques et l’appui aux efforts visant à consolider la paix et la stabilité régionales. Le Soudan figure parmi les dossiers majeurs de cet agenda, alors que le conflit continue d’alimenter une crise humanitaire et de produire des effets au-delà des frontières nationales. La situation en Somalie et au Soudan du Sud demeure également au cœur des préoccupations de l’organisation, qui dispose d’une longue expérience dans les initiatives de médiation et de prévention des conflits dans la région. APA
Éthiopie : El Niño menace la production agricole
Les faibles précipitations enregistrées durant la principale saison des pluies en Éthiopie font craindre une forte baisse de la production agricole et une aggravation de l’insécurité alimentaire dans plusieurs régions du pays, selon le réseau de systèmes d’alerte précoce contre la famine (FEWS NET). Dans sa mise à jour des perspectives de sécurité alimentaire pour la période d’août 2026 à janvier 2027, publiée mardi, le réseau FEWS NET indique que les précipitations ont été inférieures de plus de 50 % à la moyenne dans une grande partie de l’ Éthiopie, faisant peser des risques importants sur la saison agricole Meher (des semis en juin-juillet au mois de décembre). Cette saison représente plus de 85 % de la production agricole nationale. Les déficits pluviométriques ont retardé les semis et perturbé le développement des cultures, notamment dans le nord, le centre et l’est du pays, avec des récoltes céréalières attendues en dessous de la moyenne. Cette situation devrait réduire les stocks alimentaires et les revenus tirés du travail agricole, alors que de nombreux ménages dépendent directement de l’agriculture et de l’élevage pour leurs moyens de subsistance. Le FEWS NET prévoit que des niveaux d’insécurité alimentaire correspondant à la phase 3 « Crise » du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) persisteront jusqu’en janvier 2027 dans plusieurs zones agricoles et pastorales touchées par la sécheresse. Certains ménages pourraient même atteindre la phase 4 « Urgence ». APA
