Revue de presse du 16 octobre 2026

Ethiopie : au Tigré, une administration intérimaire mise en place par le gouvernement fédéral
Une administration intérimaire au Tigré, région en proie aux combats depuis plusieurs semaines et qui était dirigée jusque-là par les rebelles du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), est mise en place, a annoncé le bureau du premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed sur Facebook, vendredi 16 octobre. Cette nouvelle administration, qui devra en particulier « créer un climat politique stable pour organiser des élections libres et transparentes », gouvernera cette région septentrionale de l’Ethiopie « pour les six prochains mois ». Le Tigré échappait depuis plusieurs mois au contrôle du gouvernement fédéral. La région, qui n’a pas participé aux dernières élections fédérales organisées le 1er juin, était dirigée par le TPLF. Ce parti non reconnu par Addis-Abeba a formé une alliance à la fin de fin septembre avec plusieurs groupes armés pour « renverser » le gouvernement d’Abiy Ahmed et s’est rapproché de l’Erythrée voisine, qui entretient des relations exécrables avec l’Ethiopie. Le Monde avec AFP

Somalie : le présidentielle et les législatives annoncées pour 2027
Les autorités somaliennes ont annoncé la tenue d’élections législatives et présidentielle en 2027, malgré l’aggravation des divisions politiques et les inquiétudes liées à l’instabilité du pays. Selon un communiqué de la Commission électorale, les législatives se dérouleront le 15 avril, suivies de l’élection présidentielle le 15 mai. Le calendrier électoral intervient alors que le mandat du président Hassan Sheikh Mohamud, élu en 2022, a pris fin plus tôt cette année. Son gouvernement a instauré une période de transition en mai, malgré un accord conclu avec l’opposition sur l’organisation des élections. Au cœur du différend figure une réforme constitutionnelle adoptée par le Parlement, qui redéfinit le cadre électoral et prolonge le calendrier du scrutin. Le chef de l’État estime que cette modification lui accorde une année supplémentaire à la présidence. Les partis d’opposition, qui ont boycotté le vote, contestent ces changements. La Commission électorale justifie la date de la présidentielle par une disposition fixant à cinq ans la durée du mandat présidentiel à compter de la prestation de serment. Cette interprétation ne met toutefois pas fin aux tensions entre le pouvoir central et ses adversaires, notamment les dirigeants régionaux, qui dénoncent une concentration des pouvoirs. Africanews avec AFP

Le conflit de pouvoir dans le Sud-Ouest somalien à son paroxysme
Les conflits s’intensifient en Somalie entre les autorités régionales et le gouvernement fédéral. Jeudi, des forces fidèles à l’ancien président de l’État du Sud-Ouest, Abdelaziz Hassan Mohamed, également connu sous le nom de « Laftagareen », ont pris le contrôle de la ville stratégique de Buurhakaba, située dans la région de Bay. Selon des responsables, de violents combats ont opposé ces forces à des troupes alignées sur le gouvernement fédéral et placées sous le commandement de Sheikh Aden Mohamed Nur Madobe. Les affrontements ont éclaté tôt jeudi à Buurhakaba. Des habitants ont fait état de tirs nourris et d’explosions, alors que les forces de Laftagareen attaquaient des positions tenues par les troupes fédérales et les forces régionales soutenant Madobe. Selon des informations locales, des combattants fidèles à l’ancien dirigeant régional ont ensuite pénétré dans plusieurs quartiers de la ville. Cette prise de contrôle marque une nouvelle escalade dans la lutte pour le pouvoir au sein de l’État du Sud-Ouest. Ces derniers jours, les forces alliées à Laftagareen s’étaient déjà emparées de Qansahdhere, un autre district de la région de Bay. APA

Sahel: violents combats entre les jihadistes du Jnim et ceux de l’EIS à la frontière Mali-Burkina
D’importants combats opposent depuis le mois d’août les jihadistes du Jnim à leurs rivaux de l’État islamique au Sahel (EIS). Ces combats se déroulent à la frontière entre le Mali et le Burkina Faso, non loin également de la frontière nigérienne. Les derniers affrontements ont eu lieu en fin de semaine dernière, principalement le vendredi 9 octobre à Gonadaouri, dans la province burkinabè de l’Oudalan. Ils auraient fait plusieurs centaines de morts. Les enjeux : l’idéologie et le contrôle de territoires. … Plusieurs sources spécialisées assurent pour leur part que les morts sont nombreux des deux côtés et que des commandants de l’État islamique au Sahel ont été tués par le Jnim. Le Jnim n’a, de son côté, pas communiqué officiellement sur ces affrontements. En tout état de cause, aucun bilan fiable et indépendant ne peut être établi à ce stade sur ces combats de très grande ampleur, qui ont rassemblé plusieurs centaines de combattants. Car si le Jnim et l’État islamique combattent tous deux les régimes sahéliens au nom, selon eux, de l’Islam, leurs conceptions doctrinales et leurs stratégies de long terme divergent, interdisant toute alliance et suscitant ces affrontements sanglants. RFI

Guinée : l’opposant Aliou Bah soumis à « un stage d’encadrement civique » avant sa libération
Le chef de l’État a accordé le 13 octobre une nouvelle grâce présidentielle à 312 détenus. Le 2 octobre dernier, toujours par décret, 217 personnes incarcérées avaient déjà bénéficié d’une telle décision. Pour obtenir leur libération, tous doivent se soumettre à un programme de réinsertion de 30 à 45 jours. Notamment l’opposant Aliou Bah. Son parti, le Mouvement démocratique libéral (Model) s’inquiétait de son sort depuis l’annonce de sa grâce, les autorités viennent de diffuser des photos de l’homme politique. En chemise, short et calot couleur sable sur la tête – une tenue imposée par l’administration – Aliou Bah fait face au ministre de la Justice et des droits de l’homme de Guinée, Ibrahima Sory II Tounkara. Un cliché, diffusé sur les réseaux sociaux du ministère de la Justice, pris sur la place d’armes de l’école nationale de gendarmerie de Sonfonia, dans la grande banlieue de Conakry, où se déroule « ce stage d’encadrement civique ». … Condamné en janvier 2025 à deux années de prison ferme pour « offense et diffamation » envers le président Mamadi Doumbouya, Aliou Bah était libérable en janvier 2027. Son parti politique qui n’avait aucune information, s’inquiétait depuis son exfiltration de la prison de Coyah dans la nuit du 6 au 7 octobre dernier. RFI

Madagascar: onze ressortissants chinois détenus pour escroquerie en ligne sortis illégalement de prison
À Madagascar, le 21 août 2026, à 19 h 10, cinq détenus chinois sont écroués à la prison d’Antanimora. Cinquante minutes plus tard, ils en ressortent libres. Aucun document ne justifie leur sortie. Quatre jours plus tard, le scénario se répète avec six autres détenus. Eux ne restent en prison que trente-deux minutes. Selon le ministère de la Justice, tout part d’une demande de transfert signée par le directeur de la prison d’Avaradrano et le secrétaire général du syndicat pénitentiaire. Le motif invoqué : des altercations entre détenus chinois. Mais la procédure, qui doit remonter toute la hiérarchie puis passer devant une commission, n’a pas été respectée. Les onze hommes faisaient partie d’un réseau d’escroquerie en ligne démantelé avec l’appui, selon le ministère de la Justice, du FBI et de la police chinoise. Environ 200 ressortissants chinois avaient été arrêtés. Arrivés avec des visas touristiques, ils travaillaient sur des sites aujourd’hui fermés. Les chefs du réseau ont été condamnés à des peines de deux à cinq ans de prison ferme. Le ministère dit avoir découvert la fuite de ces onze détenus lors d’une inspection, après des rumeurs d’évasion sur les réseaux sociaux. Des avis de recherche ont été lancés. On ignore si les onze fugitifs ont quitté le pays. Le parquet doit être saisi. RFI

Les pays de la Cemac harmonisent une série de protocoles dans la riposte contre Ebola
Les six pays membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (Cemac) se sentent menacés par Ebola, qui sévit en République démocratique du Congo depuis mai dernier. Pour prévenir cette menace, ils ont harmonisé leurs plans de prévention de la maladie à virus Ebola au terme d’une réunion tenue jusqu’à hier jeudi 15 octobre à Brazzaville. Au total, ces pays ont harmonisé huit protocoles axés, entre autres, sur la surveillance épidémiologique, le suivi et la gestion des contacts, le contrôle aux frontières d’entrée ou encore la communication sur les risques. L’objectif est de prévenir, de détecter tôt et de répondre efficacement, en cas d’apparition de la maladie à virus Ebola dans la communauté. … Ces pays se sont engagés à mettre en application immédiatement ces protocoles. Pour le Dr Carole Bohimbo, en charge de la préparation et réponse aux urgences de santé publique d’Africa CDC, en Afrique centrale, cette action cordonnée de la région va leur permettre d’être plus efficace : « On n’est jamais assez prêts, mais la préparation réduit l’impact lorsque l’évènement survient. C’est ce qu’on est en train de faire. On se prépare mieux. Et, mieux ensemble, c’est encore mieux », affirme-t-elle. La réunion de Brazzaville a permis de regrouper une centaine d’acteurs de santé de la sous-région, avec l’appui des organismes, comme la Banque mondiale. RFI

Ebola: le Kenya durcit ses mesures de prévention après un deuxième cas sur son sol
Le ministère de la Santé a annoncé mercredi soir, une seconde personne déclarée sur le territoire kényan. Il s’agit d’un proche du premier malade décédé la semaine passée. Le patient était déjà en quarantaine lorsque ses symptômes se sont déclarés. Les autorités kényanes assurent que la situation est sous contrôle. Mais pour qu’elle le reste, le ministre de la Santé, a signé deux ordonnances en début de semaine pour mettre en place de nouvelles mesures sanitaires. L’objectif est de resserrer le dispositif de prévention afin d’éviter une épidémie sur le sol kényan. Pour cela, l’Institut national de santé publique du Kenya, centralise et coordonne la vigilance : surveillance, alerte, diagnostic, traçage… tout doit passer par cet organe unique. Une vigilance accrue est imposée aux frontières. Toute personne entrant au Kenya subit un dépistage. Elle doit aussi remplir une déclaration de santé avec ses coordonnées et son historique de voyage. Il est demandé aux opérateurs de transport de signaler le moindre cas suspect. Les autorités kényanes en appellent aussi à la responsabilité des citoyens, qui doivent déclarer le moindre symptôme. Un numéro vert a été mis en place à cet effet. RFI

Au Liberia, la création de plus en plus incertaine d’un tribunal pour juger les crimes de guerre
Si une dizaine de personnes impliquées dans ces conflits ont été poursuivies par des tribunaux internationaux, ou nationaux, à travers le monde, aucun procès n’a encore eu lieu au Liberia. La condamnation de l’ancien président Charles Taylor en 2012 à cinquante ans de prison par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone, ne portait pas sur les meurtres, viols et pillages commis au Liberia, mais sur l’aide apportée aux rebelles du Revolutionary United Front (RUF) en Sierra Leone voisine, dans le but d’exploiter ses diamants. … La mise en place de cette juridiction spéciale, issue des recommandations de la commission vérité et réconciliation (TRC) de 2009, est restée lettre morte jusqu’à l’élection à la présidence de Joseph Boakai, en 2023. A rebours de ses prédécesseurs, l’actuel chef de l’Etat s’est rapidement prononcé en faveur de la création d’une telle cour. En mai 2024, il a signé un décret – renouvelé en 2025 et 2026 – créant l’Office for the Establishment of War and Economic Crimes Court (OWECC-L), chargé de préparer et de structurer la future instance. Après avoir élaboré sa feuille de route, l’organisme a lancé une vaste campagne de sensibilisation, notamment dans les zones rurales, afin d’informer la population sur les enjeux de cette future juridiction, espérée pour 2027. … Désormais, la prochaine étape doit être l’adoption par le Parlement d’une législation visant à l’installation de cette cour. En octobre 2025, les sénateurs libériens ont déposé deux projets de loi en ce sens. Mais ces textes ont suscité les réserves des organisations de la société civile, qui réclament des garanties plus solides pour assurer l’indépendance et la crédibilité de la future juridiction. Elles défendent notamment la création d’une cour « hybride », associant magistrats libériens et internationaux. Le Monde