Revue de Presse du 16 novembre 2016

Burundi : des défenseurs des droits humains dénoncent une « dynamique génocidaire »
La Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) et la ligue burundaise des droits humains Iteka publient, mardi 15 novembre, un rapport sur la situation au Burundi intitulé « Répression aux dynamiques génocidaires ». La crise politique est née de la candidature de Pierre Nkurunziza en 2015 alors que la Constitution de 2005 lui interdisait de se représenter pour un troisième mandat présidentiel. Malgré la forte contestation d’une partie de la population, Pierre Nkurunziza est réélu en juillet de la même année. Florent Geel, responsable Afrique à la FIDH, et Anschaire Nikoyagize, président d’Iteka, analysent la dérive du régime du président burundais. Le Monde

Burundi : polémique autour du recensement ethnique des fonctionnaires
Les autorités burundaises ont lancé une opération qui vise à recenser tous les fonctionnaires, en fonction notamment de leur appartenance ethnique. RFI

RDC : devant le Congrès, Joseph Kabila reste vague sur son avenir politique
Dans son discours annuel sur l’état de la nation, Joseph Kabila, président de la RDC, a promis ce mardi que la Constitution du pays serait respectée dans toutes ses dispositions. Ses détracteurs, eux, le soupçonnent de vouloir négocier un troisième mandat… « À tous ceux qui semblent se préoccuper à longueur de journée de mon avenir politique, je tiens à dire, tout en les remerciant, que la RDC est une démocratie constitutionnelle : toutes les questions pertinentes relatives au sort des institutions et de leurs animateurs sont réglées de manière satisfaisante par la Constitution », a martelé, le mardi 15 novembre, le président Joseph Kabila devant les deux chambres du Parlement congolais réunies en Congrès. Jeune Afrique

Tshisekedi à Kabila : respecter la Constitution, c’est respecter le délai et le nombre des mandats présidentiels
Le leader du Rassemblement, la plus grande plate-forme regroupant les forces vives opposées au prolongement du mandat du président Joseph Kabila, précise, en réaction au discours à la nation du chef de l’Etat congolais, que le respect de la Constitution, c’est aussi le respect du délai et de la limite des mandats. Etienne Tshisekedi, chef de l’Udps (Union pour la démocratie et le progrès social), a réagi mardi tard dans la soirée au discours prononcé plus tôt par le président Kabila indiquant que son sort était réglé de manière satisfaisante par la Constitution. L’opposant historique qui est à la tête de la plate-forme qui a boycotté le dialogue politique estime, dans un communiqué, que le discours de M. Kabila au « ton agressif », « n’apaise pas les esprits et ne favorise pas la recherche du consensus pour une sortie pacifique de la crise ». VOA

Nicolas Sarkozy a pris l’argent de Kadhafi
C’est l’homme d’affaires franco-libanais Ziad Takieddine impliqué dans le dossier qui a fait cette révélation parue dans la presse française. Ziad Takieddin a indiqué mardi avoir remis 5 millions d’euros à Claude Guéant, Ex secrétaire général de la présidence française et à Nicolas Sarkozy entre 2006 et 2007. Selon Takieddine, les fonds en question ont permis à Nicolas Sarkozy de financer sa campagne pour la présidentielle de 2007. Il a affirmé avoir transporté « entre novembre 2006 et début 2007, la somme dans des valises lors de trois voyages entre Tripoli et Paris. BBC

Nigeria : le Sénat bloque la liste des ambassadeurs
Le Sénat du Nigeria a rejeté, mardi, la liste de 47 nominés pour des postes d’ambassadeur, présentée par le président Muhammadu Buhari, affirmant qu’elle fait l’objet de dénonciations. Ce rejet intervient peu après une motion déposée par le chef du Sénat Ali Ndume et appuyée par le leader d’une minorité, Godswill Akpabio, qui dénonce l’absence de consultations préalables. Le sénat a reçu plus de 250 pétitions contre les nominations « politiques  » proposées par le chef de l’Etat. Le Nigéria n’a pas d’ambassadeurs dans des grandes capitales comme Washington, Londres, Pékin et Bruxelles, depuis plus d’un an. BBC

Un rapport cartographie la circulation des armes dans le Sahel
L’organisation CAR (Conflict Armament Research), basée en Grande-Bretagne, rend ce mercredi 16 novembre son rapport sur les transferts d’armes transfrontaliers dans le Sahel. L’ONG a travaillé dans une dizaine de pays pour établir une cartographie des flux d’armements dans la zone et dévoile les sources d’approvisionnement des groupes armés et islamistes à travers l’Afrique du Nord et de l’Ouest. RFI

Vaste réforme de l’enseignement islamique au Maroc
Une vaste réforme de l’enseignement islamique est entrée en vigueur au Maroc. Cette matière fait partie intégrante du programme de l’enseignement public dans le pays. Plus d’un mois après la rentrée scolaire, les nouveaux manuels d’éducation religieuse ont finalement été distribués il y a quelques semaines aux élèves et aux professeurs. Des manuels dont le contenu a été expurgé de plusieurs passages jugés trop extrémistes. France 24 – Youtube

Gabon et Guinée Equatoriale à la CIJ pour régler leur différend frontalier
Le Gabon et la Guinée Equatoriale ont signé un engagement à Marrakech, en marge de la conférence sur le climat COP22, et sous les auspices de l’ONU, pour régler leur différend frontalier à la Cour internationale de la justice. Un communiqué officiel indique que les deux parties ont pris « formellement l’engagement de soumettre leur différend à la CIJ » de La Haye, « conformément à un document cadre sur la médiation » menée depuis 2009 par l’ONU. L’accord a été paraphé dans la « solennité et la convivialité » par le président gabonais Ali Bongo Ondimba et son homologue équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema, avec comme « témoin » le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, selon le communiqué. VOA

L’échec de la politique de migration européenne
Il est tentant de croire que la crise européenne des migrants et des réfugiés est largement derrière nous et que l’accord désespéré conclu par l’UE avec la Turquie a eu les effets escomptés. Les images montrant des dizaines de bateaux débarquant des réfugiés sur les côtes grecques ou des migrants traversant à pied les Balkans ont en effet largement disparu de nos écrans de télévision. Certes, des bateaux continuent d’arriver en Italie, mais les chiffres globaux pour les arrivées en 2016 sont beaucoup plus bas que ceux de l’an dernier. Près de 300 000 arrivées par la mer ont en effet été enregistrées jusqu’à présent contre 1,1 million pendant tout 2015. IRIN

Mystère autour des royalties minières au Congo: L’État a-t-il été privé de 880 millions de dollars?
La République démocratique du Congo a transféré à une compagnie appartenant à une homme d’affaires israélien proche du président Joseph Kabila des royalties qui lui revenaient par le biais de la compagnie publique minière nationale Gécamines, a révélé mardi l’ONG britannique Global Witness. Signé en janvier 2015 cet accord de transfert, qui porte sur des redevances liées à la production de la mine de Kamoto, dans le Sud-Est du pays, a été confirmé à l’AFP par les deux partenaires de Gécamines dans KCC, l’entreprise chargée de son exploitation : le groupe suisse Glencore, et Fleurette Group, holding de M. Gertler. Dans un email à l’AFP, Glencore a précisé qu’elle n’avait « pas été impliquée dans les négociations entre » Gécamines et Africa Horizons Investment Limited (AHIL), filiale de Fleurette Group enregistrée aux Îles Caïmans. La Libre

Burkina faso : comment les « diaspos » ont changé le pays
De nombreux clichés collent à la peau des Burkinabè qui sont nés et ont grandi en Côte d’Ivoire avant de revenir vivre sur la terre de leurs ancêtres. En première ligne de tous les mouvements contestataires de ces dernières années, ils dynamisent aussi la vie culturelle et économique. Tous les Burkinabè connaissent le terme de « diaspo ». Certains l’utilisent sans problème, d’autres le trouvent stigmatisant, mais tous savent ce qu’il signifie. Ou plutôt ceux qu’il désigne : les Burkinabè qui sont nés et qui ont grandi en Côte d’Ivoire avant de revenir vivre au pays. Dans les rues de Ouagadougou ou de Bobo-Dioulasso, être traité de « diaspo » n’est généralement pas flatteur. Souvent reconnaissables à leur accent ivoirien et à leur emploi du nouchi, l’argot abidjanais, ils sont accusés d’être, pêle-mêle, malhonnêtes, irrespectueux, violents, ou encore dépravés. Jeune Afrique

Vidéo : à Dakar, les dessous de la libération de Karim Wade
Karim Wade, le fils de l’ancien président sénégalais Abdoulaye Wade, condamné pour enrichissement illicite, subit-il un exil forcé après la grâce accordée par le nouveau président Macky Sall ? France 24 recueilli la réaction des deux parties à Dakar. Les dessous de la libération de Karim Wade, fils de l’ancien président Abdoulaye Wade, font les gros titres au Sénégal. Dans un article publié lundi 14 novembre, l’hebdomadaire Jeune Afrique revient sur la remise en liberté de celui qui est également l’ancien ministre de la Coopération et des Transports d’Abdoulaye Wade. France 24

Rabat profite de la COP22 pour organiser un mini-sommet panafricain
En marge de la COP22, Marrakech s’apprête à accueillir, mercredi 16 novembre, un sommet des chefs d’Etat et de gouvernement africains dédié aux « défis et enjeux d’un développement durable en Afrique », au Palais des congrès de la ville, qui accueille depuis le 7 novembre la conférence internationale sur le changement climatique. C’est surtout l’occasion pour la diplomatie chérifienne de pousser son offensive pour réintégrer l’Union africaine (UA). L’objectif avoué de Rabat est de profiter de la présence des dirigeants africains à la COP22 pour faire aboutir sa demande d’adhésion exprimée lors du dernier sommet de l’UA, à Kigali, en juillet, dès le prochain conclave, prévu à Addis-Abeba en février. Le Monde

Génocidaires rwandais en France : « Que justice soit faite ! »
C’est un état de fait insupportable : la France est le pays qui détient le funeste record du nombre de génocidaires présents sur son territoire. Près de quarante d’entre eux vivent parmi nous, dans certaines de nos villes, dans certains de nos villages, trop souvent en toute impunité, sans être inquiétés par la justice (D’après le procureur général de Kigali, la France en compte 39, la Belgique 37, les Pays-Bas 18, le Royaume-Uni, la Norvège, la Suède et l’Allemagne 5, l’Italie 4, le Danemark 3, la Suisse 2 et la Finlande 1). Ils sont pourtant visés par des mandats d’arrêt internationaux et font partie des plus importants responsables de l’organisation et de la perpétration du génocide contre les Tutsi au Rwanda en 1994, qui fit plus d’un million de victimes. Le Monde



Photo: Adam Jones