Revue de presse du 16 mars 2026

Le Soudan et le Soudan du Sud réunis à nouveau dans l’horreur
Quinze ans après leur séparation, le Soudan et le Soudan du Sud sont tragiquement réunis dans l’horreur de conflits dévastateurs : une guerre civile majeure sévit au Soudan depuis 2023, tandis que le Soudan du Sud est au bord de l’effondrement, miné par des violences internes et l’instabilité. Indépendant du Soudan voisin depuis 2011, le Soudan du Sud est en proie à une grave crise sécuritaire marquée par des affrontements intercommunautaires et des rivalités politiques, aggravés par l’afflux de réfugiés soudanais et l’interruption de la production pétrolière. La rivalité entre le président Salva Kiir et son vice-président Riek Machar fragilise l’accord de paix, faisant craindre un retour à une guerre civile de grande ampleur. Cette semaine, le chef des droits de l’homme de l’ONU, Volker Türk, s’est dit horrifié par les rapports de plus en plus nombreux faisant état de graves violations des droits humains dans ce pays. Au cours des 17 derniers jours, plus de 160 civils ont été tués, dont au moins 139 le 1er mars par des combattants du groupe ethnique Bul Nuer, dans la localité d’Abiemnom, au nord du pays. … Les forces armées sud-soudanaises auraient également détruit ou intentionnellement contaminé des sources d’eau communautaires. … La situation au Soudan voisin est tout aussi tragique. Depuis avril 2023, une guerre entre l’armée et les Forces de soutien rapide (FSR) a généré l’une des plus grandes crises humanitaires au monde, avec des millions de déplacés, des accusations de génocide au Darfour et des violences sexuelles massives. Jeudi, Volker Türk s’est dit consterné par l’impact dévastateur sur les civils de la multiplication des attaques de drones, alors que des informations font état de plus de 200 civils tués par des drones depuis le 4 mars, dans la région du Kordofan et dans l’État du Nil-Blanc. ONU Info

À Moscou, le chef de la diplomatie kényane veut stopper les enrôlements forcés dans l’armée russe
Le chef de la diplomatie kényane, Musalia Mudavadi s’est envolé dimanche 15 mars 2026 pour Moscou pour mettre un terme aux enrôlements forcés des Kényans au sein de l’armée russe. Ils seraient plus de 1 000 à avoir été recrutés d’après un rapport des services de renseignement, présenté au Parlement en février. Au cœur de cette visite de deux jours, une priorité selon le ministère des Affaires étrangères : le cas de nombreux Kényans enrôlés au sein de l’armée russe. L’objectif du ministre : dialoguer avec Moscou afin « d’empêcher de nouveaux problèmes liés à des recrutements trompeurs ». Et pousser pour le rapatriement des Kényans concernés. Cette visite fait suite aux demandes répétées des familles sans nouvelles de leurs proches partis en Russie. Plusieurs d’entre elles ont manifesté au début du mois à Nairobi. Damaris était dans la rue. Son mari, parti rejoindre l’armée russe, n’a pas donné signe de vie depuis novembre. Elle décrit cette visite comme son « seul espoir ». Janet, elle, espère que le ministre reviendra avec des réponses. Elle est sans nouvelles de son frère, enrôlé de force au sein de l’armée russe. Il était parti, dit-elle, pour un emploi d’agent de sécurité. Mais le gouvernement kényan prévient : « ce n’est pas une confrontation » a insisté Musalia Mudavadi dans la presse. Il entend d’ailleurs négocier avec Moscou un accord encadrant le séjour des Kényans étudiants ou travaillant en Russie. Mais aussi renforcer les relations économiques entre les deux pays. … L’Afrique du Sud a obtenu fin février le rapatriement de 15 de ses ressortissants, sur 17 ayant appelé en novembre 2025 leur gouvernement à l’aide après avoir été contraints de rejoindre des unités de mercenaires épaulant l’armée russe. RFI

Ouganda: l’opposant Bobi Wine annonce avoir quitté le pays
L’opposant Bobi Wine a annoncé dans une vidéo avoir quitté l’Ouganda ce samedi 14 mars. Bobi Wine est en fuite depuis l’élection présidentielle du mois de janvier, remportée par Yoweri Museveni, qui a été réélu pour un septième mandat. L’opposant avait dénoncé des résultats frauduleux, selon lui. Bobi Wine compte poursuivre son combat en dehors de son pays. « Au moment où vous verrez cette vidéo, j’aurai quitté le pays, pour des engagements importants, en dehors de l’Ouganda. Mais au bon moment, je reviendrai pour continuer le combat » annonce Bobi Wine dans un message vidéo publié sur les réseaux sociaux. … L’opposant revient longuement sur le harcèlement dont il a fait l’objet ces deux derniers mois : « Le régime m’a recherché partout », affirme-t-il, dressant la longue liste des fouilles et intimidations subies par ses proches. Dans un message vidéo publié sur les réseaux sociaux, Bobi Wine s’adresse aux Ougandais et dénonce une nouvelle fois « l’usurpation de la volonté du peuple ougandais » par le président Museveni lors des dernières élections. Bobi Wine indique dans cette vidéo que sa sortie du pays sera « brève » et qu’il va poursuivre son « travail » à l’étranger. RFI

Présidentielle au Congo : le décompte des voix a commencé
Au lendemain du scrutin présidentiel en République du Congo, l’heure est au dépouillement des bulletins de vote. Les Congolais étaient attendus aux urnes dimanche 15 mars pour élire leur prochain président de la République, toutefois le scrutin a été marqué par un faible taux de participation. Les résultats sont attendus d’ici deux semaines. Les électeurs affirment ne pas croire que les élections aboutissent à un changement de direction par rapport au président âgé de 82 ans, qui dirige la République du Congo depuis 42 ans. Denis Sassou N’Guesso, candidat à un cinquième mandat consécutif, il est le candidat du Parti du travail congolais. Les partis d’opposition ont appelé au boycott du scrutin. Arrivé au pouvoir pour la première fois en 1979, Denis Sassou N’GUesso a gouverné jusqu’en 1992, date à laquelle il a organisé les premières élections multipartites du pays. Il est revenu au pouvoir en tant que chef de milice à l’issue d’une guerre civile de quatre mois en 1997. Un référendum constitutionnel en 2015 a supprimé les limites d’âge et de mandats présidentiels, lui permettant de se présenter à nouveau. Africanews avec AFP

Au Nigeria, une attaque djihadiste repoussée à Maiduguri, une première depuis des années
Des djihadistes présumés ont pris d’assaut sans succès, dans la nuit de dimanche 15 à lundi 16 mars, un poste militaire en banlieue de Maiduguri, capitale de l’Etat de Borno (nord-est du Nigeria) qui n’avait pas subi d’attaque de ce type depuis plusieurs années. L’attaque a eu lieu autour de minuit dans le quartier d’Ajilari Cross, une banlieue du sud-ouest de Maiduguri située à une poignée de kilomètres de l’aéroport de la ville. Selon les services de secours, les assaillants ont été rapidement repoussés par l’armée. Le quartier était calme lundi matin, ont constaté des journalistes de l’Agence France-Presse (AFP). Un porte-parole pour l’Etat de Borno de la Nema, l’agence des secours nigériane, a affirmé à l’AFP avoir reçu « des rapports faisant état d’une attaque menée par des acteurs armés non étatiques » qui a été « repoussée par l’armée ». … Les djihadistes de Boko Haram et du groupe rival Etat islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) ont intensifié récemment leurs attaques contre des cibles militaires et civiles. Les forces de sécurité nigérianes luttent contre leur sanglante insurrection depuis seize ans. Autrefois le théâtre de fusillades et d’attentats à la bombe, avec un pic des attaques au milieu des années 2010, Maiduguri était plutôt calme depuis quelques années. La dernière attaque majeure remontait à 2021, quand des djihadistes de Boko Haram avaient tiré au mortier sur la ville, tuant dix personnes. En décembre, un attentat à la bombe non revendiqué avait fait au moins sept morts dans une mosquée de la ville. Le Monde avec AFP

Centre du Nigeria : une attaque menée par un groupe de « plusieurs centaines d’individus » fait vingt morts
Une attaque menée par des hommes armés a fait 20 morts dans l’État du Plateau, dans le centre du Nigeria, une région minée par l’insécurité liée aux gangs criminels. L’État du Plateau est confronté à diverses menaces sécuritaires : affrontements entre communautés agricoles et pastorales mais aussi gangs criminels, localement appelés « bandits », qui tuent, kidnappent, pillent et terrorisent la population. La dégradation de la situation sécuritaire dans la moitié nord du Nigeria ces derniers mois a poussé le président Bola Tinubu à déclarer l’état d’urgence. Ces troubles ont également provoqué une intervention des États-Unis qui ont mené des frappes aériennes le jour de Noël sur des campements présumés de criminels et de jihadistes dans le Nord-Ouest. L’Association pour le développement de Kanam (Kada), qui défend les intérêts des populations locales, a expliqué que l’attaque a eu lieu vendredi vers 14 heures locales à Wanka et dans des villages voisins, dans la zone de gouvernement local de Kanam. Une équipe de sécurité composée de militaires et de miliciens locaux à bord de deux véhicules « ont été pris en embuscade » par « un groupe important de bandits lourdement armés, comptant plusieurs centaines d’individus », a expliqué Shehu Kanam, secrétaire de l’association, dans un communiqué diffusé samedi. … L’association a affirmé que cette attaque n’était « pas un cas isolé », ces localités étant situées sur les zones frontalières entre les États du Plateau, de Taraba et de Bauchi, « victimes d’attaques répétées, de vols de bétail, d’enlèvements et de destructions de biens » depuis « trois ou quatre ans ». C’est sur une base militaire située à Bauchi que sont arrivés en février les quelque 200 soldats américains venus pour former l’armée nigériane dans sa lutte contre les groupes jihadistes. Jeune Afrique avec AFP

Insécurité au Nord : le pari touristique du Bénin menacé
Derrière les ambitions touristiques affichées par le Bénin et les promesses de croissance économique, une ombre plane sur le septentrion du pays. À Tanguiéta, porte d’entrée du parc national de la Pendjari, le dynamisme d’autrefois a disparu, laissant place à une ville désertée par les visiteurs. … Le Nord, avec ses safaris et ses lodges de luxe, devait être le joyau de la couronne touristique béninoise. Aujourd’hui, l’agence Bénin Tourisme se voit contrainte de composer sans son pilier animalier, classé en zone rouge par les chancelleries internationales.  » C’est bien dommage parce que l’offre du tourisme animalier que nous avons dans ces parcs-là, si elle était possible, je pense que le positionnement du Bénin serait hyper compétitif « , regrette Sindé Chékété, directeur général de l’agence. « Mais je puis vous assurer que tout est mis en œuvre pour que, très bientôt, la zone puisse être visitable à nouveau avec le risque zéro », ajoute le directeur général de l’agence Bénin Tourisme. En attendant la sécurisation totale du Nord, le gouvernement concentre ses efforts sur les autres régions, misant sur le tourisme mémoriel et culturel. Pour les autorités, il s’agit de cloisonner l’image de la destination : le Bénin utile reste sûr et attractif. … Le défi pour le Bénin est désormais double : gagner la bataille de la sécurité sur le terrain et renforcer la communication à l’international. Le décollage économique du secteur en dépend. DW

RDC : une attaque des rebelles ADF contre des sites miniers fait plusieurs morts
Plusieurs personnes ont été tuées dans une attaque des rebelles ADF contre des sites miniers dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), ont annoncé les autorités congolaises dans un communiqué dimanche 15 mars. L’est de la RDC est en proie à des violences depuis plus de trente ans, une multitude de milices et de groupes armés étant présents dans la région. Les ADF (Forces démocratiques alliées), un groupe armé formé par d’anciens rebelles ougandais commettent des massacres et des pillages à répétition dans les provinces orientales du Nord-Kivu et de l’Ituri. Dans la nuit de mercredi à jeudi, les ADF ont attaqué des sites miniers situés dans les environs de la localité de Muchacha, dans la province de l’Ituri (nord-est), a déclaré le gouvernement dans un communiqué. « Cette attaque, revendiquée par l’organisation Etat islamique, a fait plusieurs morts, incendié des installations et provoqué le déplacement de populations civiles », est-il ajouté dans le texte. « D’importantes activités aurifères » se déroulent dans les environs de la localité de Muchacha, « où se trouve également un carré minier exploité par des Chinois », a expliqué à l’Agence France-Presse (AFP) le colonel Matadi Muyapandi, administrateur policier du territoire de Mambasa. … Depuis 2021, l’armée ougandaise s’est déployée dans la partie septentrionale du Nord-Kivu et dans l’Ituri, pour combattre les ADF aux côtés de l’armée congolaise. Mais l’opération conjointe, baptisée « Shujaa », n’a pas mis fin aux violences. Le Monde avec AFP

RDC : Des tirs à l’arme lourde et des pillages signalés dans certains quartiers de Goma
Une vive tension a secoué l’ouest de la ville de Goma (Nord-Kivu) dans la nuit de dimanche à ce lundi 16 mars. Des sources locales concordantes rapportent que les habitants des quartiers Mugunga et Lac Vert ont été réveillés par des tirs nourris et des détonations d’armes lourdes, plongeant la population dans la peur. Selon plusieurs témoins, les premières détonations ont été entendues aux alentours de 23 heures. « Cela ressemblait à un véritable front de guerre », confient certains habitants qui disent avoir passé la nuit terrés dans leurs maisons. … Ces témoins affirment que plus loin, sur la route menant vers le secteur de Kanzana, plusieurs commerces ont été pillés. Deux grandes boutiques de vivres ont été complètement vidées par les assaillants. Des sacs de farine de maïs, du riz, de l’huile végétale, des cartons de boissons ainsi que d’autres marchandises ont été emportés. Le bilan humain reste encore incertain, mais deux corps sans vie ont été aperçus au petit matin non loin du rond-point CCLK. Parmi les victimes figure un homme en tenue militaire. Les dépouilles ont été évacuées dans la matinée par un corbillard. Les dégâts matériels ne se limitent pas aux pillages. Une boutique de matelas située le long de la route principale a été entièrement ravagée par un incendie. Selon des témoins, des balles auraient atteint les stocks durant les affrontements de la nuit. Le feu se serait déclaré plusieurs heures plus tard, au petit matin, consumant une grande partie des marchandises. Radio Okapi

Le Rwanda menace de retirer son soutien à la lutte antijihadiste au Mozambique
Le Rwanda a averti samedi 14 mars que faute de garanties de financements, il retirera ses troupes aidant à la lutte antijihadiste dans le nord du Mozambique, où le géant français TotalEnergies a récemment relancé un vaste projet critiqué de gaz naturel liquéfié. Depuis 2021, le Rwanda a déployé dans la province du Cabo Delgado (nord du Mozambique), à la frontière avec la Tanzanie, environ 1 000 militaires et policiers pour y lutter contre une insurrection locale affiliée depuis 2017 au groupe jihadiste État islamique. Le nord du Mozambique abrite d’énormes réserves de gaz qui font l’objet d’importants projets d’exploitation portés par des multinationales dont TotalEnergies, l’italien ENI ou l’américain ExxonMobil. … Les États-Unis ont annoncé au début du mois des sanctions contre l’armée rwandaise pour son soutien aux forces du groupe armé antigouvernemental AFC/M23 dans l’est de la RDC en proie aux violences. L’Union européenne avait aussi sanctionné des chefs militaires rwandais l’année dernière. Le conflit déchirant depuis 2017 la province du Cabo Delgado, dans le nord du Mozambique, a fait au moins 6 400 morts, d’après l’ONG Acled qui collecte des données sur les zones de conflit. TotalEnergies a annoncé fin janvier la reprise d’un projet gazier controversé à 20 milliards de dollars (16,7 milliards d’euros), qui avait été gelé après une attaque jihadiste en mars 2021 contre la ville de Palma (quelque 800 morts, selon Acled), en vue d’un début de production en 2029. Il est présenté comme le plus grand investissement privé dans les infrastructures énergétiques en Afrique. Jeune Afrique avec AFP