Revue de presse du 16 juin 2026

Ouganda : Erias Lukwago arrêté après une plainte contre le fils de Museveni
Un homme politique de l’opposition ougandaise et avocat a été placé en détention par les autorités, a déclaré lundi sa famille, alors qu’il s’apprêtait à déposer une plainte contre le fils du président et chef de l’armée. Le maire de Kampala, Erias Lukwago, représente l’un des principaux détracteurs du président Yoweri Museveni, Kizza Besigye, qui est en détention et attend son procès depuis son enlèvement au Kenya en 2024. Selon le parti Front populaire pour la liberté (PFF), M. Lukwago s’apprêtait à signifier des documents juridiques citant à comparaître le fils de M. Museveni et chef de l’armée, Muhoozi Kainerugaba, au sujet de l’enlèvement de M. Besigye. Tôt lundi matin, un proche de M. Lukwago a déclaré à l’AFP que « des militaires ont sauté par-dessus le portail, l’ont violemment poussé dans un fourgon et sont partis ». « Ils ne nous ont pas dit où ils l’emmenaient », a-t-il ajouté. … Dans une série de messages sur X, Kainerugaba a affirmé avoir « capturé un imbécile et l’avoir emmené au sous-sol », sans toutefois nommer Lukwago. … Le chef de l’armée est tristement célèbre pour ses messages provocateurs et a déjà été accusé d’avoir enlevé des personnalités proches de l’opposition. Africanews avec AFP

Des combattants colombiens au Soudan
Parmi les alliés présumés des FSR, les Émirats arabes unis restent les plus souvent cités. Selon un article du Wall Street Journal, les agences de renseignement américaines estiment qu’Abou Dhabi a fourni aux paramilitaires des drones chinois, des armes légères, des mitrailleuses lourdes, de l’artillerie, des mortiers et des munitions. … Les allégations contre les EAU ne se limitent plus aux livraisons d’armes et au soutien logistique pour les FSR. Fin mai, Human Rights Watch a publié un rapport intitulé « De Bogota à El-Fasher ». Sur près de 80 pages, l’organisation retrace comment des centaines de mercenaires colombiens auraient été recrutés depuis 2024 pour la guerre au Soudan. Selon HRW, le recrutement aurait été effectué à travers l’entreprise de sécurité Global Security Services Group (GSSG), basée à Abou Dhabi. Les recrues auraient ensuite été envoyés au Soudan pour combattre aux côtés des paramilitaires. … Grâce à des comptes TikTok et d’autres contenus publics, l’organisation a pu recueillir de nombreuses informations et localiser les hommes sur des bases militaires des Émirats arabes unis avant qu’ils ne soient dépêchés au Soudan. HRW a parlé avec deux entremetteurs colombiens déployés au Soudan, un ancien employé du GSSG ainsi que des résidents d’El-Fasher et d’autres sources. … Selon le rapport, les anciens soldats colombiens sont considérés comme particulièrement prisés pour ce type de missions. Ils présentent une importante expérience de combat et ont souvent été formés aux systèmes d’armes américains. Selon HRW, ce lien remonterait à 2011, lorsque, selon des recherches de militants des droits humains, les Émirats arabes unis auraient commencé à constituer une unité de plusieurs centaines de combattants étrangers, dont des Colombiens. DW

En Centrafrique, le procès de François Bozizé pour crimes contre l’humanité s’ouvre
La Cour pénale spéciale (CPS) de la République centrafricaine ouvre ce 16 juin le procès par contumace de l’ex-président François Bozizé, accusé de crimes contre l’humanité commis entre 2009 et 2013 dans une prison et un camp militaire de Bossembélé, dans le centre du pays. Le procès, dit « de Bossembélé », concerne également trois de ses anciens hauts responsables militaires, Eugène Barret Ngaïkosset, Vianney Semndiro et Firmin Junior Danboy, tous trois en détention préventive en Centrafrique. En février 2024, la CPS avait émis un mandat d’arrêt international contre l’ancien président dans le cadre d’une « instruction » sur de possibles « crimes contre l’humanité » de la garde présidentielle de François Bozizé, entre février 2009 et mars 2013, dans « une prison civile » et un « centre d’instruction militaire » à Bossembélé. Les juges ont conclu à « l’existence d’indices graves et concordants à charge », « de nature à engager sa responsabilité pénale », « en sa qualité de supérieur hiérarchique et chef militaire ». Ces crimes présumés, commis par des éléments de la garde prétorienne de Bozizé ainsi que « d’autres services de sécurité », concernent notamment des « meurtres », des « disparitions forcées », des « tortures », des « viols » et d’ « autres actes inhumains », selon la cour créée en 2015 sous le parrainage de l’ONU. Jeune Afrique avec AFP

Le ministre de la Défense mauritanien en tournée pour redynamiser coopération sécuritaire sous-régionale
Le ministre mauritanien de la Défense, Hanena ould Sidi a entamé lundi une visite au pas de charge dans quatre pays du Sahel : Mauritanie, Mali, Niger, Burkina Faso et Tchad. Sécurité et coopération régionale sont au menu des entretiens avec les chefs d’État des quatre pays. Selon l’entourage du ministre mauritanien de la Défense, son périple dans les quatre pays vise à redynamiser la coopération sous-régionale en matière de sécurité. La Mauritanie, le Niger, le Mali, le Burkina Faso et le Tchad ont créé ensemble en 2014 le G5 Sahel pour lutter contre le terrorisme dans l’espace sahélo-saharien. Dénonçant « une organisation qui peine à atteindre ses objectifs », le Mali en 2022, et l’année suivante, le Burkina et le Niger ont claqué la porte de l’organisation en mettant fin à son existence. Le ministre mauritanien de la Défense Hanena ould Sidi par son déplacement, veut-il relancer l’organisation ? Son entourage se veut prudent et insiste plutôt sur la nécessité d’harmoniser, de coordonner dans la région la lutte contre le terrorisme. Les trois pays qui ont quitté l’organisation sont désormais membres de l’Alliance des États du Sahel (AES). Vue du côté mauritanien, cela ne doit pas empêcher une collaboration. Lors de l’étape malienne de sa tournée, le ministre Hanena ould Sidi dont le pays a une frontière avec le Mali, a remis une lettre de son président au chef de la junte malienne, le général Assimi Goïta. RFI

Au Nigeria, la justice ordonne la radiation de plusieurs partis politiques d’opposition
Au Nigeria, la justice vient d’ordonner à la Commission électorale nationale indépendante (Inec) de radier les partis politiques n’ayant remporté aucun siège électif ou n’ayant pas obtenu 25% des voix lors des précédentes élections. Si le jugement de la Haute Cour d’Abuja est appliqué, cela entraînera une vague de disqualifications pour les élections générales de 2027 et pour les élections partielles de gouverneurs à venir. La plainte déposée par le Forum national des anciens législateurs a fait valoir que certains partis politiques ne remplissent plus les conditions constitutionnelles requises pour rester enregistrés. Les plaignants ont sollicité une ordonnance contraignant l’Inec à radier immédiatement les partis concernés du registre électoral et à leur interdire de participer aux élections futures. … Les cinq partis d’opposition concernés et la Commission électorale indépendante ont rejeté ce jugement. L’ADC et Accord accusent le Congrès des Progressistes (APC) au pouvoir de « jouer avec le feu » et de « vouloir faire du Nigeria un pays à parti unique ». Le pays le plus peuplé d’Afrique se rendra aux urnes le 16 janvier 2027. Bola Tinubu briguera un second mandat. RFI

Mozambique Exposed: avec le Sernic, les dérives de la police politique du pouvoir
Plus d’un an et demi après la contestation des résultats des élections générales d’octobre 2024, la répression politique se poursuit au Mozambique. Les organisations de la société civile dénoncent des enlèvements et des assassinats, perpétrés par les forces de l’ordre. Un service est particulièrement pointé du doigt : le Sernic. … Le Serviço Nacional de Investigação Criminal ou « Service national d’investigations criminelles » est un service de police destiné à enquêter sur des affaires criminelles, en toute « autonomie administrative, technique et tactique », peut-on lire sur son site Internet. Les défenseurs des droits de l’homme le considèrent plutôt comme une sorte de police politique, au service du gouvernement. « Le Sernic est l’un des services les plus puissants du pays, explique Borges Nhamirre, chercheur à l’Institut d’études de sécurité (ISS). Plus que l’armée, car il est politiquement très connecté au Frelimo ». Le Front de libération du Mozambique (Frelimo) règne sans partage depuis l’Indépendance du pays, en 1975. L’ancêtre du Sernic jusqu’en 2017 était la Police d’investigation criminelle (PIC). L’actuel ministre de l’Intérieur en était le directeur de 2010 à 2015. « Le Sernic, c’est le bras armé du régime, poursuit Borges Nhamirre. Ils traquent les gens, dans la rue, les bars »… Et pour ce faire, le service d’investigation s’appuie sur un solide réseau d’espionnage. … Ancien régime communiste, qui en a gardé les réflexes, le pouvoir mozambicain a mis en place un réseau d’informations sur tout le territoire. Parmi, les maillons utiles : le « chefe de quarteirao », chef de quartier en français. « Ce sont eux qu’il faut prévenir si l’on déménage. On leur explique où, quand et pourquoi », analyse Carlos Quembo, chercheur à Amnesty international. RFI

UA : Ndayishimiye et Youssouf harmonisent les priorités africaines
Le président de la République du Burundi et président en exercice de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye, a reçu en audience le président de la Commission de l’Union africaine, Mahamoud Ali Youssouf. Cette rencontre de haut niveau a permis aux deux dirigeants d’harmoniser leurs vues sur les enjeux majeurs du continent, et de renforcer la coordination des actions de l’Union africaine (UA) face aux défis actuels. La rencontre entre Youssouf et Ndayishimiye s’est tenue à la veille de la réunion virtuelle de haut niveau convoquée par la Présidence en exercice de l’UA, consacrée à l’évaluation de la situation liée à la recrudescence de l’épidémie d’Ebola dans certaines régions du continent. Prévue le 16 juin 2026 au Palais Ntare Rushatsi de Gitega, cette réunion rassemblera les Chefs d’État et de Gouvernement africains ainsi que les principaux partenaires de l’Afrique afin de renforcer la coordination des efforts de prévention, de riposte et de solidarité continentale. Au cours de leurs échanges, les deux dirigeants ont passé en revue les principaux défis auxquels l’Afrique est confrontée et ont réaffirmé leur volonté de renforcer la coopération entre les institutions de l’Union africaine pour apporter des réponses efficaces aux préoccupations des populations africaines. APA

James Swan et João Lourenço évaluent la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC
Le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en RDC, James Swan, a été reçu lundi 15 juin à Luanda par le président angolais, João Lourenço. Au cœur de leurs échanges : la détérioration continue de la sécurité dans la partie orientale de la République démocratique du Congo et l’enlisement des initiatives diplomatiques. Selon la présidence angolaise, les deux personnalités ont exprimé leur vive préoccupation face à la poursuite des hostilités sur le terrain entre les différentes parties en conflit. Ils ont également déploré le statu quo qui caractérise actuellement les volets diplomatiques, faisant notamment allusion aux processus de Washington et de Doha, censés ramener la paix dans la région. À l’issue de l’audience, le chef de la MONUSCO a réitéré l’engagement de la mission onusienne à soutenir activement la mise en œuvre ainsi que le mécanisme de vérification des accords de cessez-le-feu. James Swan a, par ailleurs, salué le leadership et les efforts soutenus que déploie l’Angola depuis plusieurs années pour restaurer la paix, la sécurité et la stabilité en RDC. Radio Okapi

« Certains doutent de l’existence d’Ebola » : en RDC, la confiance au cœur de la lutte contre l’épidémie
En République démocratique du Congo (RDC), touchée par Ebola, pour gagner la bataille contre la maladie, il faut avant tout gagner la confiance de la population, ont indiqué mardi des responsables des agences humanitaires. Depuis que l’épidémie a été déclarée le 15 mai, des progrès considérables ont été réalisés en matière de capacités de dépistage, a déclaré Tarik Jasarevic, porte-parole de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), aux journalistes à Genève. Le dépistage de la souche Bundibugyo, responsable de l’épidémie, est disponible dans six sites du pays : à Bunia et Mongbwalu dans la province de l’Ituri, à Bukavu et Lwiro au Sud-Kivu, à Goma au Nord-Kivu, ainsi que dans la capitale, Kinshasa. Quatre autres laboratoires ont été mis en service en Ouganda, où des cas avaient été importés de la RDC. Cependant, des améliorations sont encore possibles. … Bruno Michon, chef des opérations de la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), partenaire des Nations Unies, a insisté sur le fait que pour enrayer la propagation, il fallait investir non seulement dans la réponse médicale, mais aussi dans l’instauration d’un climat de confiance, ce qui est un processus long et difficile. « Mais dans le cadre de cette épidémie, ce n’est pas une option. C’est une question de vie ou de mort », a-t-il affirmé. S’exprimant depuis Bunia, l’épicentre de la crise, il a indiqué que « certaines personnes continuent de se demander si la maladie est réelle » et pensent que l’épidémie a peut-être été « inventée » pour attirer l’aide étrangère, tandis que d’autres « considèrent les enterrements sûrs et dignes comme une atteinte à la culture et aux traditions, plutôt que comme une mesure visant à protéger les familles et les communautés ». Le scepticisme, le doute et la peur entravent la riposte, a déclaré M. Michon. ONU Info

Kenya : près de 2 000 victimes de violences policières bientôt indemnisées
Le président William Ruto a annoncé lundi que le Kenya allait indemniser près de 2 000 personnes victimes de violations des droits humains lors de manifestations l’une des rares initiatives de ce type menées en dehors du système judiciaire. Ces dernières années, les mouvements de protestation qui ont secoué le pays ont fait des centaines de morts et de blessés, en plus de lourdes pertes économiques. Les plus meurtrières sont les mobilisations contre la hausse des taxes de juin 2024 et juin 2025, qui ont causé des dizaines de morts, des centaines de blessés et la destruction de biens évalués à plusieurs millions de dollars. … Les premières indemnisations seront versées dès la semaine prochaine, après vérification par la Commission nationale des droits humains. Le montant total est estimé à 15 millions de dollars. Présentant le Rapport-cadre national sur les réparations, William Ruto a tenu à préciser la portée de cette démarche : elle constitue « la reconnaissance par l’État qu’un préjudice a été causé », sans pour autant valoir aveu de responsabilité. Ces réparations ne sont ni « le prix de la vie, de la douleur ou de la perte », ni une récompense accordée à des actes de violence. Africanews avec AP

Coupe du monde 2026: le Cap-Vert arrache un match nul historique contre l’Espagne
Le Cap-Vert a été héroïque et l’Espagne décevante. Ainsi, les Requins Bleus ont arraché un match nul historique (0-0) après 90 minutes de résistance et un grand match de leur gardien Vozinha, ce lundi 15 juin à Atlanta. Vozinha en larmes sur le terrain, comme s’il venait de remporter la Coupe du monde. Voilà une image sur laquelle on n’aurait pas parié au terme de cet Espagne – Cap-Vert. Le gardien des Requins Bleus a bien le droit de pleurer de joie. À 40 ans, il a signé une prestation XXL contre la Roja de Lamine Yamal, favorite pour la victoire finale, afin d’aller arracher un match nul après 90 minutes à faire de la résistance. La première grosse sensation de ce Mondial est là. … Mais ce n’est pas ce qu’on retiendra de cette rencontre. Les images des Cap-Verdiens, les yeux emplis de fierté, applaudis par les quelques maillots bleus présents en tribune au milieu de la marée rouge, sont infiniment plus belles. 26 % de possession de balle et un seul tir cadré sur le match et alors ? Avec l’Uruguay et l’Arabie Saoudite à jouer encore pour la fin de la phase de groupe, le Cap-Vert a fait match nul mais a gagné le droit de rêver dans ce groupe H. RFI