Soudan: gomme arabique, or… ces ressources naturelles qui financent la guerre
Les acteurs du conflit au Soudan tirent profit du contrôle de plusieurs types de ressources dans le pays comme la gomme arabique ou l’or. Cette « économie de guerre » prolonge la crise depuis plus de trois ans. C’est ce que pointe un nouveau rapport de l’ONU. De son côté l’Union européenne vient d’interdire tout importation d’or en provenance du Soudan. La guerre entre l’armée et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) a éclaté en avril 2023 et a fait, selon certaines estimations d’organisations humanitaires, plus de 200.000 morts. Pour financer les opérations militaires, les belligérants s’appuient sur le contrôle et l’exploitation des territoires, routes commerciales et ressources naturelles, contribuant à un conflit devenu « de plus en plus auto-entretenu », selon le rapport de l’ONU.… L’ONU met aussi en garde contre le rôle joué par certains États voisins et pays de transit dans la circulation de cette ressource, qui pourrait arriver sur le marché sous une autre origine, complexifiant son contrôle. Volker Türk a appelé les gouvernements à renforcer les mécanismes de responsabilité, de traçabilité, de contrôle réglementaire et d’accès aux recours pour les victimes. TV5Monde
Ituri : des affrontements entre les FARDC et la FPIC sèment la tension à Marabo
La situation reste confuse et tendue ce jeudi matin 16 juillet à Marabo, une localité située à une quarantaine de kilomètres au sud de Bunia, dans le territoire d’Irumu, en Ituri. Des échanges de tirs ont opposé les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) à des miliciens du Front patriotique et intégrationniste du Congo (FPIC), également connu sous le nom de « Tchini ya Kilima ». Selon plusieurs sources coutumières locales, ces affrontements seraient liés à la mort d’un chef milicien du FPIC, connu sous le nom d’« Hérode », ainsi que de ses deux gardes du corps. Les trois hommes ont été tués dans la nuit de ce mercredi à jeudi lors d’une fusillade survenue à Nyakunde, une localité voisine de Marabo. D’après les mêmes sources, les miliciens accusent les FARDC d’être impliquées dans cette opération. En réaction, des hommes armés identifiés comme des éléments du FPIC ont lancé, tôt ce jeudi matin, des attaques contre des positions militaires à Marabo.… Parallèlement aux affrontements signalés à Marabo, le climat s’est également détérioré à Nyakunde où une autre affaire a contribué à exacerber les tensions. Selon des sources locales, [l’]épouse d’un combattant du FPIC est décédée dans la nuit de mercredi à jeudi à l’Hôpital général de Nyakunde. Peu après l’annonce de son décès, des jeunes en colère, dont plusieurs seraient affiliés au groupe armé, sont descendus dans les rues de la cité.Plusieurs témoins rapportent que ces manifestants ont saccagé une partie des installations du Centre de traitement d’Ebola situé dans la localité. Radio Okapi
Ebola en RDC : insécurité et méfiance freinent la riposte
Plus de 2.000 cas et 754 décès : l’épidémie d’Ebola progresse à un rythme inédit en RDC. Les conflits, les déplacements de populations et la méfiance compliquent la riposte. Deux mois après la déclaration de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, la situation continue de se détériorer. Selon les autorités sanitaires, plus de 2.000 cas ont déjà été recensés, dont 754 décès. Sur le terrain, Médecins Sans Frontières tire la sonnette d’alarme et évoque une propagation du virus à un rythme sans précédent : en moins de cinq semaines, le nombre de cas confirmés a triplé. Alors que de nombreuses chaînes de transmission restent inconnues et qu’aucun vaccin homologué n’est actuellement disponible contre le variant Bundibugyo, la réponse sanitaire fait face à d’immenses défis. DW
Mali : jugé pour complot, le colonel Kassoum Goïta déballe ses vérités sur les dirigeants de la Transition
Au Mali, troisième journée d’audience ce jeudi 15 juillet à la cour d’appel de Bamako dans le procès de la « tentative de complot contre le gouvernement ». Les six co-accusés sont liés à l’ancien président de transition Bah N’Daw, qui avait été nommé à ce poste par les militaires auteurs du coup d’État d’août 2020, avant d’être renversé en mai 2021 par ces mêmes militaires parce qu’il voulait écarter certains d’entre eux du gouvernement. Lors des deux premières journées d’audience, cinq des six accusés se sont déjà exprimés. Le colonel Kassoum Goïta, ancien chef de la Sécurité d’État, s’est défendu ce mercredi en déballant ses vérités sur les militaires au pouvoir.… À la barre, le colonel Kassoum Goïta accuse les militaires putschistes qui dirigent – toujours – la Transition d’avoir détourné des fonds publics datant de l’ère IBK (Ibrahim Boubacar Keïta, l’ancien président renversé par le coup d’État de 2020) en les plaçant, par l’entremise du ministre de l’Économie Alousséni Sanou, sur des comptes offshore. Alerté, l’ex-président Bah N’Daw aurait enjoint les militaires de remettre l’argent à sa place. En vain.… En dépit des interruptions du procureur général, le colonel Kassoum Goïta évoque aussi les tortures subies en détention. Mais c’est l’opérateur économique Sandi Ahmed Saloum, l’un des six co-accusés, qui les décrit le plus directement, ne cachant pas même les sévices infligés à son sexe. Les photos sont jointes au dossier. Au premier jour du procès, mardi, les avocats de la défense avaient eux-mêmes évoqué ces tortures, mais aussi les enlèvements, les détentions illégales, les signatures de procès-verbaux sous la menace et sans avocat et autres graves vices de procédure pour plaider la nullité des poursuites : demande rejetée par la cour. RFI
Dans le Sahara libyen, une nouvelle rébellion fragilise l’emprise du clan du maréchal Khalifa Haftar
[…] Le commandant suprême de l’Armée nationale libyenne (ANL), tout-puissant en Cyrénaïque (Est libyen), voit son autorité de plus en plus contestée dans le Fezzan, province désertique et riche en hydrocarbures. Dimanche 12 juillet, une base aérienne que ses hommes contrôlaient près d’Al-Wigh, non loin de la frontière avec le Niger et le Tchad, a été attaquée par un groupe armé récemment constitué, la Chambre des opérations pour la libération du Sud (COLS), dirigé par Mohamed Wardougou. Le bilan complet des opérations n’est pas connu, mais les images sont dévastatrices pour les forces de Benghazi : pick-up armés filant à pleine vitesse dans le désert, avant-postes incendiés et une quinzaine de prisonniers menottés sur une base militaire près d’Al-Wigh. En quelques heures, la COLS a fait une démonstration de force inédite, dont les conséquences sont encore difficiles à calculer. La zone est en effet au cœur des contrebandes de carburant, d’armes et de drogues. Le potentiel de déstabilisation est également important pour les zones septentrionales du Niger et du Tchad, elles-mêmes mal contrôlées par Niamey et N’Djamena. La COLS est apparue récemment sur l’échiquier libyen. Le groupe a été fondé en janvier par Mohamed Wardougou, un chef de guerre issue de l’ethnie toubou. Implantée de part et d’autre des frontières, cette communauté a été l’une des premières à se soulever contre le régime de Mouammar Kadhafi dans la région du Fezzan, le vaste Sud-Ouest libyen, en 2011. Le Monde
Ouganda : l’opposant Kizza Besigye refuse les avocats commis d’office lors de son procès
Le chef de l’opposition ougandaise, Kizza Besigye, a refusé, mercredi, d’accepter les avocats qui lui étaient imposés pour son procès pour trahison, après que les avocats qu’il avait choisis eurent été arrêtés ou expulsés du pays. Besigye, âgé de 70 ans, rival de longue date du président Yoweri Museveni, est incarcéré depuis fin 2024, date à laquelle il a été enlevé au Kenya puis ramené clandestinement en Ouganda. Le mois dernier, son principal avocat, l’ancien maire de Kampala Erias Lukwago, a été arrêté par l’armée et jeté en prison, tandis que son autre avocate principale, la Kényane Martha Karua, s’est vu refuser l’entrée sur le territoire. Lorsque son procès pour trahison s’est ouvert lundi, le tribunal lui a demandé de choisir un avocat parmi une liste d’avocats agréés par l’État, mais Besigye a refusé.… Le juge a indiqué qu’il disposait de deux semaines pour accepter les avocats et a ajourné l’affaire au 29 juillet.… L’Ouganda connaît, depuis quelques mois, une répression politique croissante : l’armée a procédé à l’arrestation de personnalités de l’opposition et d’avocats, et a fermé un important groupe de presse.… « Nous savons que ce procès ne sera pas équitable. Nos droits ont été bafoués et les lois ne sont pas respectées. Nous ne souhaitons plus y prendre part », a déclaré M. Besigye devant le tribunal lundi. AfricaNews
Egypte : Plusieurs personnes arrêtées pour des liens présumés avec le mouvement « Gen Z »
Les autorités égyptiennes ont arrêté une soixantaine de personnes soupçonnées d’être liées à un groupe d’opposition actif sur la plateforme Discord sous le nom de « GenZ002 », a indiqué mercredi Shorouk Sallam, avocate représentant plusieurs des personnes poursuivies. Selon la responsable de l’équipe juridique de l’organisation de défense des droits humains Egyptian Front for Human Rights, les suspects sont notamment accusés d’appartenance à une organisation terroriste, de diffusion de fausses informations et d’utilisation abusive des réseaux sociaux.… Les personnes visées auraient rejoint un serveur Discord créé par Anas Habib, un militant égyptien installé à l’étranger. Ce dernier encourageait, selon l’avocate, des formes de contestation telles que la réalisation de graffitis, la distribution de tracts et la participation à un sondage en ligne appelant à la destitution du président, le général Abdel Fattah al-Sissi.… Très populaire auprès des jeunes, la plateforme Discord… avait également servi de canal d’organisation lors des mobilisations de la « génération Z » observées l’an dernier au Népal et au Maroc. Le gouvernement égyptien est régulièrement pointé du doigt par des organisations internationales pour les restrictions imposées aux libertés publiques et à la liberté d’expression. Ces dernières années, plusieurs créateurs de contenus, influenceurs et humoristes ont été arrêtés dans le cadre d’une vaste campagne de répression. Initialement utilisée pour désigner les personnes nées entre la fin des années 1990 et la fin des années 2000, l’appellation « Gen Z » renvoie désormais à des mouvements de jeunes dénonçant les inégalités sociales et politiques. Sahel-Intelligence
Algérie: des membres du mouvement kabyle MAK arrêtés pour des soupçons de perturbation des législatives
Le ministère algérien de la Défense annonce qu’un « groupe criminel » composé de six individus appartenant au mouvement MAK, Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie en Algérie, a été arrêté lundi 13 juillet. Quatre éléments de ce groupe qui s’activaient dans la région de Tizi-Ouzou sont de nationalité marocaine et résident illégalement en Algérie, indique le ministère. Ils sont accusés d’avoir voulu perturber le bon déroulement des législatives qui ont eu lieu le 2 juillet sans plus d’explications.… À rappeler que le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK) est un mouvement séparatiste kabyle, fondé le 5 juin 2001, et visant à l’instauration d’un État kabyle souverain. Il a été classé comme mouvement terroriste à Alger en 2021. Ses chefs sont basés en France et le MAK a proclamé la République kabyle le 14 décembre 2025 à Paris. La majorité des Kabyles de Tizi-Ouzou affirme ne pas partager avec le mouvement ses velléités séparatistes. RFI
Maroc : un journaliste et un cinéaste critiques du régime arrêtés à leur arrivée à l’aéroport
Dimanche 12 juillet, le journaliste critique Ali Lmrabet a été arrêté à l’aéroport de Tanger pour être transféré dans la nuit à Casablanca, où sa garde à vue est prolongée.… Il a été remis en liberté provisoire ce mercredi le temps que l’enquête continue. Deux jours après, c’est le documentariste El Mahdi Lyoubi, alias Mehdi Black Wind qui est arrêté. Il se rendait à l’aéroport pour rentrer en France mais un policier l’informe d’une interdiction de quitter le territoire.… Ces deniers mois, le Maroc traverse une période de tensions importantes. Depuis fin septembre 2025, le pays a connu une vague de contestation portée par le collectif GenZ 212, un mouvement de jeunes apparu sur les réseaux sociaux. Ce collectif, né en réaction à la dégradation des services publics de santé et d’éducation, a organisé des manifestations dans plusieurs villes, réclamant des réformes en profondeur, la fin de la corruption et le départ du gouvernement.… Les autorités ont répondu par des arrestations et des condamnations.… L’année 2026 est une année charnière pour le Maroc car en septembre vont avoir lieu les élections législatives, et déjà avec une forme de désillusion : « La majorité des Marocains ne croit pas aux élections législatives au Maroc. Ils savent que les résultats de ces élections ne sont pas important. » précise Khadija Riyadi « La décision politique, finalement, n’est pas entre les mains des personnes élues. D’ailleurs, le taux de boycott est très élevé ». RTBF
Centrafrique: après des troubles liés à la mort d’un homme dans la localité de Boali, la situation à nouveau «sous contrôle»
En Centrafrique, c’est un retour au calme à Boali, située à une centaine de kilomètres au nord de Bangui, après des violences survenues le 13 juillet. Des troubles ont été déclenchés suite à la mort d’un jeune homme, tué par des hommes armés dans les environs. Son décès a provoqué la colère des habitants, qui ont organisé une marche de protestation en apportant le corps de la victime à la mairie. Ils dénoncent la dégradation de la situation sécuritaire et appellent les autorités à intervenir rapidement.… Ces dernières semaines, les enlèvements, les agressions et les meurtres se sont multipliés dans cette localité de Centrafrique. De nombreux habitants accusent des hommes armés peuls d’être à l’origine de ces violences. Ils se sont vengés contre des civils, témoigne Ousmane, blessé au cours de ces violences. « Plusieurs maisons, dont celle du chef de la communauté peule, ont été détruites. Il y a eu plusieurs blessés, mais aucun mort. La communauté peule n’a rien à voir avec ces malfrats. Ce sont des bandits, c’est triste que nous soyons pris pour cible », déplore-t-il. RFI
En Afrique de l’Ouest, la transformation numérique attise l’appétit des cybercriminels
Après la direction générale des impôts en octobre, puis le service chargé de la délivrance des cartes nationales d’identité en début d’année, c’est le Trésor public qui a été visé. En moins de six mois, trois institutions publiques sénégalaises ont été frappées par des cyberattaques d’ampleur. « L’Afrique est en train de devenir le nouveau terrain de jeu des cybercriminels », observe Clément Domingo, expert en cybercriminalité, lanceur d’alerte connu sur X sous son surnom SaxX. Et pour cause, le continent se numérise rapidement, mais est souvent mal sécurisé. « Plus un pays se digitalise, plus il augmente sa surface d’attaque », résume-t-il. Le Figaro
