Revue de presse du 16 avril 2026

Le Soudan en ruines après trois ans de guerre : des donateurs réunis à Berlin dégagent 1,3 milliard d’euros de promesses d’aides
La pire crise humanitaire au monde, comme l’ONU a qualifié la situation au Soudan, a arraché quelque 12 millions de Soudanais à leurs foyers et répandu la famine. La guerre a été qualifiée de « cauchemar » par le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres. Elle doit « prendre fin », avance-t-il, tout comme « les ingérences extérieures et le flux d’armes qui alimentent » ce conflit. Trois ans après le début du conflit, Antonio Guterres demande aux belligérants – l’armée soudanaise et les paramilitaires – « un arrêt immédiat des hostilités », et à la communauté internationale d' »intensifier (ses) efforts » pour l’aide humanitaire, « encore plus insuffisante » pour l’instant cette année qu’en 2025. ÀA l’occasion de l’anniversaire du début du conflit, la réunion de Berlin rassemble gouvernements, agences humanitaires et organisations de la société civile, mais exclut les deux belligérants, l’armée et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR). Le représentant américain a appelé les deux parties au conflit à « une pause de trois mois » dans les hostilités, une trêve humanitaire « sans aucune condition préalable » pour travailler à « un cessez-le-feu permanent » et à une « transition politique ». De précédents rendez-vous similaires ces deux dernières années, à Londres et Paris, n’avaient pas permis de percée diplomatique. RTBF

Cameroun: le pape Léon XIV fait étape à Bamenda, chef lieu de la «crise anglophone»
Après Yaoundé, le pape Léon XIV se rend jeudi 16 avril à Bamenda, chef-lieu de la région anglophone du Nord-Ouest. Une étape symbolique dans ce territoire, l’un des deux – avec le Sud-Ouest – touchés depuis 2017 par la « crise anglophone », qui oppose forces gouvernementales et groupes armés séparatistes, avec au milieu, comme premières victimes, les civils. Une visite que le souverain pontife a placée sous le signe de la paix, de la réconciliation et de la justice. Cette étape s’annonce centrale dans la visite du pape au Cameroun. Le Grand Dialogue national organisé en 2019 par Paul Biya, le président du pays depuis 43 ans, n’a pas permis de mettre fin à la violence qui a pris de nouvelles formes ces dernières années : kidnappings, criminalité urbaine, barrages sur les axes routiers, sans oublier les « ghost town mondays » les lundis « ville morte » imposés par les séparatistes. RFI

Au Burkina Faso, Ibrahim Traoré dissout les ONG après avoir supprimé les partis politiques
C’est un pas de plus dans la restriction des libertés personnelles au Burkina Faso. Ce mercredi 15 avril, le ministère de l’Administration territoriale a annoncé la dissolution de 118 associations et organisations non gouvernementales actives dans le pays, dont la majorité exerçait dans les domaines de la santé, de l’action sociale ou de la défense des droits humains. Parmi elles, l’Association des élèves et étudiants handicapés du Burkina, l’Initiative citoyenne pour la démocratie et le développement (ICDD), l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat), l’Association burkinabè pour le bien-être de la jeunesse et la lutte contre le VIH/sida, le Réseau burkinabé de défense des droits syndicaux ou encore l’Association de soutien aux personnes âgées (Aspa). … Ce détricotage massif du tissu associatif burkinabè s’intègre dans une répression politique et administrative généralisée depuis la prise de pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré. Au lendemain du coup d’État qui l’a porté au pouvoir, le 30 septembre 2022, toutes les formations politiques ont été suspendues. Elles ont été définitivement dissoutes le 9 février dernier. Émile Zerbo, le ministre de l’Administration territoriale, avait justifié cette mesure radicale par la nécessité de « préserver l’unité nationale » et de « renforcer la cohérence de l’action gouvernementale ». Jeune Afrique

Est de la RDC: Congolais et Rwandais s’opposent à nouveau l’ONU, mise en garde des États-Unis
Une dizaine de pays ont une nouvelle fois appelé le Rwanda à retirer ses troupes de RDC. Mais l’ambassadeur rwandais a évoqué la menace que les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), groupe armé à l’origine composé d’anciens génocidaires rwandais, ferait toujours peser sur son pays. « Vous n’avez pas le droit de venir protéger les populations congolaises sur leur territoire. La République démocratique du Congo est suffisamment outillée pour assurer la sécurité de ses propres populations », lui a répondu le représentant congolais. L’envoyé spécial de l’ONU dans la région de Grands lacs a ensuite appelé toutes les parties à un cessez-le-feu immédiat. « Aucune résolution, aucune médiation, aucun mécanisme de vérification, ne pourra aboutir si les parties directement concernées ne choisissent pas la voie de la paix », a-t-il déclaré. RFI

Heineken quitte une RDC instable, après quarante ans d’opérations
C’est la fin d’un chapitre commencé en 1986. Après quarante années d’opérations en République démocratique du Congo (RDC), Heineken a annoncé, vendredi 10 avril, céder sa société Bralima (pour Brasseries, Limonaderies et Malteries), qui produit notamment la célèbre bière locale Primus. Le géant vend donc les trois brasseries – de Kinshasa, la capitale, et des grandes villes de Kisangani et de Lubumbashi – qui lui restaient dans ce pays gigantesque de plus de 110 millions d’habitants et qui emploient quelque 730 personnes. « La transaction permet la continuité de l’activité, soutient l’emploi local et assure la disponibilité à long terme des marques Heineken en RDC », affirme l’entreprise, dans un communiqué publié vendredi. Mais cette vente sonne aussi comme une réaction de repli, après une année 2025 où la multinationale a fait les frais de l’instabilité dans l’est du pays. De vastes pans du territoire y sont tombés aux mains du Mouvement du 23 mars (M23), un groupe rebelle soutenu par le Rwanda. Le Monde

L’influenceur anti-occidental Kemi Seba, recherché par le Bénin, a été arrêté en Afrique du Sud
L’influenceur anti-occidental Kemi Seba, visé par un mandat d’arrêt au Bénin qui l’accuse d’avoir soutenu la tentative de coup d’État de décembre 2025, a été arrêté en Afrique du Sud où il fait l’objet d’une « procédure d’extradition en cours », a annoncé la police locale, ce 16 avril 2026. À la tête de l’ONG baptisée Urgences panafricanistes et connu pour ses diatribes radicales contre la France et les pouvoirs africains alliés de Paris, il a été arrêté lundi, en compagnie d’un fils, pour des « faits présumés de facilitation d’entrée illégale au Zimbabwe via le fleuve Limpopo », selon le communiqué de la police sud-africaine. RFI

Afrique du Sud: l’opposant radical Julius Malema condamné à 5 ans de prison pour tir avec une arme
L’opposant radical sud-africain Julius Malema a été condamné jeudi à cinq ans de prison pour avoir tiré avec un fusil d’assaut lors d’un rassemblement festif de son parti il y a huit ans. La décision d’une magistrate « raciste » a-t-il accusé. Le leader des « Economic Freedom Fighters » (EFF, « Combattants pour la liberté économique ») et figure clivante de la scène politique locale s’est toutefois vu accorder son maintien en liberté, le temps de la procédure de pourvoi en appel. Sitôt la décision prononcée, Julius Malema a harangué ses centaines de partisans réunis devant une scène montée à l’extérieur du tribunal de KuGompo (ex-East London), la grande ville côtière du sud du pays où il a comparu. TV5Monde

Centrafrique: le mécontentement des agents électoraux inquiète à l’approche de plusieurs scrutins
En Centrafrique, de nouvelles tensions secouent l’Autorité nationale des élections (ANE). Le personnel de l’ANE menace de déclencher un mouvement de grève, dénonçant deux mois d’arriérés de salaires. Cette situation intervient à quelques jours d’une échéance électorale cruciale, le second tour des législatives et des régionales, couplé aux élections partielles, prévue le 26 avril prochain. Un blocage qui pourrait fortement perturber l’organisation de ces scrutins. Sur le terrain, observateurs et acteurs de la société civile expriment déjà leurs inquiétudes face au risque d’un éventuel report. RFI

Au Gabon, le principal opposant Alain-Claude Bilie-By-Nze arrêté, selon son parti politique
Alain-Claude Bilie-By-Nze « a été interpellé à son domicile par des agents de la Direction Générale des Recherches (DGR) dans des conditions que nous considérons arbitraires, brutales et manifestement contraires aux principes fondamentaux de l’État de droit », a annoncé, jeudi 16 avril dans un communiqué, Ensemble pour le Gabon (EPG), parti politique du principal opposant gabonais. Ce document indique que « cette arrestation serait liée à une affaire remontant à 2008 ». Selon son parti, cette affaire est en lien avec « une créance que l’État gabonais n’aurait pas honoré dans le cadre de l’organisation de la Fête des cultures », dont il était à l’époque le président du comité d’organisation. « Une tierce personne en réclamerait aujourd’hui le paiement, en l’imputant à titre individuel à Alain-Claude Bilie-By-Nze, alors même qu’il agissait dans un cadre institutionnel », assure le communiqué. Cette arrestation intervient alors que le candidat malheureux à l’élection présidentielle d’avril 2025, et ancien Premier ministre d’Ali Bongo (2009-2023) s’est notamment élevé contre la suspension des réseaux sociaux en vigueur depuis le 17 février et l’adoption par ordonnance, sans débat ni vote, d’une réforme du code de la nationalité. France24

Libye: les forces armées rivales de l’Est et de Tripoli réunies dans des exercices sous l’égide des États-Unis
Après l’unification du budget libyen la semaine précédente sous pressions américaines, des unités militaires issues de l’Est et de l’Ouest de la Libye ont pris part le 14 avril à des exercices militaires organisés à Syrte par le Commandement des États-Unis pour l’Afrique (Africom). Ces exercices militaires, intitulés Flintlock26, qui ont démarré le 15 avril pour un mois, et dont une partie se déroule en Libye, marquent le premier événement conjoint de ce type organisé par l’Africom. C’est en effet une première depuis la chute de l’ancien régime du colonel Kadhafi, en 2011, avec la participation de l’Armée nationale libyenne (ANL) dirigée par Khalifa Haftar d’un côté et de l’autre côté les forces du Gouvernement d’union nationale reconnu par l’ONU et basé à Tripoli. Le leadership de la Libye dans l’organisation d’une partie de cet exercice « marque une étape historique », a indiqué l’ambassade américaine à Tripoli. Le communiqué ajoute que l’Italie a joué un rôle de chef de file dans la planification et l’exécution de Flintlock26 en Libye. RFI

« La Traversée du désert » démonte le mythe de l’Eldorado
Sensibiliser autrement aux dangers de la migration irrégulière : c’est le pari de « La Traversée du désert », un film d’animation réalisé par Simon Kouassi. Entièrement conçu en Côte d’Ivoire, le projet raconte l’histoire de Konaté et Julien, deux jeunes en quête de réussite, confrontés au choix douloureux de quitter leur pays dans l’espoir d’un avenir meilleur, au prix de lourdes conséquences. En optant pour l’animation, le réalisateur a voulu toucher un public large, notamment les jeunes et les enfants, avec un message clair et accessible. Pour Simon Kouassi, le film s’inspire d’une réalité partagée par de nombreux Africains. « C’est l’histoire de tout jeune africain qui a toujours rêvé d’aller de l’autre côté, qui a toujours pensé que l’Eldorado, c’est chez les blancs », explique-t-il, avant d’insister : « L’Eldorado peut se construire chez nous, sur notre sol, sur notre territoire ». DW