Malawi : Une bataille s’annonce entre deux anciens présidents alors que les citoyens cherchent la voie de la réforme
L’économie est le principal enjeu de l’élection présidentielle au Malawi. … Les difficultés économiques du Malawi ont un impact direct sur la campagne du président Lazarus Chakwera, qui, en tant que chef du Parti du Congrès du Malawi, brigue un second mandat. Deux anciens présidents se présentent contre Chakwera : Peter Mutharika, 84 ans (du Parti démocratique progressiste), que Chakwera a battu lors de la présidentielle de 2020, et Joyce Banda, 74 ans (du Parti populaire), qui a été présidente de 2012 à 2014. Bien que chaque candidat puisse se prévaloir de son expérience en matière de gestion, chacun est lié à des périodes antérieures de troubles économiques et à des allégations de corruption. … Les tensions de la campagne électorale ont déjà suscité des critiques quant à l’impartialité de la commission électorale du Malawi et aux efforts déployés pour inscrire de nouveaux électeurs. Toutefois, la Cour constitutionnelle du Malawi a une réputation d’indépendance, avec son rejet, qui a fait jurisprudence, des résultats de l’élection présidentielle de 2019 qui avaient donné la victoire au président sortant Mutharika. Ce rejet avait conduit à un nouveau scrutin, que la coalition de Chakwera avait remporté. … Le Malawi bénéficie également d’une identité civique dynamique et d’une société civile résiliente qui exige constamment des niveaux plus élevés de transparence, le respect de l’État de droit et la redevabilité des politiciens. … Les principaux enjeux des élections de 2025 au Malawi seront donc la capacité des institutions civiques et des tribunaux du pays à garantir un processus équitable et l’efficacité des coalitions réformistes à s’unir et à forger une voie pour relever les défis urgents du Malawi. Centre d’études stratégiques de l’Afrique
Soudan : quatre pays signent une déclaration de sortie de crise
Les chefs diplomatiques de l’Égypte, des Émirats arabes unis et de l’Arabie Saoudite ont signé vendredi une déclaration commune sous l’égide des États-Unis pour entreprendre une sortie de crise au Soudan. Alors que les combats continuent à faire des victimes dans le pays, la déclaration vise à y mettre fin et à instaurer un cessez-le-feu. Le document présente cinq points principaux dont l’installation d’une trêve humanitaire de trois mois pour laisser l’aide entrer en urgence mais aussi pour poser un cadre permettant une tradition pacifique. En signant ce document, les quatre pays réaffirment qu’ils fourniront tous les efforts nécessaires pour une résolution négociée du conflit. Ils appuient également le fait que toute aide militaire extérieure soit stoppée. Vendredi, le conseil de sécurité des Nations Unies a notamment prolongé d’un an l’embargo sur l’envoi d’armes au Darfour en plane depuis 2005, dont les abus sont régulièrement dénoncés. L’Égypte, l’un des signataires de la déclaration commune soutient toutefois l’armée soudanaise et les Émirats sont accusés de fournir des armes aux paramilitaires, une accusation qu’ils nient. Toute représentation soudanaise de l’armée ou des forces de soutien rapide est absente de cette déclaration commune. Africanews
Burkina Faso: des groupes armés islamistes ont massacré des civils, alerte Human Rights Watch
Un rapport de l’ONG Human Rights Watch souligne une situation alarmante au Burkina Faso. Depuis mai 2025, deux groupes armés islamistes ont mené des attaques meurtrières dans le nord du pays, tuant plusieurs dizaines de civils. Ces attaques violent le droit international humanitaire et pourraient constituer des crimes de guerre, selon l’organisation. Ce rapport compile des témoignages recueillis dans plusieurs localités où le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) et l’État Islamique au Sahel ont mené de nombreux raids contre des villages et des convois humanitaires. … Human Rights Watch souligne que les groupes terroristes ciblent régulièrement des civils appartenant à des sous-groupes de l’ethnie peule, accusés de soutenir les VDP dans leurs opérations antiterroristes. Les populations sont donc prises entre le marteau et l’enclume. Le rapport rappelle également que toutes les parties au conflit armé au Burkina Faso sont soumises au droit international humanitaire et au droit de la guerre coutumier, qui interdisent notamment les exécutions sommaires et les attaques contre les civils. L’ONG Human Rights Watch insiste sur l’obligation pour le gouvernement de mener des enquêtes et de poursuivre les personnes impliquées. Cependant, elle déplore que le pôle judiciaire spécialisé dans la répression des actes terroristes manque cruellement de moyens, entravant ainsi toute avancée dans les enquêtes. RFI
Mali: les jihadistes du Jnim changent de stratégie avec des attaques à l’ouest et au centre du pays
À l’ouest du Mali, l’armée malienne est désormais présente sur certains axes routiers. Du coup, les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) semblent avoir changé de stratégie pour imposer leur blocus. On ne les voit plus aussi souvent instaurer des barrages en territoire malien sur la route reliant Bamako à Dakar. Ils circulent dorénavant à motos et mènent des embuscades et des assauts parfois spectaculaires contre les convois de véhicules. C’est la stratégie utilisée ces 13 et 14 septembre, d’abord dans la localité de Kolokani située à une centaine de kilomètres de Bamako. Plusieurs camions citernes transportant du carburant venant du Sénégal ont été brûlés. La circulation a été fortement perturbée. Autre attaque jihadiste, cette fois-ci près de la localité de Kayes, située plus à l’ouest du Mali. Cette route facilite plus de 70% des importations maliennes. Les Jihadistes sont également présents dans le centre du Mali. Vers la localité Konna, ils ont attaqué une position de l’armée malienne ce 14 septembre. Un bilan contradictoire circule. RFI
Libye: le gouvernement et la milice Radaa parviennent à un accord
Après des mois de tensions et des négociations menées sous l’égide de la Turquie, le gouvernement libyen reconnu par l’ONU et le puissant groupe armé Radaa ont trouvé un accord de principe, ont annoncé un responsable et des médias locaux. Si aucun détail n’a été dévoilé, ils « seront annoncés au public à une date ultérieure », a fait savoir Ziyad Deghem, conseiller du président du Conseil présidentiel (un organe exécutif de transition). Le gouvernement et Radaa n’ont pas fait d’annonces officielles jusqu’à présent. Mais la chaîne Libya al-Ahrar a publié samedi soir sur X une vidéo disant montrer les forces du ministère de la Défense entrer dans un aéroport contrôlé par Radaa. À la mi-mai, des affrontements ont opposé à Tripoli des forces loyalistes et des groupes armés que le gouvernement tente de démanteler. Parmi ces groupes, figure la puissante Force Radaa (dissuasion, en arabe) qui contrôle l’est de la capitale et l’aéroport de Mitiga, mais également des prisons et centres de détention. Selon une source de Radaa, citée par Libya al-Ahrar, les deux parties sont parvenues à un accord pour qu’une « force unifiée et neutre » se charge de « gérer et sécuriser quatre aéroports » de l’Ouest, dont celui de Mitiga, en banlieue de Tripoli. Sous le contrôle de Radaa depuis 2011, il s’agit du seul actuellement à desservir la capitale avec des vols commerciaux. Les prisons et centres de détention gérés par la Force Radaa doivent eux passer sous la houlette du bureau du Procureur général, a indiqué la chaîne. Il est également question de remplacer l’actuel chef de la Police judiciaire, Osama Najim, par une personne faisant consensus entre les deux parties, selon al-Ahrar. Osama Najim fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Jeune Afrique
Algérie : Sifi Ghrieb, confirmé au poste de premier ministre, compose un nouveau gouvernement
La présidence algérienne a annoncé, dimanche 14 septembre, la formation d’un nouveau gouvernement à la tête duquel Sifi Ghrieb, qui assurait jusqu’ici l’intérim, a été confirmé par le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune. Le 28 août, le chef de l’Etat algérien avait limogé le premier ministre Nadir Larbaoui, en poste depuis novembre 2023, et l’avait remplacé par le ministre de l’industrie, Sifi Ghrieb. Aucun détail n’avait été fourni sur les raisons du limogeage. … Titulaire d’un doctorat en physique-chimie des matériaux, Sifi Ghrieb a, par le passé, été président du conseil d’administration de la société qataro-algérienne Algerian Qatari Steel. Dans ce nouveau gouvernement, les portefeuilles des affaires étrangères et de la justice, détenus par Ahmed Attaf et Lotfi Boudjemaa, sont inchangés. Le président Tebboune cumule toujours la présidence et la défense, et le chef d’état-major de l’armée, Saïd Chengriha, reste ministre délégué à la défense. L’énergie a été séparée des hydrocarbures : Mohamed Arkab conserve le ministère des hydrocarbures et des mines tandis que Mourad Adjal a été nommé ministre de l’énergie et des énergies renouvelables. Saïd Sayoud, précédemment ministre des transports, garde ce portefeuille mais devient également ministre de l’intérieur. Le Monde avec AFP
Au Cameroun, Issa Tchiroma Bakary désigné candidat consensuel de l’opposition face à Paul Biya pour la présidentielle
Au Cameroun, l’opposition s’organise à un mois de l’élection présidentielle. Après une assemblée générale à Yaoundé de l’organisation Union pour le changement en 2025, l’ancien ministre de la communication Issa Tchiroma Bakary, 76 ans, a été désigné, samedi 13 septembre, candidat consensuel pour affronter, notamment, le président sortant, Paul Biya. Cette candidature en vue du scrutin du 12 octobre a été votée à l’unanimité par plusieurs partis politiques et personnalités de l’opposition, selon un communiqué signé par des membres de cette organisation informelle créée après les investitures des candidats à la présidentielle. Parmi les signataires figure Anicet Ekane, président du Manidem, le parti qui avait présenté la candidature de Maurice Kamto, finalement récusée par la commission électorale (Elecam) et le Conseil constitutionnel en août. Les tractations pour réunir les candidats autour d’une candidature consensuelle se sont accélérées cette semaine, avec des consultations ouvertes entre Maurice Kamto – deuxième à la présidentielle de 2018 – et les deux anciens ministres démissionnaires, Bello Bouba Maïgari et Issa Tchiroma Bakary. Aucune décision n’est sortie de ces conciliabules. Le principal opposant, Maurice Kamto, ancien président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), n’a pour le moment pas donné de consigne de vote. Le Monde avec AFP
Guinée-Bissau : Domingos Pereira candidat à l’élection présidentielle
Après plus d’un an à l’étranger, celui qui a été premier ministre et président de l’Assemblée nationale annonce son retour au pays pour mener sa campagne. Réfugié à Lisbonne depuis la dissolution de l’Assemblée nationale en décembre 2023, c’est depuis la capitale portugaise que le chef de file du PAIGC a fait cette annonce. Si le profil de Domingos Simões Pereira est validé par son parti, il tentera pour la quatrième fois de se faire élire président. Il a annoncé qu’il présenterait aux instances de son parti un nom, pour le poste de Premier ministre, en cas de victoire électorale. Des propos tenus lors d’une rencontre avec la diaspora bissau-guinéenne à Lisbonne. L’opposant est aussi revenu sur l’expulsion récente de médias portugais, une nouvelle preuve selon lui de l’ »absence de démocratie » dans le pays. Ces deux dernières années, la figure de l’opposition a passé plus de temps hors de Guinée-Bissau en raison des différends avec le président Umaro Sissoco Embaló. Immédiatement après la dissolution du Parlement, il a été destitué de son poste de président de l’Assemblée nationale. Africanews
En RDC, la vaccination a commencé face à la nouvelle épidémie d’Ebola
La vaccination pour endiguer la nouvelle épidémie d’Ebola déclarée début septembre en République démocratique du Congo (RDC), qui touche le centre du vaste pays d’Afrique centrale, dans la province du Kasaï, a commencé, selon un communiqué de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) publié dimanche 14 septembre. Le virus Ebola reste souvent mortel malgré de récents vaccins et traitements. Cette fièvre hémorragique a fait 15 000 morts en Afrique au cours des cinquante dernières années. L’épidémie la plus meurtrière en RDC liée à ce virus, survenue entre 2018 et 2020, avait fait près de 2 300 morts pour 3 500 malades. Selon un bilan des autorités sanitaires congolaises dimanche, 28 décès et 81 cas ont été enregistrés depuis le signalement du premier malade, le 20 août, sur une femme enceinte de 34 ans admise dans un hôpital. Le taux de mortalité est estimé à 34,6 %. Lors des flambées épidémiques précédentes, ce taux a fluctué entre 25 % et 90 %, selon l’OMS. … La souche Zaïre du virus est à l’origine de cette nouvelle épidémie. Il n’existe pas de vaccin pour toutes les souches, au nombre de six, dont trois (Bundibugyo, Soudan, Zaïre) ont déjà provoqué de grandes épidémies. D’autres doses de vaccins doivent être acheminées dans les localités touchées dans les prochains jours, a ajouté l’OMS. Les premiers vaccins sont à destination des personnels de santé en première ligne et des personnes entrées en contact avec des malades. Le Monde avec AFP
Au Maroc, la Centrafrique tente de séduire ses partenaires financiers
Un rendez-vous crucial s’ouvre ce 14 et 15 septembre à Casablanca, au Maroc. La Centrafrique va tenter d’y lever douze milliards de dollars pour financer son Plan national de développement 2024-2028. Une opération séduction dans un pays hôte qui n’a pas été choisi au hasard. Le choix du Maroc pour abriter cette rencontre n’est pas anodin. Casablanca offre des facilités logistiques, mais surtout, incarne une dynamique de coopération Sud-Sud à laquelle aspire la Centrafrique. Mais convaincre les investisseurs internationaux, publics comme privés, ne sera pas chose facile. Le pays reste confronté à un taux d’électrification de moins de 20 %, selon les dernières données de la Banque mondiale, tandis que l’indice de perception de la corruption y demeure élevé. Pour autant, les autorités assurent que des réformes sont en cours. … Le gouvernement centrafricain mise sur un dialogue renforcé entre les secteurs public et privé pour encourager l’investissement. « Le secteur privé doit être le moteur de ce développement », affirme le ministre. Les fonds que Bangui espère mobiliser serviront à financer de grands projets structurants : « Les infrastructures énergétiques, routières, agricoles… C’est tout cela que nous voulons dans un premier temps mettre en route. Il y a même un projet de zone économique spéciale pour drainer des industriels », détaille Richard Filakota. RFI
Joseph Kony jugé par contumace devant la CPI, frustration des victimes centrafricaines qui se disent exclues
Une étape clé s’est jouée [la semaine dernière] à La Haye dans l’affaire Joseph Kony. La Cour pénale internationale (CPI) a tenu une audience de confirmation des charges contre le fondateur de la LRA, l’Armée de Résistance du Seigneur. Une audience marquée par l’absence de l’accusé, toujours en cavale, mais aussi par la frustration grandissante de ses victimes en Centrafrique. Joseph Kony, chef de guerre ougandais recherché depuis près de vingt ans, est accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Selon le bureau du procureur de la CPI, il serait responsable de meurtres, viols, pillages et d’enrôlement forcé d’enfants soldats, des crimes qui auraient été commis dans le nord de l’Ouganda, au Soudan du Sud et au sud-est de la République centrafricaine. … Le mandat d’arrêt ne couvre pas les exactions commises par la LRA en Centrafrique, pourtant nombreuses. Un oubli que dénoncent les victimes centrafricaines, qui réclament leur inclusion dans le processus. « Nous voulons que nos souffrances soient reconnues. Nos communautés ont été durement touchées », déclare Aubin Kotto Kpenze, président de l’association des victimes de la LRA en Centrafrique. … Reste à savoir pourquoi ces démarches ne semblent pas avoir été engagées dans le cas centrafricain, malgré les témoignages documentés de nombreuses violations. Alors que la CPI poursuit sa procédure, les victimes en Centrafrique veulent croire que leur combat pour la justice n’est pas vain. Elles réclament non seulement la reconnaissance des faits, mais aussi une prise en compte dans les mesures de réparation à venir. Radio Ndeke Luka
