Libye : un accord électoral fragilisé par les divisions politiques
Malgré une avancée dans le processus politique, les divisions institutionnelles, la dégradation économique et la fragilité sécuritaire continuent de menacer la stabilité de la Libye, a averti mercredi l’émissaire de l’ONU devant le Conseil de sécurité, appelant les dirigeants libyens à surmonter leurs différends pour ouvrir la voie à des élections nationales. Après plus d’une décennie de divisions, la Libye entrevoit une possibilité de sortir de l’impasse politique. Mais le chemin vers des institutions unifiées et un scrutin crédible reste semé d’obstacles, a souligné Hanna S. Tetteh, Représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU pour la Libye et cheffe de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL). Au cœur des espoirs de relance politique figure l’accord conclu le 30 août à Tripoli, après quatre mois de discussions entre les membres du groupe restreint de concertation, dans le cadre du processus facilité par l’ONU.… Cet accord a reçu le soutien de plusieurs acteurs nationaux, dont le Gouvernement d’unité nationale, l’Armée nationale libyenne et la Chambre des représentants. Mais le Conseil supérieur d’État l’a rejeté le 5 octobre, contestant notamment les procédures suivies et le respect des prérogatives des institutions concernées.… Mme Tetteh a toutefois appelé à rester vigilant face aux tensions locales, aux violations des droits humains et aux discours de haine visant notamment les migrants, les réfugiés et le personnel humanitaire. ONU
RDC : Les villages de Musimba et Shovu visés par des bombardements dans le territoire de Masisi
Les villages de Musimba et Shovu, situés dans le groupement d’Ufamandu Ier, au territoire de Masisi (Nord-Kivu), ont été la cible de bombardements aux environs de 3 heures du matin ce jeudi 15 octobre, selon des sources locales. D’après des sources militaires présentes dans la zone, ces frappes auraient été menées à l’aide d’un drone kamikaze attribué aux rebelles du FRN (AFC/M23). Les mêmes sources font état de plusieurs infrastructures civiles endommagées ainsi que de pertes en vies humaines, dont le bilan précis n’était pas encore connu au moment de la rédaction de cet article. Cette attaque est survenue quelques jours seulement après une période d’accalmie observée depuis le début de la semaine dans cette partie du territoire de Masisi. Des acteurs de la société civile locale indiquent que la situation sécuritaire demeurait relativement calme avant ces nouvelles hostilités. … Ces nouveaux incidents illustrent la fragilité de la situation sécuritaire dans plusieurs localités du Nord-Kivu, où les affrontements entre les rebelles soutenus par le Rwanda et l’armée soutenue par des combattants locaux Wazalendo continuent de provoquer des déplacements de populations et d’importantes conséquences humanitaires pour les communautés civiles. Radio Okapi
En RDC, Kolwezi, ville dévorée par la course aux minerais critiques
Dans la cour de sa petite maison en briques, en République démocratique du Congo (RDC), Chibang Kasump observe les allées et venues : à une centaine de mètres de profondeur, des mineurs artisanaux creusent jour et nuit à la recherche de cuivre et de cobalt.… « J’avais acheté cette maison parce que c’était calme, à proximité du centre-ville et proche du lac », raconte-t-il à l’AFP. « Je ne savais pas qu’il y avait des minerais sous mes pieds » et « maintenant, je vis avec un puits dans ma cour ».… Aujourd’hui, la parcelle de Chibang Kasump se trouve dans la concession de la Compagnie minière de Tondo (CMT), entreprise congolaise détentrice d’un permis d’exploitation, située juste à côté de l’immense gisement de cuivre et de cobalt d’une société chinoise, Commus.… Dans la ville au cœur de la ceinture cuprifère africaine, la frontière entre espace urbain et espace minier s’efface peu à peu. Les mines à ciel ouvert grignotent les quartiers, les concessions se superposent.… « Les mines avancent, la ville recule », résume Aaron Niumbi, jeune habitant d’un autre quartier de Kolwezi également appelé à disparaître avec les projets d’expansion du chinois Commus. TV5Monde
Djibouti : l’afflux de réfugiés du Yémen met Obock sous pression
Dans le nord de Djibouti, l’arrivée de près de 4 000 personnes ayant fui les affrontements au Yémen en traversant la mer Rouge met à rude épreuve les ressources d’une population déjà frappée par la sécheresse et l’insécurité alimentaire. Face à cette situation, l’ONU appelle la communauté internationale à renforcer son soutien. La petite ville côtière d’Obock, dans le nord du pays, a accueilli cet afflux de réfugiés en provenance du Yémen en l’espace de quelques jours au début de l’escalade du conflit il y a un mois, a souligné mercredi José Barahona, coordonnateur résident des Nations Unies à Djibouti, lors d’un point de presse par visioconférence avec des journalistes à New York. La plupart de ces personnes ont fui les bombardements qui ont touché leurs localités, notamment autour du port de Mokha, sur la côte ouest du Yémen.… Plus de la moitié de ces réfugiés sont des enfants. Les autres sont majoritairement des femmes.… Cette situation intervient alors que Djibouti a manqué sa courte saison des pluies, sous l’effet notamment du phénomène El Niño, aggravant les difficultés des communautés locales. « C’est en train de devenir une tempête parfaite dans cette partie de Djibouti », a averti M. Barahona, soulignant la combinaison de plusieurs crises : l’arrivée de réfugiés fuyant la guerre, les migrants bloqués et une population locale déjà fragilisée par la sécheresse et l’insécurité alimentaire. Ce pays de la Corne de l’Afrique, qui compte 1,1 million d’habitants, est situé au bord du golfe d’Aden et de la mer Rouge, face au détroit stratégique de Bab-el-Mandeb. ONU
Tanzanie: un avocat dans la tourmente pour avoir critiqué la procédure judiciaire contre l’opposant Lissu
En Tanzanie, l’État de droit continue d’être de plus en plus restreint. La victime, cette fois-ci, est une figure du barreau tanzanien, Boniface Mwabukusi. L’avocat et président de TLS, l’ordre des avocats du Tanganyka, est accusé d’avoir remis en question les charges de trahison envers le chef de l’opposition, Tundu Lissu, emprisonné depuis un an et demi.… Une accusation rejetée lors d’une conférence de presse par Jebra Kambole, avocat tanzanien : « En tant que dirigeant démocratiquement élu, le président Mwabukusi a la responsabilité, tant juridique que sociale, de s’exprimer lorsque les principes fondamentaux de la Nation sont ébranlés. Nous sommes consternés de constater que les institutions juridiques chargées de protéger les droits sont au contraire utilisées pour museler la liberté d’expression et intimider les dirigeants qui défendent la vérité. » L’affaire fait grand bruit au-delà des frontières tanzaniennes. À la suite de ces accusations, un communiqué conjoint de plusieurs associations de défense des avocats en Afrique de l’Est et en Afrique subsaharienne a montré sa solidarité avec Boniface Mwabukusi. Ce dernier risque une radiation définitive du barreau tanzanien.… La présidentielle a été remportée avec 98% des suffrages par la cheffe de l’État sortante, Samia Suluhu Hassan, lors d’un scrutin marqué par une contestation réprimée. RFI
Tchad : deux officiers tués à Miski
L’état-major général des armées (EMGA) tchadiennes a annoncé la mort de deux officiers et neuf blessés à la suite d’une attaque visant des éléments de la Brigade minière, le 14 octobre 2026, à Miski, dans l’extrême nord du Tchad. L’armée attribue cette attaque au comité d’autodéfense de Miski et exige du groupe qu’il dépose immédiatement les armes.… [La Brigade minière] est déployée dans la région pour assurer la sécurisation des sites aurifères. Selon l’état-major, cette attaque survient malgré les accords conclus le 20 avril 2025 avec les groupes d’autodéfense, que le gouvernement affirme respecter et mettre en œuvre. L’EMGA accuse néanmoins le comité d’autodéfense de Miski de multiplier les actes de provocation et les menaces. APA
Mali-Côte d’Ivoire : relance de la Coopération sécuritaire
Le chef des services de renseignement ivoirien, Vassiriki Traoré, est attendu le jeudi 15 octobre à Bamako, dans un contexte assez particulier. Coopération en matière de renseignement et lutte contre le terrorisme: le déplacement à Bamako de Vassiriki Traoré, le coordinateur national du renseignement de Côte d’Ivoire, devrait tourner autour de ces thèmes..… Si, de son côté, la Côte d’Ivoire n’a plus été touchée depuis 2021 par des attaques terroristes meurtrières, des groupes djihadistes comme le Jnim, lié à Al-Qaïda, et très présents au Mali, évoluent parfois à quelques kilomètres de la frontière ivoirienne. D’où l’importance de la coopération entre les deux pays, explique l’expert en sécurité, Philippe Assalé. »Pour la Côte d’Ivoire, stabiliser le Sud malien est une nécessité vitale pour préserver l’étanchéité de la zone opérationnelle Nord. Pour le Mali, sanctuariser cette frontière est cruciale pour éviter l’asphyxie économique de ses corridors vers le port d’Abidjan » explique-t-il. DW
Maurice : le couvre-feu prolongé après de violentes manifestations
L’île Maurice traverse une période de fortes tensions sociales. Après plusieurs jours de manifestations marquées par des violences, des pillages et des attaques contre des bâtiments publics, les autorités ont décidé de prolonger le couvre-feu jusqu’au vendredi 16 octobre. Près de 100 personnes ont été interpellées, dont 16 mineurs. Habituellement réputée pour sa stabilité politique, son dynamisme économique et son attractivité touristique, l’île Maurice fait face à une vague de contestation inhabituelle. Depuis plusieurs jours, des habitants manifestent pour dénoncer les pénuries d’eau et la hausse du coût de la vie. Ces mobilisations ont progressivement dégénéré en affrontements et en actes de vandalisme dans plusieurs secteurs de l’île. Face à cette situation, le gouvernement mauricien a annoncé, mercredi 14 octobre, la prolongation du couvre-feu instauré la veille. La mesure restera en vigueur jusqu’à vendredi matin et concerne dix régions administratives, soit environ un tiers du territoire. … Les autorités font état de sept policiers blessés et de 94 interpellations depuis le début des émeutes, dont 84 pour la seule journée de mardi. Parmi les personnes arrêtées figurent 16 mineurs. … Le chef du gouvernement a également accusé des trafiquants de drogue d’attiser les tensions. Selon des sources policières citées par l’AFP, certains réseaux auraient financé des personnes toxicomanes pour attaquer des commissariats. AfricaNews/AFP
Cameroun: Six mois après la création d’un poste de vice-président, le poste reste vacant
Au Cameroun, six mois après la promulgation de la loi instituant un poste de vice-président de la République, le poste reste vacant. Une situation qui interroge, alors que cette nouvelle fonction est officiellement présentée comme un mécanisme de continuité au sommet de l’État. Le vice-président ayant entre autres attributions de terminer le mandat du président en exercice, en l’occurrence ici Paul Biya, en cas de vacance constatée du pouvoir. L’adoption du texte par le parlement, convoqué en Congrès, est intervenue le 4 avril dernier.… Et une certaine impatience aussi dans l’opinion, désireuse de voir se dessiner ce qui pourrait s’avérer comme le visage de l’après-Biya. Preuve de cette impatience, un individu, depuis aux arrêts, a tenté le 12 juin dernier de faire lire sur les ondes de la radio nationale un faux décret nommant ce vice-président. RFI
Niger : les images d’une éruption de pétrole qui provoque l’inquiétude
Des images diffusées dans le journal du soir montrent du pétrole brut jaillir, tandis qu’une marée noire ruisselle sur des centaines de mètres. Cette éruption de pétrole brut et de gaz, en cours depuis plus de deux semaines, provoque l’inquiétude au Niger. Selon le communiqué du ministère du pétrole lu à la télévision nationale, lundi 12 octobre, il s’agit d’un « incident environnemental d’une gravité exceptionnelle (…) caractérisée par la projection d’importantes quantités de pétrole brut et de gaz à plus de dix mètres de hauteur ». Cet incident, le premier du genre dans le pays, s’est produit au niveau du puits de Goumeri W8 sur le bloc pétrolier d’Agadem, qui se trouve à environ 1 700 kilomètres de Niamey. Selon le ministère, l’éruption survenue le 25 septembre n’a fait aucun mort, mais deux employés ont été hospitalisés et pris en charge à la suite de blessures. Le Monde
Somalie: la présidentielle aura lieu le 15 mai 2027, annonce la Commission électorale
La Somalie a annoncé ce 15 octobre 2026 que des élections législatives et présidentielles se tiendront l’année prochaine, malgré un paysage politique de plus en plus fragmenté et des inquiétudes face à une instabilité croissante. La Commission électorale a indiqué dans un communiqué que les élections législatives auront lieu le 15 avril, tandis que le scrutin présidentiel est prévu pour le 15 mai. RFI
Egypte : Al-Sissi rejette une réforme de la constitution
Le président, égyptien Abdel Fattah Al-Sissi, a affirmé, mercredi 14 octobre, que la Constitution ne serait pas modifiée, en réaction à des rumeurs et à une campagne de désinformation visant, selon lui, à attiser l’agitation et à déstabiliser le pays. « L’Egypte a une Constitution approuvée par son peuple, et personne n’y touchera », a dit le chef de l’Etat égyptien lors du 44e symposium culturel des forces armées, organisé à l’occasion du 53e anniversaire de la victoire de la guerre d’Octobre. Al-Sissi a mis en garde contre les tentatives de manipulation de l’opinion. Les rumeurs, les efforts pour fausser la perception du public et les tentatives d’enflammer l’opinion, observés ces derniers mois, visent selon lui à saper la stabilité du pays. Ces déclarations interviennent alors que circulent sur les réseaux sociaux des spéculations selon lesquelles la Constitution pourrait être amendée afin de consolider le pouvoir et de permettre au président de rester en fonction au-delà de son mandat actuel, qui doit s’achever en 2030. Aux termes de l’article 140 de la Constitution de 2014, amendée en 2019 portant le mandat de quatre à six ans, le président ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs de six ans. APA
Agriculture et IA : le Rwanda, le Ghana et le Maroc montrent la voie
À l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation, le Rwanda, le Ghana et le Maroc misent sur l’intelligence artificielle pour stimuler la production agricole et renforcer la sécurité alimentaire. L’intelligence artificielle est de plus en plus utilisée en Afrique pour améliorer la production agricole et renforcer la sécurité alimentaire. Au Rwanda, l’assistant vocal Tunga aide les agriculteurs à obtenir des conseils dans les langues localessur les semis, la météo ou les engrais, avec des résultats prometteurs sur les rendements. D’autres pays adoptent également ces technologies. Au Ghana et au Kenya, l’IA, les drones et les applications mobiles permettent de détecter rapidement les maladies et les parasites qui menacent les cultures, même dans les zones sans connexion internet. Au Nigeria et au Maroc, des systèmes combinant intelligence artificielle et données satellitaires servent à surveiller les cultures et à anticiper les risques alimentaires. Selon les experts, le succès de ces initiatives repose avant tout sur des outils simples, accessibles et adaptés aux besoins réels des agriculteurs. DW
