Revue de Presse du 15 mars 2016

Terrorisme : Aqmi menace à nouveau les Africains alliés de la France
Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a de nouveau menacé la France et ses alliés lundi soir dans un communiqué. L’organisation, qui a revendiqué l’attaque de Grand-Bassam dimanche, a déclaré vouloir continuer à attaquer tous les États impliqués dans les opérations anti-terroristes au Sahel. Al-Qaïda au Maghreb islamique a expliqué lundi 14 mars, dans un communiqué publié sur le centre de surveillance des sites internet islamistes (SITE), que l’attaque de Grand-Bassam, en Côte d’Ivoire, dimanche 13 mars, faisait partie « d’un plan visant les foyers des Croisés et leurs lieux de rassemblement ». Aqmi ajoute qu’elle visera encore, la France « et ses intérêts dans les pays participant dans les opérations Serval et Barkhane ». Barkhane, qui a succédé en août 2014 à Serval, lancée en janvier 2013, mobilise environ 3 500 militaires en Mauritanie, au Mali, au Niger, au Tchad et au Burkina Faso. Jeune Afrique

Côte d’Ivoire : un deuil national de trois jours pour les 18 victimes de l’attaque de Grand-Bassam
Au lendemain de l’attaque terroriste de Grand-Bassam, le président ivoirien a décrété un deuil national de trois jours. Des dispositifs pour renforcer la sécurité autour des lieux publics et sensibles ont également été communiqués à la sortie d’un conseil des ministres extraordinaire. Le point sur les annonces. Un nouveau bilan a été annoncé par les autorités ivoiriennes, faisant état de 15 civils et de trois membres des forces de sécurité tués à Grand-Bassam. On déplore également 33 blessés, dont 26 sont encore pris en charge, a précisé le gouvernement. Par ailleurs, trois terroristes ont été abattus, a ajouté le ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko « après vérification de l’identité des défunts ». Depuis hier soir, le chiffre de six assaillants tués circulait. Le procureur de la République devrait préciser l’identité des victimes dans les heures à venir. Jeune Afrique

Grand-Bassam : les autorités ivoiriennes promettent une sécurité renforcée
Lors d’une allocution télévisée, lundi soir, le président ivoirien, Alassane Ouattara, a tenu à rassurer ses citoyens après l’attaque terroriste à Grand-Bassam qui a fait 18 morts. La sécurité des endroits stratégiques sera renforcée. Les autorités ivoiriennes ont promis de renforcer la sécurité et de faire avancer l’enquête sur le premier attentat jihadiste en Côte d’Ivoire, qui a fait 18 morts dont quatre Français dans la station balnéaire de Grand-Bassam près d’Abidjan. Dans une allocution télévisée, le président ivoirien, Alassane Ouattara, a déclaré, lundi 14 mars, que « la Côte d’Ivoire ne se laissera pas intimider par des terroristes (…) Nous ne permettrons pas que des terroristes freinent notre marche vers l’émergence » économique, a-t-il dit. France 24

Attentat de Grand-Bassam. Mali, Burkina, Côte d’Ivoire… à qui le tour ?
L’attaque de Grand-Bassam marque une étape importante dans la stratégie de la terreur d’Aqmi. Désormais, Aqmi, au-delà de la région du Sahel majoritairement musulman, prend comme cible toute l’Afrique de l’Ouest. Courier International

Attaque à Grand-Bassam: Ouattara annonce une série de mesures sécuritaires
La Côte d’Ivoire est toujours sous le choc, après l’attaque, dimanche 13 mars, survenue dans la station balnéaire de Grand-Bassam, qui a fait au moins 18 morts et plusieurs dizaines de blessés, selon le dernier bilan officiel. L’attaque a été revendiquée par al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Les autorités ont annoncé une série de mesures pour renforcer la sécurité sur l’ensemble du territoire après la réunion, ce lundi 14 mars à Abidjan, du Conseil national de sécurité suivie d’un Conseil des ministres extraordinaire.  RFI

Côte d’Ivoire: contre l’hydre djihadiste, la mission impossible de l’armée française
Face à un ennemi souvent insaisissable, et qui s’aventure désormais jusqu’au littoral ivoirien, le dispositif Barkhane ne peut que contenir la menace. D’autant que la coordination interafricaine demeure tragiquement défaillante. Plus le temps passe, plus la liste des carnages djihadistes s’allonge, plus le bilan humain s’alourdit, plus le champ de bataille de cette guerre de l’ombre s’étend, et plus l’opération Barkhane apparaît pour ce qu’elle est: un effort sans fin et une mission impossible. L’Express

Côte d’Ivoire : « Les djihadistes privilégient une politique de contournement »
Le général Emmanuel Beth, ancien commandant de la force française Licorne en Côte d’Ivoire de 2002 à 2003 et ancien ambassadeur au Burkina Faso de 2010 à 2013, est aujourd’hui associé dans le cabinet d’intelligence économique ESL & Network. Selon lui, si « l’attentat revendiqué par AQMI était prévisible, Abidjan étant une cible de choix, il était très difficile d’identifier et donc d’empêcher un petit groupe légèrement armé de passer à l’action ». Le Monde

Côte d’Ivoire : la France et ses alliés étaient visés
L’attentat de dimanche en Côte d’Ivoire est une réponse à l’opération antidjihadiste au Sahel menée par la France, a affirmé Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) dans un communiqué publié lundi soir menaçant de nouveau Paris et ses alliés. Cette annonce intervient avant la visite mardi à Abidjan des ministres français des affaires étrangères et de l’intérieur, Jean-Marc Ayrault et Bernard Cazeneuve, après l’attaque contre la station balnéaire du Grand-Bassam qui a fait dix-huit morts dont quatre Français. L’organisation djihadiste affirme dans sa revendication qu’elle a visé, et visera encore, la France « et ses intérêts dans les pays participant dans les opérations Serval et Barkhane », selon SITE, le centre de surveillance des sites Internet islamistes. Le Monde

Ban-Ki Moon “furieux” contre la manifestation du 13 mars
Lors d’un entretien avec le ministre des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar, le secrétaire général de l’ONU a déclaré être « en colère et déçu » par les manifestations qui se sont tenues le 13 mars à Rabat selon l’agence de presse Reuters. Le patron de l’ONU a également déclaré que ces manifestations sont « un manque de respect envers lui et envers l’ONU ». On notera néanmoins que le communiqué figurant sur le site de l’ONU indique que Ban-Ki Moon a été « étonné (astonished en anglais, ndlr) » par ce mouvement. Ces manifestations ont, pour rappel, rassemblé trois millions de personnes selon l’agence officielle MAP et plusieurs centaines de milliers selon l’AFP et d’autres agences de presse. TelQuel

Algérie : un chef djihadiste tué
C’est une localité située à une centaine de kilomètres à l’ouest d’Alger. Et Mouloud Baal, alias Abou El Moundhir a rejoint les maquis islamistes en 1992. C’était au début de la guerre civile d’Algerie. Une guerre qui a ensanglanté le pays : deux cent mille morts en dix ans, une decennie noire gravée sur la mémoire des Algériens. Abou El Moundhir , 43 ans, a été tué dimanche dans une opération de l’armée au lieu dit Oued-Sebt. C’est dans cette localité que son groupe a posé une bombe contre un convoi de la gendarmerie algérienne, il y a deux semaines, a précisé une source sécuritaire. Un fusil d’assaut Kalachnikov et une quantité de munitions ont été récupérés dans son fief, selon un communiqué du ministère de la Défense. BBC

Burundi: nouvelles arrestations de militants d’opposition
Au Burundi, la répression contre l’opposition est toujours forte. La semaine dernière, l’opposant Hugo Haramategeko a disparu, mais les forces de police nient leur implication. Et ce week-end, seize membres du FNL, un autre parti d’opposition, ont été arrêtés pour réunion illégale. La réunion se tenait dans la commune de Busoni, dans la province de Kirundo dans le nord du Burundi. Quinze hommes et une femme étaient présents, des militants du FNL, un parti d’opposition burundais non reconnu par le pouvoir. RFI

Appel au dialogue avec les djihadistes maliens
L’amenokal Mohammed Ag Intalla appelle à la recherche d’une solution contre le djihadisme au Mali et pour ce faire, selon lui, il faut un dialogue. Il a déclaré qu’il faut engager des discussions avec les djihadistes maliens. En retour, ils vont aider le Mali à se débarrasser de djihadistes venus d’ailleurs. M. Ag Intalla, par ailleurs député du parti au pouvoir à l’Assemblée nationale a ajouté que «les Américains ont été obligés de parler discrètement avec les talibans Afghans et que les Algériens ont discuté avec leurs islamistes. Pour avoir la paix définitive, il faut parler avec les djihadistes maliens, leur dire que ce qu’ils font n’a rien à voir avec l’islam ». VOA

Boko Haram perd du terrain, mais la production alimentaire aussi
Au Nigeria, la guerre contre Boko Haram tourne enfin en faveur du gouvernement, mais il faudra bien plus de temps pour remettre sur pied la production alimentaire dans le nord-est du pays. Il en va de même au Cameroun voisin, qui a lui aussi pâti de la violence. Selon le Réseau de systèmes d’alerte précoce contre la famine (FEWS NET), le conflit a poussé les agriculteurs, effrayés, à fuir leurs terres. Il a également entraîné la fermeture des routes et des marchés, ce qui s’est traduit par une hausse des prix des denrées alimentaires, et a réduit les sources de revenus. IRIN

Madagascar: Ravalomanana et Rajoelina – Même ambition, deux intérêts politiques
Les deux principaux protagonistes de la crise de 2009 se retrouveraient en 2018. Les deux envisagent de reconquérir le Pouvoir, mais ils n’ont pas la même chance et ne défendent pas les mêmes intérêts politiques. Si le « Ni… Ni… » ne sera pas imposé par la communauté internationale en 2018, l’actuel président de la République aura deux adversaires potentiels et redoutables : Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina. D’ailleurs, ces deux derniers, le premier ayant été chassé au pouvoir par le second en 2009, ont la même ambition : reconquérir le pouvoir. Et ils ne le cachent pas. L’ancien président de la Transition Andry Rajoelina y a fait allusion lors d’une réception de présentation de vœux qu’il a offerte à ses vrais « namana » (amis) chez lui à Ambohimangakely. Il a d’ailleurs toujours le Mapar comme machine électorale derrière lui. Lors des dernières Communales, cette plate-forme a encore démontré sa force en remportant deux chefs-lieux de province. Quant à Marc Ravalomanana, ses gestes et déclarations laissent conclure que l’homme a la nostalgie du pouvoir. allAfrica

Libye. Le gouvernement d’union autoproclame sa légitimité
Sans attendre l’approbation des deux Parlements ennemis, le Conseil présidentiel a annoncé le 12 mars l’entrée en fonction du gouvernement d’union nationale. Il a demandé à la communauté internationale de le considérer comme son seul interlocuteur. Courier International

Sierra Leone : le président Koroma remanie le gouvernement, 13 ministères concernés
Le président sierra-léonais Ernest Bai Koroma a procédé lundi à un remaniement de son gouvernement, marqué par le remplacement de 13 ministres au total, dont ceux de l’Intérieur, des Finances, de la Communication et du Tourisme, selon un communiqué officiel. Aucune explication n’a été fournie de source officielle à ces changements, qui interviennent alors que son régime, au pouvoir depuis 2007, semble confronté, selon plusieurs observateurs, à une baisse de soutien au sein de l’opinion publique. Selon le communiqué diffusé par le gouvernement, Palo Conteh, précédemment ministre de la Défense, devient ministre de l’Intérieur en remplacement de Joseph Dauda, qui quitte l’équipe. Momodou Kargbo, qui était gouverneur de la Banque centrale de Sierra Leone, est nommé ministre des Finances et du Développement économique, en remplacement de Kaifala Marah.Ce dernier récupère le fauteuil de chef de la Banque centrale. Africa No1

Troubles au Burundi: l’UE suspend son aide directe au gouvernement
L’Union européenne a officiellement suspendu lundi son aide directe au régime du président Pierre Nkurunziza en réponse aux violences qui secouent le Burundi et pour pousser les autorités au dialogue avec l’opposition, a-t-elle annoncé dans un communiqué. L’UE a « suspendu les appuis financiers directs fournis à l’administration burundaise, y compris les appuis budgétaires, mais maintient intégralement son soutien financier à la population et son aide humanitaire », selon ce communiqué. Avec une aide globale de quelque 430 millions d’euros pour la période 2015-2020, l’UE est le premier donateur du Burundi.  BFMTV

Ethiopie: le Conseil national des droits de l’Homme dénonce des exécutions extrajudiciaires
Le Conseil éthiopien des droits de l’Homme a accusé lundi les autorités éthiopiennes d’avoir recouru aux exécutions extrajudiciaires et à la torture pour réprimer les manifestations antigouvernementales déclenchées en novembre 2015 dans la région de l’Oromia. « La plupart (des victimes) ont été tuées d’une balle dans le dos ou dans la tête », écrit le Conseil dans un rapport publié lundi, qui a recensé 102 exécutions extrajudiciaires entre le 2 décembre et le 20 janvier, et évoque aussi des dizaines de cas de tortures, de détentions illégales et de disparitions forcées. Les victimes avaient « entre 12 et 68 ans, et beaucoup des meurtres n’ont pas eu lieu pendant les manifestations », souligne ce rapport, qui note qu’au moins 56 personnes ont été blessées et 22 torturées, et fournit leurs photos d’identité. TV5

Les enjeux de la visite de Mohammed VI en Russie
Mohammed VI a entamé le 13 mars une visite officielle en Russie. Cette visite est très attendue puisqu’elle était initialement prévue en 2014 puis promise par les officiels en 2015. Neuf ministres ont fait le déplacement en compagnie du souverain. Il faut dire que la Russie est un partenaire stratégique, aussi bien économiquement que politiquement. Les relations commerciales entre les deux pays ont progressé ces dernières années et, le volume des échanges s’est établi à 2,5 milliards de dollars en 2015. Mais la balance commerciale reste largement déficitaire pour le Maroc puisque, pour schématiser, le royaume achète de l’énergie et vend des clémentines. La Russie exporte vers le Maroc : pétrole (60%), fer, soufre, engrais et produits chimiques. A ce titre, le ministre marocain de l’Énergie, Abdelkader Amara, accompagne Mohammed VI à Moscou. TelQuel



Photo: Adam Jones