Mali : Kidal, sous contrôle rebelle, visée par plusieurs frappes de l’armée malienne
Au moins quatre frappes aériennes ont été menées dans la nuit de mercredi à jeudi, causant des dégâts matériels, a décrit jeudi un témoin à Kidal ayant requis l’anonymat. Une frappe a détruit une maison près d’un ancien marché de la ville, et une autre a créé un cratère à l’intérieur de la vaste cour du gouvernorat de Kidal, reprise les 25 et 26 avril par le Front de libération de l’Azawad (FLA) allié au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), la branche sahélienne d’Al-Qaïda dirigée par Iyad Ag Ghaly. … La rébellion a annoncé son intention de conquérir les grandes villes du nord du Mali. L’Azawad, tel que revendiqué par le FLA, désigne un vaste territoire situé dans le nord du Mali qui correspond aux régions administratives de Kidal, Gao, Ménaka et Tombouctou. Les Touareg mènent depuis des décennies des luttes armées contre leur « marginalisation », en particulier autour de la ville clef de Kidal. Jeune Afrique avec AFP
UA : rencontre à Addis-Abeba autour de la crise malienne
L’Union africaine (UA) a annoncé une rencontre entre le président de sa Commission et le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, consacrée à la situation politique et sécuritaire au Mali ainsi qu’aux évolutions régionales dans le Sahel. Selon la communication officielle de l’organisation continentale, les échanges ont porté sur les développements survenus au Mali après les attaques coordonnées du 25 avril 2026 menées conjointement par le JNIM et le FLA contre plusieurs localités maliennes. Ces offensives ont notamment entraîné la mort du ministre malien de la Défense, Sadio Camara, et permis aux groupes rebelles de reprendre la ville de Kidal, perdue en novembre 2023. À cette occasion, le président de la Commission a réaffirmé la « pleine solidarité » de l’Union africaine envers Bamako. Les deux parties ont convenu de poursuivre les consultations afin d’accompagner les autorités maliennes dans les efforts de stabilisation institutionnelle, de consolidation de la gouvernance et de relance du développement, conformément aux objectifs de l’Agenda 2063. Le même jour, la Commission de l’UA a également annoncé une rencontre entre son président et Mamadou Tangara, Haut représentant de l’UA pour le Mali et le Sahel, consacrée aux récentes dynamiques régionales au Sahel. Le président de la Commission a salué les initiatives diplomatiques du Haut représentant et l’a encouragé à poursuivre les efforts de dialogue et d’accompagnement des États sahéliens en faveur de la stabilité, de la paix et du développement durable. APA
Nigéria : opérations contre Boko Haram et Lakurawa
Les troupes nigérianes ont conduit des opérations coordonnées dans plusieurs zones du pays, enregistrant des résultats contre Boko Haram/ISWAP dans le Nord-Est et contre des groupes armés, dont Lakurawa, dans le Nord-Ouest. Dans le Nord-Est, l’opération HADIN KAI, selon un communiqué de l’armée parvenu à APA, a permis la libération de six otages dans la zone des monts Mandara, sur l’axe Amuda-Gava. Les civils, originaires de la communauté de Ngoshe et retenus par des éléments de Boko Haram/ISWAP, ont été secourus puis pris en charge médicalement avant d’être remis à leurs familles. Les autorités militaires indiquent que soixante personnes ont été libérées depuis l’attaque de Ngoshe en mars 2026. … Dans le Nord-Ouest, les troupes du Secteur 2 de l’opération FANSAN YAMMA ont neutralisé des membres du groupe Lakurawa lors d’une intervention à Sokoto, après une tentative d’attaque contre une installation du Service nigérian de l’immigration à Ruwa Wiri, dans la zone de Tangaza. Deux assaillants ont été tués et des armes, munitions et une motocyclette ont été récupérées. À Katsina, dans la zone de Jibia, 62 têtes de bétail volées ont été récupérées après un affrontement avec des hommes armés. Les autorités militaires affirment poursuivre les opérations de sécurisation et de démantèlement des réseaux armés sur l’ensemble des zones concernées. APA
Cameroun: la peur constante de Boko Haram
[Vidéo] Dans le nord du Cameroun, plus de 4 000 personnes déplacées par les attaques de Boko Haram attendent toujours de pouvoir rentrer chez elles. 10 ans après avoir fui leurs villages, entre espoir de retour et peur persistante des enlèvements, le chemin vers la reconstruction reste semé d’embûches. TV5 Monde
Succès Masra, «enfermé injustement et souffrant, a besoin d’une prise en charge médicale», alerte sa sœur
Au Tchad, voilà un an que l’opposant Succès Masra est en prison. À la suite de son arrestation, l’ancien Premier ministre a été condamné à vingt ans de prison pour avoir diffusé en 2023 un message qui, selon le tribunal, aurait provoqué, deux ans plus tard, de graves violences intercommunautaires dans le sud du Tchad. … Depuis un an, de nombreuses voix s’expriment en sa faveur. Parmi elles, il y a sa sœur, Chancelle Masra, qui vit en France. RFI : Avez-vous des nouvelles de votre frère ? Chancelle Masra : J’ai eu des nouvelles. Il est toujours enfermé injustement et toujours souffrant. Cela a été déclaré officiellement. Il a besoin d’une prise en charge médicale qui n’existe pas sur le plateau tchadien. Il est toujours enfermé, sans preuve, sans témoignage. Il est clair qu’il s’agit d’une injustice. … Il est détenu dans un endroit où il y a des militaires, dans lequel il est enfermé dans une pièce de même pas quinze mètres carrés où il ne voit pas la lumière du jour depuis le 16 mai 2025. … Une chose est sûre, c’est que nous parlons aujourd’hui d’un innocent. Juridiquement parlant, le dossier est vide. Il n’y a pas de fait, il n’y a pas de preuve, il n’y a pas de témoignage pour attester qu’il y aurait une quelconque implication de quelqu’un qui – je le rappelle, depuis 2018 où il a créé son parti politique – n’a prôné que le dialogue, jamais la violence envers qui que ce soit. Vous avez vu l’ensemble des marches qu’il a organisées depuis 2018. C’est quelqu’un qui a accepté également de signer, dans un contexte tendu, un accord de paix et de dialogue avec le gouvernement [en 2023], qui a accepté d’être Premier ministre sans prendre un seul sou parce qu’il a renoncé à l’entièreté de son salaire. … Succès Masra, ce n’est pas quelqu’un qui va aller inciter les gens à la haine. Il a démontré le fait qu’il est quelqu’un de pacifique. Enfermer quelqu’un de non-violent ne permettra absolument pas de résorber les tensions. RFI
Madagascar : un député emblématique demande la destitution du colonel Randrianirina
Le député malgache Antoine Rajerison, en première ligne des manifestations ayant participé au renversement du président Andry Rajoelina en octobre, a saisi la plus haute cour de Madagascar pour demander la destitution du colonel Michaël Randrianirina, a-t-il annoncé jeudi 14 mai. L’optimisme prudent de la Gen Z descendue dans la rue vis-à-vis de la junte a laissé place à une critique de sa lenteur à réformer le pays et à lutter contre la corruption. Le pouvoir leur a répondu par des arrestations, dénoncées par l’ONG Amnesty International comme l’instauration d’un « climat de peur ». Député de la province d’Antananarivo, Antoine Rajerison a donc demandé à la Haute Cour constitutionnelle de « constater et prononcer la défaillance de l’autorité militaire incarnée par le colonel Michaël Randrianirina », selon le texte de sa saisine partagée auprès de l’AFP. … Dans sa requête, Antoine Rajerison l’accuse d’avoir « commis plusieurs violations graves et répétées de la Constitution ». « Des éléments des forces de l’ordre et des forces de police font des arrestations et des détentions arbitraires », estime-t-il en référence à l’interpellation le mois dernier de plusieurs militants de la mouvance contestataire Gen Z. Jeune Afrique avec AFP
En RDC, une nouvelle épidémie d’Ebola fait quatre morts dans l’est du pays
Une épidémie d’Ebola est déclarée dans la province de l’Ituri, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), a annoncé, vendredi 15 mai, l’Africa CDC, l’agence sanitaire de l’Union africaine (UA), à Addis-Abeba. Pour l’heure, quatre morts ont été attribuées au virus en laboratoire et 246 cas suspects, dont 65 mortels, ont été recensés, selon l’Africa CDC. Le virus Ebola est souvent mortel malgré de récents vaccins et traitements. Cette fièvre hémorragique hautement contagieuse a fait 15 000 morts en Afrique au cours des cinquante dernières années. L’épidémie d’Ebola la plus meurtrière en RDC, survenue entre 2018 et 2020, avait fait près de 2 300 morts pour 3 500 malades. L’agence sanitaire de l’UA explique suivre de près la situation. Elle organise vendredi « une réunion de coordination urgente de haut niveau avec la RDC, l’Ouganda, le Soudan du Sud et des partenaires internationaux, afin de renforcer la surveillance transfrontalière, la préparation et les efforts de lutte contre l’épidémie ». Le Monde avec AFP
Dans l’est de la RDC, les civils, victimes de la guerre des drones
L’est de la République démocratique du Congo (RDC) est en proie à des violences depuis plus de 30 ans. Les combats se sont intensifiées début 2025 avec la prise, par le groupe armé antigouvernemental M23 soutenu par le Rwanda et son armée, des grandes villes de Goma et Bukavu, face à des forces armées congolaises dépassées. La semaine dernière, une attaque de drone a blessé au moins 25 civils à Mushaki, une localité agricole à une quarantaine de kilomètres de Goma et située en zone M23, selon des sources humanitaires. Les victimes ont été transportées à l’hôpital Ndosho de Goma, soutenu par la Croix rouge internationale (CICR). Parmi eux, une fillette de deux ans. Selon les témoignages de blessés recueillis par l’AFP, l’attaque a visé un marché. Les récits se ressemblent: des habitants loin de la ligne de front vaquant à leurs occupations quotidiennes, le souffle d' »une explosion » et la stupeur. … [C]es derniers mois, les drones ont pris une place grandissante dans le conflit. L’armée congolaise, longtemps surpassée dans les opérations terrestres, a fait l’acquisition de drones d’attaque turcs et chinois pour bombarder les positions du M23 dans l’est. Le M23 fait également usage de drones, et a notamment ciblé l’aéroport de Kisangani (est), d’où décollent les aéronefs militaires des forces de Kinshasa. AFP
Sénégal: en Casamance, des rebelles affaiblis mais la paix minée par le cannabis
Des soldats et des gendarmes sénégalais, appuyés par des chiens renifleurs, détruisent des champs de cannabis en Casamance début mai: cette opération est le dernier épisode d’un des conflits les plus vieux d’Afrique, latent depuis 43 ans dans le sud du Sénégal, malgré une rébellion indépendantiste largement affaiblie. L’opération militaire a été menée près de la frontière gambienne où sont basés des rebelles du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), en lutte depuis décembre 1982 pour l’indépendance de cette région séparée d’une partie du Sénégal par la Gambie. Elle a été menée « sans difficultés majeures » avec 14 interpellations, une saisie d’armes de guerre et plus de six tonnes de cannabis, a dit à la presse le colonel Cheikh Guèye, chef de l’armée dans la région de Ziguinchor, une des trois formant la Casamance et épicentre de ce conflit de basse intensité ayant fait des milliers de victimes. … Après avoir fait subir des pertes à l’armée, le MFDC « est aujourd’hui fortement affaibli. Il n’a plus que des troupes résiduelles, ne recrute plus et est confronté au vieillissement de ses combattants » alors que l’armée s’est renforcée en hommes et en équipements, affirme à l’AFP un expert du dossier qui, comme la majorité des interlocuteurs de l’AFP sur ce sujet, a requis l’anonymat en raison de la sensibilité du dossier. En outre, cette rébellion fait face à « une forte division de ses factions politiques et militaires » et « un problème d’approvisionnement en armes et en munitions » depuis que la Gambie et la Guinée-Bissau voisines, ses zones de repli, coopèrent avec Dakar pour la paix, dit cette source. … Le cannabis « permet aux bandes armées d’avoir des ressources importantes pour financer leurs activités » et l’opération menée début mai avait pour « objectif de frapper le coeur de (leur) économie criminelle et de guerre », selon le colonel Guèye. AFP
Afrique du Sud : Jacob Zuma de retour devant la justice
L’ex-chef de l’État Jacob Zuma (2009 – 2018), âgé de 84 ans, doit répondre de seize chefs d’accusation de fraude, corruption et racket liés à l’achat, en 1999, de matériel militaire auprès de cinq sociétés d’armement européennes alors qu’il était vice-président. Il est accusé d’avoir empoché plus de quatre millions de rands (environ 600 000 dollars au taux de l’époque, 513 000 euros), notamment du groupe français Thales, qui était une des entreprises attributaires du juteux contrat d’une valeur globale avoisinant 2,8 milliards d’euros. … Le géant français de la défense est également poursuivi pour corruption et blanchiment. Jacob Zuma, comme Thales, ont toujours nié ces accusations. … Élu une première fois président en 2009, l’ancien pilier du Congrès national africain (ANC) avait été poussé à la démission en 2018 par son propre camp avant la fin de son second mandat après une série de scandales. … En 2021, il avait été condamné à quinze mois de prison pour avoir obstinément refusé de témoigner devant une commission d’enquête sur la corruption rampante au cours de ses neuf années au pouvoir. Jeune Afrique avec AFP
