Revue de presse du 15 juillet 2026

L’Union européenne interdit l’importation et le commerce d’or en provenance du Soudan
L’interdiction de l’importation et du commerce d’or provenant du Soudan a été annoncée lundi 13 juillet 2026 pour tenter de limiter les sources de financement du conflit soudanais. Un conflit qui oppose depuis plus de trois ans l’armée régulière aux forces paramilitaires. Cette mesure de l’Union européenne interdit également la vente et le transfert de mercure et de cyanure vers le Soudan, des produits utilisés dans l’exploitation de l’or. Le Soudan est l’un des plus gros producteurs d’or du continent. Et ses réserves sont une importante source de revenu pour les deux belligérants. Les forces paramilitaires contrôlent les mines d’or des régions du Darfour et du Kordofan, l’armée soudanaise celles à l’est et au nord. En 2024, pour 31 tonnes d’or exportées légalement, les experts estiment que 40 tonnes sortaient clandestinement du pays. L’or transite principalement par les pays voisins – l’Égypte, le Tchad et la Libye – avant d’atteindre Dubaï aux Émirats arabes unis, plaque tournante mondiale du raffinage et du commerce de l’or. … De plus, 90% de l’or exporté du Soudan transitent par Dubaï, où il n’existe aucun mécanisme de traçabilité pour ce métal précieux. Même les petites quantités d’or achetées par les États membres de l’UE ne peuvent être retracées jusqu’au Soudan. RFI

Mali: les jihadistes du Jnim commettent un nouvel assassinat ciblé à Tonka, région de Tombouctou
C’est le quatrième assassinat ciblé en un peu plus de huit mois attribué au Jnim dans la ville de Tonka au Mali. Abdoulaye Tandina, un responsable de la corporation des bouchers de cette localité de la région de Tombouctou, a été exécuté lundi en fin de journée. Ses proches sont sous le choc et ne s’expliquent pas que cette figure bien connue de la ville ait été visée par les jihadistes. Abdoulaye Tandina était son nom, mais les habitants de Tonka l’appelaient plus affectueusement Badou « Wayé », « le boucher » en songhaï, ou Abba, surnom que lui donnaient les enfants avec qui il était particulièrement attentionné, selon l’hommage que lui a rendu l’un de ses proches. Au crépuscule du soir, lundi, des hommes armés viennent le chercher sur la place du marché, où il vend sa viande, puis l’exécutent un peu plus loin, au bord de la route. Issu d’une famille de bouchers de Tombouctou, Abdoulaye Tandina était installé à Tonka depuis au moins une quarantaine d’années, selon un ami de longue date. Il y était même devenu le chef des bouchers de la ville – fonction qu’il n’occupait plus, selon certains. Sa fille, qui tient un commerce à Tombouctou, est « inconsolable », décrit un proche avec compassion. En un peu plus de huit mois, Abdoulaye Tandina est la quatrième victime d’un assassinat ciblé à Tonka. Fin mars, un responsable de l’association des jeunes de la commune et, en juin, un maître coranique ont également été tués par les jihadistes. En novembre 2025, l’exécution publique de Mariam Cissé, jeune tiktokeuse qui affichait son soutien à l’armée malienne, avait bouleversé le pays. RFI

L’ONU tire la sonnette d’alarme sur la sécurité en Afrique de l’Ouest et au Sahel
La situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest et au Sahel était au cœur des échanges lors de la rencontre du conseil de sécurité de l’ONU, ce mardi 14 juillet. Le chef du Bureau des Nations Unies pour cette région a présenté le dernier rapport sur la situation actuelle. « La menace posée par les groupes terroristes et autres groupes armés non étatiques reste grave, en particulier dans le centre du Sahel et le nord du Nigeria, et s’étend rapidement aux États côtiers du golfe de Guinée. Ces groupes adaptent leurs tactiques et recourent de plus en plus à des technologies de pointe, telles que les drones, les moyens de communication et les cryptomonnaies », a-t-il indiqué. Leonardo Santos Simão a aussi abordé la question du regain d’élan en faveur du dialogue et de la coopération ; ainsi que les avancées démocratiques observées dans la région. Il a mis en avant le rôle croissant de l’Union africaine pour favoriser le dialogue, rapprocher les parties et garantir la cohérence stratégique. Africanews avec AFP

Burkina-Bénin : patrouilles conjointes pour renforcer la sécurité
Les armées burkinabè et béninoise ont lancé des patrouilles conjointes dans la zone frontalière de Koualou, marquant une nouvelle étape dans le renforcement de leur coopération sécuritaire face à la menace des groupes armés. Un convoi des Forces combattantes du Burkina Faso a été aperçu dans la localité frontalière de Koualou, selon une vidéo diffusée par le média béninois Le Potentiel et relayée par le média en ligne Burkina Yawana. Les images montrent des véhicules militaires burkinabè progressant dans la zone, accueillis par des salutations de soldats béninois, dans une séquence présentée comme le début de patrouilles conjointes entre les forces des deux pays. Cette initiative intervient quelques semaines après la visite d’amitié et de travail du président béninois Romuald Wadagni à Ouagadougou, le 2 juin 2026. À l’issue de ses échanges avec le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, les deux chefs d’État avaient réaffirmé leur engagement à renforcer la coopération militaire, le partage de renseignements et la coordination des actions contre les groupes armés opérant dans les zones frontalières. Située à la frontière entre le Burkina Faso et le Bénin, la zone de Koualou est considérée comme un secteur stratégique dans la lutte contre l’insécurité transfrontalière. Les patrouilles conjointes visent à améliorer la coordination opérationnelle entre les deux armées et à renforcer la sécurisation des principaux axes reliant le nord du Bénin à l’est du Burkina Faso. APA

Burkina: deux responsables de la délégation de l’Union européenne à Ouagadougou déclarés persona non grata
Nouvelle escalade dans la crise diplomatique entre le Burkina Faso et l’Union européenne : deux responsables de la délégation de l’UE à Ouagadougou ont été déclarés persona non grata, selon l’Agence d’information du Burkina (AIB). D’après les informations de RFI, la décision leur a été notifiée le 14 juillet. Les autorités burkinabè leur ont donnés 72 heures pour quitter le pays. Pour l’heure, aucune explication officielle. Mais cette décision s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes avec Bruxelles et la France. … Pour l’heure, pas d’explication officielle ni de réaction du côté de l’UE. Mais cette décision s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes avec Bruxelles et Paris, depuis que le Parlement européen a adopté en juin une résolution jugée « hostile » par Ouagadougou. Le texte, porté par un eurodéputé français, dénonçait la « répression de l’espace civique et des libertés fondamentales au Burkina Faso », et appelait à des enquêtes indépendantes sur les allégations de « violations des droits humains ». Quelques jours plus tard, le 22 juin, le ministre burkinabè des Affaires étrangères avait convoqué le chef de la délégation de l’UE pour protester. Et, dans la foulée, Ouagadougou avait aussi annoncé rompre ses relations diplomatiques avec la France. Quant à l’envoyé spécial de l’UE pour le Sahel, alors en visite dans le pays, il avait vu ses rendez-vous avec les autorités annulés. RFI

Génocide des Tutsis au Rwanda: trente ans de prison requis en appel contre le médecin Eugène Rwamucyo
Après six semaines de débats, l’avocate générale a requis, ce 15 juillet 2026 à Paris, 30 années de réclusion criminelle contre Eugène Rwamucyo, durant le procès de ce médecin rwandais condamné en première instance à 27 ans de prison pour complicité de génocide contre les Tutsis en 1994 au Rwanda. Le verdict est attendu le 17 juillet. … [L’avocate générale, Aude Duret,] demande à la cour d’appel de Paris de considérer ce médecin comme coupable de génocide en tant qu’auteur et en tant que complice. Et coupable de crime contre l’humanité en tant que complice. L’avocate a rappelé méthodiquement tous les éléments mis en avant durant les six semaines de débats qui, selon elle, prouve la culpabilité de l’accusé. Elle a décrit l’accusé comme un fonctionnaire zélé qui adhérait à la logique génocidaire du gouvernement du Rwanda de l’époque et cela en pleine conscience. Elle a rappelé les éléments présentés lors des débats, les témoignages et les documents qui permettent, selon elle, d’établir qu’il était notamment très proche des membres de la Coalition pour la défense de la République, parti extrémiste aux discours raciste et ethniciste dirigés contre les Tutsis. RFI

Afrique du Sud: la justice ajourne encore l’examen de l’extradition de Kemi Seba
En Afrique du Sud, l’affaire Kemi Seba de nouveau reportée. Ce 14 juillet devait voir débuter l’examen de la demande d’extradition du Bénin, or celle-ci vient seulement d’être formellement déposée à l’ambassade d’Afrique du Sud à Cotonou. L’influenceur anti-occidental reste donc en prison jusqu’à nouvel ordre. C’est après une très courte audience que la justice sud-africaine a décidé de reporter l’examen du dossier, dans l’attente des éléments de la demande d’extradition officielle déposée par le Bénin. … Deux mandats d’arrêt visaient Kemi Seba : l’un émis en juin 2025, le second en décembre de la même année. Le 7 décembre 2025 en effet, jour de la tentative de coup d’État, plusieurs de ses vidéos ont circulé sur les réseaux sociaux, qui, selon les autorités, n’étaient rien d’autre qu’une approbation et un soutien aux putschistes et au coup manqué. Des faits d’incitation à la haine, à la violence, à la rébellion, de blanchiment de capitaux et de cyberharcèlement lui sont également reprochés. La demande devrait contenir les preuves de ces accusations, mais la démarche, restée très confidentielle, ne permet pas de savoir si elles ont été fournies, ni sous quelle forme. Autre point sensible : la garantie d’un procès équitable en cas de transfert de Kemi Seba à Cotonou. Ce dernier a toujours décrié les institutions béninoises. La suite se jouera désormais devant les juridictions sud-africaines. Un spécialiste confie que la procédure pourrait durer des mois. RFI

Abandon des poursuites pour trahison contre l’ex-président de Sierra Leone
La Sierra Leone a abandonné les poursuites pour trahison contre l’ancien président Ernest Bai Koroma pour son rôle présumé dans ce que les autorités avaient qualifié de tentative de coup d’Etat en 2023, ont annoncé mardi les autorités judiciaires. Ernest Bai Koroma, qui a dirigé ce pays d’Afrique de l’Ouest de 2007 à 2018, avait été inculpé de trahison et d’autres infractions en janvier 2024. Il s’était rendu au Nigeria quelques jours plus tard après avoir obtenu l’autorisation des autorités judiciaires d’y passer un maximum de trois mois pour un traitement médical, mais il n’est jamais revenu dans son pays. Un communiqué du Bureau du procureur général et ministre de la Justice, mardi, a indiqué qu’il avait « déposé un avis de cessation des poursuites pénales » contre M. Koroma. L’ex-président « est donc libre de retourner en Sierra Leone à l’issue de son traitement médical ou à tout moment de son choix », est-il précisé dans le texte. Aucune explication n’a été donnée sur l’abandon des charges, mais des observateurs politiques estiment que le gouvernement cherche à promouvoir l’unité nationale. En novembre 2023, des hommes armés avaient pris d’assaut un arsenal militaire, deux casernes, deux prisons et deux commissariats de police, se heurtant aux forces de sécurité. AFP

Le Forum africain de l’eau s’ouvre à N’Djaména
Plusieurs dirigeants africains, dont les présidents béninois et congolais, ont rejoint N’Djaména pour cette rencontre consacrée à la gestion durable des ressources hydriques. Le Forum africain de l’eau a officiellement ouvert ses travaux mercredi 15 juillet à N’Djaména, réunissant plusieurs chefs d’État africains, responsables gouvernementaux, partenaires techniques et financiers autour des enjeux liés à la sécurité hydrique et à la coopération continentale. Organisé conjointement par le gouvernement tchadien et le Groupe de la Banque mondiale, le forum, prévu les 15 et 16 juillet, est placé sous le thème « De la vision à l’action ». Les participants doivent échanger sur les moyens d’accélérer les investissements dans le secteur de l’eau et de renforcer les réponses face aux défis climatiques. La capitale tchadienne a enregistré mercredi l’arrivée de nouveaux dirigeants venus prendre part aux travaux. Le président béninois Romuald Wadagni et son homologue de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, ont rejoint N’Djaména pour participer aux assises. … Pendant deux jours, les participants vont notamment débattre du financement des infrastructures hydrauliques, de l’accès universel à l’eau potable, de la gestion durable des ressources et de l’adaptation du continent aux effets du changement climatique. APA

Maroc : le journaliste franco-marocain Ali Lmrabet remis en liberté, l’enquête se poursuit
Le journaliste franco-marocain Ali Lmrabet, interpellé dimanche à son arrivée au Maroc, a été remis en liberté, mercredi 15 juillet, à l’issue de son audition, a confirmé au Monde, Laura Feliu, son épouse. Le parquet près le tribunal correctionnel de Casablanca a ordonné sa remise en liberté à l’issue de son audition, après « la consultation et l’étude de l’ensemble des pièces de la procédure » et « l’achèvement des investigations préliminaires », selon un communiqué du procureur du roi de l’agence officielle MAP, relayé par les médias. Les objets saisis en sa possession – deux ordinateurs, une clé de stockage et un téléphone – lui ont été restitués. Le parquet a toutefois décidé « de poursuivre les investigations et d’engager des expertises techniques complémentaires », précisant que « les suites judiciaires appropriées seront déterminées à l’issue de l’enquête en cours ». … Figure de la presse indépendante marocaine, connu pour ses positions critiques à l’égard des autorités, Ali Lmrabet, 66 ans, avait été interpellé dimanche à son arrivée à l’aéroport de Tanger, « sur la base de plusieurs avis de recherche précédemment émis à son encontre » liés à la publication d’une « série de contenus numériques comportant des propos diffamatoires et injurieux à l’encontre des personnes et des institutions », selon le parquet. Le Monde avec AFP