Revue de Presse du 15 juillet 2016

Le Maroc prépare à Kigali son « retour » au sein de l’Union africaine
C’est une des surprises diplomatiques dont Mohammed VI cultive le secret. La fin d’un « Afrexit » qui aura duré près de trente-deux ans. Le royaume prépare activement son « retour » au sein de l’Union africaine (UA). Après avoir quitté l’Organisation de l’unité africaine – OUA, ancêtre de l’UA – en novembre 1984, ce serait la fin d’une bouderie royale décidée par Hassan II. Le Maroc s’était retiré deux ans après l’admission de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) par l’OUA. « Le retrait de l’OUA était une erreur commise sous Hassan II et dont le Maroc continue de payer le prix », confiait récemment au Monde un bon connaisseur de la diplomatie chérifienne.  Le Monde

Après les coups d’Etat militaires, l’Union africaine à l’épreuve des coups d’Etat civils
L’ordre du jour du sommet de l’Union africaine (UA), qui doit se tenir les 16 et 17 juillet à Kigali, est très chargé. Mais il est un thème surlequel il devrait se plonger en priorité : l la question de l’alternance politique et du transfert pacifique du pouvoir. Le sommet offre aux chefs d’Etat l’occasion d’actualiser leur position. Leurs opinions publiques l’espèrent. Lors des sommets d’Alger et de Lomé, en 1999 et en 2000, ces dirigeants avaient pris des résolutions condamnant toute prise du pouvoir par des voies anti-constitutionnelles. En leur temps, ces résolutions furent saluées comme de grandes avancées démocratiques. En accord avec l’acte constitutif de l’UA, un coup d’Etat entraîne automatiquement la suspension du pays concerné des instances de l’organisation. Cela jusqu’à la restauration de l’ordre constitutionnel. Le Monde

L’armée ougandaise sur le territoire du Soudan du Sud
Le calme reste précaire au Soudan du Sud après les affrontements du week-end dernier. Il n’y a pas de combats ce 14 juillet pour la troisième journée consécutive. Mais plusieurs pays étrangers continuent l’évacuation de leurs ressortissants. Et ce jeudi matin, un convoi ougandais est entré sur le territoire du Soudan du Sud, avec pour raison officielle, l’évacuation des ressortissants ougandais. RFI

Soudan du Sud : au moins 300 morts, 42.000 déplacés par la flambée de violences, selon l’ONU
L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) estime toutefois qu’un grand nombre de personnes qui avaient fuient les combats ont pu retourner à chez eux et qu’il reste encore 12.800 déplacés. Au moins 300 personnes ont été tuées lors des récents combats dans la capitale sud-soudanaise, Juba, qui ont également déplacé quelque 42.000 personnes, a indiqué vendredi l’ONU. Les affrontements ont fait « plus de 300 morts depuis le 8 juillet », a indiqué un porte-parole de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tarik Jasarevic, lors d’un point de presse à Genève. L’ONU ne dispose en revanche pas de chiffres sur les blessés. VOA

Soudan du Sud: trêve respectée à Juba, l’armée empêche les civils de fuir en Ouganda
La capitale sud-soudanaise a connu mercredi une deuxième journée sans combats, permettant les premières évacuations de ressortissants étrangers depuis l’aéroport de Juba, alors qu’environ 20.000 réfugiés ayant fui leurs foyers étaient bloqués par l’armée à la frontière avec l’Ouganda. Juba a été le théâtre, de vendredi à lundi, d’affrontements entre forces fidèles au président Salva Kiir et ex-rebelles aux ordres du vice-président Riek Machar, la présidente de la Commission de l’Union africaine incriminant les deux dirigeants pour cette violence meurtrière. Un cessez-le-feu décrété lundi soir par MM. Kiir et Machar a jusqu’à présent été respecté: aucun tir n’a été entendu mercredi, aucun hélicoptère de combat n’a été vu dans le ciel et les rues retrouvaient petit à petit une activité normale, a rapporté un correspondant de l’AFP. TV5

Zimbabwe: le leader de la contestation appelle à « continuer » la grève
Le pasteur Evan Mawarire, chef de file de la fronde citoyenne au Zimbabwe, a appelé jeudi, au lendemain de sa libération, à continuer la grève pour protester contre le régime autoritaire du président Robert Mugabe, un appel qui est toutefois resté lettre morte. « La grève générale continue. Passez le message à tous ceux que vous connaissez, envoyez leur des vidéos, envoyez leur des textos ou des messages sur Whatsapp et dites leur que le pasteur a dit que la grève continuait », a déclaré Evan Mawarire dans une nouvelle vidéo postée sur Facebook. « Envoyons ce message clair à notre gouvernement que trop c’est trop. N’oubliez pas de prier pour le Zimbabwe (…). Il y a de l’espoir en vous, de l’espoir dont le pays a besoin. Si vous ne participez pas, vous nous privez de cet espoir », a-t-il ajouté en homme libre après avoir été détenu moins de 48 heures. TV5

Niger: la mission européenne de lutte contre le terrorisme sera renouvelée
Au Niger, le mandat de la mission Eucap Sahel arrive à terme. Cette opération civile de l’Union européenne a été lancée en 2012, puis renouvelée en 2014. Elle constitue un instrument de stabilité et de développement dans le Sahel avec la menace terroriste. Son mandat sera prolongé. RFI

L’Angola dans la tourmente après des années de boom économique
Après la fin de la guerre civile en Angola en 2002, Luanda est devenue une mini version africaine de Dubaï où l’argent du pétrole coulait à flots et des gratte-ciel sortaient de terre. Aujourd’hui, nombre de bureaux neufs restent vacants, alors que le pays encaisse la chute, depuis deux ans, des cours de l’or noir. En juin, à la suite de la baisse vertigineuse du kwanza, la monnaie locale, la capitale angolaise a été détrônée à la tête du classement des villes les plus chères du monde pour les expatriés, selon l’étude du cabinet américain Mercer. Luanda figure cependant à la deuxième place, juste derrière Hong Kong, à cause des prix exorbitants d’une bouteille d’eau importée ou encore des locations immobilières. VOA

Gabon : Ping, homme libre sur la route de Libreville ?
Entretien avec Jean Ping, candidat de l’opposition à l’élection présidentielle gabonaise. Il a longtemps parcouru l’Afrique à la tête de l’Union africaine. Ces deux dernières années, il a sillonné son pays, le Gabon, à la rencontre des électeurs. Une tournée qu’il a achevée la semaine dernière. Jean Ping veut croire qu’il a toutes ses chances dans la course à la présidentielle gabonaise. L’élection aura lieu le 27 août prochain. Franchira-t-il tous les obstacles, y compris judiciaires, qui se dressent sur sa route ? Comment compte-t-il venir à bout du régime Bongo ? Jean Ping répond dans le Grand angle du 64’. France 24

Gabon: Présidentielle gabonaise – Politique de caniveau à Libreville
Sous réserve de confirmation, ils devraient être une vingtaine de candidats à la présidentielle gabonaise du 27 août 2016. Le dépôt des dossiers de candidature a en effet expiré mardi à minuit, et sur la liste encore provisoire, on retrouve des personnalités connues comme le loup blanc, telles Jean Ping, Casimir Oyé Mba, Raymond Ndong Sima, Guy Nzouba Ndama, l’ancien président démissionnaire de l’Assemblée nationale et même Paul Mba Abessole, le Bûcheron qui a perdu sa tronçonneuse à force de liaisons dangereuses avec Omar Bongo Ondimba. allAfrica

Les rideaux sont tombés sur les pourparlers d’Arusha
Une partie de l’opinion burundaise est toujours sous le choc au lendemain de l’assassinat de la députée Hafsa Mossi. Durant les trois jours qu’a duré cette rencontre, Benjamin Mkapa, le facilitateur a rencontré séparément les différentes parties. Une stratégie appréciée par le président de la Ligue burundaise des droits de l’Homme, la Ligue Iteka, Anchaire Nikoyagize. Mais le pouvoir de Bujumbura, a réitéré sa position : la solution passe par la tenue d’un dialogue interne, sans la participation des opposants au troisième mandat de Pierre Nkurunziza qualifiés de putschistes. Deutsche Welle

Les sanctions de Washington jettent le trouble à Kinshasa
Les sanctions prises, le 23 juin, par Washington contre le général Célestin Kanyama, chef de la police de Kinshasa, ont semé l’inquiétude dans les rangs kabilistes. Surnommé « Esprit de mort » dans la capitale, le général Kanyama s’était fait connaître, sur la scène internationale, fin 2013, lorsqu’il avait lancé l’opération « Likofi » (« coup de poing ») contre le banditisme urbain à Kinshasa. Usant de méthodes expéditives (51 morts au moins, selon Human Rights Watch), le chef de la police de Kinshasa avait sabré sans pitié parmi de présumés « kulunas » (bandits armés). La Libre

Union Africaine : Dlamini-Zuma ou la stratégie du profil bas
Qu’a fait Nkosazana Dlamini-Zuma depuis quatre ans à la tête de la Commission de l’UA ? « Son bilan est mitigé, confie un ministre des Affaires étrangères d’Afrique centrale. Malgré ses promesses, elle n’a pas redonné force et vigueur à l’UA. » La priorité affichée de la diplomate sud-africaine, c’est l’agenda 2063. Du 100e anniversaire de la naissance de l’Organisation de l’unité africaine (OUA, l’ancêtre de l’UA), elle veut faire un cap économique pour tous les Africains. Belle ambition à long terme mais, à court terme, beaucoup s’étonnent de sa passivité sur les dossiers brûlants. Jeune Afrique

Kenya: un policier en tue six autres avant d’être abattu
Un policier a tué six de ses collègues jeudi, pour des raisons encore inconnues, dans un poste de police de l’ouest du Kenya, avant de se faire abattre au terme d’un siège de près de dix heures, a-t-on appris auprès de la police et d’une source sécuritaire haut placée. Les faits se sont déroulés tôt jeudi matin dans la ville de Kapenguria. « Pour des raisons encore inconnues, un officier de police local a perdu les pédales et a saisi une arme à feu dans le poste vers 5 heures du matin, pour ensuite l’utiliser contre d’autres officiers », a indiqué la police dans un communiqué. Selon une source sécuritaire haut placée, « un officier de police qui n’était pas en service est entré dans le poste et s’est saisi du pistolet d’un collègue, qu’il a tué ainsi que d’autres, avant de prendre le contrôle du poste ». TV5

Tortures, exécutions, détentions : le rapport qui accable l’armée camerounaise dans sa lutte contre Boko Haram
A la lecture du dernier rapport d’Amnesty International sur le Cameroun, on résiste mal à la tentation de se demander qui, de Boko Haram ou des forces armées camerounaises, fait le plus de victimes. Pour l’organisation terroriste, c’est environ 500 civils en 2015 et 480 depuis le début 2016. Dans la moitié des 46 attentats-suicides de la secte djihadiste ces derniers mois, ce sont des filles qui transportaient et déclenchaient les explosifs. Le Monde

Côte d’Ivoire : deux militaires arrêtés dans le cadre des attaques islamistes à Grand-Bassam
Deux soldats qui ont côtoyé des djihadistes ayant participé à l’organisation de l’attaque de la station balnéaire de Grand-Bassam survenue le 13 mars ont été arrêtés pour « violation des consignes militaires », a annoncé mercredi 13 juillet le commissaire du gouvernement (procureur militaire). Dix neuf personnes avaient été tuées. « On leur reproche d’avoir cohabité avec ces personnes, d’avoir échangé avec le chauffeur [du commando djihadiste]. Ils disent qu’ils ne savaient pas que c’était des djihadistes. On leur répond : “Vous auriez dû savoir” », a expliqué le commissaire du gouvernement Ange Kessi lors d’une conférence de presse à Abidjan. Le Monde

CI : un pas de plus vers le référendum constitutionnel
L’Assemblée nationale de la Côte d’Ivoire a adopté jeudi le projet de loi concernant l’organisation du référendum sur la nouvelle Constitution. Seuls 32 des 255 députés de la chambre parlementaire étaient présents lors de la séance d’adoption du texte à l’Assemblée nationale. Le référendum sur la Constitution est prévu en septembre ou octobre. La question posée aux électeurs est la suivante : « Approuvez-vous le projet de Constitution proposé par le président de la République ? » BBC



Photo: Adam Jones