En Afrique, la portée de la menace des islamistes militants ne cesse de s’élargir
Les groupes islamistes militants du Sahel, de la Somalie et du bassin du lac Tchad sont de mieux en mieux organisés et capables, ce qui leur permet d’étendre leur portée et leur létalité. En Afrique, les morts imputables aux groupes islamistes militants continuent d’atteindre des niveaux records. Les 23 968 morts enregistrées en 2025 constituent une augmentation de 24 % par rapport à 2024 et reflètent une augmentation de la violence dans quasiment tous les théâtres. Avec 8 375 événements signalés imputables à ces groupes, ce chiffre est le plus élevé jamais enregistré sur le continent. Le Sahel continue de subir le plus grand nombre de morts imputables aux groupes islamistes militants de toute région du continent, une position que le Sahel maintient depuis cinq ans.… Les tactiques brutales employées par les forces de sécurité sahéliennes continuent de favoriser le recrutement des djihadistes.… La Somalie a subi la plus importante augmentation de morts signalées de toutes les régions du continent.… Le Sahel, la Somalie et le bassin du lac Tchad ont collectivement subi 98 % des morts imputables aux groupes islamistes militants en Afrique. Centre d’études stratégiques de l’Afrique
Soudan : près de 700 civils tués par drones depuis janvier selon l’ONU
Près de 700 civils auraient été tués au Soudan depuis janvier lors de frappes de drones, a indiqué mardi l’Organisation des Nations unies, à la veille du troisième anniversaire du conflit.… Entrée dans sa quatrième année, la guerre a déjà causé des dizaines de milliers de morts et déplacé plus de 11 millions de personnes, tandis que l’ONU qualifie désormais la situation de « plus grande crise humanitaire au monde ». L’UNICEF affirme que les drones sont responsables de près de 80 % des 245 enfants tués ou blessés au cours du premier trimestre, touchant des civils jusque dans leurs foyers, sur les marchés ou près des écoles et des hôpitaux.… Le Comité international de la Croix-Rouge a par ailleurs indiqué rechercher plus de 11 000 personnes disparues depuis le début de la guerre, un chiffre probablement sous-estimé. Dans le même temps, ONU Femmes dénonce une recrudescence des violences sexuelles utilisées comme arme de guerre, le nombre de femmes et de filles nécessitant une assistance ayant quadruplé. AfricaNews/AFP
Après trois ans de guerre au Soudan, des donateurs internationaux se réunissent à Berlin
Trois ans après le début de la guerre entre armée et paramilitaires au Soudan, des donateurs se réunissent à Berlin mercredi pour tenter de relancer des négociations de paix et mobiliser une aide urgente face à une crise humanitaire que l’ONU qualifie de la plus grave au monde. Des rendez-vous similaires à Londres et Paris ces deux dernières années n’ont pas permis de percée diplomatique. La réunion de Berlin rassemble gouvernements, agences humanitaires et organisations de la société civile, mais exclut les deux belligérants, l’armée et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR).… La conférence doit discuter de la manière « d’exercer une influence sur les acteurs clés », a déclaré la porte-parole de la diplomatie allemande, Kathrin Deschauer. « De nombreux acteurs extérieurs sont impliqués dans cette guerre », a relevé Luca Renda, le représentant du Programme des Nations unies pour le développement au Soudan. « Tant que cela continuera, malheureusement, les chances de paix resteront très minces ». France24
Est de la RDC: les civils sont menacés par toutes les parties au conflit, estime Human Rights Watch
La situation dans l’Est de la RDC est au programme d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies ce mercredi 15 avril à New York. Avec ce rendez-vous, Human Rights Watch vient de publier un rapport pour alerter sur les difficultés des populations civiles dans le Sud-Kivu et notamment dans les Hauts-Plateaux où se concentre une partie des combats ces dernières semaines. L’organisation de défense des Droits de l’homme estime qu’actuellement « toutes les parties belligérantes menacent l’aide humanitaire et la protection des civils ». « Les civils se retrouvent coincés entre le marteau et l’enclume », explique Clémentine de Montjoye, chercheuse senior sur la région des Grands Lacs à Human Rights Watch. « Ils font face à des abus de toutes les parties.… D’une part, les Twirwaneho [milice alliée du M23.- NDLR] dans les zones qu’ils contrôlent, ont menacé et enrôlé de force les civils et empêchent également les civils de quitter Minembwe malgré les combats en cours dans la région. D’autre part, les personnes que l’on a interviewées nous disent avoir peur aussi des exactions, notamment des groupes Wazalendo, qui sont alliés à l’armée congolaise et qui ont, dans les zones contrôlées par ces groupes-là, érigé des barrières, harcèlent les populations ou même détenu certains individus dans des lieux de détention informels », poursuit la chercheuse. RFI
RDC : accord entre le AFC/M23 et le CICR pour le transfert de militaires
[…] Au cours du week-end des 11 et 12 avril 2026, l’AFC/M23 et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ont conclu un protocole d’accord portant sur le transfert de plusieurs militaires. Selon les informations disponibles, entre 2 000 et 3 000 soldats des FARDC actuellement détenus par le mouvement ont été recensés. Tous auraient donné leur consentement écrit en vue de leur prise en charge. Cet accord établit un cadre juridique permettant leur remise au CICR, qui sera chargé d’assurer leur transfert vers les autorités congolaises.… Une première étape a déjà été franchie avec la remise au CICR de plusieurs dizaines de mineurs, dont certains étaient impliqués dans les combats. Malgré cette avancée, la mise en œuvre complète de l’opération reste conditionnée à plusieurs facteurs. Des défis logistiques doivent encore être résolus, notamment en ce qui concerne l’organisation concrète des transferts. Par ailleurs, l’accord ne pourra être appliqué que si le gouvernement congolais accepte officiellement de récupérer ces militaires. Sur ce point, des divergences subsistent au sein des autorités, certaines sources évoquant la nécessité de vérifier les listes des personnes concernées. AfricaNews
Au Cameroun anglophone, le pape attendu au chevet d’un conflit qui perdure
« Bienvenue en Ambazonie ! », lance un vendeur au milieu du vacarme du marché central de Bamenda, du nom de la république revendiquée depuis 2017 par des indépendantistes au Cameroun anglophone, où le pape Léon XIV est attendu jeudi. Dans la principale ville de la partie anglophone, où de nombreux policiers et militaires patrouillent ces derniers jours, un certain calme est revenu. Mais dans la région, le conflit qui a éclaté il y a près de dix ans continue de faire rage.… Fin 2016, des manifestations avaient été violemment réprimées par le gouvernement dans la région. Des enseignants et des avocats dénonçaient la mainmise croissante du pouvoir, majoritairement francophone, sur les systèmes éducatif et juridique des deux régions anglophones, où vit 20% de la population camerounaise. A la suite de cette répression est né en 2017 un conflit opposant des indépendantistes, qui proclament la « République d’Ambazonie », au gouvernement de Yaoundé. Pris en étau, les civils sont devenus la cible d’extorsions, de violences, d’enlèvements contre rançon et d’assassinats. Au moins 6.000 d’entre eux sont morts depuis 2016, selon l’ONU. TV5Monde
Somalie: exécutions par des affiliés de l’EI au Puntland
Un groupe affilié à l’État islamique aurait exécuté des civils dans une zone montagneuse de l’État du Puntland, dans le nord de la Somalie, selon des médias locaux. D’après Horeseed Media, des combattants liés à l’organisation djihadiste État islamique ont tué deux personnes dans le massif d’Al-Miskad lors d’une incursion visant à reconstituer leurs stocks de vivres. Le média précise qu’une des victimes, une femme identifiée comme Fadumo Dugeeye, a été exécutée dans le district de Qandala, dans la région de Bari, lors d’une attaque menée dimanche contre son village. Son époux et sa fille avaient déjà été tués lors d’une précédente attaque attribuée au même groupe, dont les membres opèrent dans la zone depuis plusieurs années sans être inquiétés. Face à la recrudescence des violences, plusieurs familles ont fui la région par crainte de nouvelles incursions. Les assaillants auraient également emporté environ 400 têtes de bétail appartenant aux habitants. APA
Libertés publiques au Bénin : le bilan de Talon interroge
Quand Patrice Talon arrive au pouvoir en mars 2016, il promet un mandat unique. Une déclaration qui fait sourire à l’époque, dans une région marquée par des présidents qui ont tendance à vouloir s’éterniser au pouvoir. Dix ans plus tard, Patrice Talon s’apprête pourtant à quitter le pouvoir, respectant la limite constitutionnelle de deux mandats. Pour certains observateurs, cela fait de lui une des exceptions en Afrique de l’Ouest. Sur le plan économique, le Bénin a connu des transformations visibles : modernisation des infrastructures, croissance soutenue, amélioration du climat des affaires. Le pays s’est repositionné comme un hub régional dynamique. Mais du point de vue de la démocratie, le bilan semble mitigé. Au fil des années, les critiques se sont multipliées concernant le recul des libertés publiques. La liberté de la presse, autrefois considérée comme un acquis au Bénin, s’est progressivement réduite. Des journalistes ont été inquiétés, poursuivis, voire condamnés.… Sur le plan politique, l’opposition s’est elle aussi retrouvée affaiblie. Les réformes du système électoral, notamment la question du parrainage, ont exclu de facto plusieurs partis majeurs des scrutins. Résultat : une scène politique largement dominée par le camp présidentiel. Pour Amzath Abdoulaye, consultant politique et géopolitique, les reformes politiques ont affaibli le pluralisme démocratique. DW
Cameroun: Biya promulgue la constitution du vice-président – Qui succédera sans les urnes ?
Le président Paul Biya a promulgué ce mardi 14 avril 2026 la loi portant révision de la Constitution et instituant le poste de vice-président de la République du Cameroun.… Sa signature par le chef de l’État ce 14 avril lui confère désormais force de loi et marque l’entrée en vigueur d’un changement majeur dans l’architecture constitutionnelle du pays.… Le parallèle est saisissant : le 14 avril 2008, Biya supprimait la limitation des mandats présidentiels. Le 14 avril 2026, il verrouille sa succession. Même date, même méthode.… Pour la première fois depuis l’indépendance, le Cameroun dispose d’un cadre constitutionnel pour un vice-président de la République nommé par Paul Biya, révocable par lui, successeur constitutionnel désigné sans vote populaire.… Les membres de la Commission spéciale du Congrès n’ont disposé que de moins de deux heures pour examiner un texte engageant l’avenir institutionnel de 30 millions de citoyens. Aucun amendement proposé par l’opposition n’a été retenu.… En cas de vacance du pouvoir, le vice-président est chargé d’achever le mandat présidentiel en cours, et non d’organiser une nouvelle élection dans l’immédiat. La différence est fondamentale : l’élection est différée, le pouvoir transmis sans scrutin. Camer.be
12 ans après, des lycéennes de Chibok toujours introuvables
La bonne nouvelle est que beaucoup de ces [276] filles de Chibok enlevées en avril 2014, ont été libérées et que certaines se sont échappées au fil des ans. Cependant, plus de quatre-vingts d’entre elles n’ont toujours pas réapparu. Certaines familles dont les filles ne sont plus revenues, vivent dans l’angoisse.… Au fil des années, bon nombre de filles ont pu donc s’échapper, tandis que d’autres sont rentrées après des négociations avec Boko Haram. Mais la vie n’a pas été facile pour certaines de celles qui sont revenues. Maryam a retrouvé la liberté il y a dix ans. Elle a eu un fils d’un combattant djihadiste pendant sa captivité. A cause de son enfant, sa famille ne l’a pas pleinement acceptée depuis son retour.…En 2014, quand l’enlèvement a eu lieu, la campagne #BringbackourGirls réclamant la libération des filles a vu le jour. Plusieurs personalités, y compris Michelle Obama, alors première dame des Etats-Unis, ont pris part à cette campagne qui réclamait notamment des négociations avec Boko Haram pour le retour des lycéennes. Mais 12 ans plus tard, la campagne est tombée dans l’oubli. La plupart des filles étaient chrétiennes, entre 12 et 17 ans. Depuis ce kidnapping, le Nigeria en a connu plus d’un millier de cas pareils. DW
Tchad–RCA : opération conjointe, des armes saisies exposées
Une trentaine de fusils de type AK-47, ainsi que plusieurs armes artisanales, saisis lors d’une oper Conjointe avec la RCA, ont été présentées ce mardi aux autorités administratives et à la presse tchadienne. La cérémonie s’est tenue à la Délégation générale du gouvernement auprès de la province du Moyen-Chari. Des fusils de type AK-47 et des armes artisanales ont été saisies dans le cadre de l’opération « Al Hamamia », menée du 24 mars au 12 avril par la force mixte Tchad–République centrafricaine (RCA) dans les zones frontalières des deux pays. Cette intervention visait à renforcer la sécurité et à freiner la circulation illicite d’armes entre les deux États.… La force mixte Tchad–RCA a été officiellement mise en place le 27 septembre 2025 à Sarh, au Tchad, dans le but de sécuriser la frontière commune et de lutter contre l’insécurité. Issue d’un accord sécuritaire entre les deux pays, cette unité binationale est chargée de démanteler les groupes armés et les « coupeurs de route », tout en favorisant le retour des réfugiés centrafricains. Des postes de sécurité ont notamment été installés à Sido, côté tchadien. La force bénéficie par ailleurs du soutien de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC). APA
Madagascar: quatre membres de la Gen Z arrêtés, la société civile dénonce «un recul des droits civils»
À Madagascar, l’arrestation dans des circonstances troubles de quatre membres de la Gen Z dimanche 12 avril suscite la consternation. Parmi eux, Herizo Andriamanantena, l’un des visages les plus médiatiques du mouvement, avait appelé à une manifestation vendredi dernier.… La manifestation de vendredi a réuni quelques dizaines de personnes contre les pratiques mafieuses et pour la dissolution de plusieurs institutions, dont l’Assemblée nationale.… « Les circonstances de l’arrestation ont été violentes. L’un des jeunes que j’ai assistés a été arrêté dimanche vers 23 h par des hommes cagoulés. L’un des accusés montre aussi des signes de blessure, avec un œil au beurre noir. On a demandé à ce qu’il soit ausculté par un médecin. Leurs têtes ont été cachées par des capuchons, si bien qu’ils ne voyaient rien de ce qu’il se passait autour d’eux », [explique l’un des avocats des accusés].… Une autre source proche du dossier rapporte à RFI des « enlèvements » car, selon elle, « plusieurs de ces jeunes ont été embarqués dans des véhicules aux vitres teintées par des militaires nullement habilités ».… Mardi soir, 69 organisations de la société civile malgache – dont le collectif ROHY ou l’ONG Transparency International Initiative Madagascar – ont dénoncé des « arrestations arbitraires » et « un recul inquiétant des engagements pris en faveur des droits civils et politiques ». RFI
