Revue de presse du 14 septembre 2026

Crise au Yémen : plus de 2 000 déplacés accueillis à Djibouti
Selon l’OIM, plus de 2 000 personnes ont rejoint Djibouti après la prise, ces derniers jours, par les Houthis, d’une ville portuaire stratégique et d’une île du détroit de Bab el-Mandeb. Une recrudescence de la violence qui viole le cessez-le-feu de 2022, faisant craindre un retour de la guerre civile au Yémen. Poussant de nombreuses personnes à quitter le pays. … « C’est la deuxième fois de ma vie que je suis déplacé. Lors de notre précédent déplacement, nous l’avions prévu et nous nous y étions préparés. Cette fois-ci, nous avons été contraints de fuir soudainement. On a à peine pu emmener nos enfants et le strict minimum. Nous étions terrifiés par les bombardements et les tirs de snipers, et nous avons simplement fui aussi vite que possible par crainte pour nos enfants et les membres de notre famille », raconte ce déplacé originaire de Hodeidah. Les autorités de Djibouti ont indiqué apporter une aide d’urgence aux déplacés. Les rebelles houthis, soutenus par l’Iran sont à seulement 32 kilomètres de la base militaire américaine de Djibouti, de l’autre côté du détroit de Bab el-Mandeb. L’OIM a indiqué que plus de 85 000 personnes avaient été déplacées depuis le début du mois. Africanews

Djibouti reprend à l’ONU une base logistique humanitaire
Le gouvernement djiboutien a annoncé lundi avoir repris la gestion d’une base logistique humanitaire stratégique du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies. La reprise de la base logistique du PAM à Djibouti s’inscrit dans le cadre des efforts nationaux visant à renforcer la sécurité alimentaire, la préparation aux situations d’urgence et les chaînes d’approvisionnement régionales. La cérémonie de transfert au ministère djiboutien des Affaires étrangères s’est tenue lundi à Djibouti, marquant le passage sous contrôle national de cette infrastructure logistique humanitaire stratégique. … Cette décision intervient après une décennie de coopération étroite entre le PAM et le gouvernement djiboutien. Elle devrait permettre au pays de mieux gérer les stocks alimentaires essentiels, de soutenir les opérations d’urgence et de renforcer son rôle de hub logistique pour la Corne de l’Afrique. … Sous la direction des autorités nationales, le site permettra à Djibouti d’accroître ses capacités de stockage et de gestion des stocks alimentaires, d’assurer la continuité de l’acheminement de l’aide pendant les crises et de réduire l’impact des perturbations de l’approvisionnement et d’autres chocs. … Depuis son ouverture en 2016, la base a contribué à soutenir les opérations d’urgence et de développement dans toute la région. … Grâce à cet outil logistique, le PAM a soutenu douze organisations humanitaires dans la préparation et la mise en œuvre d’opérations régionales essentielles, notamment à Djibouti et au Yémen, soulignant son importance comme dispositif commun de réponse aux crises. APA

Les Emirats ont utilisé l’IA pour cibler des experts de l’ONU sur le Soudan, selon Anthropic
La start-up américaine d’intelligence artificielle (IA) Anthropic a découvert une opération liée aux Emirats arabes unis ayant notamment ciblé des experts de l’ONU critiques du rôle présumé d’Abou Dhabi dans le conflit, selon un document publié jeudi soir. Dans un rapport expliquant comme elle a stoppé les opérations illégales en provenance de plusieurs pays, Anthropic parle d’une large opération, qu’elle attribue « avec un degré de certitude élevé » au gouvernement émirati. Visant principalement les Frères musulmans, cette campagne s’est servie des agents de l’assistant IA d’Anthropic, Claude, pour générer différents documents, du contenu publié sur les réseaux sociaux ou encore des témoignages sur le Soudan. … Selon Anthropic, l’opération s’articulait autour d’une personnalité virtuelle prénommée « Deadshot » appelant à « une opération régionale et transatlantique coordonnée pour démanteler les Frères musulmans dans le monde entier ». … Une autre initiative a consisté à s’approprier l’identité d’une ONG soudanaise et à rédiger les témoignages de deux individus afin que « des éléments favorables aux intérêts de l’un des deux camps du conflit parviennent à l’ONU comme s’ils émanaient de témoins locaux indépendants, plutôt que d’acteurs étatiques », poursuit Anthropic. … L’opération a exploité environ 300 faux comptes sur les réseaux sociaux, selon Anthropic, qui n’a toutefois pas pu déterminer si les témoignages ou les dossiers avaient atteint leur cible ou influé sur des décisions politiques. AFP

Au Mali, au moins 50 militaires et cinq mercenaires russes tués jeudi dans une attaque djihadiste
Au moins 50 militaires maliens et cinq paramilitaires russes d’Africa Corps ont été tués jeudi 10 septembre lors d’une attaque djihadiste d’ampleur contre le camp militaire de Dioura, dans le centre du Mali, selon des sources sécuritaires et locales jointes lundi 14 septembre par l’Agence France-Presse (AFP). Cette attaque, revendiquée dès jeudi par le Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM) est l’une des plus meurtrières subies par l’armée malienne depuis le début du conflit qui ravage le pays d’Afrique de l’Ouest depuis une quinzaine d’années. Plusieurs sources contactées par l’AFP font état d’un bilan encore plus lourd, entre 60 et 80 militaires tués. Plusieurs dizaines de soldats maliens ont également été faits prisonniers, selon ces sources. « Le bilan est élevé. Sans parler des blessés, je peux dire que nous déplorons la mort de plus de 50 de nos éléments, dont cinq éléments d’Africa Corps », a déclaré à l’AFP un officier présent sur le théâtre des opérations. … Sur le terrain, des habitants ont décrit une situation confuse après les violents combats. « Le camp était resté vide depuis l’attaque. Samedi, des hommes armés y sont retournés sans tirer de coups de feu avant de repartir quelques heures plus tard », a rapporté à l’AFP un habitant sous couvert d’anonymat. Le Monde avec AFP

Au Niger, une dégradation croissante de la liberté de la presse
Arrestations de journalistes, difficultés d’accès à l’information, autocensure : le Niger a connu cette année une chute de 37 places dans le classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières (RSF) pour se placer à la 120e. Neuf médias français ont été suspendus par l’Observatoire national de la communication il y a quelques mois. Jusque récemment, au moins cinq journalistes étaient encore en détention. Ils ont depuis été relâchés, dont le secrétaire de rédaction de la RTS, Ibro Chaibou, qui avait été arrêté en octobre dernier en vertu de la loi sur la cybercriminalité, en même temps que plusieurs confrères dont Moussa Kaka, alors remis, lui, en liberté provisoire. Parmi les cas emblématiques, figure aussi celui de la journaliste Samira Sabou, détenue au secret pendant 8 jours en 2023, notamment pour diffusion de données de nature à troubler l’ordre public. Un contexte de restrictions croissantes, auquel s’ajoute une dégradation de l’environnement économique des médias nigériens. Le cadre juridique du Niger est régulièrement pointé du doigt. Le 10 septembre, le Conseil des ministres a présenté deux nouveaux textes pour encadrer la presse électronique et les correspondants de médias étrangers. RFI

Nord du Bénin: des écoles déplacées «pour ne pas exposer les élèves» aux risques sécuritaires
Rentrée des classes ce 14 septembre 2026 au Bénin. Le gouvernement renforce les mesures sociales d’accompagnement : cantines, kits scolaires et gratuité pour toutes les filles du primaire et du secondaire. En revanche, il y a une menace probable sur certaines écoles dans le nord du pays où sévissent des groupes terroristes. Certains établissements seront déplacés de leurs lieux habituels par précaution « pour ne pas exposer les élèves », dit le ministre porte-parole du gouvernement. Ce n’est pas une mesure nouvelle au Bénin. Lors des précédentes rentrées scolaires, le gouvernement avait déjà pris des dispositions similaires pour prévenir les risques liés à l’insécurité. Le ministre porte-parole du gouvernement, Wilfried Houngbédji, explique « qu’il s’agit de protéger les enfants et d’éviter d’exposer les populations, notamment les élèves et leurs enseignants ». Les autorités n’ont toutefois pas précisé le nombre d’écoles concernées ni les effectifs d’élèves et d’enseignants affectés par cette mesure. Elles n’ont pas non plus détaillé les zones considérées comme à risque. Le ministre évoque seulement des localités situées dans une dizaine de communes frontalières des pays voisins, à savoir Niger, Nigeria et Burkina Faso. Parmi les secteurs concernés, on pense notamment Karimama, une commune située à quelques kilomètres de la frontière nigérienne. Le 5 mars dernier, Kofounou, une localité de cette région, avait été endeuillée par la mort de quinze militaires béninois. La région de Matéri demeure également sous vigilance. La localité de Dassari y avait été la cible d’attaques en 2022. Dans ce contexte, les élèves et leurs enseignants effectueront leur rentrée sur des sites sécurisés, éloignés des zones considérées comme sensibles. RFI

Algérie: le Premier ministre se rend en visite officielle à Bamako
Trois semaines après le déplacement de son homologue malien à Alger, Sifi Ghrieb est attendu au Mali où il doit notamment rencontrer le chef de la junte au pouvoir, le général Assimi Goïta, ce lundi 14 septembre. Reste à savoir si, après plusieurs mois de brouille, ce ballet diplomatique va permettre de déboucher sur un véritable réchauffement des relations entre les deux capitales. Le dégel se poursuit entre le Mali et l’Algérie. Dans la foulée de la visite à Alger, le 24 août dernier, du chef du gouvernement malien, le général Abdoulaye Maïga, après plusieurs mois de brouille entre les deux pays, le Premier ministre algérien, Sifi Ghrieb, est attendu à Bamako, ce lundi 14 septembre, en compagnie de plusieurs membres de son gouvernement. Alors que les autorités maliennes ont préparé cette visite avec grand soin, Sifi Ghrieb sera accueilli par son homologue à l’aéroport de Bamako, selon le programme officiel. Après de premières discussions aura lieu le temps fort de la journée, une rencontre entre le Premier ministre algérien et le chef de la junte malienne, le général Assimi Goïta, qui recevra des mains de son hôte un message personnel du président Abdelmadjid Tebboune. Puis, les chefs de gouvernement malien et algérien dirigeront une séance de travail entre leurs délégations. Selon plusieurs observateurs, le constat d’un véritable réchauffement des relations entre Alger et Bamako pourra être fait si une réunion de la grande commission mixte de coopération Mali-Algérie est rapidement convoquée à l’issue de cette visite. Alors que les deux pays partagent une frontière terrestre de plus de 1300 kilomètres de long, leur principal défi réside dans la lutte contre le terrorisme. Les autorités maliennes estiment notamment que l’Algérie peut, si elle le veut vraiment, contribuer à combattre les groupes armés indépendantistes et jihadistes qui déstabilisent le territoire malien. RFI

Nigeria: publication de la liste définitive des candidats à la présidentielle de janvier 2027
L’Inec, la commission électorale nigériane a publié, ce samedi 12 septembre 2026, la liste définitive des candidats à l’élection présidentielle du 16 janvier 2027 et de leurs vice-présidents. Aucun ténor de l’opposition ne s’est désisté au profit d’un autre malgré les débats toujours en cours sur une candidature commune. Dix-huit candidats et pas vraiment de surprise dans cette liste définitive. Trois noms se distinguent : le président sortant Bola Ahmed Tinubu, du Congrès des progressistes (APC) ainsi que Atiku Abubakar et Peter Obi arrivés juste derrière lui lors du scrutin de 2023. La candidature de l’ancien président Goodluck Jonathan, au pouvoir entre 2010 et 2015, présentée par une faction dissidente de son parti le PDP n’a finalement pas été retenue par la commission électorale. … Des désistements politiques sont toujours envisageables, mais les bulletins des candidats qui se retirent seront toujours disponibles dans les bureaux de vote. Plusieurs analystes estiment qu’en l’absence d’un front coordonné, les partis d’opposition auront du mal à défaire la machine du Congrès des progressistes, et empêcher un second mandat de Bola Ahmed Tinubu au Nigeria. RFI

Nigeria: pas d’inquiétude pour la présidentielle malgré l’insécurité, selon le chef de la police
A l’approche du scrutin présidentiel de janvier, le chef de la police du Nigeria a promis un « scrutin sûr et sécurisé » alors que l’insécurité s’aggrave dans le pays et soutient la réforme du système de sécurité engagée par le président Tinubu. Le pays le plus peuplé d’Afrique est confronté à une multitude de menaces sécuritaires liées aux jihadistes, à des gangs armés, à des groupes séparatistes et à des conflits communautaires entre agriculteurs et éleveurs pour le contrôle des terres, au point qu’il « traverse sa période la plus violente depuis près de trois décennies », selon l’ONG Acled. Dans un entretien exclusif à l’AFP, Olatunji Disu, inspecteur général de la police nigériane, a indiqué s’appliquer à renforcer les effectifs de la police fédérale, en les faisant grimper de 300.000 à 350.000 agents, dans un pays où l’armée et la police sont débordées, en particulier dans les campagnes. Avec ses vastes zones rurales et son réseau routier vétuste et insuffisant, le Nigeria est un territoire difficile à maîtriser pour des forces de sécurité mal équipées, manquant de moyens, et qui suscitent la méfiance d’une population échaudée depuis des décennies par la corruption des agents et les violences policières. Face aux craintes que certaines personnes ne puissent pas voter en janvier, M. Disu a promis un « scrutin sûr et sécurisé », bien que certains Nigérians aient confié à l’AFP qu’ils avaient peur de se rendre dans leurs villages d’origine où ils sont inscrits sur les listes électorales. AFP

RDC: Félix Tshisekedi formalise la première étape vers le dialogue national
En République démocratique du Congo, le président Félix Tshisekedi a signé dimanche 13 septembre une ordonnance portant création du Comité d’organisation du dialogue national, un texte qui ne convoque pas encore le dialogue en question mais institue la structure qui va devoir en jeter les premiers jalons. Chargée de définir les paramètres fondamentaux de l’événement, elle a aussi pour mission d’en identifier les besoins financiers, techniques, logistiques et sécuritaires afin de pouvoir proposer au chef de l’État les options nécessaires à la création de sa commission préparatoire. Si Félix Tshisekedi ne dirigera pas lui-même les réunions de ce comité, l’instance sera toutefois placée sous son autorité directe puisqu’il en nommera le coordonnateur, son adjoint et ses membres, qu’il pourra les relever de leurs fonctions, et qu’il désignera en outre les 11 experts de son secrétariat technique. La structure recevra par ailleurs ses orientations du directeur de cabinet du président à qui elle devra rendre compte de ses travaux à travers des notes d’étape, des briefings ou des rapports, tandis que les modalités de communication publique seront arrêtées par le chef de l’État en personne. Cette ordonnance est une nouvelle étape vers le dialogue, mais elle ne lance pas le compte à rebours des trois mois prévus par le président comme durée totale de ce dialogue. On est encore dans les préparatifs des préparatifs. … Dans le camp de l’ancien président Joseph Kabila, on considère ainsi que cette ordonnance est une preuve suffisante du fait que le chef de l’État ne veut réellement pas d’un dialogue pour la paix. … Dans les rangs de la coalition C64, Ensemble pour la République (EPR), le parti de Moïse Katumbi, parle lui d’un « pétard mouillé » susceptible de renforcer la mobilisation prévue mardi 15 septembre contre tout changement de Constitution dans le pays. RFI

Le Sénégal accueille la flamme olympique des Jeux de la Jeunesse
A sept semaines du coup d’envoi des Jeux de la Jeunesse (JOJ), le Sénégal a accueilli samedi en grande pompe la flamme olympique pour ce premier événement olympique organisé sur le continent africain, lors d’une cérémonie à Dakar. Allumée à Athènes jeudi et arrivée le même jour au Sénégal en toute discrétion, la torche a été présentée samedi au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, en présence de la présidente du Comité international olympique (CIO), Kirsty Coventry, et de quelques spectateurs aux couleurs du Sénégal, avant une cérémonie de présentation de la flamme sur la corniche de Dakar. … Pour cette quatrième édition des Jeux olympiques de la Jeunesse (31 octobre – 13 novembre), quelque 2.700 athlètes âgés de 17 ans au plus participeront aux 25 sports en compétition dans ce pays ouest-africain. … Cent femmes drapées d’amples tenues orange et jaune ont ensuite convoyé la torche olympique pour une cérémonie de présentation de la flamme au Monument du Souvenir africain, sur la corniche de Dakar. La vasque a été allumée par l’ancienne basketteuse sénégalaise Mame Maty Mbengue devant quelques dizaines de spectateurs et d’officiels. « C’était très émouvant aujourd’hui de voir la flamme olympique sur le sol africain pour la première fois », a réagi la présidente du CIO Kirsty Coventry. AFP