Revue de presse du 14 octobre 2026

Éthiopie: les forces fédérales prennent le contrôle d’une ville près de la frontière avec l’Érythrée
En Éthiopie, l’armée fédérale reprend le contrôle de la ville frontalière de Zalambessa, où des troupes érythréennes étaient positionnées. Depuis une semaine, l’armée éthiopienne a lancé une contre-offensive contre les rebelles tigréens dans le nord du pays, reprenant le contrôle de plusieurs villes des mains du TPLF, et repoussant, par la même occasion, les troupes érythréennes qui étaient entrées en territoire éthiopien. Zalambessa est un important poste frontière entre les deux pays. Selon plusieurs observateurs, l’armée éthiopienne, qui remontait vers le nord du pays en reprenant le contrôle des différentes villes des mains du TPLF, a atteint Zalambessa ce mardi 13 octobre. Les troupes érythréennes qui y étaient positionnées depuis vendredi dernier s’étaient déjà retirées, d’après l’organisation Acled, qui analyse les conflits ; il n’y a donc pas eu de combats. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a plus de troupes érythréennes en Éthiopie : selon des sources sécuritaires, Asmara a déployé entre 5 000 et 8 000 soldats au Tigré. Mais elles ne sont plus sur cet important axe routier qui va de la capitale éthiopienne, Addis-Abeba, à Mekele, la capitale du Tigré, jusqu’à la frontière avec l’Érythrée. RFI

Niger : Tebboune renforce les contacts militaires au Sahel
La réception, mardi 13 octobre à Alger, du ministre nigérien de la Défense par le président Abdelmadjid Tebboune intervient dans un contexte de recomposition des alliances sahéliennes, marqué par les tensions entre l’Algérie et plusieurs pays de la région. Présentée comme une illustration de la solidité des relations bilatérales, cette rencontre met également en lumière les limites d’une diplomatie qui revendique la non-ingérence tout en cherchant à préserver une influence stratégique sur ses voisins méridionaux. Alger se présente volontiers comme un rempart contre la déstabilisation du Sahel, invoquant le respect de la souveraineté, l’intangibilité des frontières et le rejet des interventions militaires extérieures. Pourtant, cette posture ne saurait suffire à établir son rôle de garant régional. Dans une zone confrontée à l’expansion des groupes armés, aux trafics transfrontaliers et à la fragilisation des institutions, la crédibilité d’une puissance régionale se mesure moins à ses déclarations qu’à ses résultats concrets. Or, les crises persistantes au Mali et au Niger, ainsi que les difficultés de coordination entre les États riverains du Sahara, invitent à examiner avec davantage de rigueur les résultats de la diplomatie algérienne. APA

Mali : plus de 322 000 réfugiés et demandeurs d’asile accueillis
En plus d’avoir accueilli 322 584 réfugiés et demandeurs d’asile, et de ses 414 524 déplacés internes,au 30 septembre 2026, le Mali recensait également 90 648 rapatriés, tandis que 343 091 Maliens demeuraient réfugiés à l’étranger. Par rapport au mois d’août, le nombre de réfugiés et de demandeurs d’asile présents au Mali a augmenté de 5 396 personnes, contre 4 722 réfugiés maliens supplémentaires à l’étranger. Les autorités ont par ailleurs enregistré 236 rapatriés de plus, tandis que le nombre de déplacés internes est resté stable. Cette évolution s’inscrit dans un contexte de crise humanitaire persistante au Sahel central. Le 9 octobre, le HCR estimait à près de quatre millions le nombre de personnes déracinées au Burkina Faso, au Mali et au Niger, dont plus de 818 000 réfugiés et demandeurs d’asile. … Dans le centre du Mali, la région de Koro accueillait environ 86 000 réfugiés venus du Burkina Faso à la fin du mois de juillet. Selon l’agence onusienne, la population réfugiée au Mali a presque doublé depuis 2024, notamment sous l’effet des arrivées en provenance des pays voisins. APA

Tchad-France : une « déclaration d’intention » signée pour relancer la coopération militaire
En visite de travail en France, le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno a été reçu mardi 13 octobre 2026 à l’Élysée par son homologue français Emmanuel Macron. À l’issue de la rencontre, les deux chefs d’État ont assisté à la signature d’une « déclaration d’intention » entre leurs ministères des Armées respectifs, portant sur leur coopération en matière de capacités de défense. Une manière de sceller leur réconciliation. « Nous franchissons une nouvelle étape », s’est félicité le président français Emmanuel Macron. Si le contenu de la déclaration d’intention n’a pas été révélé, elle vient, selon l’Élysée, « structurer et développer la coopération bilatérale en matière de défense, notamment dans les domaines de la formation, de l’expertise, de l’industrie et des technologies ». Il s’agit, en quelque sorte, d’officialiser la discrète reprise de la coopération militaire depuis le début de l’année, notamment dans le domaine du renseignement, et de tourner la page ouverte en novembre 2024, lorsque le Tchad a brutalement rompu ses accords de défense avec Paris. N’Djamena réclamait, d’une part, une diversification du partenariat, sortant du « tout sécuritaire ». Le forum d’affaires France-Tchad, qui s’est tenu à Paris le mois dernier, semble avoir porté ses fruits. D’autre part, les autorités tchadiennes souhaitaient une relation d’égal à égal, fondée sur le « respect mutuel », des mots qui figurent désormais systématiquement dans les communications françaises. Enfin, cette signature correspond à un intérêt mutuel : le Tchad a besoin d’aide pour surveiller ses turbulentes frontières et la France cherche à garder pied dans un Sahel hostile. RFI

L’Égypte construit une alternative terrestre au Canal de Suez
Depuis plus d’un siècle, le canal de Suez constituait l’artère commerciale incontournable de l’Égypte, acheminant environ 12 % du commerce maritime mondial. Mais les récentes perturbations sécuritaires en mer Rouge ont mis en évidence une vulnérabilité critique. Les navires ont été contraints de faire un détour par le cap de Bonne-Espérance, les recettes de transit ont chuté et les chaînes d’approvisionnement mondiales ont été gravement perturbées. Pour protéger son moteur économique, Le Caire construit actuellement une alternative terrestre à grande vitesse. « De plus, nous avons massivement investi dans nos infrastructures, qu’il s’agisse de routes, de ports ou de voies ferrées, afin d’offrir à nos partenaires commerciaux différentes options pour acheminer leurs marchandises à travers l’Égypte, que ce soit directement via le canal de Suez ou vers le canal de Suez, puis en utilisant notre réseau d’infrastructures pour rejoindre la mer Méditerranée et accéder au marché européen. », a déclaré Ahmed Rostom, ministre de l’Économie et de la Planification, Égypte. Ce réseau s’articule autour de la zone économique du canal de Suez, qui a attiré plus de 16 milliards de dollars d’investissements. La pièce maîtresse de ce système est une ligne ferroviaire à grande vitesse électrifiée de 2 000 kilomètres traversant l’Égypte, d’un coût de 8,7 milliards de dollars. Surnommée le « canal de Suez sur rails », elle relie directement les ports de la mer Rouge aux terminaux d’exportation de la Méditerranée. Africanews avec AFP

RDC : les accords de paix se multiplient, la guerre continue
Les diplomates négocient, les armes parlent. Dans l’est de la RDC, les accords de paix s’accumulent sans parvenir à faire taire les combats. Mardi, devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, l’envoyé spécial pour la région des Grands Lacs, Huang Xia, a dressé le constat d’une diplomatie qui progresse sur le papier, tandis que la situation sécuritaire et humanitaire continue de se dégrader. « Un véritable cessez-le-feu peine à se concrétiser », a-t-il déploré, malgré les appels répétés des membres du Conseil. Les affrontements se poursuivent dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où la rébellion de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23), soutenue par l’armée rwandaise selon l’ONU, a étendu et consolidé son emprise territoriale. … Sur le terrain, la violence ne faiblit pas. Au Sud-Kivu, les combats se sont intensifiés dans les territoires de Mwenga et de Fizi, avec un recours croissant aux drones armés, à l’artillerie lourde et aux explosifs dans des zones habitées. Au Nord-Kivu, des affrontements ont été signalés à Masisi, Lubero et Walikale. ONU Info

RDC : l’épidémie d’Ebola dépasse la barre des 9 000 cas
La pire épidémie d’Ebola jamais enregistrée en République démocratique du Congo a dépassé la barre des 9 000 cas, le nombre de décès s’élevant à plus de 4 000 depuis début octobre, ont indiqué mardi les autorités sanitaires. La RDC a officiellement déclaré mi-mai la 17e épidémie d’Ebola de son histoire, mais les experts estiment que le virus est apparu plusieurs semaines, voire plusieurs mois auparavant. À ce jour, l’épidémie a infecté 9 066 personnes et causé 4 381 décès, soit un taux de létalité de 48,3 %, selon un nouveau rapport de l’Institut national congolais de santé publique (INSP). … Après avoir débuté dans l’Ituri, au nord-est, l’épidémie s’est propagée à sept provinces du nord et de l’est. Les ressources sanitaires sont limitées dans ces régions reculées, où la présence de groupes armés rend les déplacements difficiles. Le personnel médical et humanitaire est également confronté à la méfiance des communautés locales, ce qui a donné lieu à plusieurs incidents ces derniers mois. Africanews avec AP

Couvre-feu dans une partie de Maurice après des manifestations émaillées de violence
À Maurice, des actes de vandalisme ont eu lieu dans les rues après une bavure policière présumée ayant grièvement blessé une jeune femme. Face à ces troubles survenus dans la nuit du lundi 12 au mardi 13 octobre, le gouvernement a décrété un couvre-feu, une mesure qui n’avait plus été imposée depuis la pandémie de Covid-19. Les autorités parlent d’actions coordonnées et de possibles liens avec des réseaux de trafic de drogue. Elles promettent des actions musclées. Vendredi 9 octobre dans la soirée, dans la banlieue d’une des principales villes de Maurice, une jeune femme de 27 ans rentrant du travail a été grièvement blessée par balle lors d’un barrage policier. Le policier qui a tiré et trois de ses collègues ont été arrêtés. Cette bavure présumée a provoqué une vive indignation. Le pays était déjà confronté à des coupures d’eau prolongées, liées aux difficultés de distribution dans un contexte de sécheresse. Des habitants étaient descendus la semaine dernière dans la rue pour protester. Mais dans la nuit de lundi à mardi, de nouveaux troubles ont éclaté, cette fois liés à l’incident de la semaine dernière : routes bloquées, pneus incendiés, biens publics vandalisés et postes de police saccagés. RFI

Afrique du Sud: les exportations chinoises mettent en péril le secteur de l’industrie
Les usines d’Afrique du Sud à la peine face à l’arrivée massive des produits chinois. Le secteur manufacturier souffre particulièrement, conséquence de la guerre douanière entre la Chine et les États-Unis, l’Afrique du Sud importe de plus en plus de biens chinois. Avec des barrières douanières trop élevées aux États-Unis, Pékin doit trouver de nouveaux débouchés et l’Afrique du Sud est une cible de choix pour les exportateurs chinois. Depuis le début de l’année, 29 % supplémentaires de produits chinois ont été expédiés en Afrique du Sud par rapport à l’année dernière, tels que des téléphones, des automobiles, des machines, des outils ou des panneaux solaires. … Selon l’agence de notation Moody’s, l’Afrique du Sud est le pays africain le plus exposé à la concurrence commerciale chinoise. Et il est même doublement exposé, car au-delà des produits finis, son industrie dépend aussi énormément d’intrants et d’équipements chinois. Cinq nouvelles demandes de protection commerciale ont été déposées par des industriels sud-africains – ils demandent à l’État des allégements de taxes pour ne pas stopper l’activité. RFI

Charlyne Brumskine à la tête de la Cour de justice de la Cédéao
La magistrate libérienne Charlyne M. Brumskine a été élue présidente de la Cour de justice de la CEDEAO, mardi à Abuja, pour un mandat de deux ans à la tête de cette juridiction communautaire. La Libérienne Charlyne M. Brumskine succède au Cap-Verdien Ricardo Cláudio Monteiro Gonçalves, à la présidence de la Cour de justice de la Cédéao, tandis que le magistrat béninois Désiré Henri Aihou a été élu vice-président, selon un communiqué de la Cour. Les deux responsables ont été désignés par le nouveau collège de cinq juges ayant prêté serment le 6 octobre 2026 au siège de la Commission, à Abuja, en présence du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, président en exercice de l’organisation régionale. La Cour de justice de la Cédéao joue un rôle central dans l’application du droit communautaire et l’examen des requêtes relatives aux violations des droits humains relevant de sa compétence. APA