Revue de presse du 14 janvier 2016

Burkina Faso: premier gouvernement Kaboré qui sera aussi ministre de la Défense
Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, élu fin novembre, a formé mercredi un gouvernement de trente ministres dans lequel il assume les fonctions de ministre de la Défense, indique un décret publié mercredi matin à Ouagadougou. Comme le président Blaise Compaoré, chassé en octobre 2014 par la rue après 27 ans au pouvoir, M. Kaboré a choisi de prendre le portefeuille de la Défense et des Anciens combattants. La réforme de l’armée est une préoccupation dans un pays où l’armée joue un rôle politique prépondérant et dont l’histoire est constellée de coups d’Etat et de tentatives de putsch. TV5

Le Zimbabwe dément de nouvelles rumeurs sur la mort de Mugabe
Le gouvernement zimbabwéen a démenti jeudi des informations sur la mort du président Robert Mugabe, 91 ans, actuellement en Asie. « Le président va bien », titrait le quotidien gouvernemental Herald. « Vous ne pouvez pas douter qu’il y aura des rumeurs sur la mort du président chaque année en janvier », déclare le porte-parole du gouvernement George Charamba, cité par le journal. Chaque début d’année, le président Mugabe, au pouvoir depuis 1980, prend des vacances à l’étranger, et chaque année des rumeurs resurgissent sur les réseaux sociaux sur son hospitalisation, voire son décès. TV5

RDC : crise à l’UDPS de Tshisekedi
Le vétéran leader de l’UDPS, Etienne Tshisekedi, en traitement médical en Belgique, avait annoncé samedi depuis Bruxelles, son prochain retour à Kinshasa. Ce mercredi, la BBC a appris que des représentants d’une aile dissidente de l’UDPS, résidant en Belgique, ont porté plainte contre Etienne Tshisekedi et des membres de sa famille, accusés de malversations. Dans un communiqué, les avocats Marc Uytendaele et Fanny Vansiliette, révèlent que la plainte, jusqu’ici tenue secrète, a été déposée le 19 novembre auprès d’un juge d’instruction de Bruxelles. Les plaignants sont des dissidents de l’UDPS, partisans d’André Kalonzo Ilunga, qui s’est proclamé l’an dernier, président intérimaire de la formation d’Etienne Tshisekedi. BBC

L’OMS annonce la fin d’Ebola au Libéria
L’OMS a annoncé officiellement jeudi la fin de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, avec l’arrêt de la transmission au Liberia. « Aujourd’hui, l’Organisation Mondiale de la Santé déclare la fin de l’épidémie d’Ebola au Libéria et affirme que toutes les chaînes connues de transmission en Afrique de l’Ouest ont été stoppées », a indiqué l’institution. BBC

Burundi : l’Onu admet manquer de moyens
L’ONU envisage trois scénarios en cas de dérapage de la crise au Burundi mais reconnaît ne pas avoir les moyens de protéger efficacement les civils si le pire se produit, c’est-à-dire un génocide, selon un document interne. Ce memorandum confidentiel a été adressé au Conseil de sécurité de l’ONU par le chef des opérations humanitaires Hervé Ladsous. « Si les choses tournent vraiment mal, la violence atteindra une ampleur dépassant les capacités de protection des Nations unies, qui devront alors compter sur les Etats membres pour fournir des capacités supplémentaires d’intervention », indique le mémorandum. BBC

Libye: Toubous et Touaregs s’affrontent dans le sud du pays
Des affrontements très violents ont opposé ces derniers jours deux tribus du sud-libyen, les Touaregs et les Toubous. Cela se passe à Oubari, dans le sud-ouest du pays. En novembre 2015, un accord de paix avait été signé entre des représentants des deux camps avec l’aide de la médiation qatarienne. Mais la trève a donc été brisée cette semaine après un nouvel incident. Même si les combats ont cessé, c’est une trêve fragile. RFI

RDC : l’ONU déplore la fermeture d’un camp des déplacés dans l’Est
Dans un communiqué de son agence, M. Paulsen déplore le démantèlement du site de déplacement de Mokoto, au Nord-Kivu, à environ 70 km au nord-ouest de Goma, la capitale de cette province de l’est de la RDC déchirée par les conflits armés depuis plus de vingt ans. « Je regrette la manière dont ce démantèlement s’est déroulé et je suis fortement préoccupé par la punition collective imposée à ces personnes déplacées vulnérables », affirme-t-il. Le camp de Mokoto abritait « environ 4.260 personnes déplacées », qui en ont été « chassées » mardi et « le site a été complètement rasé par les autorités » provinciales du Nord-Kivu, précise le document. VOA

Présidentielle au Bénin : qui sont les principaux prétendants à la succession de Boni Yayi ?
48 candidats à la présidentielle du 28 février ont déposé leurs dossiers devant la Commission électorale nationale autonome (Cena). Ces derniers doivent désormais être validés par la Cour constitutionnelle. Jeune Afrique a dressé le portrait des principaux candidats. Le bureau d’inscription de la Cena a fermé ses portes mardi 12 janvier à minuit. Parmi les prétendants à la succession de Thomas Boni Yayi, le Premier ministre Lionel Zinsou et candidat des FCBE (coalition au pouvoir) ou encore les hommes d’affaires Patrice Talon et Sébastien Ajavon. L’ancien Premier ministre Pascal Koupaki et l’ancien directeur du cabinet militaire de Boni Yayi, Robert Gbian. La liste définitive sera transmise par la Cour constitutionnelle le 25 janvier. Jeune Afrique

Au Bénin, Lionel Zinsou crée la surprise en ralliant deux partis d’opposition
Le premier ministre béninois Lionel Zinsou est, depuis fin novembre 2015, le candidat unique du parti au pouvoir, les Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE), pour la présidentielle dont le premier tour est prévu le 28 février. Mardi 12 janvier, il a créé la surprise en ralliant à sa cause deux partis d’opposition, le Parti du renouveau démocratique (PRD) du président de l’Assemblée nationale, Adrien Houngbédji, et la Renaissance du Bénin (RB) de l’ancien président Nicéphore Soglo. Le Monde

AQMI se félicite de l’existence de brigades composées de combattants non arabes
Yahya Abou El Houmam, émir pour Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) de la zone du « Grand Sahara », s’est félicité de l’existence de brigades constituées de combattants non arabes au sein de cette organisation djihadiste. Le chef terroriste évoquait, dans une interview accordée au site mauritanien Al Akhbar, l’attaque de l’hôtel Radisson de Bamako, le 20 novembre, qui a fait 22 morts dont trois ressortissants chinois, et qui a été revendiquée par Al-Mourabitoune et AQMI. « Nous disposons de katibas (brigades) constituées à partir de combattants originaires de cette région disponibles pour toute attaque sans que nous fassions recours à l’envoi de nos autres frères (arabes) facilement repérables dans cette zone », a affirmé Yahya Abou El Houmam. Xinhua

Qui a peur du président rwandais Paul Kagamé ?
« Vous m’avez demandé de diriger à nouveau ce pays après 2017. Etant donné l’importance que vous y accordez, je ne peux qu’accepter. » A écouter son adresse à la nation diffusée à la télévision nationale le 31 décembre, Paul Kagamé n’a pas eu le choix. Elu en 2003 et 2010 avec plus de 90 % des voix, le président rwandais sera candidat à sa succession. Faut-il y voir une preuve supplémentaire de la dérive autocratique du pouvoir, comme l’estime Carina Tertsakian, de l’ONG Human Rights Watch ? Ou la décision sage d’un homme d’Etat « exceptionnel », comme le croit Emmanuel Mushimiyimana, chercheur en sciences politiques à l’Université du Rwanda, à Kigali ? Entretien croisé. Le Monde

Cameroun, le pays des « exilés de l’intérieur »
Pour la trente-deuxième fois, le président camerounais, Paul Biya, s’est adressé à la nation pour lui présenter ses vœux pour 2016, après une année 2015 qui a été encore plus difficile que les précédentes pour les millions de ses compatriotes sans emploi ni perspectives. L’intérêt de ce discours résidait moins dans les annonces, qui ne brillaient pas par leur audace, que dans le choix des mots, et en particulier l’insistance sur l’un d’eux, celui de « nation ». Avec huit occurrences, il remporte la « palme d’or » du vocable favori du président. Un tel effort laisse penser que l’adresse du chef de l’Etat était, côté face, un discours à la nation, et, côté pile, un discours sur la nation. Le Monde

Algérie: sept morts dans l’incendie criminel d’un complexe touristique
Sept personnes sont mortes et une a été blessée dans un incendie d’origine criminelle qui a ravagé dans la nuit de mardi à mercredi une partie d’un complexe touristique dans la banlieue d’Alger, ont annoncé mercredi des responsables. Le sinistre s’est déclaré vers 02H30 locales (01H30 GMT) dans un bungalow du complexe touristique Azur, dans la station balnéaire de Zeralda, à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de la capitale algérienne, a indiqué la protection civile, citée par l’agence APS. Un officier de la gendarmerie a plus tard annoncé à la télévision algérienne que cet incendie était d’origine criminelle, précisant que trois suspects avaient été identifiés et étaient activement recherchés. Il n’a toutefois pas détaillé les motifs exacts de l’incendie. TV5

En Algérie, l’autre débat sur les binationaux !
Alors que le débat sur la déchéance de la nationalité pour les binationaux agite la France, l’Algérie propose dans son projet de révision constitutionnelle de leur interdire l’accès à la haute fonction publique. Effet domino ? « Je ne peux pas accepter le bannissement des citoyens binationaux de la haute fonction publique car une grande partie d’entre eux a honorablement servi l’Algérie depuis la France et a préparé son indépendance ». Interrogée par Jeune Afrique, Chafia Mentalecheta, députée de la communauté algérienne établie à l’étranger, ne décolère pas. Elle s’élève contre l’article 51 du projet de révision de la Constitution algérienne, adopté le 11 janvier par le conseil des ministres, et qui dispose que « la nationalité algérienne exclusive est requise pour l’accès aux hautes responsabilités de l’État et aux fonctions politiques ». Jeune Afrique

Des vies de migrants en Algérie: arriver
Agathe, technicienne en informatique au Cameroun, a pris la route en 2013. « J’ai tenté d’obtenir un visa pour la France plusieurs fois, sans résultat », raconte cette jeune femme d’une trentaine d’années aux longues tresses. Un ami lui explique alors qu’elle peut « aller en aventure », qu’il suffit d’« un peu d’argent », et assure qu’il l’aidera à arriver jusqu’en Europe. « Je devais lui faire signe une fois au Maroc, mais il n’a jamais répondu. Je suis restée en Algérie. » Maggie, elle, 27 ans, est arrivée à Oran il y a un an sur les conseils de son petit ami qui avait fait le voyage avant elle : « On quitte notre pays pour améliorer notre vie », précise-t-elle. Les deux femmes sont entrées en Algérie par la frontière nigérienne, car l’itinéraire traditionnellement emprunté par les migrants a été modifié en 2012 du fait de la guerre dans le nord du Mali. Le Monde

Au Sénégal, la presse contribue au sentiment antihomosexuel
C’est l’information qui a fait les gros titres de la presse sénégalaise lors des derniers jours de l’année 2015. Dans la nuit du 24 au 25 décembre, soit la veille du Gamou, une fête religieuse musulmane qui tombait cette année la veille de Noël, onze «supposés homosexuels», pour reprendre les mots employés par les médias locaux, ont été arrêtés dans la ville très religieuse de Kaolack. Leur délit supposé: avoir procédé à des mariages entre personnes de même sexe dans une école. Pris en «flagrant délit», ils ont passé une nuit en garde-à-vue avant que la police ne soit contrainte de les exfiltrer dans un lieu tenu secret pour leur éviter d’être lynchés par la foule en colère qui assiégeait le commissariat local. Quelques jours plus tard, le 30 décembre, le procureur a annoncé la libération des 11 hommes en l’absence de preuves tangibles. Slate



Photo: Adam Jones