Revue de Presse du 14 avril 2016

Nigeria: deux ans après le rapt de Chibok, les terribles récits de survivantes
Ce jeudi 14 avril marque le deuxième anniversaire du rapt des 276 lycéennes de Chibok par Boko Haram dans le nord-est du Nigeria. Depuis, le groupe, qui se fait désormais appelé Etat islamique en Afrique de l’Ouest, a enlevé des centaines d’autres jeunes filles, dont près de 400 au cours du dernier trimestre de 2014 à Damasak, une localité située au sud de la frontière du Niger. De plus en plus de mineurs aux mains des terroristes, militairement affaiblis depuis un an, sont utilisés comme bombes vivantes. RFI

Soudan: les déplacés du Darfour n’attendent rien du référendum
Dans les huttes de chaume du camp de déplacés de Zamzam, nombreux sont ceux qui n’attendent rien du référendum sur le statut de cette région de l’ouest du Soudan minée depuis 2003 par un conflit meurtrier. Khartoum a présenté ce scrutin de trois jours, qui se termine mercredi, comme le signe d’une stabilité retrouvée dans une région où des insurgés défient le pouvoir central depuis 2003. Les principaux groupes armés et d’opposition le boycottent car ils le jugent inéquitable en raison des troubles et du nombre important de déplacés, et plusieurs pays étrangers, dont les Etats-Unis, l’ont critiqué. TV5

Viols en RCA: critiquée, l’ONU tente de reprendre la main sur les dossiers
En Centrafrique, les Nations unies ont nommé une coordonatrice pour améliorer la réponse de l’ONU dans les affaires d’abus sexuels présumés. Cette coordonatrice était en visite à Bangui pendant quelques jours. De son côté, l’ONG Aids-Free World, qui a révélé un certain nombre de cas, demande à ce que l’ONU ne s’occupe plus de ces affaires d’abus sexuels.  RFI

En Centrafrique, la radio comme arme contre la LRA
« Charlie six, ici India one… La ronde va commencer! » Dans la petite salle de radio, vouté au-dessus du micro, Joanick, l’opérateur, appelle les hameaux alentour depuis Obo, dans le sud-est de la Centrafrique. Le rendez-vous est quotidien: aux aurores, chacun doit signaler à la base s’il a subi une attaque des rebelles ougandais de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA). Obo, petite ville tout en tons ocre dont les routes de latérite sont bordées de huttes en terre, est nichée près de la frontière sud-soudanaise. Elle n’a connu ni les exactions des ex-rebelles de la Séléka, ni celles des milices anti-balaka, qui ont ravagé le reste du pays. Ici, le danger est tout autre. La LRA, rébellion créée en Ouganda à la fin des années 1980, s’est désormais installée dans cette région. Tapis dans la forêt, ses combattants n’en sortent que pour attaquer les convois routiers, piller les villages, enlever femmes et enfants.  TV5

Tchad: Idriss Déby justifie son pouvoir absolu au nom de la stabilité
Militaires et policiers sont partout à N’Djaména. Malgré le réveil d’une société civile et d’une opposition de plus en plus remuante, le président tchadien – qui devrait être réélu après un quart de siècle au pouvoir – est parvenu à se placer au centre de l’échiquier politique et diplomatique, ce qui le rend difficilement contournable malgré la situation précaire de son pays.  Médiapart

Mayotte : pourquoi l’île est au bord de l’insurréction
Après deux semaines de grève générale, le conflit s’enlise sur l’île de Mayotte. Les syndicats réclament une « égalité réelle » avec la métropole française. Des individus cagoulés sèment la panique avec une augmentation des violences armées. Libération et France-Mayotte relatent ce mardi les émeutes et l’ultra-violence à plusieurs endroits de l’île. LCI

Que reste-il de liberté de pensée au Burundi ?
C’est la question posée par des professeurs d’université et des chercheurs qui dénoncent la décapitation de la liberté de pensée au Burundi, dans une lettre ouverte dont VOA Afrique a reçu la copie. Dans cette lettre ouverte, une soixantaine d’intellectuels évoquent depuis plusieurs années ’ »une chape de plomb » qui s’est abattue sur le pays. Ces intellectuels condamnent « une pensée unique qui s’installe, refusant le débat et la contradiction, et qui manifeste ce refus avec la plus grande violence ». L’environnement actuel ne permet pas l’émergence d’ »un Burundi pacifié et démocratique », ajoutent-ils. « Comment l’université pourrait-elle encore assurer sa triple mission d’enseignement, de recherche et de service à la communauté », s’interrogent-ils. VOA

Burundi: des intellectuels dénoncent la « chape de plomb » qui s’est abattue sur le pays
Une soixantaine d’intellectuels du monde entier ont dénoncé mercredi la « chape de plomb » qui s’est abattue sur le Burundi, donné en exemple hier mais aujourd’hui en crise, dans une lettre ouverte publiée mercredi par le dernier journal indépendant burundais. « A l’Université du Burundi, qui pourrait être un rempart face à la résurgence de la violence et des manipulations idéologiques (…), la peur a réduit à néant l?espace de débat et d?analyse », dénonce cette tribune. Intitulée « Que reste-t-il de la liberté de pensée au Burundi? », elle est signée dans le journal Iwacu par 61 « chercheurs et enseignants » en lien avec le Burundi et en provenance de prestigieuses universités africaines, américaines ou européennes. Les collègues burundais « qui marquent ouvertement leur désaccord » avec l’une ou l’autre partie « sont intimidés et parfois disparaissent », alors que ceux qui « ont fui le pays craignent que la moindre déclaration critique ne mette en danger leurs proches restés au Burundi », s’insurgent-ils, constatant qu’ »une chape de plomb s?est abattue sur le pays ». France 24

Au Mali, l’armée repousse des djihadistes présumés, faisant un mort
Selon des sources militaires et de sécurité., dans la nuit de mardi à mercredi, dans le centre du Mali, l’armée malienne a repoussé une attaque menée par des djihadistes présumés. Un de ces hommes a été tué et cinq arrêtés. « Une position de notre armée a été attaquée dans la nuit de mardi à mercredi à Boni, entre Douentza et Hombori », a affirmé à l’Agence France Presse. Un officier malien, joint au téléphone dans le nord du Mali, faisant état d’un « bilan provisoire d’un assaillant tué et cinq autres arrêtés ». Des assaillants ont infiltré la ville, située aux marches du nord du Mali « avant le début de l’attaque », a précisé la même source militaire, l’attribuant aux « terroristes du Front de libération du Macina » (FLM), un groupe basé dans le centre du pays, apparu début 2015 et dirigé par le prédicateur radical malien, Amadou Koufa, un Peul.  Le Point

Des personnes liées à l’attaque du Grand Bassam activement recherchées au Mali
Les personnes recherchées ont déjà été identifiées, selon le ministre ivoirien de l’Intérieur, Hamed Bakayoko. Au total 83 personnes au total ont été interpellées depuis l’attaque, a révélé le ministre ivoirien. Ces personnes sont recherchées en relation avec l’attaque jihadiste qui a fait 19 morts le 13 mars en Côte d’Ivoire sont « activement recherchées au Mali ». « Aujourd’hui des personnes sont activement recherchées au Mali particulièrement, mais (elles sont) identifiées, ça veut dire qu’elles ne vivent plus comme avant, la terreur a changé de camp », a affirmé Hamed Bakayoko, sans plus de détails sur leur nationalité ou leur nombre, lors d’une cérémonie dans la station balnéaire de Grand-Bassam (à 40 km d’Abidjan), théâtre de l’attaque. VOA

Au Mali, les mines sont devenues le principal danger pour les forces françaises
Il s’agit des cinquième, sixième et septième soldats français tués au Mali depuis le début de l’opération Barkhane en août 2014. Mardi 12 avril, la présidence française annonçait qu’un militaire avait été tué dans l’explosion d’une mine contre son véhicule. Deux autres soldats touchés dans l’attaque mourront quelques heures plus tard de leurs blessures, a annoncé la présidence française mercredi 13 avril. Ce qui porte le bilan à trois victimes. À lire aussi: Trois soldats français tués au Mali Depuis la fin de l’opération Serval à l’été 2014 – et la reconquête du Nord du Mali face à plusieurs groupes armés djihadistes –, la France poursuit, en coopération avec cinq pays de la zone (Mali, Burkina Faso, Tchad, Niger, Mauritanie), sa lutte contre les combattants djihadistes implantés au Sahel dans le cadre de l’opération Barkhane. Slate

Présidentielle en guinée équatoriale : Thomas Boni Yayi dirigera la mission d’observation de l’Union africaine
L’ancien président béninois, Thomas Boni Yayi, a été désigné chef de la mission d’observation de l’Union africaine pour la présidentielle en Guinée équatoriale prévue le 24 avril. Annoncée mardi 12 avril dans le journal télévisé de 20h par l’Office de radiodiffusion et de télévision du Bénin (ORTB, public), l’information a été confirmée à Jeune Afrique par une source à la Commission de l’Union africaine (UA). L’ancien président béninois, Thomas Boni Yayi, dirigera la mission d’observation dépêchée par l’UA dans le cadre de la présidentielle équato-guinéenne. Cette élection est prévue le 24 avril. Le chef de l’État Teodoro Obiang Nguema est candidat à sa propre succession. La campagne a démarré vendredi 8 avril. Jeune Afrique

Lettre ouverte à François Hollande sur les crimes de Brazzaville
Le 4 avril 2016, falsifiant comme d’habitude le résultat des urnes, la Cour constitutionnelle de la République du Congo, aux ordres, valide la réélection à la présidence de la République du candidat Denis Sassou-Nguesso, au pouvoir depuis trente-deux ans. Préparé à ce coup d’Etat électoral, cette fois, le peuple congolais est prêt à amplifier sa résistance pacifique et à poursuivre sa désobéissance civile. La réponse du système militaro-politique congolais est également prête depuis des mois. Elle consiste à désigner le sud de la ville et du pays comme foyers d’invisibles et insaisissables ennemis intérieurs. Le Monde

L’empire Bolloré en Afrique: de la logistique aux médias
Le siège du groupe Bolloré Africa Logistics en France a été perquisitionné vendredi 8 avril par les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCLIFF). Le groupe du milliardaire breton est soupçonné d’avoir utilisé sa filiale publicitaire Havas pour faciliter l’obtention de la gestion des ports de Conakry en Guinée et de Lomé au Togo.  RFI

 



Photo: Adam Jones