Elections présidentielle et parlementaires en Zambie : le dépouillement suspendu en raison de « violences », annonce la Commission électorale
Le dépouillement des élections présidentielle et parlementaires, organisées jeudi en Zambie, est suspendu pour au moins vingt-quatre heures en raison de « violences », a annoncé, vendredi 14 août, la Commission électorale de ce pays d’Afrique australe. « La Commission électorale de Zambie a pris connaissance avec inquiétude des informations faisant état de violences survenues lors du dépouillement et de la proclamation des résultats dans certains districts. (…) Compte tenu de la situation sécuritaire et des menaces persistantes de violence, la commission a suspendu, avec effet immédiat, le dépouillement et la proclamation des résultats », a déclaré devant les médias, à Lusaka, le directeur des élections à la Commission, Brown Kasaro. « La commission réexaminera cette suspension dans les vingt-quatre heures », a-t-il ajouté. A la tête d’une coalition de partis d’opposition et rival le plus sérieux de Hakainde Hichilema, Brian Mundubile a affirmé dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux avoir « remporté cette élection tant au niveau présidentiel qu’en termes de majorité des sièges au Parlement » juste avant cette annonce. Hakainde Hichilema, arrivé au pouvoir après une transition démocratique pacifique en 2021, a réagi en demandant aux 8,7 millions d’électeurs appelés à voter de rester « sereins, patients et patriotes en attendant les résultats officiels communiqués par les instances chargées de la gestion du scrutin », dans un communiqué sur les réseaux sociaux. Le Monde avec AFP
Au Tchad, neuf opposants, dont Succès Masra, graciés par le président Mahamat Idriss Déby
Succès Masra, ancien premier ministre et chef du principal parti d’opposition au Tchad, ainsi que huit autres dirigeants de partis ont été graciés par le président Mahamat Idriss Déby vendredi 14 août par décret. Condamné pour « diffusion de message à caractère haineux et xénophobe » et « complicité de meurtre », Succès Masra purgeait depuis plus d’un an une peine de vingt ans de prison ferme. Les huit dirigeants de partis, tous membres du Groupe de concertation des acteurs politiques, la plateforme de l’opposition, étaient condamnés depuis mai à huit ans de prison ferme, jugés coupables de fomenter une insurrection. … Economiste de 42 ans et figure populaire de l’opposition, Succès Masra avait été contraint à l’exil au Cameroun fin 2022, après une manifestation violemment réprimée lors de laquelle de nombreuses personnes avaient été tuées par les forces de l’ordre, sans qu’aucun bilan officiel ne soit jamais communiqué. Il était rentré au Tchad un an plus tard en vertu d’un accord conclu avec le gouvernement tchadien à Kinshasa. Il avait été nommé premier ministre peu après, cinq mois avant l’élection présidentielle de mai 2024 à l’issue de laquelle il était arrivé deuxième avec près de 20 % des voix. M. Déby avait recueilli environ 60 % des suffrages, remportant une élection contestée et boudée par une bonne partie de l’opposition. Le Tchad, pays d’Afrique centrale qui compte près de 20 millions d’habitants, est dirigé depuis 2021 par M. Déby, qui avait pris la tête d’une transition militaire à la mort de son père, Idriss Déby Itno, tué par des rebelles après trente ans à la tête du pays. Le Monde avec AFP
Soudan : Khartoum visée par des frappes de drones des paramilitaires pour le deuxième jour de suite
La capitale soudanaise Khartoum, contrôlée par l’armée, a été la cible jeudi 13 août, pour le deuxième jour de rang, de frappes de drones menées par les paramilitaires, qui ont aussi lancé des attaques ailleurs dans le pays. Depuis avril 2023, le Soudan est ravagé par une guerre opposant l’armée aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR). Khartoum, reconquise par l’armée l’an dernier, connaissait un répit relatif depuis des mois. Mais les FSR ont lancé mercredi une vaste attaque coordonnée de drones, visant la capitale et d’autres villes contrôlées par l’armée, distantes de plusieurs centaines de kilomètres. Jeudi, les mêmes scènes se sont répétées : un correspondant de l’Agence France-Presse (AFP) a fait état de tirs de drones et de missiles au-dessus de la ville. « Les défenses antiaériennes de l’armée ont riposté aux drones de la milice et les ont abattus », a affirmé une source militaire, en référence aux FSR. Les paramilitaires ont également lancé une contre-offensive au sud-ouest de la capitale, sur l’axe routier reliant la capitale à El-Obeid, grande ville de la vaste région du Kordofan, au cœur des affrontements entre les deux camps ces derniers mois. … Mercredi, les frappes à El-Obeid avaient fait deux morts, a rapporté jeudi le groupe de défense des droits humains Emergency Lawyers, qui documente les atrocités commises dans le conflit. Plus à l’est, une autre attaque des FSR a été signalée à Kurmuk, à la frontière avec l’Ethiopie, une ville stratégique reprise par l’armée le mois dernier. Le Monde avec AFP
Mali: l’état-major annonce la libération de 82 militaires maliens détenus par le Jnim et par le FLA
Au Mali, l’état-major des armées a annoncé, ce jeudi 13 août, dans un communiqué lu à la télévision nationale, la libération de 82 militaires retenus en otage, dont certains capturés le 25 avril 2026 lors de la prise de Kidal par le Front de libération de l’Azawad (FLA) et ses alliés jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim). Selon l’armée, cette libération est « l’aboutissement d’un processus engagé dès leur capture par des groupes armés terroristes affiliés à la coalition Jnim/FLA ». Cette libération a d’ailleurs été rapidement confirmée par Maouloud El Ramadane, le porte-parole du FLA. Quatre-vingt deux militaires de l’armée malienne faits prisonniers entre 2023 et 2026 ont été libérés « dans un cadre strictement humanitaire », a-t-il précisé. D’après des sources sécuritaires, ces libérations ont été rendues possibles grâce à des négociations et des contreparties entre les deux camps. Les militaires libérés n’ont pas tous été capturés à Kidal lors des affrontements du 25 avril dernier. Certains étaient entre les mains du FLA depuis 2023, confirment les mêmes sources. RFI
Le missionnaire américain, Kevin Rideout, enlevé au Niger en octobre, a été « libéré », selon le groupe chrétien SIM International
Le missionnaire américain Kevin Rideout, enlevé en octobre au Niger et présumé détenu par la branche sahélienne de l’Etat islamique, a été « libéré », a annoncé, vendredi 14 août, le groupe chrétien pour lequel il travaillait, confirmant des informations du New York Times. … Selon le New York Times, qui a été le premier à annoncer la libération de M. Rideout, l’Américain travaillait comme missionnaire au Niger depuis dix-neuf ans. Agé de 50 ans, M. Rideout était pilote pour SIM International, a encore rapporté le média américain. SIM International se décrit comme « une agence de mission évangélique, travaillant avec des Eglises dans le monde entier », avec des équipes présentes dans plus de 70 pays. M. Rideout a un temps été considéré comme détenu au Mali par la branche sahélienne du groupe Etat islamique. Mais il n’était pas clairement établi par quel groupe le missionnaire était détenu à la fin de sa captivité, puisqu’il se peut qu’il ait été déplacé, a rapporté le New York Times, citant un responsable américain non identifié. Le Monde avec AFP
Ebola en RDC : l’épidémie s’étend à une sixième province et menace le Soudan du Sud
L’épidémie d’Ebola, en passe de devenir la plus meurtrière de l’histoire de la République démocratique du Congo (RDC), s’est étendue jeudi 13 août à une sixième province dans le nord du pays et menace de se propager au Soudan du Sud voisin. La RDC a déclaré, le 15 mai, avec plusieurs semaines de retard, sa 17e épidémie d’Ebola ; la plus meurtrière connue par le pays avait fait près de 2 300 morts pour 3 500 malades recensés entre 2018 et 2020. L’épidémie actuelle a fait plus de 2 128 morts sur 4 566 cas confirmés, seulement trois mois après sa déclaration, selon le dernier bilan publié par les autorités congolaises. Jusqu’à présent, cinq provinces congolaises étaient touchées : l’Ituri (frontalier de l’Ouganda et du Soudan du Sud), le Nord-Kivu voisin, le Sud-Kivu, le Haut-Uele et la Tshopo. Mais une personne est morte de la maladie dans la province du Bas-Uele (nord), frontalière de la République centrafricaine et jusqu’à présent épargnée, a affirmé le patron de l’agence de santé de l’Union africaine (Africa CDC), Jean Kaseya, lors d’un échange en ligne avec des journalistes. La victime a voyagé en provenance de la province voisine du Haut-Uele (nord-est), où des cas d’Ebola avaient déjà été signalés. Le Monde avec AFP
Accords de Washington : la RDC et le Rwanda proposent deux initiatives pour renforcer le suivi sécuritaire
La République démocratique du Congo et le Rwanda veulent renforcer le suivi et la vérification de la mise en œuvre des Accords de Washington. Deux initiatives en ce sens ont été présentées à l’issue de la sixième réunion du Mécanisme conjoint de coordination de la sécurité, tenue les 12 et 13 août à Genève. Les participants, notamment la RDC, le Rwanda, les États-Unis, le Qatar, le Togo et l’Union africaine, ont demandé à Washington d’examiner ces propositions et de présenter ses observations lors de la prochaine réunion conjointe prévue en septembre. Les deux initiatives portent notamment sur le mécanisme conjoint de coordination sécuritaire ainsi que sur le comité chargé du suivi du cessez-le-feu et du contrôle des mouvements de troupes le long de la ligne de contact. Selon les conclusions de la réunion de Genève, les deux parties aux Accords de Washington souhaitent ainsi disposer de mécanismes permettant de renforcer le suivi des engagements sécuritaires pris dans le cadre de ces accords. Les États-Unis sont appelés à examiner ces propositions avant la prochaine réunion du Mécanisme conjoint de surveillance et de coordination (JSCM), annoncée pour les 16 et 17 septembre prochains. Au cours de cette réunion, la RDC a également présenté son plan de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) des combattants des FDLR. À la demande du Mécanisme, la MONUSCO a complété cette présentation par un exposé consacré à son expérience opérationnelle en matière de DDR. Radio Okapi
RDC: la coalition d’opposition C64 maintient son ultimatum pour la convocation d’un dialogue national inclusif
En République démocratique du Congo (RDC), la coalition d’opposition C64 brandit la menace de manifestations à l’approche de l’expiration de son ultimatum du 15 août lancé au président Félix Tshisekedi pour convoquer officiellement le dialogue national inclusif censé régler la crise politique et sécuritaire. L’opposition avait déjà annoncé des déferlantes populaires puis les avait repoussées à la demande des confessions religieuses qui assurent le pont avec le président Tshisekedi. Cette fois, cette coalition d’opposition, la principale de République démocratique du Congo (RDC), prévient qu’elle ne reculera plus. La C64 qui conçoit d’ailleurs le dialogue comme cadre de rejet du projet de changement de la Constitution. Dieudonné Bolengetenge, secrétaire général du parti Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, était face à la presse à Kinshasa. « La finalité n’a pas changé. Il s’agit d’empêcher le renversement de l’ordre constitutionnel en vigueur dans notre pays. Si le dialogue peut être perçu comme une voie susceptible de mener à l’atteinte du même objectif que nous aurions pu atteindre par la pression, on ne peut pas confondre le dialogue avec l’objectif. À l’approche de la date du 15 août, s’il n’y a pas d’avancées significatives dans le sens de rendre possible un dialogue, ce que nous allons annoncer comme manifestation, nous allons pousser dans le sens de les réaliser », assure-t-il, au micro de Pascal Mulegwa, notre correspondant à Kinshasa. RFI
Le Maroc relance le débat sur la souveraineté des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla
Dans une interview accordée mercredi 12 août à la chaîne saoudienne Asharq News, Abdellatif Ouahbi, le ministre marocain de la Justice, a désigné les enclaves espagnoles de Ceuta et de Melillla comme une revendication territoriale du Maroc. Madrid n’a pas tardé à répliquer : « L’intégrité territoriale des deux enclaves n’a jamais été discutée et ne le sera jamais », ont prévenu les autorités espagnoles. Les revendications du Maroc ne datent pas d’hier, mais elles se font aujourd’hui dans un contexte particulier, au regard des événements d’il y a deux semaines, quand 70 000 personnes avaient tenté de franchir illégalement la frontière qui sépare l’enclave espagnole de Ceuta du territoire marocain. Dans son intervention sur la chaîne Asharq News, le ministre marocain de la Justice, Abdellatif Ouahbi, se réfère à Ceuta et Melilla comme des « enclaves occupées », affirmant que la revendication de la souveraineté marocaine sur ces deux territoires n’est pas récente. Selon lui, le Maroc soulève « systématiquement » la question lors des négociations avec l’Espagne. « Ce sujet est toujours d’actualité. Nous tenons à notre territoire. Nous traitons ce dossier avec patience, l’objectif sur le long terme est de parvenir à une solution par le dialogue », a-t-il déclaré. L’Espagne n’a pas tardé à réagir. Dans la journée, la ministre espagnole de la Défense, Margarita Robles, a tenu une conférence de presse. Questionnée par les journalistes sur les déclarations du ministre marocain de la Justice, elle a répondu : « Il faut dire très clairement que Ceuta et Melilla ne sont pas seulement espagnoles : elles sont espagnoles par excellence ! Et c’est précisément pour cette raison qu’elles sont intouchables ».
Guinée-Bissau: le projet de Constitution renforçant les pouvoirs du président ne fait pas l’unanimité
À Bissau, les autorités de la Transition ont présenté ce 12 août la nouvelle Constitution, qui sera soumise à référendum le 30 août. Présenté par le président du Conseil national de la Transition devant des dirigeants, diplomates et représentants de la société civile, le texte entend « clarifier les équilibres du pouvoir ». Mais dans les faits, il prévoit de remplacer le régime semi-parlementaire par un régime présidentiel fort, renforçant ainsi les pouvoirs du chef de l’État. Une partie de la classe politique et de la société civile de Guinée-Bissau dénonce un passage en force, car la nouvelle Constitution a été pensée et rédigée par un pouvoir de transition non élu. L’opposition appelle donc à voter « non » lors du référendum du 30 août. Selon le Conseil national de la Transition, ce nouveau texte « permettra d’éviter les blocages politiques ». C’est ce qu’a expliqué son président Tomás Djassi. Dans les faits, il renforce les pouvoirs du président. Celui-ci pourra désormais nommer et révoquer le Premier ministre, sans tenir compte des résultats électoraux ni des forces politiques majoritaires. L’Assemblée nationale n’aura pas son mot à dire et le président pourra la dissoudre en cas de « crise politique profonde ». La nouvelle Constitution donne ainsi au Président un pouvoir considérable sur le gouvernement, puisqu’il pourra le faire tomber si celui-ci échoue à appliquer son programme. Par ailleurs, le nombre de députés est réduit de près de la moitié : ils passent de 102 à 65. Les plus petits partis pourront également être dissous s’ils obtiennent moins de 4 % des voix aux élections législatives. … La Guinée-Bissau est dirigée depuis le 26 novembre 2025, veille de l’annonce prévue des résultats provisoires des élections présidentielle et législatives dans le pays, par des militaires qui ont renversé le président sortant Umaro Sissoco Embalo et suspendu le processus électoral. RFI
