Revue de presse du 13 octobre 2026

Joseph Kabila, ex-président de la République démocratique du Congo, prend la tête d’un mouvement politico-militaire incluant les rebelles du M23
L’ancien président de la République démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila, aujourd’hui opposant sous le coup d’une condamnation à mort pour trahison, a pris la tête d’un nouveau mouvement politico-militaire incluant le M23, confirmant ainsi ses liens avec le groupe armé antigouvernemental qui contrôle de vastes pans de territoire dans l’est du pays. L’annonce surprise, lundi 12 octobre au soir, de cette union, survient dans un contexte politique incertain en RDC, pays d’Afrique centrale à l’histoire politique agitée. … Joseph Kabila, dont les apparitions publiques sont rares, est apparu lundi soir devant la presse, au côté de plusieurs hauts responsables du M23, sans prendre la parole. L’annonce de la création du mouvement, baptisé Front pour la refondation de la nation (FRN), présidé par l’ancien chef d’Etat (2001-2019), a été faite de la résidence de ce dernier à Goma, grande ville de l’est contrôlée par le M23. Les hauts responsables du groupe armé et de l’Alliance fleuve Congo, ancienne branche politique du M23, désormais dissoute avec la création du FRN, ont été nommés vice-présidents. Le Monde avec AFP

Éthiopie: l’armée fédérale poursuit sa contre-offensive et entre, sans combattre, dans deux villes du Tigré
En Éthiopie, la contre-offensive de l’armée fédérale se poursuit au Tigré. Dimanche 11 et lundi 12 octobre, les forces fédérales éthiopiennes et leurs alliés des Forces de paix du Tigré sont entrées, sans combattre, dans Adwa et Axoum, deux villes majeures du nord de la région, situées à quelques dizaines de kilomètres de la frontière érythréenne et auparavant aux mains des rebelles tigréens. Ces succès confirment la nouvelle emprise du gouvernement fédéral au Tigré et rendent l’avenir du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) très incertain. Des militaires de l’armée fédérale posant fièrement devant le célèbre monolithe d’Axoum : depuis lundi 12 octobre, ces photos circulent sur les réseaux sociaux et entérinent le contrôle de la ville par les forces éthiopiennes. Cela fait une ville prise en plus pour le gouvernement, après celle d’Adwa la veille. L’armée fédérale étend ainsi son emprise au Tigré, tandis que les troupes du TPLF, de leur côté, se retirent de plus en plus au nord, à la frontière érythréenne. RFI

L’Erythrée demande au Conseil de sécurité de l’ONU de condamner la « déclaration de guerre » de l’Ethiopie
L’Erythrée a demandé, samedi 10 octobre, au Conseil de sécurité des Nations unies de « condamner fermement la déclaration de guerre déplorable de l’Ethiopie » à son encontre, avertissant notamment qu’elle « déstabilisera[it] la région tout entière ». L’Ethiopie avait, la veille, accusé l’Erythrée, qui a déployé ces derniers jours des troupes dans le Nord éthiopien, « d’agression flagrante », dans une nouvelle escalade verbale entre les deux voisins qui augmente le risque d’une guerre ouverte. Le ministre des affaires étrangères érythréen, Osman Saleh, a, dans une lettre, également demandé au Conseil de sécurité de « prendre les mesures dissuasives qui s’imposent ». … Cette escalade verbale intervient plus de deux semaines après la reprise des combats dans le nord de l’Ethiopie, opposant notamment les forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), formation politique qui dirigeait de fait l’Etat régional du Tigré depuis avril, à l’armée fédérale éthiopienne. L’Ethiopie accuse depuis plusieurs mois l’Erythrée de soutenir les rebelles du TPLF. … Depuis plusieurs jours, entre 5 000 et 8 000 soldats érythréens sont présents au Tigré, dans le nord de l’Ethiopie, selon une source sécuritaire étrangère. Le Monde avec AFP

Soudan : la guerre et la sécheresse menacent d’étendre la famine
Au Soudan, la famine déclarée depuis août 2024 menace de gagner de nouveaux territoires. Après trois ans et demi de guerre entre l’armée soudanaise et les rebelles des Forces de soutien rapide (FSR), les combats ne se contentent plus de priver les populations de nourriture. Ils détruisent les moyens permettant de la produire. Et alors que les récoltes s’annoncent désastreuses, une sécheresse exceptionnelle vient aggraver une crise alimentaire déjà catastrophique. Dans une alerte publiée lundi, le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), organisme international de référence basé à Rome, prévient que le risque de famine s’étend dans plusieurs régions du Darfour et du Kordofan, dans l’ouest et le centre du pays. Les nouvelles données révèlent une détérioration rapide de la situation nutritionnelle, tandis que les opérations humanitaires peinent à suivre l’ampleur des besoins. ONU Info

Au large de Djibouti, au moins 139 migrants meurent dans le naufrage de leur embarcation
Au moins 139 personnes ont péri, et 84 autres sont portées disparues, en raison du naufrage d’une embarcation de fortune dans la nuit du 8 au 9 octobre, au large de Djibouti, a fait savoir l’Organisation des Nations unies (ONU), dimanche 11 octobre. Un précédent bilan faisait état de 109 morts, mais l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a fait savoir, plus tard dans la journée, que 30 corps supplémentaires avaient été découverts, ajoutant que « les opérations de recherche se poursuivent ». L’embarcation, qui transportait 305 personnes de Djibouti vers le Yémen, a chaviré au nord de la ville d’Obock, selon l’OIM, dont les équipes sont sur le terrain aux côtés des autorités locales pour fournir une aide d’urgence. … Depuis le 10 septembre, l’OIM a recensé plus de 20 000 arrivées en provenance d’Ethiopie à Djibouti. Entre le 1er janvier et le 1er octobre 2026, l’organisation a comptabilisé environ 178 000 arrivées en provenance d’Ethiopie. Le Monde avec AFP

Guinée-Bissau: la Cedeao appelle au dialogue face au vote bloqué
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a exhorté vendredi la junte de Guinée-Bissau à mener des consultations après que l’organe électoral a jugé que les conditions n’étaient pas réunies pour organiser des élections. La Cedeao a appelé les autorités de Guinée-Bissau « à entreprendre de larges consultations avec les acteurs nationaux sur le calendrier électoral, de manière transparente et inclusive, afin de préserver les conditions nécessaires à un retour pacifique, inclusif et transparent à l’ordre constitutionnel ». La Guinée-Bissau est dirigée depuis le 26 novembre 2025, veille de l’annonce prévue des résultats provisoires des élections présidentielle et législatives, par des militaires qui ont renversé le président sortant Umaro Sissoco Embalo et suspendu le processus électoral. La junte au pouvoir est censée organiser le 6 décembre des élections présidentielle et législatives, qui doivent acter le retour au pouvoir des civils. De nombreux observateurs soupçonnaient Embalo d’avoir orchestré le putsch afin de stopper un processus électoral qu’il semblait être en train de perdre. Ce pays ouest-africain, perpétuellement instable, est en proie depuis plusieurs semaines à d’importants troubles politiques et sécuritaires, à mesure que s’approche l’échéance de décembre. AFP

Sahel central : les déplacements forcés ont presque doublé en cinq ans
Au Burkina Faso, au Mali et au Niger, près de quatre millions de personnes sont aujourd’hui déplacées de force, contre deux millions en octobre 2020. L’insécurité et les chocs climatiques aggravent la crise au Sahel central, tandis que le manque de financements humanitaires fragilise l’aide aux populations. Parmi ces personnes déplacées figurent plus de 818 000 réfugiés et demandeurs d’asile, selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Les familles contraintes de fuir voient leurs moyens de subsistance s’effondrer et leurs possibilités de reconstruire leur vie se réduire. Aux violences s’ajoutent les chocs climatiques, qui frappent les populations déplacées comme les communautés d’accueil. Sécheresses, pluies irrégulières et inondations compromettent les récoltes, détruisent des habitations et des infrastructures et compliquent l’accès à l’eau. Pour les familles vivant de l’agriculture et de l’élevage, ces aléas réduisent encore les moyens de subvenir à leurs besoins. ONU Info

En Guinée, le calendrier des élections sénatoriales et régionales désormais fixé
Le président guinéen Mamadi Doumbouya a fixé au 20 décembre prochain l’organisation d’élections sénatoriales et au 29 novembre celles des conseils régionaux, dernières étapes du retour à l’ordre constitutionnel dans le pays, selon un décret lu le 12 octobre à la télévision nationale. Le décret est signé du général Doumbouya, élu lors de la présidentielle du 28 décembre 2025 après avoir pris le pouvoir par la force lors d’un coup d’État en septembre 2021, en dépit de sa promesse initiale de rendre le pouvoir à des civils au terme d’une période de transition. Selon le décret, le scrutin pour l’élection des conseils régionaux à travers le pays et dans la capitale Conakry se tiendra le 29 novembre. Quelques semaines plus tard, le 20 décembre, se déroulera l’élection des deux tiers des membres du Sénat, également dans l’ensemble des régions et à Conakry. … Selon le décret, le scrutin pour l’élection des conseils régionaux à travers le pays et dans la capitale Conakry se tiendra le 29 novembre. Quelques semaines plus tard, le 20 décembre, se déroulera l’élection des deux tiers des membres du Sénat, également dans l’ensemble des régions et à Conakry. Le dernier tiers des sénateurs est nommé par le président de la République. Jeune Afrique avec AFP

Tchad-France : Mahamat Idriss Déby Itno attendu à l’Élysée par Emmanuel Macron
Le président du Tchad, Mahamat Idriss Déby Itno, a quitté N’Djamena ce lundi 12 octobre dans la matinée à destination de la France. Le chef de l’État effectue une visite de travail à l’invitation de son homologue français, Emmanuel Macron. Les deux hommes doivent aborder des questions liées à la coopération économique, ainsi que des sujets de sécurité régionale, notamment au Sahel et au Soudan. Mahamat Idriss Déby Itno et Emmanuel Macron se sont déjà entretenus à Paris au début de 2026. Les deux chefs d’État avaient alors « affirmé l’ambition d’un partenariat revitalisé », selon les termes de l’Élysée. Les liens entre le Tchad et la France n’avaient en effet cessé de se dégrader depuis la rupture soudaine par N’Djamena de l’accord de défense liant les deux pays en novembre 2024. Mais, depuis, les relations ont repris. … Des dossiers politiques s’invitent au menu de la relation franco-tchadienne. Si l’ancien Premier ministre Succès Masra a été libéré au Tchad depuis la dernière visite de Mahamat Idriss Déby Itno en France – ce qui a été vu comme un signe d’ouverture à Paris –, plusieurs opposants tchadiens ont récemment fait campagne en France, au premier rang desquels Ousmane Dillo, le frère de l’ancien candidat à la présidentielle Yaya Dillo Djerou, tué en 2024. Jeune Afrique

Mali: des manifestants dénoncent une «bavure» policière après la mort d’un jeune homme à Kourémalé
Des mouvements de protestation ont tourné à l’émeute, lundi 12 octobre, à Kourémalé, une ville située à la frontière avec la Guinée, après la mort, dimanche soir, d’un jeune homme lors d’un contrôle de police ayant mal tourné. Les manifestants ont protesté contre une nouvelle « bavure », selon eux, de la police, après un incident similaire la semaine dernière. La victime est un jeune homme d’une trentaine d’années, employé comme garde sur un site d’orpaillage. Dimanche 11 octobre au soir, alors qu’il part prendre son service à moto, transportant avec lui une passagère, des agents de police tentent de le contrôler. Certaines sources évoquent une affaire de vignette. Le jeune homme a refusé d’obtempérer, la situation a alors dégénéré et les policiers ont fait feu. Le jeune homme a succombé à ses blessures. Sa passagère a été transférée à Bamako pour y être soignée. … Le lendemain, lundi 12 octobre, des mouvements de protestation contre ce qui est perçu comme une nouvelle « bavure policière » ont éclaté et tourné à l’émeute. Des groupes de manifestants ont arpenté les rues et allumé des feu. Le marché hebdomadaire n’a pu se tenir et les boutiques ont baissé le rideau. La police a fait face et effectué des « tirs de sommation ». Il y a une semaine, le dimanche 4 octobre, un homme avait déjà péri à Dialakorodji, près de Kati, également dans la région de Koulikouro, écrasé par une voiture de police, lui aussi à la suite d’un refus d’obtempérer alors que son véhicule circulait au sein d’un cortège de mariage. RFI

Madagascar: un an après avoir fui le pays, que devient Andry Rajoelina?
Le 12 octobre 2025, après dix-huit jours de mobilisation de la Génération Z, l’ancien président malgache abandonnait le pouvoir et quittait Madagascar. Aujourd’hui installé aux Émirats arabes unis, il ne compte guère plus de relais à Antananarivo où ses proches se sont ralliés aux militaires. Un an après avoir quitté Madagascar à bord d’un avion militaire français en pleine mobilisation de la Génération Z et abandonné le pouvoir à l’armée et au colonel Michael Randrianirina qui dirige, depuis, la transition, que sont devenus l’ancien président Andry Rajoelina et ses fidèles ? Si l’ex-chef de l’État vit en exil, à Madagascar il ne reste presque rien de son camp. … Quant à ses fidèles, eux aussi ont pris la fuite, comme l’ancien maire de la capitale Naina Andriantsitohaina, ou sont en prison, à l’instar de sa conseillère Rinah Rakotomanga et de son ex-ministre de l’Éducation Marie-Michelle Sahondrarimalala, condamnée à la fin du mois de septembre à cinq ans ferme pour atteinte à la sûreté de l’État. L’homme d’affaires Mamy Ravatomanga, pilier financier du régime déchu, est pour sa part détenu à Maurice depuis décembre. RFI