Revue de Presse du 13 juillet 2016

Burundi : une députée abattue
La journaliste Hafsa Mossi, ancienne ministre burundaise de l’Information, a été tuée ce mercredi par balle, à Bujumbura. Elle a été tuée par deux hommes, affirme la Police burundaise, en qualifiant ses bourreaux de « criminels ». Les raisons de l’attaque armée contre Hafsa Mossi ne sont toutefois pas encore connues, selon les autorités burundaises. « L’assassinat de l’Honorable Hafsa Mossi est un acte ignoble et lâche. C’est une perte inestimable pour le Burundi, sa famille et toute l’EAC », la Communauté des Etats d’Afrique de l’Est, a réagi le président burundais Pierre Nkurunziza, sur Twitter. BBC

Crise au Burundi : le gouvernement refuse de négocier avec l’opposition
La cérémonie d’ouverture du dialogue de sortie de crise au Burundi a été annulée mardi 12 juillet à Arusha en Tanzanie. Le gouvernement burundais dénonce la présence dans la salle de figures de l’opposition et de la société civile, a-t-on appris auprès de plusieurs participants. Les pourparlers inter-burundais devaient reprendre ce mardi, après des mois de blocage. Contrairement au premier round des discussions du 21 au 24 mai à Arusha, où les opposants n’étaient qu’une poignée sur les quelque 90 invités, tous les groupes y sont représentés. Le gouvernement du président Pierre Nkurunziza a jusqu’à présent refusé de discuter avec ces responsables, qu’il accuse d’être derrière une tentative de putsch en mai 2015 et les violences actuelles. Le Monde

Niger : la prison pour 7 opposants
Sept militants du parti de l’opposant nigérien Hama Amadou ont été condamnés à 10 mois de prison ferme et 2 mois d’emprisonnement avec sursis. Traduits en justice pour « attroupement armé et trouble à l’ordre public », ils ont été jugés mardi, à Niamey. Parmi les condamnés figure le député Soumana Sanda, président du groupe parlementaire du parti de Hama Amadou. En novembre 2015, ils avaient tenté d’accéder à l’aéroport de Niamey pour accueillir le chef de leur parti, qui rentrait de la France. BBC

Ouganda : Kizza Besigye libéré
Kizza Besigye a été libéré sur la base d’un accord selon lequel il va verser 30 000 dollars à l’Etat ougandais et abandonner la série de manifestations lancées par son parti contre le gouvernement. « Je suis content d’être libre », a-t-il lancé, faisant le signe de la victoire, à sa sortie de prison, selon un correspondant de la BBC à Kampala. Il est reproché à M. Besigye de s’être autoproclamé président de l’Ouganda et d’avoir organisé une cérémonie de sa propre investiture comme chef d’Etat, après avoir été déclaré battu à l’élection présidentielle février dernier. BBC

Mauritanie: des militants anti-esclavagistes inculpés et incarcérés
Vingt-trois personnes, en majorité des membres de l’IRA, ont été entendues, inculpées et incarcérées dans la nuit de lundi à mardi par le parquet de Nouakchott. Le 29 juin, une opération de déplacement de populations installées sur un terrain privé avait dégénéré en affrontement avec la police. En plus des protestataires arrêtés le jour même, des cadres de l’ONG anti-esclavagisme avaient été arrêtés à leur domicile ou dans la rue les jours suivants, les autorités les accusant d’être à l’origine des heurts qui ont fait plusieurs blessés parmi les policiers. Depuis, les avocats n’avaient pu avoir accès à aucune personne incarcéré, militants ou habitants. RFI

Violences au Soudan du Sud: Ban Ki-moon exige des mesures fortes
Après le Conseil de sécurité de l’ONU qui a condamné les violences au Soudan du Sud et exhorté le président Salva Kiir et le vice-président Riek Machar à ramener le calme dans le pays, c’est le secrétaire général Ban Ki-moon qui est monté au créneau lundi. Il a exprimé devant les journalistes sa très grande frustration dans un discours à charge contre le Conseil de sécurité qu’il a jugé trop passif et à qui il a commandé de prendre des mesures très rapidement. RFI

Zimbabwe: un des leaders de la contestation anti-Mugabe inculpé
Au Zimbabwe, le pasteur Evan Mawarire a été arrêté et inculpé mardi 12 juillet pour incitation publique à la violence. Il est l’une des figures du mouvement #ThisFlag («Cedrapeau ») contre le gouvernement du président Robert Mugabe. Un mouvement à l’origine de plusieurs manifestations ces dernières semaines, et qui a appelé à une grève générale ce mercredi 13 juillet et jeudi pour protester contre la corruption et l’indifférence du gouvernement. RFI

Arrestation d’ Omar el-Béchir : la CPI en référe à l’ONU
La Cour pénale internationale a décidé de référer à l’ONU le « défaut d’exécution » de l’Ouganda et de Djibouti concernant l’arrestation du président soudanais Omar el-Béchir, sous le coup de deux mandats d’arrêts. « Dans deux décisions distinctes, les juges ont noté que l’Ouganda et Djibouti ont manqué à leur obligation d’arrêter et de remettre Omar el-Béchir alors qu’il était présent sur leur territoire pour assister à des cérémonies d’inauguration en mai 2016, empêchant ainsi la Cour d’exercer ses fonctions et pouvoirs en vertu du Statut de Rome », a-t-elle déclaré dans un communiqué. La Cour « a décidé de référer cette question à l’Assemblée des Etats parties et au Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies »: « il leur appartient désormais de prendre les mesures qu’ils jugent nécessaires en la matière ». VOA

Tshisekedi annonce son retour à Kinshasa pour le 27 juillet
L’opposant historique congolais, parti pour des soins de santé en Belgique depuis plus d’un an, sera de retour à Kinshasa avant la fin du mois de juillet en vue d’un grand rassemblement, indique son parti, l’Union pour la démocratie et le progrès social. Etienne Tshisekedi rentre au pays par Kinshasa, la capitale de la RDC mercredi 27 juillet 2016, précise dans un communiqué Augustin Kabuya, le porte-parole du parti. L’Udps appelle à la mobilisation pour ce retour avant le grand meeting de l’opposition prévu pour le 31 juillet. M. Tshikedi a récemment rencontré à Bruxelles Moise Katumbi, un autre opposant déclaré candidat pour l’élection présidentielle devant se tenir avant la fin de 2016 mais devenue improbable. VOA

Trois quarts de la population a besoin d’aide humanitaire au Soudan du Sud
Trois quarts de la population du Soudan du Sud a besoin d’aide humanitaire après les affrontements meurtriers des derniers jours, a déclaré la directrice du Programme alimentaire mondial. Du 8 au 11 juillet, Juba a été le théâtre d’affrontements meurtriers entre forces fidèles au président Salva Kiir, et ex-rebelles du vice-président Riek Machar. Les deux hommes ont fini par annoncer lundi soir un cessez-le-feu réclamé depuis plusieurs jours par la communauté internationale. « Trois quarts de la population du Soudan du Sud est dans le besoin d’une assistance humanitaire », a déclaré Ertharin Cousin dans une interview à l’AFP dans la capitale jordanienne Amman. « Ce dernier conflit va laisser encore plus de gens dans la faim et le désespoir », a-t-elle mis en garde. VOA

Soudan du Sud : après 5 jours de combats, un cessez-le-feu fragile mais respecté
Le cessez-le-feu ordonné à Juba, lundi, par le président Salva Kiir et l’ex-rebelle Riek Machar, semble respecté. Au moins 36 000 civils de la capitale du Soudan du Sud ont néanmoins dû fuir les affrontements depuis vendredi. Après cinq jours de violents combats meurtriers, une fragile accalmie plane sur Juba, la capitale du Soudan du Sud, ce mardi 12 juillet. L’appel au cessez-le-feu lancé la veille par le président Salva Kiir et le vice-président Riek Machar – son grand rival – semble respecté. Ce mardi, les armes sont restées muettes entres forces loyalistes et ex-rebelles. Aucun coup de feu ou tir d’artillerie n’a été entendu et aucun hélicoptère de combat n’était visible dans le ciel de Juba, selon un correspondant de l’AFP sur place. L’aéroport de la capitale reprenait même timidement ses activités. France 24

Soudan du Sud: au moins 36.000 déplacés depuis vendredi
Au moins 36.000 personnes ont été déplacées par les combats au Soudan du Sud depuis vendredi, a indiqué mardi l’ONU, après quatre jours d’affrontements meurtriers à Juba entres forces loyalistes et ex-rebelles. « Les derniers combats depuis vendredi ont déplacé 36.000 personnes », a expliqué une porte-parole du Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l’ONU (Ocha), Vanessa Huguenin, précisant que ce chiffre risquait d’évoluer en raison de la volatilité de la situation. TV5

Amnesty International dénonce des « disparitions forcées sans précédent » en Egypte
Adolescents suspendus par les jambes, jeunes hommes frappés et électrocutés, citoyens séquestrés pendant des mois : Amnesty International accuse le pouvoir égyptien de tortures et d’enlèvement dans un rapport publié mercredi 13 juillet. Le Caire nie régulièrement avoir recours à de telles pratiques, reconnaissant seulement des « incidents isolés ». « Ce rapport révèle les tactiques choquantes et sans pitié que les autorités égyptiennes sont prêtes à employer pour terrifier les opposants au pouvoir et les réduire au silence », explique Philip Luther, directeur de l’ONG pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. « Les disparitions forcées sont devenues un des instruments clés de la politique d’Etat en Egypte. Toute personne qui ose exprimer des critiques est en danger », déplore l’organisation, qui note une recrudescence des disparitions depuis l’arrivée au ministère de l’intérieur de Magdi Hamid Abdel Ghaffar, ex-membre du SSI, l’ancienne police secrète du président déchu Hosni Moubarak. Amnesty estime que trois à quatre personnes sont enlevées chaque jour, le plus souvent lors de raids chez eux du NSA, l’héritier du SSI. Le Monde

Sans honte, la justice égyptienne dénonce les crimes policiers aux Etats-Unis
Depuis l’arrivée au pouvoir du maréchal Abdel Fattah al-Sissi en 2013, l’Egypte s’est peu à peu transformée en un Etat policier où toute opposition politique est réprimée de façon implacable. Cinq ans après la révolution de 2011, le sentiment de liberté qui a animé la place Tahrir est parti en lambeaux. Nous vous racontions sur Slate Afrique comment la police égyptienne avait procédé à de très nombreuses arrestations quelques jours avant le 25 janvier 2015, date du cinquième anniversaire de la révolution, pour empêcher toute commémoration populaire et politique en faveur du Printemps arabe. Un travail de mémoire qui ressemble par certains côtés à celui exécuté par la fictive Police de la pensée dans le livre «1984» de George Orwell. Slate

Mali: l’armée française remet la pression sur les jihadistes dans le Nord
L’armée française dit avoir remis récemment la « pression » sur les groupes jihadistes dans le nord du Mali, après une série d’attaques et attentats, afin d’empêcher toute reconstitution de sanctuaires. « Il faut rejouer au gendarme et au voleur au nord de Kidal. On est en train de mettre beaucoup de pression dans le Nord », explique une source militaire française. Les attaques visant la force de la mission de l’ONU au Mali (Minusma) et l’armée malienne se sont multipliées ces derniers mois dans la région de Kidal (extrême nord-est).  TV5

Afrique de l’Ouest : trafics et crimes
Mohamed Ibn Chambas a appelé lundi la communauté internationale à soutenir les efforts des pays d’Afrique de l’Ouest visant à combattre « les groupes extrémistes ». Ces derniers font payer un lourd tribut aux populations, surtout dans le nord du Mali et le nord-est du Nigeria, a-t-il affirmé dans un rapport de l’ONU sur la situation sécuritaire de la région. Mohamed Ibn Chambas présentait le document aux Etats membres du conseil de sécurité des Nations unies, à New York. BBC



Photo: Adam Jones