Revue de presse du 13 janvier 2026

La Somalie risque de devenir un État djihadiste
Al-Shabaab risque fort de s’emparer de Mogadiscio, notamment en raison de la rupture de la coopération politique entre les autorités fédérales et celles des États fédérés. Une telle issue conférerait davantage de pouvoir à une alliance de militants islamistes dotée de liens à l’échelle mondiale, ce qui modifierait profondément la lutte contre les groupes terroristes sur le plan international. Le conflit en Somalie devient de plus en plus régionalisé, les États du Golfe soutenant des acteurs et des ambitions somaliens rivaux. Sortir la Somalie de l’abîme est encore possible, mais cela nécessiterait des réformes politiques et sécuritaires fondamentales et une force de maintien de la paix de l’Union africaine redynamisée. Centre d’études stratégiques de l’Afrique

La Somalie annule tous ses accords avec les Emirats arabes unis, sur fond de tensions liées à la reconnaissance par Israël du Somaliland
La Somalie a annoncé annuler, lundi 12 janvier, tous les accords conclus avec les Emirats arabes unis (EAU). Une décision qui survient deux semaines après la reconnaissance par Israël du Somaliland et après de récentes informations selon lesquelles les Emiratis auraient utilisé le territoire somalien pour aider un séparatiste yéménite à fuir son pays. … La décision d’annulation inclut « les accords bilatéraux de coopération en matière de sécurité et de défense », selon le texte, mais aussi ceux signés avec les administrations régionales. Elle « repose sur des rapports crédibles et des preuves convaincantes concernant des actions hostiles sapant la souveraineté nationale, l’unité territoriale et l’indépendance politique du pays », affirme le conseil des ministres. … Les EAU sont perçus par de nombreux experts comme étant derrière la reconnaissance par Israël, le 26 décembre, de la république autoproclamée du Somaliland, territoire sur lequel Mogadiscio revendique sa souveraineté. Le Monde

Soudan: une frappe des paramilitaires fait 27 morts dans le sud-est
Une frappe de drone menée par les paramilitaires soudanais contre une base de l’armée dans le sud-est du pays a tué 27 personnes lundi et fait 73 blessés, ont indiqué à l’AFP les autorités de la région. L’attaque a visé une réunion de haut rang réunissant « officiers militaires, policiers et renseignements » de plusieurs Etats du Soudan, a de son côté précisé une source sécuritaire. Le gouverneur du Nil Blanc « a échappé à la mort », selon un communiqué des services de communication de l’Etat, qui précisent que son garde du corps ainsi que le responsable du protocole figurent parmi les victimes. … La frappe de lundi a ciblé « le quartier général » d’une division de l’armée à Sinja, a rapporté une source militaire sous couvert d’anonymat, imputant l’attaque aux paramilitaires. AFP

Ouganda : Bobi Wine promet de protester contre toute fraude électorale
Le leader de l’opposition ougandaise a déclaré lundi qu’il appellerait à manifester si le président Yoweri Museveni truquait les élections de cette semaine et qu’il accueillerait favorablement une intervention des États-Unis. Plus de 20 millions de personnes sont inscrites pour voter jeudi dans ce pays d’Afrique de l’Est, où l’on s’attend généralement à ce que M. Museveni, âgé de 81 ans, poursuive son règne de quatre décennies grâce à son contrôle quasi total de l’État et de l’appareil sécuritaire. Son principal adversaire est le chanteur devenu politicien Bobi Wine, 43 ans, de son vrai nom Robert Kyagulanyi, qui se présente pour la deuxième fois à la présidence après que sa campagne de 2021 ait été marquée par une répression violente et des allégations de fraude. Wine a reconnu que les manifestations risquaient de provoquer davantage de répression. « Je sais que le gouvernement du général Museveni répond à tout par la violence… Mais je sais aussi que même les régimes violents peuvent être renversés par des manifestations », a-t-il déclaré à l’AFP. « Nous n’avons pas promis le confort. Nous n’avons pas promis qu’ils ne feraient pas usage de la violence à notre encontre. Mais nous avons insisté pour que notre peuple reste non violent, car nous savons que la non-violence l’emporte sur la violence. » Africanews

RDC : De violents combats entre M23 et Wazalendo signalés à Masisi
De violents combats ont opposé, toute la matinée du lundi 12 janvier, les rebelles AFC/M23 aux combattants Wazalendo du groupe CMC dans plusieurs villages du groupement de Bukombo, territoire de Rutshuru (Nord-Kivu). Aucun bilan n’a été communiqué. Selon des sources locales, les affrontements ont débuté à Bumbasha, à quelques kilomètres de Mweso; avant de s’étendre vers Karambi et Chahemba. Pour ces sources, ces combats ont provoqué la fuite de centaines d’habitants, qui se sont dirigés vers des villages voisins, ainsi que vers le centre de Mweso, dans le territoire voisin de Masisi. Sur place, ils ont trouvé refuge dans des églises et des écoles. Depuis plusieurs mois, cette zone située à cheval entre les territoires de Masisi, Walikale et Rutshuru, reste hautement instable, en raison des confrontations récurrentes entre les rebelles AFC/M23 et divers groupes Wazalendo. Radio Okapi

Togo : le président congolais à Lomé avant une réunion de haut-niveau sur la crise dans l’est de la RDC
Le président du Conseil togolais et le président de la RDC se sont longuement entretenus en tête-à-tête à Lomé, lundi. … Les deux dirigeants ont constaté que la désescalade n’avance pas sur le terrain et que les principales initiatives de paix engagées jusqu’ici semblent marquer le pas, renseignent plusieurs sources. Ils ont surtout évoqué la réunion de haut-niveau que le Togo prévoit d’organiser le 17 janvier à Lomé. Cette rencontre doit rassembler les médiateurs qatariens et américains, ainsi que les facilitateurs désignés par l’Union africaine : l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, l’ancien président kényan Uhuru Kenyatta, l’ex-président botswanais Mokgweetsi Masisi. Il y aura également l’ancienne présidente centrafricaine Catherine Samba-Panza et l’ancienne présidente éthiopienne Sahle-Work Zewde. Des délégations de Kinshasa et de Kigali sont également attendues. L’objectif principal de cette réunion sera d’évaluer les initiatives en cours et d’en améliorer la cohérence et la coordination. RFI

AES : le Niger révoque les licences des transporteurs boycottant le Mali
Le Niger a révoqué les licences d’une trentaine d’opérateurs de transport et de chauffeurs routiers pour avoir refusé de transporter du carburant vers le Mali voisin, qui fait face à des pénuries en raison d’un blocus djihadiste. Le Niger et le Mali, pays enclavé dirigé par une junte, sont alliés au Burkina Faso, également dirigé par l’armée, et tous trois sont confrontés à une intensification des attaques djihadistes. Le Mali a connu une grave pénurie de carburant en octobre et novembre après que des militants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, ont coupé l’approvisionnement en carburant de plusieurs villes de ce pays aride d’Afrique de l’Ouest. Le Niger, pays producteur de pétrole, souhaitait envoyer 82 camions-citernes à Bamako, la capitale malienne, parcourant les 1 400 kilomètres sous escorte militaire. Le ministère des Transports du Niger a révoqué les licences de 14 transporteurs et 19 chauffeurs pour avoir refusé de transporter le carburant, selon un communiqué du ministère consulté lundi par l’AFP. Africanews with AFP

Gambie : début des indemnisations des victimes de Yahya Jammeh
C’est une étape importante dans le processus de justice transitionnelle en Gambie. La Commission gambienne des réparations a annoncé ce lundi le début des versements de compensations aux victimes de violations des droits de l’homme commises entre juillet 1994 et janvier 2017, sous le régime de l’ancien président Yahya Jammeh. Ces versements se feront par phases, aux victimes ayant été recensées au cours de l’enquête menée par la Commission vérité, réconciliation et réparations (TRRC). Pendant plusieurs années, la commission a mené des enquêtes approfondies sur les violations des droits humains, collecté des témoignages de victimes et de témoins, et formulé des recommandations sur les réparations, la réconciliation nationale et les mesures de justice transitionnelle. Lancée en décembre 2017 et entrée en fonction en janvier 2019, cette commission avait pour mandat de dresser un bilan historique impartial des violations commises entre 1994 et 2017, de promouvoir la réconciliation, de répondre aux besoins des victimes et de prévenir la répétition de tels abus. Africanews avec AP

Algérie: le président enjoint les jeunes en «situation précaire et irrégulière» à l’étranger à rentrer
Lors d’un Conseil des ministres à Alger présidé par le chef de l’État Abdelmadjid Tebboune, le 11 janvier, une décision a été prise pour régulariser les jeunes algériens qui se trouvent dans une situation irrégulière à l’étranger, a indiqué l’Agence de presse algérienne (APS). Selon le communiqué cité par cette agence, même les jeunes « ayant été induits en erreur » ou ayant été « instrumentalisés contre leur pays » pourraient rentrer sans être poursuivis. Ils doivent pour cela signer un engagement à ne pas récidiver. La mise en œuvre des procédures liées à cette décision sera assurée par les consulats d’Algérie à l’étranger jusqu’à leur retour. L’APS présente ce développement comme un « appel » lancé par le président de l’Algérie Abdelmadjid Tebboune aux jeunes Algériens se trouvant à l’étranger en situation irrégulière et « n’ayant commis aucune infraction majeure dans les pays hôtes ». … Pour rappel, depuis 2009, la loi algérienne punit les clandestins algériens s’ils rentrent au pays et ceux qui sont interceptés en mer risquent jusqu’à six mois de prison et des amendes. RFI

Assassinat de l’ex-ministre Yolande Viviane Compaoré au Burkina Faso : les autorités annoncent ouvrir une enquête
Le 10 janvier, le corps sans vie de l’ancienne ministre Viviane Yolande Compaoré était découvert dans une maison d’un quartier populaire de Ouagadougou. La piste de l’assassinat a rapidement été évoquée. « Les premiers éléments recueillis sur la scène de crime révèlent que la victime a été agressée et assassinée à son domicile, a précisé le procureur du Faso, Lafama Prosper Thiombiano. Une enquête a été immédiatement ouverte afin de retrouver les auteurs et éventuels complices de ce crime. » Aucun appel a témoin n’a été lancé. Ancienne gouverneure de la région du Nord et députée du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP, ex-parti au pouvoir), Viviane Yolande Compaoré a occupé plusieurs fonctions gouvernementales. Elle fut notamment ministre des Transports et du Tourisme, puis de l’Intégration régionale, à la fin des années 90. Figure influente de la vie politique du Burkina Faso sous Blaise Compaoré, elle a également présidé la Commission des Affaires étrangères et de la Défense de l’Assemblée nationale et dirigé le Réseau des femmes parlementaires de la Francophonie. AFP