Revue de presse du 13 août 2026

Mali : 40.000 personnes déplacées par la recrudescence des violences
Près de 40.000 personnes ont quitté leurs domiciles dans le nord et le centre du Mali depuis fin avril, fuyant l’intensification des affrontements et des frappes dans plusieurs zones du pays, selon des sources humanitaires, locales et sécuritaires.… Depuis, plusieurs localités sont devenues le théâtre de violents combats entre les forces gouvernementales et les groupes armés. La zone d’Anéfis, notamment, a récemment été marquée par d’intenses affrontements pour le contrôle de cette position stratégique.… Quelque 15.000 déplacés seraient arrivés dans ces deux régions, tandis que la seule ville de Gao aurait accueilli plus de 7.000 nouveaux habitants au cours des trois derniers mois.… La situation est également aggravée par l’intensification des opérations aériennes. Depuis deux semaines, l’armée aurait multiplié les bombardements dans plusieurs secteurs, notamment à Tinzawatene, dans la région de Kidal. Des infrastructures de santé auraient été touchées, provoquant de nouveaux départs de populations.… Officiellement, le Mali compte plus de 400.000 personnes déplacées, un bilan que les acteurs humanitaires estiment toutefois largement inférieur à la réalité. Le pays est confronté depuis 2012 à une grave crise sécuritaire. Sahel-Intelligence

Ituri : 50 000 déplacés de Bule conditionnent leur retour au remplacement des militaires FARDC qu’ils accusent de violences
Le gouverneur de province de l’Ituri, le général Gaby Kasongo, appelle les quelque 50 000 habitants de Bule, déplacés depuis plusieurs mois sur le site de la plaine de Savo, à regagner leurs domiciles. Il a lancé cet appel mardi 11 août, lors de sa première visite dans ce centre commercial, déserté depuis près de huit mois. Mais les déplacés conditionnent leur retour à l’amélioration de la sécurité, notamment au remplacement des militaires déployés dans leur localité, qu’ils accusent de graves violations des droits de l’homme. Depuis novembre 2025, les habitants de Bule vivent sur le site de déplacés de la plaine de Savo, situé à environ cinq kilomètres de leur localité. Ils avaient fui les affrontements récurrents entre les FARDC et la milice Convention pour la révolution populaire (CRP). Pris entre les deux camps, ces habitants ont abandonné leurs maisons et leurs activités pour se réfugier sur ce site, où les conditions de vie demeurent précaires.… Selon eux, des civils seraient également régulièrement assimilés, à tort, aux combattants de la CRP. Un responsable du site de déplacés estime que le remplacement des militaires actuellement déployés à Bule pourrait faciliter le retour de la population. Radio Okapi

Ebola en RDC : l’épidémie est en passe de devenir la plus importante jamais enregistrée
L’épidémie d’Ebola qui frappe l’est de la République démocratique du Congo progresse plus vite que toutes celles qui l’ont précédée. Avec près de 4 500 cas confirmés et plus de 2 000 morts, l’OMS redoute désormais qu’elle ne dépasse, si son rythme actuel se maintient, la catastrophe qui avait ravagé l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016.… En moins de trois mois, le virus Bundibugyo, cette souche d’Ebola particulièrement létale, s’est propagé dans cinq provinces et 53 zones de santé. … Selon les estimations de l’OMS, l’épidémie – la dix-septième recensée en RDC depuis 1976 – aurait commencé deux à trois mois avant sa reconnaissance officielle, sans qu’il soit encore possible d’en dater précisément le début. … C’est désormais cette partie immergée de l’épidémie qui inquiète le plus les autorités sanitaires. Une proportion élevée des malades meurent dans leur communauté plutôt que dans des centres de traitement, et nombre d’entre eux ne figuraient sur aucune liste de contacts.… Dans l’est de la RDC, cette riposte sanitaire se superpose en outre à une crise sécuritaire chronique. Les violences armées entravent les déplacements des équipes, la surveillance et l’acheminement des prélèvements. L’OMS avait déjà constaté en juin que les incidents touchant des structures sanitaires perturbent directement les opérations et accroissent le risque d’une transmission non détectée. ONU Info

Niger, Mali, Burkina Faso : 5 questions pour comprendre le rôle de la Libye dans la guerre au Sahel
La libération du chef rebelle nigérien Mahmoud Salah par Benghazi marque une rupture nette entre le clan Haftar et la junte de Niamey. Elle illustre comment le Sahel devient le théâtre d’une guerre d’influence libyenne par groupes armés interposés. C’est une libération de prisonniers qui pourrait avoir une incidence décisive sur le futur de la Libye. Dans la nuit du 21 au 22 juin, Barhadine Mehdoune Refi, chef de guerre libyen opposé au camp du maréchal Khalifa Haftar, a été, avec ses hommes, remis par les autorités nigériennes à celles de Tripoli, contrôlant l’ouest de la Libye. En réponse, le Gouvernement de stabilité nationale (GSN), qui dirige la partie orientale du pays, a réagi en libérant à son tour, dès le lendemain, le chef de guerre Mahmoud Salah et ses combattants, qui, eux, sont opposés à la junte dirigée par Abdourahamane Tiani.… Au cours des derniers mois, une intense activité diplomatique a permis de faire émerger la possibilité d’une réunification de la Libye, avec la promesse d’élections nationales dès février 2027. Mais le Sahel cristallise à nouveau les tensions libyennes, au risque de faire éclater l’espoir d’une paix durable et d’une reconstruction de l’unité nationale. Jeune Afrique

Guinée: l’activiste Bella Bah porté disparu après son interpellation dans son école
En Guinée, l’activiste Bella Bah est porté disparu depuis samedi 8 août, après avoir été, selon sa famille et un témoin, … “kidnappé par des hommes en uniforme et encagoulés venus à bord de pickups”, avant d’être “traîné dehors et embarqué de force”.… La disparition de l’activiste intervient quelques heures après une publication controversée dans laquelle il critiquait le premier imam de la Grande Mosquée Fayçal, Mamadou Saliou Camara. Face aux réactions suscitées, il avait annoncé avoir retiré cette publication.… L’enseignant est aussi connu pour ses prises de position critiques sur les réseaux sociaux et pour ses interventions sur des questions politiques et sociales en Guinée.… Selon le mouvement [citoyen Tournons La Page Guinée], l’enseignant a été interpellé par “des hommes en tenue de la gendarmerie nationale, cagoulés, dans l’enceinte de sa propre école”. Les cas d’enlèvements et de disparitions forcées de voix dissidentes et de leurs proches se sont multipliés ces dernières années en Guinée. Les autorités ont toujours nié être au courant de ces disparitions. TV5Monde

Ceuta : le Maroc renforce les mesures après de nouveaux appels à l’afflux de migrants le 15 août
Les autorités marocaines ont annoncé mercredi avoir pris des mesures pour contrer tout nouvel afflux de migrants dans l’enclave espagnole de Ceuta depuis le pays maghrébin, après avoir constaté une nouvelle vague de désinformation sur les réseaux sociaux. Depuis plus d’une semaine, des publications en ligne affirment que le poste-frontière entre la ville marocaine de Fnideq et Ceuta « sera ouvert » le 15 août, « un jour férié en Espagne ». Ces appels interviennent après qu’environ 72.000 migrants sont entrés illégalement en quelques jours fin juillet à Ceuta, un chiffre record pour une si courte période.… Le ministère précise avoir « détecté ces derniers jours la circulation de publications et de messages anonymes sur certains réseaux sociaux incitant à l’organisation de tentatives de passage collectif et illégal vers Ceuta et Melilla », l’autre enclave espagnole située à 400 kilomètres à l’est. Des procédures juridiques seront enclenchées contre ceux qui véhiculent ces appels. Un « groupe d’individus » soupçonnés d’être impliqués a été interpellé et soumis à une enquête, a indiqué M. El Khalfi dans une déclaration relayée par l’agence officielle MAP.RTBF

Zambie : dernière ligne droite avant la présidentielle pour Hichilema
Des dizaines de milliers de partisans du président zambien Hakainde Hichilema se sont rassemblés mardi dans la capitale Lusaka… De son côté, son principal rival pour la présidentielle de jeudi, Brian Mundubile a dénoncé des enlèvements et des arrestations visant à intimider et réduire au silence l’opposition. Hakainde Hichelema, élu haut la main en 2021 après six tentatives infructueuses, se représente pour un second mandat de cinq ans à la tête ce pays d’Afrique australe de 22 millions d’habitants qui se positionne comme un acteur-clé de la transition énergétique grâce à ses importantes réserves de cuivre.… La hausse du coût de la vie et le taux de chômage, qui avoisine les 10% selon l’agence nationale de statistiques, font partie des enjeux majeurs du scrutin.… Pendant des mois, la réélection du chef de l’État semblait ne faire aucun doute, jusqu’à ce que Brian Mundubile, avocat et ancien ministre de 55 ans, présente sa candidature à la tête d’une coalition de petits partis d’opposition, pour certains des émanations de l’ancien parti hégémonique, le Front patriotique.… Mardi, M. Mundubile, ancien ministre du défunt président Edgar Lungu (2015-2021), a affirmé être sans nouvelles de trois membres de l’opposition, dénonçant une série d’enlèvements et d’arrestations à caractère politique. AfricaNews/AFP

Un mariage à 20 millions de dollars, symbole du clientélisme au Zimbabwe
Faste et splendeur. Au Zimbabwe, le mariage de Taonanyasha Tagwirei et Poneso Janda a pris des allures d’événement d’Etat. La cérémonie s’est déroulée au mois de mai dans un club de polo de la banlieue de Harare, la capitale, mais le détail des extravagances qui l’ont accompagnée n’en finit pas d’émerger. Le marié n’est pas un inconnu : Taonanyasha Tagwirei est le fils de Kudakwashe Tagwirei, principal magnat du pays et conseiller présidentiel. Pour autant, personne ne s’attendait à voir l’intégralité du gouvernement quitter ses ministères pour se joindre à la fête, et le président Emmerson Mnangagwa en personne prononcer un discours. Quant aux hommes d’affaires les plus riches du pays, tous présents, ils ont su se montrer extrêmement généreux au moment de sortir le chéquier. Selon l’agence de presse Bloomberg, la liste de mariage, astronomique, avoisine les 20 millions de dollars (17,3 millions d’euros). Voitures d’exception, dons de plusieurs millions de dollars en cash, sacs de luxe et des dizaines d’hectares de terres agricoles font partie des présents offerts aux mariés. Une telle démonstration d’opulence est non seulement démesurée dans une nation installée dans les tréfonds du classement de l’indice de développement humain de l’Organisation des Nations unies – 153e sur 193 pays en 2025 – mais elle offre également une illustration du clientélisme décomplexé qui prévaut dans le pays d’Afrique australe. Le Monde

Soudan du Sud : 60 morts dans deux attaques liées à des vols de bétail
Au moins 60 personnes, parmi lesquelles 15 assaillants, ont été tuées dimanche dans deux attaques armées menées pour dérober du bétail dans le nord-ouest du Soudan du Sud, ont annoncé mardi les autorités locales. Les violences se sont produites vers 04h00 dans le comté de Tonj Nord, dans l’Etat de Warrap. Les autorités évoquent deux opérations probablement coordonnées, qui ont également fait une cinquantaine de blessés. Dix-sept victimes ont dû être évacuées vers la ville de Wau pour recevoir des soins. Les assaillants ont emporté un nombre encore indéterminé de têtes de bétail. En réaction, les forces gouvernementales ont été déployées dans les secteurs concernés afin de sécuriser les populations, rétablir l’ordre et empêcher de nouvelles représailles. Les affrontements liés aux vols de bétail sont fréquents au Soudan du Sud et alimentent régulièrement des cycles de vengeance entre communautés. En 2025, le président Salva Kiir avait instauré pour six mois l’état d’urgence dans l’Etat de Warrap après une recrudescence de ces violences. Cette nouvelle flambée intervient alors que les Nations unies s’inquiètent de la dégradation de la situation sécuritaire dans plusieurs régions du pays. Début août, la responsable de la mission de l’ONU au Soudan du Sud avait alerté sur l’intensification des violences communautaires, notamment dans les Etats de Warrap et des Lacs. Sahel-Intelligence

Nigeria : libérés, des otages racontent leur calvaire de six mois en captivité
Plus d’une centaine de Nigérians, secourus après avoir passé environ six mois en captivité. Ils ont été enlevés le 3 février, lorsque des terroristes ont attaqué la communauté de Woro, dans l’État de Kwara, au Nigeria. Mariages forcés, privations extrêmes et famine : les otages ont vécu l’enfer en captivité, avec des fortunes diverses.… L’opération de sauvetage a été menée par les forces de sécurité nigérianes. Mais des otages manquent encore à l’appel, plus d’une dizaine, selon le chef du village de la communauté de Woro.  »’Je pense que nous en avons retrouvé environ 153, et on nous a dit que des enfants, pour la plupart au nombre de 13, sont morts en captivité ; 13 sont toujours retenus là-bas, retenus de force. Donc, si l’on fait le compte, je pense que cela fait environ 176 », déclare Umar Bio Salihu, chef du village de la communauté de Woro. La communauté attend le retour de ces désormais ex-otages, et les responsables peinent à faire l’économie de leur satisfaction.… Au Nigeria, les enlèvements de masse constituent un phénomène récurrent. Les otages sont souvent libérés contre des rançons, versées souvent par les pouvoirs publics , alors que la population a toujours dénoncé leur inertie présumée face aux ravisseurs. AfricaNews

Angola: le principal adversaire de João Lourenço pour la présidence du MPLA fragilisé par les affaires
En Angola, le MPLA au pouvoir renouvellera son président en décembre, lorsque se tiendra le Congrès quinquennal du parti. Le poste est stratégique puisque celui qui l’occupe est, traditionnellement, nommé candidat à la présidence de la République. L’actuel chef de l’État João Lourenço brigue la direction du parti. Face à lui, son principal adversaire, le général Higino Carneiro, ancien ministre et gouverneur, pourrait voir son parcours écourté, car il est accusé dans plusieurs affaires en justice. Et celles-ci se sont récemment précipitées. Il a déposé sa candidature à la présidence du MPLA en avril. Depuis, le général Higino Carneiro enchaîne les convocations en justice. Cet ancien proche de l’ancien président José Eduardo dos Santos, devait être entendu ce mercredi 12 août, dans une première affaire qui l’accuse de détournements de fonds publics, lorsqu’il était gouverneur de la province du Cuando-Cubango, entre 2012 et 2016. … C’est aussi pour détournement de fonds publics qu’il est poursuivi, dans une autre affaire… Mais un dossier l’accable plus encore, car celui-ci pourrait l’amener au pénal, lui ont fait savoir les instances du MPLA, et ce dossier concerne justement sa candidature à la présidence du parti : Higino Carneiro aurait introduit des formulaires de soutien falsifiés. Dans le même temps, João Lourenço termine son second mandat présidentiel et la Constitution l’empêche d’en briguer un troisième. Être réélu à la tête du MPLA le placerait aux premières loges pour peser sur le choix du candidat présidentiel, en vue du scrutin fixé au mois d’août 2027. RFI

Sidi Bou Saïd, un joyau tunisien, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco
À flanc de falaise, au nord de Tunis, Sidi Bou Saïd attire toujours plus de visiteurs, plus de deux semaines après son inscription sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco.… Réputé pour ses façades immaculées ponctuées de bleu, ses ruelles étroites et son atmosphère singulière, le village constitue depuis longtemps l’un des hauts lieux du tourisme tunisien. L’affluence y demeure particulièrement visible : les visiteurs parcourent les venelles, fréquentent les échoppes consacrées à l’artisanat traditionnel et acquièrent notamment des peintures de paysages ou des céramiques peintes à la main.… L’inscription par l’Unesco ne constitue toutefois pas seulement une distinction symbolique. Le programme du patrimoine mondial concerne des sites considérés comme présentant une « valeur universelle exceptionnelle » pour l’humanité et prévoit des mécanismes d’assistance technique ainsi que de formation professionnelle afin d’aider les États à préserver ces lieux. L’Unesco peut également intervenir lorsque des sites inscrits sont menacés de destruction ou de dégradation. La réunion du Comité du patrimoine mondial tenue en Corée du Sud a également abouti à l’inscription de plusieurs autres sites, parmi lesquels les anciennes capitales japonaises d’Asuka et de Fujiwara ainsi que le paysage migratoire de Boma-Badingilo, au Soudan du Sud, qui abrite l’une des plus importantes migrations de grands mammifères terrestres au monde et constitue la première inscription de ce pays sur la Liste du patrimoine mondial. AfricaNews/AP