Ebola en RDC : MSF intensifie la surveillance épidémiologique
Les équipes médicales de Médecins sans frontières (MSF) renforcent le suivi des contacts dans les zones affectées par l’épidémie d’Ebola en RDC, a annoncé l’organisation devant la presse jeudi 11 juin à Kinshasa. Cette rencontre visait à faire le point sur les activités menées dans les zones touchées par l’épidémie d’Ebola en RDC. Membre de l’équipe d’investigation à Mungwalu, MSF fait face à plusieurs défis majeurs sur le terrain. L’insécurité persistante dans la région affecte particulièrement le déploiement des équipes sanitaires. La riposte contre le virus se déroule sous le leadership du ministère de la Santé. Elle s’organise à travers l’Institut national de la santé publique (INSP). Cette structure bénéficie de l’accompagnement de plusieurs partenaires internationaux, dont l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La province de l’Ituri est considérée comme l’épicentre de la maladie. Elle concentre la majorité des cas recensés à ce jour. Pour l’organisation, la prise en charge médicale permet de guérir les malades déclarés positifs. L’annonce de la guérison suit un protocole médical strict avant le retour des patients dans leurs communautés. La riposte s’étend également dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les équipes médicales de MSF y intensifient la surveillance épidémiologique et le suivi des contacts. Radio Okapi
RDC : fuite massive de civils dans le Haut-Uele
Depuis près de trois semaines maintenant, l’armée congolaise s’est lancée à la poursuite des ADF, après que ceux-ci ont massacré des populations civiles dans plusieurs villages du territoire de Watsa. Cette situation provoque des déplacements massifs de populations. Les autorités provinciales comptent plus de 28 000 déplacés, dont environ 7 000 dans la ville d’Isiro. … Selon la Division des affaires humanitaires dans le Haut-Uele, plus de 28 000 personnes sont touchées par cette situation. Roger Madingwe, chef de division, a déjà enregistré deux décès, sept accouchements et trois cas de violence sexuelle dans le camp de Gosamu, en l’espace de 12 jours. … C’est la première fois que les ADF pénètrent dans la province du Haut-Uele. Leurs tueries dans le territoire de Watsa sont encore peu documentées. Une autre province est menacée par leur présence : celle de la Tshopo, voisine du Haut-Uele, du Nord-Kivu et de l’Ituri. Selon les autorités du territoire de Bafwasende, dans la province de la Tshopo, les ADF seraient désormais tout proches. DW
RDC : la police disperse un sit-in devant le Parlement contre le projet de changement de la Constitution
En République démocratique du Congo, l’opposition se mobilise contre le projet de changement de la Constitution porté par la majorité présidentielle. Elle accuse Félix Tshisekedi de vouloir se maintenir au pouvoir au-delà de son deuxième mandat qui expire en 2028. Ce vendredi 12 juin au matin, la coalition C64 voulait tenir un sit-in devant le siège du Parlement. Les autorités l’’ont interdit à cet endroit jugé « inviolable » et l’ont délocalisé. Mais l’opposition a tenu tête et les forces de l’ordre sont intervenues. La police a dispersé des militants de l’opposition en RDC, ce 12 juin 2026 à Kinshasa, à la mi-journée. Ils étaient plus d’un millier avec banderoles, effigies et drapeaux de leurs partis. Plus tôt, dans la matinée, la police a déployé ses camions anti-émeutes et une centaine d’éléments. À leurs côtés, deux jeeps des militaires. L’ambiance était bon enfant jusque vers midi. Courtoise vite rompue lorsque des leaders de l’opposition, dont Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Delly Sessanga, et d’autres chefs de partis ont décidé de déferler vers le siège du Parlement. S’en sont suivis des jets de projectiles contre des gaz lacrymogènes côté force de l’ordre. … Quelques blessés sont signalés, dont l’opposant Martin Fayulu, légèrement touché au milieu de la cohue des militants. Certains ont été interpellés par la police. Les deux camps ont été séparés par une épaisse fumée qui s’échappait des pneus brûlés sur le boulevard Lumumba. Le 9 juin, avec 348 votes pour, seulement 2 contre, et une abstention, l’Assemblée nationale a adopté la proposition de la loi sur l’organisation du référendum. Un texte central en cas de changement de la Constitution alors que le deuxième et dernier mandat du chef de l’État Félix Tshisekedi expirera en 2028. L’opposition l’accuse de vouloir se maintenir au pouvoir par un troisième mandat interdit par l’actuelle Constitution. RFI
Au Soudan, les civils toujours principales victimes de frappes de drones des belligérants
Au Soudan, de plus en plus de civils meurent quotidiennement en raison de l’utilisation croissante de drones par les deux belligérants qui s’opposent depuis plus de trois ans, les Forces de Soutien rapide et l’armée. Selon l’ONU, les drones armés concentrent désormais plus de 80% des morts civils liés au conflit. Loin de la ligne de front, dans le sud du pays, les drones des Forces de soutien rapide (FSR) ont fait leur retour dans la capitale Khartoum. Ils ont visé mardi 9 et mercredi 10 juin, des sites militaires et civils à Bahri et à Omdourman. Les habitants ont entendu les déflagrations et les armes de défense anti-aériennes, mais aucune victime n’était à déplorer dans la capitale contrôlée par l’armée. En l’occurrence, c’est dans la ville d’El-Obeid, au Kordofan du Nord, qu’il y a eu le plus grand nombre de victimes : 23 morts civils et 19 blessés selon l’ONG les Avocats de l’Urgence du Darfour. Les frappes de drones des paramilitaires ont débuté ce mercredi soir et ont visé des quartiers résidentiels autour de la base du cinquième régiment de l’armée, ainsi qu’un cimetière. Jeudi 11 juin au matin, c’est un camion de transport alimentaire qui a été visé à l’entrée sud d’El-Obeid par un drone des FSR. Son conducteur est mort. El-Obeid est assiégée depuis plusieurs mois par les Forces de Soutien rapide. Quant à Delling, capitale du Kordofan du sud, elle a été, selon l’armée, cible d’attaques de drones visant les civils, faisant sept morts. Parallèlement, l’armée a également accentué ses attaques de drones au Darfour et au Kordofan visant les voies de ravitaillement des FSR. Les paramilitaires ont été visé par exemple à Tiné à la frontière avec le Tchad, ville qui permet de ravitailler les forces alliées à l’armée. RFI
Contestations post-électorales au Cameroun: des juges supplémentaires dans le procès de 146 personnes
Au Cameroun, dans le procès de 146 personnes arrêtées dans le cadre des contestations faisant suite à la présidentielle du 12 octobre 2025, des juges supplémentaires vont être désignés, en raison des délais de traitement de leurs dossiers. Une nouvelle audience a eu lieu ce 11 juin 2026 au tribunal militaire de Yaoundé pour les personnes jugées dans le cadre des protestations post-électorales de l’automne dernier au Cameroun : 146 personnes accusées, entre autres, de propagation de fausses nouvelles, d’attroupement ou de rébellion. La grande majorité de ces détenus ne sont pas fixés sur leur sort. Devant la lenteur du traitement des dossiers, les avocats ont sollicité et obtenu la désignation de juges supplémentaires. … Maître Ndam, membre du collectif d’avocats qui défend les intérêts des détenus de la crise post-électorale, détaille : « 146 personnes exactement étaient regroupées en sept dossiers. Pour trois dossiers, nous avions les plaidoiries que nous devions faire. Chose qui a été faite. Donc, nous attendons les décisions dans trois dossiers le 9 juillet, des dossiers contre sept personnes en tout. » Les audiences se tenant une seule fois par mois, depuis l’ouverture du procès début janvier 2026, les avocats ont estimé qu’il faudra encore 10 audiences supplémentaires pour traiter l’affaire. Les avocats ont donc demandé d’attribuer ces dossiers à d’autres juges. RFI
Nigeria: au moins 13.000 « terroristes » tués sur « l’année écoulée », selon le président
Le Nigeria a tué plus de 13.000 « terroristes » au cours de l’année écoulée, a déclaré vendredi le président Bola Tinubu, assurant que le nombre de victimes de l’insurrection jihadiste dans le pays avait diminué de 81% depuis son arrivée au pouvoir en 2023. Pays le plus peuplé d’Afrique, le Nigeria est en proie à une insurrection djihadiste de longue date dans le Nord. La situation est aggravée par les incursions de jihadistes venus du Sahel et les exactions de bandes armées sans affiliation idéologique, appelées « bandits ». Le président Tinubu, candidat à sa réélection en janvier, a déclaré l’état d’urgence sécuritaire à l’échelle nationale en novembre dernier, alors que son gouvernement s’efforçait de répondre à une vague d’enlèvements de masse et de violences jihadistes. Lors d’une allocution télévisée vendredi à l’occasion de la célébration de la journée de la démocratie dans le pays, il a affirmé que « plus de 13.000 terroristes ont été neutralisés sur l’année écoulée » – sans préciser s’il parlait de l’année 2025 ou des 12 derniers mois. … La crise est également alimentée par des affrontements entre agriculteurs et éleveurs dans certaines parties du nord-est et du centre du pays, tandis que les velléités sécessionnistes persistent dans le sud-est et que les enlèvements contre rançon se multiplient dans le nord-ouest et le centre. AFP
Le Niger criminalise à son tour l’homosexualité
Si l’homosexualité restait jusqu’à présent un tabou dans la société nigérienne, elle n’était jusqu’à présent pas explicitement criminalisée. Il en va autrement, selon le nouveau code pénal nigérien. « Toute personne qui commet ou tente de commettre un acte impudique ou contre nature ou pratiques lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres, queers, intersexes, asexuelles (LGBTQIA+), entretient ou tente d’entretenir des relations sexuelles avec une personne de même sexe, est punie d’un emprisonnement de cinq ans à moins de dix ans », stipule désormais le texte, a indiqué jeudi 11 juin une source judiciaire, citant le journal officiel. Cette peine est assortie d’une amende pouvant atteindre 100 millions de francs CFA (150 000 euros). D’autres articles du code pénal nigérien sont encore plus durs, notamment pour « quiconque contracte un mariage avec une personne de même sexe », ce qui est puni de dix à vingt ans d’emprisonnement. La même peine est prévue pour « toute personne qui gère, dirige, fait fonctionner, finance ou qui participe à des clubs, des sociétés, des organisations ou associations pour homosexuels ou LGBTQIA+ ». Cette réforme du code pénal avait débuté sous le précédent régime civil du président Mohamed Bazoum, pressé par des organisations musulmanes et des députés. Niamey emboîte ainsi le pas du Burkina Faso, du Sénégal et du Ghana, qui ont récemment durci leurs législations à l’encontre des personnes LGBT+. Jeune Afrique avec AFP
RCI/Maintien de la paix : l’armée veut plus de femmes à l’ONU
L’armée ivoirienne s’engage résolument sur la voie de l’égalité des chances et de la modernisation de son outil de défense. L’Hôtel des Armées, situé au Plateau, a abrité ce jeudi 11 juin 2026 le lancement du rapport d’évaluation des obstacles à la participation des femmes militaires ivoiriennes aux Opérations de maintien de la paix (OMP) des Nations Unies. La sortie du rapport sur la participation des femmes aux Opéra de maintien de la paix, événement hautement stratégique en Côte d’Ivoire, marque le début d’une phase de vulgarisation et de mise en œuvre progressive de recommandations clés visant à optimiser la présence féminine sur les théâtres de conflits internationaux. Présidée par Nassénéba Touré, la ministre ivoirienne de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, représentant pour l’occasion le vice-Premier ministre et ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, cette rencontre consacre l’aboutissement de l’évaluation MOWIP militaire. … Loin d’être une simple formalité administrative, l’intégration des conclusions de ce rapport touche aux fondements mêmes de l’architecture militaire nationale. Pour la représentante du gouvernement, l’application de ces réformes va directement renforcer la cohésion, l’équité du commandement et la crédibilité de la Côte d’Ivoire sur la scène internationale. … Rappelant les réalités du terrain, Adjaratou Ndiaye, représentante résidente de ONU Femmes Côte d’Ivoire, a insisté sur le rôle irremplaçable des femmes en uniforme pour nouer des liens de confiance avec les communautés locales et assurer la protection des civils les plus vulnérables. APA
