Revue de presse du 12 août 2026

Soudan : des frappes de drones visent Khartoum et deux autres villes du nord du pays après des mois d’accalmie
Des attaques de drones ont été signalées, mercredi 12 août à l’aube, au-dessus de Khartoum, la capitale soudanaise, et de deux villes du nord du pays, selon un correspondant de l’Agence France-Presse (AFP) et des témoins. Ces frappes semblent coordonnées par les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), après plusieurs mois d’accalmie dans la guerre qui les oppose, depuis avril 2023, à l’armée soudanaise. La capitale, Khartoum, reconquise par l’armée en mai 2025 et où 2,3 millions de personnes sont revenues depuis, a déjà été visée par des frappes de drones, mais connaissait un répit relatif depuis des mois. Un journaliste de l’AFP a rapporté une attaque de drone vers 5 heures, ainsi que des tirs de missiles antiaériens en provenance d’une base militaire située au nord d’Omdourman, la ville jumelle de Khartoum peuplée de 2,5 millions d’habitants. A Bahri, juste de l’autre côté du Nil, deux drones ont frappé un transformateur électrique et une mosquée que les fidèles venaient de quitter après la prière du matin, selon un témoin. Dans le Nord, des témoins dans les villes d’Atbara et d’El-Damer, elles aussi sous contrôle de l’armée, ont raconté avoir entendu des explosions et aperçu des drones dans le ciel. Aucune victime n’a été signalée dans l’immédiat. … L’utilisation de drones est devenue une caractéristique de plus en plus marquante du conflit ces derniers mois. Selon l’ONU, plus d’un millier de civils ont été tués dans de telles frappes au cours des cinq premiers mois de l’année. Le Monde avec AFP

Libye: le chef des renseignements de l’Est assassiné, revers pour les Haftar
Le chef des services de renseignement de l’armée de l’Est en Libye, dirigée par Khalifa Haftar, a été tué lundi dans un attentat à Benghazi, un coup dur pour ce puissant clan qui aspire à contrôler tout le pays. Le commandement de l’Armée nationale libyenne (ANL) a annoncé dans un communiqué en pleine nuit la mort dans un attentat à la voiture piégée du chef militaire Fauzi Al-Mansouri, l’un des plus importants du pays, fustigeant un « acte lâche et criminel ». Sa voiture a explosé « alors qu’il quittait la mosquée après la prière du soir » dans un quartier résidentiel de Benghazi (nord-est), a précisé l’ANL. Il s’agit d’une des premières attaques visant un aussi haut responsable de l’Est depuis une dizaine d’années, a dit à l’AFP un spécialiste de la région orientale. AFP

Libye: des attaques de drones touchent la deuxième raffinerie du pays
La Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC) a déclaré l’état d’urgence à la raffinerie de Zawiya et mis en garde contre les attaques de drones qui visent les installations pétrolières dans cette ville située à l’ouest du pays, à quelque 50 km au nord de la capitale Tripoli. Depuis samedi 8 août, des drones d’origine inconnue visent les installations pétrolières. Ces développements indiquent une fois de plus l’étendue du chaos en Libye, pays divisé entre deux pouvoirs exécutifs. Il s’agit de la deuxième plus grande raffinerie de Libye, avec une capacité de 120 000 barils par jour. Une série de drones a frappé ces installations. Cette série d’attaques de drones non identifiés a débuté samedi matin en visant des sites vitaux dans la ville de Zawiya : une usine de dessalement et une station électrique de la ville ont été atteintes. Puis lundi soir, un drone kamikaze a directement ciblé un grand réservoir d’essence, provoquant un violent incendie avant son effondrement total, et un autre drone a attaqué le site stratégique mardi, sans faire de dégâts. Zawiya a connu tout récemment des combats entre deux milices opposées causant plusieurs victimes civiles et des dégâts importants dans des quartiers résidentiels de la ville. RFI

Nord-ouest du Nigeria: dix policiers tués lors d’un affrontement avec des bandits
Au Nigeria, dix officiers de police, deux civils et 17 bandits présumés ont été tués ce mardi matin 11 août, lors d’affrontements entre les forces de sécurité et un important groupe d’hommes armés, à la frontière entre l’État de Zamfara et celui de Kebbi. Des renforts policiers et militaires ont été déployés il y a quelques jours dans le nord-ouest du Nigeria, pour tenter d’entraver les activités des bandits. Selon les informations de la presse nigériane, près de 240 hommes armés venus de l’État de Zamfara se déplaçaient en direction de la localité de Rafin Makuku, dans l’État de Kebbi, lorsque leur mouvement a été détecté. Selon ces sources, les bandits juchés sur des motos se déplaçaient en trois formations distinctes, créant un mouvement de panique parmi les habitants des communautés avoisinantes, appelées à la vigilance. Arrivés à Rafin Makuku, ils ont échangé des tirs nourris avec les policiers postés dans la zone, aux alentours de 9h30 ce mardi matin 11 août. Cette embuscade a coûté la vie à dix policiers, alors que deux autres « ont été blessés et reçoivent toujours des soins médicaux », selon le porte-parole de la police de Zamfara. RFI

RDC : la société civile demande l’abandon de la loi sur le référendum
65 organisations de la société civile ont demandé lundi à Félix Tshisekedi de ne pas promulguer la loi fixant les modalités d’organisation d’un référendum en République démocratique du Congo. Dans un mémorandum présenté à Kinshasa, les signataires estiment qu’un tel processus n’est pas prioritaire dans le contexte actuel. Parmi eux figurent notamment la LUCHA-RDC, Filimbi, Civil Bridge et Génération Z RDC. Les organisations prennent acte de l’arrêt rendu le 28 juillet par la Cour constitutionnelle, qui a déclaré la loi conforme à la Constitution, avec 13 réserves d’interprétation portant sur 44 articles. Elles invoquent les principales urgences du pays, notamment les violences dans l’Est, la protection des civils, la crise humanitaire et le retour des personnes déplacées. Les signataires estiment par ailleurs que le processus référendaire pourrait ouvrir la voie à une modification de la Constitution et remettre en cause, à terme, les échéances prévues par la Constitution de 2006. Ils demandent donc l’abandon du processus et la convocation « sans délai » d’un dialogue national inclusif. L’UDPS, parti du président Tshisekedi, défend de son côté la loi, et estime qu’un cadre juridique est nécessaire pour encadrer l’organisation d’un référendum et combler un vide juridique. Africanews avec AFP

Centrafique: le parti de l’ex-président François Bozizé veut reprendre sa place dans le paysage politique
Le KNK, parti de l’ancien président François Bozizé, au pouvoir de 2003 à 2013, cherche à renouer avec ses militants et à reprendre sa place sur la scène politique de la Centrafrique et réorganise ses structures. Après la chute du président en 2013, plusieurs cadres du parti ont quitté le pays, tandis que le KNK traversait des années de divisions et d’inactivité. Certains responsables ont également été associés à des tentatives de déstabilisation du pays, notamment dans le cadre de la CPC, créée en 2020. Ces treize dernières années, le KNK, fondé par l’ancien président François Bozizé, a traversé des périodes difficiles, marquées par l’inactivité, des tensions internes et le départ de plusieurs de ses responsables. Depuis octobre 2025, le parti a engagé un processus de relance qui se poursuit, avec l’ambition de reconquérir le pouvoir. … Même si l’ancien président François Bozizé, actuellement en exil en Guinée-Bissau, est jugé par contumace devant la Cour pénale spéciale, le KNK poursuit la réimplantation de ses antennes à travers le pays, avec pour objectif de remobiliser ses militants. RFI

Espagne: la police démantèle un réseau de traite de jeunes migrantes originaires d’Afrique subsaharienne
La police espagnole a indiqué, mardi 11 août, avoir démantelé un réseau criminel accusé d’avoir recruté des jeunes migrantes non accompagnées dans des centres d’accueil des Canaries et de les avoir envoyées en Espagne continentale et en France où elles ont été exploitées sexuellement. « Un réseau spécialisé dans le recrutement de mineurs sous tutelle originaires d’Afrique subsaharienne à des fins d’exploitation sexuelle a été démantelé à Gran Canaria », précisent les autorités espagnoles. Selon la police, le réseau a exploité la vulnérabilité de ces jeunes femmes, « les transférant vers l’Espagne et la France où certaines d’entre elles ont été soumises à de l’exploitation sexuelle ». La Garde civile indique avoir secouru deux victimes et empêché quatre autres mineures de quitter leur centre d’accueil des Canaries. Cinq personnes ont été arrêtées, dont un mineur, après des perquisitions à Gran Canaria. … La Garde civile a indiqué que l’enquête avait commencé après qu’une jeune migrante initialement prise en charge par les autorités à Gran Canaria était revenue de France en Espagne et avait dit aux policiers avoir été recrutée sur la promesse d’un emploi. Les enquêteurs ont alors identifié plusieurs autres cas de jeunes filles ayant quitté les centres d’accueil sans récupérer leurs documents, et dont la trace avait ensuite été retrouvée sur des vols vers l’Espagne continentale. RFI

Cocaïne : Mali-Niger-Libye, corridor des économies de guerre
Une étude publiée en août 2026 par la Global Initiative Against Transnational Organized Crime (GI-TOC) révèle que les routes terrestres reliant le Mali, le Niger et la Libye continuent d’alimenter les réseaux criminels, certains acteurs liés à l’État et plusieurs groupes armés, malgré les conflits, les coups d’État et les bouleversements politiques intervenus dans la région. Le corridor terrestre reliant le Mali, le Niger et la Libye demeure l’un des principaux axes de transit de la cocaïne entre l’Afrique de l’Ouest et les marchés européens, malgré les conflits armés, les coups d’État et les bouleversements politiques intervenus dans la région, selon un rapport publié en août par la Global Initiative Against Transnational Organized Crime (GI-TOC). Le document souligne que, si la majorité de la cocaïne acheminée vers l’Europe transite par voie maritime, les routes terrestres traversant le Sahel jouent un rôle crucial dans les économies de guerre et les systèmes de protection qui alimentent les conflits régionaux. Selon les auteurs, le trafic de cocaïne en Afrique de l’Ouest a fortement augmenté depuis 2019, sous l’effet de la hausse de la production en Amérique latine, de la demande européenne et du renforcement des contrôles sur les routes maritimes directes vers l’Europe. Le rapport indique que les acteurs liés à l’État dominent les segments les plus lucratifs du trafic au Mali, au Niger et en Libye. Les groupes armés interviennent principalement en assurant l’escorte des convois, la sécurisation des routes et le contrôle territorial, tandis que les organisations jihadistes, notamment l’État islamique au Sahel (IS Sahel), tirent des revenus indirects de la taxation des cargaisons traversant leurs zones d’influence. APA