L’engagement du Tchad dans la guerre au Soudan accentue les risques d’instabilité
Le débordement de la guerre au Soudan présente un risque de plus en plus important pour la sécurité du Tchad voisin. … Des indications concordantes issues de sources ouvertes et d’analyses indépendantes suggèrent que le régime de Mahamat Idriss Déby Itno facilite depuis 2023 un soutien aux FSR. Cette perception a accentué les fractures internes, notamment au sein de la communauté Zaghawa et d’autres groupes de l’est du Tchad, étroitement liés au Darfour à l’ouest du Soudan. … Le positionnement de N’Djamena aux côtés de partenaires extérieurs tels que les Émirats arabes unis (EAU) — et, dans une moindre mesure, la Russie — a été largement interprété comme un choix stratégique visant à prémunir le Tchad contre les retombées du conflit soudanais. Toutefois, cet alignement a contribué à accroître la volatilité régionale et l’exposition du pays aux rivalités extérieures. … De plus, le Tchad accueille aujourd’hui environ 1,3 million de réfugiés et de rapatriés soudanais, en majorité originaires du Darfour. Cet afflux massif exerce une pression considérable sur les provinces orientales, parmi les plus pauvres du pays, déjà confrontées à une insécurité alimentaire et nutritionnelle aiguë et un accès restreint aux services de l’État. L’ensemble de ces dynamiques confère au conflit soudanais une complexité stratégique particulière pour le Tchad. La guerre est devenue un facteur multiplicateur des vulnérabilités déjà présentes. Elle teste la capacité de N’Djamena à absorber et à contenir les chocs sécuritaires régionaux. Centre d’études stratégiques de l’Afrique
« Nous sommes dans une dictature » en Guinée: l’activiste Ibrahima Diallo fustige la dissolution de 40 partis politiques
Entre dissolution de partis, arrestations et disparitions d’activistes, le climat politique en Guinée se durcit. Sur TV5MONDE, Ibrahima Diallo, responsable des opérations du mouvement citoyen du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), dénonce un virage autoritaire du pouvoir. Le gouvernement de Guinée a décidé de dissoudre, dans la nuit de vendredi 6 à samedi 7 mars, quarante partis politiques dont les trois principales formations d’opposition. … Cette décision, justifiée par un « manquement à leurs obligations », a suscité une vive réaction de la part des leaders politiques et des activistes qui dénoncent une tentative de museler l’opposition et de consolider le pouvoir en place. Parmi eux, Ibrahima Diallo, responsable des opérations du mouvement citoyen du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC). Sur le plateau de TV5MONDE, il a dénoncé « une confiscation du pouvoir » aux Guinéens. « La junte au pouvoir supprime toutes les voix opposées à elle ». Selon lui, Mamadi Doumbouya et son gouvernement veulent exercer le pouvoir de « façon unilatérale ». Ibrahima Diallo appelle ses concitoyens à « résister face à l’oppression ». … Arrestations arbitraires, enlèvements et disparitions forcées sont devenus systémiques en Guinée. … Face à cette situation, il appelle les autorités guinéennes à s’ouvrir au dialogue. Il insiste sur le fait que la répression ne peut pas être une solution durable et exhorte la communauté internationale à intervenir. Selon lui, la seule voie possible pour sortir de cette crise est la résistance pacifique et le dialogue. TV5Monde
Blocus jihadiste au Mali : Bamako confrontée à une pénurie de gazole
La capitale malienne, Bamako, fait face à une pénurie de gazole depuis plusieurs jours, un carburant désormais réservé en priorité à la société d’énergie de ce pays confronté à de longues coupures d’électricité, selon une déclaration du groupement des pétroliers maliens le 10 mars. En raison d’un blocus jihadiste qui sévit depuis plusieurs mois au Mali, les quelques convois de gazole arrivant à Bamako sont destinés à l’approvisionnement des centrales thermiques. L’approvisionnement en carburant s’était nettement amélioré à Bamako depuis le mois de décembre, permettant à l’économie de reprendre son souffle. Mais ces derniers jours, plusieurs stations manquent de gazole dans la capitale malienne, le peu de gazole arrivant vers la capitale est destiné à l’approvisionnement des centrales thermiques L’essence, elle, demeure disponible. Le 10 mars, les files d’attente s’allongeaient devant les rares points de vente encore approvisionnés à Bamako. « Les camions de transports de sable et de graviers sont à sec », a expliqué à l’AFP un membre de l’Association des exploitants de sable. … À Bamako et dans les régions, la fourniture d’électricité s’est fortement dégradée ces derniers jours. Sur les réseaux sociaux, beaucoup de Maliens expriment leur désarroi et appellent les autorités militaires à trouver une solution en ce mois de ramadan et cette période de forte chaleur. Jeune Afrique avec AFP
Nigeria : Boko Haram intensifie ses assauts contre l’armée
Des groupes djihadistes, dont Boko Haram, sont accusés d’avoir intensifié leurs attaques contre des bases militaires nigérianes dans le nord-est du pays au cours de la semaine dernière. Selon des analystes et des rapports de sécurité, au moins deux officiers et plusieurs soldats ont été tués dans ces assauts, qui témoigneraient d’un niveau de coordination élevé. Durant le week-end, des extrémistes islamistes ont lancé au moins six attaques dans les États de Borno et de Yobe, ainsi que dans la région du Lac Tchad. Les assaillants auraient également emporté des camions et du matériel militaire après avoir pris d’assaut certaines bases. Dans un communiqué, l’armée nigériane a affirmé que les attaques menées entre dimanche et lundi constituaient « une tentative des terroristes de submerger les positions des troupes ». Le Nigeria lutte depuis plus d’une décennie pour contenir la violence djihadiste dans son nord-est. Après avoir lancé une insurrection en 2009, Boko Haram s’est fragmenté en plusieurs factions, dont la Province d’Afrique de l’Ouest de l’État islamique, affiliée au groupe État islamique. Cette crise sécuritaire continue de mettre à rude épreuve l’armée nigériane, déjà confrontée à d’autres conflits dans le nord du pays. Africanews avec AFP, AP
Nouakchott et N’Djamena intensifient leur concertation diplomatique
En visite à Nouakchott, une délégation du ministère tchadien des Affaires étrangères a tenu des consultations avec les autorités mauritaniennes sur les relations bilatérales et les enjeux régionaux. … Selon une publication de la diplomatie tchadienne, la délégation conduite par le secrétaire général adjoint du ministère des Affaires étrangères, Mahamat Issa Zakaria, a été reçue par le ministre mauritanien des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Mauritaniens de l’extérieur, Mohamed Salem Ould Merzoug. Les discussions ont porté sur les relations fraternelles entre les deux pays ainsi que sur les moyens de développer la coopération dans plusieurs domaines d’intérêt commun. Les deux parties ont également échangé sur les enjeux régionaux et internationaux, notamment les défis sécuritaires et de développement auxquels fait face le Sahel. Au cours de son séjour, la mission tchadienne a participé aux activités du programme « Leçons de la Côte », organisé par l’Académie diplomatique mauritanienne, consacré aux défis du Sahel, et visité les installations de cette institution dédiée à la formation diplomatique. APA
Soudan du Sud : l’ONU alerte sur les violations des droits humains
Le porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, a exprimé mardi son horreur face à la à la multiplication des cas de violations des droits humains au Soudan du Sud. C’était lors d’un point de presse à Genève, via Zoom depuis Nairobi, au Kenya. »Au cours des 17 derniers jours, plus de 160 civils ont été tués, dont au moins 139 par des combattants de l’ethnie Bul Nuer dans la localité d’Abiemnom, dans la zone administrative de Ruweng, le 1er mars. Le 21 février, 21 civils ont été tués par les forces gouvernementales dans le village de Panko, dans le comté d’Ayod, dans l’État de Jonglei, lorsque des soldats les ont attirés en leur promettant de leur donner de l’aide alimentaire, puis ont ouvert le feu sur eux. Quinze femmes et trois filles figuraient parmi les victimes. Le même jour, des soldats auraient ligoté et décapité quatre civils – un homme âgé, une femme, un garçon et une fille – dans le village de Thiam, dans le comté de Wau Payam, dans l’État de Bahr al Ghazal occidental. », a déclaré Seif Magango. Pour le fonctionnaire l’ONU, certains de ces actes peuvent constituer des crimes de guerre. Africanews
Soudan du Sud: l’armée fait une incursion à Akobo, bastion de l’opposition armée, avant d’en être repoussée
Au Soudan du Sud, l’armée du président Salva Kiir est entrée brièvement dans la ville d’Akobo mardi 10 mars, avant d’en être repoussée par les forces d’opposition. Frontalière de l’Éthiopie, Akobo, dans l’État du Jonglei, a été un bastion du mouvement de Riek Machar lors de la guerre civile en 2013. Après un ultimatum des autorités, Akobo s’est vidée de sa population ce weekend, en prévision de l’offensive gouvernementale. Après l’expiration de son ultimatum lundi 9 mars, et malgré les critiques, l’armée sud-soudanaise a avancé sur Akobo comme prévu, et a atteint le centre-ville en début d’après-midi mardi 10 mars. Le porte-parole de l’armée, le général Lul Ruai Koang, a publié des photos sur les réseaux sociaux, montrant des soldats accompagnés de James Kueth Makuach, un responsable local rallié au camp de Salva Kiir. L’officiel a appelé les civils à revenir, assurant que le calme allait désormais régner. Mais vers 16 h, les forces d’opposition ont lancé une attaque, forçant le retrait des troupes gouvernementales de la ville. Selon la presse locale, trois civils sont morts lors de ces affrontements. Le militant de la société civile Edmund Yakani a condamné « les confrontations en cours pour le contrôle d’Akobo », et s’est inquiété du sort des civils déplacés à de multiples reprises lors du conflit. RFI
Zimbabwe: Human Rights Watch dénonce les pressions contre des opposants au changement de Constitution
Les autorités zimbabwéennes ont intensifié leur répression contre les opposants à un changement de Constitution qui permettrait de prolonger le mandat du président en exercice, Emmerson Mnangagwa. C’est ce que rapporte l’organisation des droits de l’homme Human Right Watch. Depuis plusieurs mois, le parti présidentiel, la ZANU-PF, pousse pour une modification de la Constitution. Dimanche 1er mars, une dizaine d’hommes armés – portant des cagoules – s’introduisent dans les bureaux du parti d’opposition, le NCA. Ils s’en prennent à plusieurs membres présents dans les locaux. Le président du mouvement, Lovemore Madhuku, est violemment frappé. Les hommes, non identifiés, repartent ensuite dans des véhicules non siglés, mais escortés par la police. Quelques jours plus tard, c’est l’avocat Tendai Biti, également président d’un mouvement de la société civile opposé à une modification de la Constitution qui est menacé dans ses bureaux par des hommes armés. … Depuis quelques mois, le parti au pouvoir, la ZANU-PF, pousse pour une modification de la Constitution qui permettrait au président Mnangawa, de rester au pouvoir au-delà de 2030. Des modifications à la Constitution ont été approuvées par le gouvernement, mais doivent encore être présentées au Parlement. Leur approbation fait peu de doute, la Zanu-PF étant largement majoritaire dans les deux chambres. L’opposition dénonce un coup d’État et réclame un référendum pour valider ces réformes. RFI
Le Maroc devient le plus grand importateur d’armes du continent africain
Le Maroc est devenu le plus grand importateur d’armes du continent africain au cours des cinq dernières années : tel est le constat fait par le dernier rapport du Sipri, l’Institut international de recherche sur la paix basé à Stockholm, rendu public cette semaine. Selon le document qui recense les transferts d’armes dites « majeures » – blindés, avions de combat, navires de guerre, systèmes de missiles… –, les achats du royaume ont augmenté de 12% entre 2021 et 2025 par rapport à la période 2016-2020. Classé au 28e rang des pays importateurs d’armements, le Maroc poursuit ainsi la dynamique de modernisation de ses forces armées dans un contexte régional marqué par « des tensions persistantes » avec le voisin algérien, relève aussi le rapport selon lequel Alger aurait, dans le même temps, réduit ses importations. L’information est toutefois à prendre avec précaution, assure encore le Sipri, qui ne manque pas de souligner la discrétion de l’Algérie sur ses acquisitions de matériel militaire. … À l’inverse du Maroc, les importations d’armes par les autres États africains ont, elles, chuté de 41% entre 2021 et 2025, période durant laquelle les principaux fournisseurs du continent ont été les États-Unis (pour 19%) là encore, suivis de la Chine, de la Russie et enfin de la France. RFI
En Ethiopie, des inondations font 30 morts dans le sud du pays
Trente personnes sont mortes dans des inondations et des glissements de terrain dans le sud de l’Ethiopie, a rapporté, mardi 10 mars, l’administration de la zone de Gamo, située dans une région agricole vallonnée vulnérable aux effets du changement climatique. L’administration a exprimé sa « profonde tristesse à la suite de la perte de trente vies causée par les fortes pluies qui se sont abattues sur différentes parties de notre zone, notamment dans les hautes terres, en raison des inondations et des glissements de terrain qui se sont produits ». En pleine saison des pluies, l’Afrique de l’Est a connu de précipitations torrentielles qui ont causé de graves inondations ces derniers jours. Au Kenya voisin, au moins 49 personnes ont péri après que des pluies torrentielles se sont abattues vendredi sur la capitale, Nairobi, et sur d’autres régions, selon les forces de l’ordre. De nombreuses études scientifiques ont mis en exergue la hausse de la fréquence des périodes extrêmement humides ou sèches en Afrique de l’Est ces vingt dernières années. … La zone de Gamo est située dans une région verdoyante, réputée pour sa production de fruits, notamment de bananes. La topographie accidentée de la région, combinée à une densité de population relativement élevée, la rend vulnérable aux catastrophes naturelles. Le Monde avec AFP
