Macron à Nairobi : pourquoi la France parie désormais sur le Kenya
Ces 11 et 12 mai, des centaines de chefs d’entreprises venus de l’Hexagone, mais aussi de toute l’Afrique, se rendront à Nairobi pour participer au sommet « Africa Forward : des partenariats entre l’Afrique et la France pour l’innovation et la croissance ». Coorganisé par le Kenya et la France, ce rendez-vous, qui s’inscrit dans la continuité des sommets Afrique-France tenus depuis 1973, est le premier à se dérouler dans un pays anglophone. Le président Emmanuel Macron a fait le déplacement pour son dernier forum africain avant de quitter l’Élysée. Le choix du Kenya est avant tout stratégique. Cette économie africaine de premier plan bénéficie de nombreux atouts. Elle est à la fois membre de la Communauté d’Afrique de l’Est, de la zone de libre-échange continentale africaine et d’autres blocs commerciaux régionaux. Cela lui confère un accès privilégié aux marchés régionaux. Elle dispose d’une ouverture maritime majeure de la région avec un record de 45,45 millions de tonnes de marchandises ayant transité par le port de Mombasa en 2025, ainsi qu’un des aéroports les plus fréquentés de l’est africain, à Nairobi. Le Point
Au sommet Africa Forward, la normalisation des relations Afrique-France
Le sommet Africa Forward débute aujourd’hui et va se dérouler jusqu’à demain à Nairobi au Kenya. Il rassemble la France et plus d’une trentaine de représentants de pays africains. C’est le dernier événement de ce type pour Emmanuel Macron, et c’est donc l’heure du bilan de deux mandats de politique africaine de la France. … Et puis il y a surtout ce qui s’est passé dans les autres pays du Sahel. Là c’est carrément le grand remplacement. La France était intervenue en 2013 face à la menace djihadiste au Mali à la demande des autorités de Bamako avec les opérations Serval puis Barkhane. Mais c’est encore à leur demande qu’elle a été priée de partir après le coup d’État de la junte qui a préféré s’appuyer sur les forces russes d’abord du groupe Wagner puis de l’Africa Corps. L’influence russe, y compris au plan informationnel, est telle dans la région que la même chose est arrivée au Burkina Faso et au Niger, qui s’est en plus séparé des États-Unis, fortement implantés en territoire nigérien. Cette lutte contre le djihadisme est toujours en cours et l’Histoire n’est pas terminée. Chacun se fera son idée de l’efficacité à la fois militaire, économique et pour les populations de ce changement de partenaire. RFI
Nouvelles attaques jihadistes dans le centre du Mali, des dizaines de morts
Des dizaines de personnes sont mortes dans de nouvelles attaques jihadistes menées vendredi dans le centre du Mali, qui fait face à une situation sécuritaire critique après une offensive sans précédent, fin avril, des groupes armés contre la junte au pouvoir, ont indiqué, samedi 9 mai, des sources sécuritaire et locales. Des attaques dans la même région, revendiquées par les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), avaient déjà fait au moins 30 morts mercredi. « Les groupes armés sont revenus hier (vendredi) et ont attaqué de nouveaux villages (notamment Kouroude et Dougara, NDLR), faisant augmenter le bilan à plus de 70 morts » au total pour les attaques de mercredi et vendredi, a indiqué un élu local sous couvert d’anonymat pour des raisons de sécurité. Un responsable local a fait état d’un total de « 80 morts », tandis qu’un responsable local de la jeunesse a évoqué un chiffre de « 50 morts », ajoutant qu' »il y a des disparus ». France24 avec AFP
Enlèvements au Mali: l’expert onusien appelle les autorités à enquêter en respectant le droit
Au Mali, cela fait plus d’une semaine qu’on est sans nouvelles de Maître Mountaga Tall, enlevé à son domicile de Bamako dans la nuit du 2 au 3 mai par des hommes armés et cagoulés. Un mode opératoire classique de la sécurité d’État. Comme lui, une dizaine d’autres personnalités politiques et militaires ont été enlevées ces derniers jours dans les mêmes conditions, en-dehors de toute procédure judiciaire légale. Le 1er mai, le procureur militaire de Bamako avait annoncé l’ouverture d’une enquête concernant des personnes soupçonnées de complicité dans les attaques du 25 avril, menées par les jihadistes du Jnim et les indépendantistes du FLA. Mais depuis cette annonce, aucune précision n’a été apportée et on ignore où sont les personnes enlevées et ce qui leur est éventuellement reproché. Ce qui suscite l’indignation de l’expert indépendant mandaté par les Nations unies sur les droits humains au Mali, Eduardo Gonzalez : « Personne ne doute du fait que les événements du 25 avril nécessitent une enquête, une enquête approfondie, sérieuse, professionnelle. » RFI
Il pensait devenir cuisinier : comment un Botswanais a été enrôlé par l’armée russe
En novembre 2025, Kgosi Pelelekae a quitté le Botswana pour la Russie, où l’attendait un poste de cuisinier – du moins c’est ce qu’il croyait. À l’aéroport Sir Seretse Khama [l’aéroport international de Gaborone, la capitale], des agents l’avaient [temporairement] intercepté, relevant des incohérences dans son itinéraire et évoquant la possibilité d’un “trafic”. Le jeune homme, qui avait déniché l’offre d’emploi sur Internet avec l’aide d’un ami, était déçu de voir ainsi chamboulé son tout premier projet de voyage hors d’Afrique. À son retour, quelques semaines plus tard, il souffrait de stress post-traumatique. Au moins trois personnes, dont Kgosi Pelelekae, ont été ainsi recrutées au Botswana pour aller se battre en Ukraine aux côtés des troupes russes. D’après des données de l’armée russe divulguées dans les médias, 1 417 Africains avaient été enrôlés en fin d’année dernière. Cette liste, révélée [en février] par le collectif d’investigation [All Eyes on Wagner], ne comprend aucun citoyen botswanais. Continent (Courrier international)
En RDC, au moins 69 morts après des attaques d’une milice communautaire dans la province de l’Ituri
Au moins 69 personnes, en majorité des civils, ont été tuées à la fin du mois d’avril par des hommes armés affiliés à la milice Codeco, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), a appris l’Agence France-Presse (AFP), samedi 9 mai, de sources locales et sécuritaires. La province de l’Ituri située dans cette partie du pays, riche en or et frontalière de l’Ouganda, est en proie depuis plusieurs années à des conflits meurtriers et des violences communautaires récurrentes. La milice Codeco (Coopérative pour le développement du Congo) prétend y défendre les intérêts de la communauté Lendu, principalement composée d’agriculteurs, face à la communauté Hema, majoritairement pastorale. Fin avril, la Convention pour la révolution populaire (CRP), un groupe armé actif dans l’Ituri et souvent assimilé à la communauté Hema, a ainsi mené une attaque contre des positions occupées par les forces armées congolaises (FARDC) aux environs de Pimbo, une localité située dans le territoire de Djugu (Ituri). Le Monde avec AFP
RDC : le M23 se retire de plusieurs localités dans l’est du pays
L’est de la RDC est en proie à des violences depuis plus de 30 ans. Le M23 s’y est emparé de vastes pans de territoires dans les provinces du Nord-Kivu (est) et de l’Ituri (nord-est) depuis 2021. Le groupe armé avait lancé une offensive sur la cité d’Uvira en décembre, foulant aux pieds un accord de paix entre la RDC et le Rwanda signé peu de temps auparavant sous médiation américaine et suscitant l’ire de Washington. Le M23 avait retiré ses troupes d’Uvira en janvier, en réponse, selon lui, à une demande américaine. Lundi matin, les combattants du M23 ont quitté plusieurs localités situées au nord d’Uvira, le long de la route nationale 5 qui longe la frontière burundaise, a-t-on appris auprès de sources locales et militaires. La plus importante de ces localités est Sange, carrefour routier se trouvant à une trentaine de kilomètres au nord d’Uvira. RTBF
Rwanda : un youtubeur critique du pouvoir meurt le jour de sa libération
Après avoir enseigné les technologies de l’information à l’Université du Rwanda, M. Karasira avait lancé en 2011 une chaîne YouTube dans laquelle il attaquait régulièrement les autorités rwandaises. Peu avant son arrestation, fin mai 2021, il avait, dans une vidéo, accusé le Front patriotique rwandais (FPR) du président Paul Kagame « d’alimenter la haine » et remis en cause certains aspects du génocide de 1994 contre la minorité tutsi, un sujet tabou au Rwanda. Lui-même survivant du génocide, Aimable Karasira avait été condamné le 30 septembre 2025 à cinq ans de prison pour incitation à la division. Kizito Mihigo, populaire musicien de gospel, également féroce critique du gouvernement, est mort en février 2020 dans une cellule de la police, laquelle avait alors affirmé qu’il s’était suicidé. En 2021, Joshua Tuyishime, rappeur connu sous le nom de Jay Polly, était mort après avoir été arrêté dans une fête où avaient été découverts des stupéfiants. Plusieurs youtubeurs avaient été arrêtés en 2021 pour divers motifs, dont certains sont toujours en prison. RTBF
Le président de la République démocratique du Congo laisse entendre qu’il pourrait prolonger son mandat et reporter les élections
Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a déclaré qu’il pourrait envisager de briguer un troisième mandat à l’expiration de son mandat actuel, en 2028. M. Tshisekedi a toutefois précisé que toute prolongation de sa présidence ne pourrait se faire qu’après consultation du peuple par le biais d’un référendum. La loi autorise un maximum de deux mandats. … L’événement, qui s’est déroulé à la State House surplombant le fleuve Congo, a duré plus de trois heures et a réuni plus de 200 journalistes et partisans. Les forces gouvernementales congolaises combattent depuis plusieurs années le M23, largement soupçonné d’être soutenu par le Rwanda voisin, ainsi que d’autres groupes armés locaux dans l’est de la RD Congo. BBC
Le président de la RDC en Ouganda pour renforcer la coopération bilatérale
Ce rapprochement entre Kinshasa et Kampala ne date pas d’hier. Il s’est construit progressivement depuis novembre 2019, à travers une série d’échanges au plus haut niveau. En mai 2025, Vital Kamerhe, alors président de l’Assemblée nationale congolaise, s’était rendu à Entebbe porteur d’un message qualifié de spécial du président Félix Tshisekedi pour son homologue, Yoweri Museveni. Un mois plus tard, les deux armées signaient à Kinshasa un mémorandum pour poursuivre l’opération conjointe Shujaa contre les ADF, les combattants d’origine ougandaise affiliés à l’État islamique, actifs dans l’est de la RDC. Aujourd’hui, les deux pays veulent aller plus loin. La RDC est désormais la principale destination des exportations ougandaises, avec une hausse de 29% au cours des deux dernières années et plus de 962 millions de dollars perçus en 2024-2025. RFI
Nigeria : une quarantaine de personnes tuées par des hommes armés dans le nord
Des hommes armés ont tué une quarantaine de personnes dimanche dans le nord du Nigeria, selon deux rapports sécuritaires préparés pour l’Organisation des Nations unies (ONU) et consultés par l’Agence France-Presse (AFP) lundi 11 mai. La moitié nord de la nation la plus peuplée d’Afrique est en proie à une insécurité multifactorielle, entre les bandes armées, localement appelées « bandits », qui pillent les villages, kidnappent et terrorisent les habitants, et la présence de groupes djihadistes, principalement actifs dans le nord-est et certains pays limitrophes. Depuis des mois, le Nigeria fait face à une recrudescence des attaques de bandits et de djihadistes dans sa moitié nord, forçant le président, Bola Tinubu, qui briguera un second mandat en janvier prochain, à déclarer l’état d’urgence sécuritaire en novembre 2025. Le Monde avec AFP
Nigeria: Des dizaines de pêcheurs nigérians présumés morts après des frappes de l’armée tchadienne contre des djihadistes
Sur le lac Tchad, dans le nord-est du Nigeria, des dizaines de pêcheurs nigérians sont présumés morts depuis trois jours à la suite de frappes aériennes de l’armée tchadienne contre des djihadistes, selon des témoins. « Il est difficile d’estimer le nombre de morts, car l’opération est toujours en cours », a déclaré un membre d’un groupe d’autodéfense antidjihadiste qui souhaite garder l’anonymat. Selon ce témoin, des avions de chasse tchadiens bombardent depuis le vendredi 8 mai des îles du lac Tchad appartenant au Niger et contrôlées par Boko Haram, près de la frontière tchadienne. Cela fait suite à une récente attaque de Boko Haram contre l’armée tchadienne. « Les bombardements ont causé de lourdes pertes parmi les pêcheurs nigérians qui pêchent dans la zone avec l’autorisation de Boko Haram, après leur avoir payé un impôt », a-t-il ajouté. « Les frappes visaient la lointaine île de Shuwa, où se rejoignent les frontières lacustres du Nigeria, du Niger et du Tchad. Shuwa est un bastion de Boko Haram et un centre de pêche qui attire des pêcheurs venus du Nigeria », a-t-il expliqué. TV5Monde
Madagascar : la commission électorale dévoile son calendrier
La commission électorale indépendante malgache a dévoilé son calendrier des prochains scrutins attendus dans le pays. La Céni a annoncé un référendum constitutionnel en juin 2027 qui sera suivi d’une élection présidentielle en octobre. Cet agenda marque le début de la transition politique prévue depuis la chute du président Andry Rajoelina en octobre dernier à la suite d’une mutinerie de l’armée ralliée à un soulèvement du mouvement GenZ, porté par la jeunesse. Depuis, le colonel Michael Randrianirina est au pouvoir à la tête du gouvernement de la Refondation pour une transition de 24 mois… AFP
Course aux armes : le Top 10 des pays importateurs en Afrique subsaharienne
Même si les importations d’armes des États ont diminué dans le continent africain de -41 %, selon le rapport de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), mis à jour le 9 mars dernier, l’Afrique subsaharienne est une région dynamique dans la course aux armes. Voici le top 10 des pays importateurs d’Afrique subsaharienne sur les 42 présents sur la liste du SIPRI. En Afrique subsaharienne, Nigéria, Sénégal et Mali figurent parmi les plus grands importateurs d’armes, portant la part régionale à 13 %, selon SIPRI. BBC
Gloria Bash : « Nous avons besoin de la paix maintenant »
À seulement 23 ans, Gloria Bash s’impose comme l’une des voix montantes de la scène musicale congolaise. Originaire de Goma, dans l’Est de la République démocratique du Congo, la chanteuse mêle musique, engagement humanitaire et messages de paix dans une région marquée depuis des années par les conflits armés. Première artiste féminine congolaise la plus suivie sur YouTube, Gloria Bash porte à travers ses chansons un message d’unité, d’espoir et de cohésion sociale. Son parcours l’a récemment conduite sur la scène internationale, notamment à l’Accor Arena lors du concert « Solidarité pour le Congo », aux côtés de Gims, Dadju, Fally Ipupa et Soolking. Dans cet entretien exclusif accordé à Africanews, la jeune artiste revient sur son enfance à Goma, son engagement pour la paix, sa carrière musicale et l’actualité politique en RDC. Africanews
