Mozambique Exposed: au Cabo Delgado, une chape de plomb pèse sur les libertés civiques
Alors que depuis près de dix ans, la région du Cabo Delgado est soumise à la violence du groupe armé des shebabs et aux exactions de ses soldats, très peu d’informations sortent de cette région septentrionale du Mozambique. Les journalistes et les membres de la société civile subissent violences et intimidations. Troisième épisode de l’enquête « Mozambique Exposed » du consortium coordonné par Forbidden Stories à laquelle RFI a contribué. … Le 17 février 2024, lors d’un discours à Pemba, le gouverneur du Cabo Delgado, Valige Tauabo, ne mâche pas ses mots. Selon lui, la couverture médiatique de la région « porte l’empreinte du mal ». Il accuse les médias d’avoir conclu « des accords avec les terroristes ». « Le gouvernement mozambicain ne veut pas que la véritable face du conflit soit révélée, analyse Carlos Qembo, chercheur pour Amnesty international. Au départ, les autorités ont estimé que les violences dans le Cabo Delgado étaient le fait d’influences extérieures et seraient vite réglées. Malgré d’immenses ressources minérales, le Cabo Delgado souffre de grandes inégalités sociales dont les jeunes sont particulièrement victimes. Les autorités ne veulent pas que cette lecture de la situation se développe ». RFI
Mali: les avocats de Mountaga Tall saisissent la justice international
Les avocats de Mountaga Tall rappellent que « l’enlèvement et la séquestration constituent », dans la loi malienne, « des infractions graves » et que l’État est censé être « le garant de la sécurité » sur le territoire. Or, depuis son enlèvement le 3 mai, les autorités judiciaires n’ont fourni « aucune information à la famille » de Mountaga Tall, ni « sur les recherches qui leur incombent », ni sur d’éventuelles poursuites pénales. … En résumé, depuis plus d’un mois, personne ne sait où et dans quelles conditions est détenu Mountaga Tall, et aucune instance officielle malienne n’a fourni la moindre réponse ni enclenché la moindre procédure : un constat qui vaut d’ailleurs pour les autres militants prodémocratie, militaires et religieux enlevés dans les mêmes conditions ces dernières semaines. Pour cette raison, les avocats de Mountaga Tall « se voient dans l’obligation de faire recours au dispositif international de défense des droits de l’homme », écrivent-ils : le « dispositif africain » – à savoir la Cour africaine des droits de l’homme – et « le système des Nations unies », précisément le Comité des disparitions forcées. Ces instances seront saisies dans les jours qui viennent. RFI
Mali : le JNIM dévoile des images qui révèlent un usage inédit de drones
Au Mali, la junte annonce la création de zones d’intérêt militaires. Il s’agit de zones de guerre interdites aux civils. La décision survient alors que les jihadistes multiplient les attaques et modifient leurs capacités militaires. Une vidéo publiée récemment par le JNIM révèle que le groupe fait usage de drones pour régler ses tirs de mortier. Décryptage de Wassim Nasr, journaliste France 24 spécialiste des mouvements jihadistes. France24
En Guinée, Mamadi Doumbouya, un président absent, mais tout-puissant
A l’issue des élections législatives et communales du 31 mai remportées par son parti, Mamadi Doumbouya peut formellement affirmer que la parenthèse du pouvoir d’exception ouverte par son coup d’Etat sanglant du 5 septembre 2021 est refermée. Déjà, en décembre 2025, après l’élection présidentielle, l’ancien sous-officier de la Légion étrangère avait remisé son uniforme pour un grand boubou de président. L’ordre constitutionnel serait-il donc rétabli ? Dans les faits, cet habillage démocratique ne cache pas une cruelle réalité, celle d’un régime répressif, cadenassé par le président et une clique de militaires agissant en coulisses. Une analyse même superficielle des consultations électorales suffit à révéler les failles démocratiques béantes du régime de l’ancien putschiste. Pour la présidentielle comme pour les législatives, Mamadi Doumbouya n’a pas fait campagne. L’ancien commandant des forces spéciales s’est contenté de neutraliser, brutalement, toutes les sources de contestation. Le Monde
Au Sénégal, un duel annoncé Faye-Sonko « qui se réglera dans les urnes »
Ils avaient prôné la rupture lors de leur conquête commune de la présidence du Sénégal, mais c’est une autre rupture qui a rattrapé ces dernières semaines le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien Premier ministre Ousmane Sonko. Après des mois de tension, le président a limogé le 22 mai son chef de gouvernement et ancien mentor qui, empêché de concourir à la présidentielle de 2024, l’avait choisi comme candidat de substitution. Ousmane Sonko a depuis été élu président de l’Assemblée nationale, dominée par les députés de sa formation politique, le Pastef (Patriotes africains du Sénégal pour le travail), qui l’a par ailleurs reconduit à sa tête, samedi 6 juin, lors du congrès du parti. Le lendemain, devant plusieurs milliers de militants rassemblés dans l’enceinte bouillonnante de la Dakar Arena, celui qui fait désormais figure de principal opposant a appelé ses troupes à se préparer aux prochaines échéances électorales : la présidentielle de 2029 mais aussi les élections locales de 2027 – prévues en début d’année mais dont la date n’a pas encore été fixée –, qui pourraient faire office de premier test pour jauger le poids politique des deux camps. France24
Est de la RDC: d’intenses combats ont repris dans les hauts-plateaux du Sud-Kivu
Mikenge, Kakenge et Kalingi : Trois localités qui ont été reprises, selon les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Mais à Kakenge, le sous-lieutenant Mbuyi Kalonji, porte-parole du secteur opérationnel Sokola 1, confirmait ce jeudi matin que les affrontements s’y poursuivaient encore. Ces positions sont stratégiques, selon l’armée. Mikenge est à cheval entre les territoires de Fizi et de Mwenga. Tant qu’elle restait aux mains de l’AFC/M23, la route vers Minembwe-centre demeurait accessible en environ huit heures. Sa reprise oblige désormais l’adversaire à contourner, ce qui lui prendra des semaines, toujours selon le sous-lieutenant Mbuyi Kalonji. Kakenge, elle, ouvre directement sur l’aérodrome de Minembwe. Dans ces combats, les drones ont frappé des deux côtés, selon diverses courses. Les FARDC attribuent à l’AFC/M23 des frappes qui ont tué au moins deux personnes et blessé six autres, dont deux enfants, dans la nuit de dimanche à lundi. RFI
Est de la RDC : le coltan est massivement blanchi et exporté via le Rwanda, affirme Global Witness
Des centaines de tonnes de coltan pillé dans l’est de la RDC par les rebelles de l’AFC/M23 ont été blanchies au Rwanda puis exportées vers des fonderies où s’approvisionnent les géants mondiaux de l’électronique, selon une enquête de l’ONG Global Witness publiée le 10 juin. Depuis fin 2021, le groupe armé AFC/M23, soutenu par Kigali et l’armée rwandaise, s’est emparé de vastes pans de territoire dans l’est de la RDC. En avril 2024, c’est au tour de la ville minière de Rubaya de tomber sous sa coupe. Les gisements y fournissent 15 % de la production mondiale de coltan, dont le groupe armé tire d’importants revenus grâce à une taxe prélevée sur la production et le commerce. Environ 120 tonnes de coltan ont été exportées chaque mois vers le Rwanda entre mai et octobre 2024, selon des experts de l’ONU. L’ONG Global Witness a « pu établir la complicité de responsables rwandais à un moment où la contrebande a atteint des niveaux sans précédent », affirme ce rapport publié après un an d’enquête. Jeune Afrique avec AFP
RDC: le Syndicat libre des médecins appelle à la grève dans le secteur public, en pleine épidémie d’Ebola
En République démocratique du Congo (RDC), le Syndicat libre des médecins (Sylimed) appelle à une grève à durée interminée à partir de ce 11 juin dans le secteur public. Il dénonce l’absence de réponses du gouvernement à ses revendications de salaires, de conditions de travail et aux moyens alloués au secteur de la santé. Une grève qui intervient en pleine l’épidémie d’Ebola dans une partie orientale de la RDC. Près 2 500 médecins du secteur public n’ont pas reçu leur salaire depuis plusieurs mois, affirme ce syndicat qui appelle à la grève. Ils dénoncent des salaires et des primes impayés, de mauvaises conditions de travail, et une précarité de la profession, alors que les médecins sont en première ligne pour lutter contre l’épidémie d’Ebola en RDC, déplore le Docteur André Kasongo Kasomboyi, Secrétaire général du Sylimed, au micro d’Alexandra Brangeon : « Ils sont impayés. La couverture santé reste impayée dans les provinces. Ça fait plus de 11 mois et on doit combattre un virus. On ne va pas continuer à motiver les gens à aller combattre Ebola tandis qu’ils sont impayés. » RFI
Afrique Centrale: L’arc des vulnérabilités s’élargit
Entre guerre au Soudan, menace terroriste, pressions humanitaires et fragilités institutionnelles, l’Afrique centrale fait face à une convergence inédite de risques sécuritaires. L’Afrique centrale traverse une phase de forte turbulence géopolitique. Dans son dernier exposé devant le Conseil de sécurité des Nations unies, la secrétaire générale adjointe pour l’Afrique, Martha Pobee, a dressé un constat préoccupant : malgré certaines avancées institutionnelles et électorales, la sous-région demeure confrontée à une accumulation de crises qui menacent sa stabilité à moyen terme. Cette situation traduit une réalité désormais bien connue des stratèges : les conflits contemporains ne restent plus confinés à leurs frontières d’origine. Ils produisent des effets de contagion qui redessinent progressivement les équilibres régionaux. Les Dépêches de Brazzaville
Niger: Un accord de paix entre agriculteurs et éleveurs
L’accord concerne l’exploitation de la vallée du Goulbi de Maradi, après plusieurs années d’affrontements meurtriers qui ont endeuillé de nombreuses familles. À Maradi, dans le sud du Niger, la commune rurale de Sarkin Yamma, dans le département de Madarounfa, a servi de cadre, ce mardi 9 juin, à la cérémonie de signature d’un accord de consolidation de la paix et de prévention des conflits entre agriculteurs et éleveurs, en ce qui concerne l’exploitation de la vallée du Goulbi de Maradi. La signature de cet accord est l’aboutissement de huit mois de discussions conduites par le Centre pour le dialogue humanitaire. Ces engagements concernent les communautés peule, touarègue et haoussa des communes de Safao, Sarkin Yamma, Tibiri, ainsi que les arrondissements communaux 1, 2 et 3 de Maradi. Ils interviennent après plusieurs années d’affrontements meurtriers qui ont endeuillé de nombreuses familles. … La signature de ces accords est l’aboutissement de huit mois de discussions engagées par le Centre pour le dialogue humanitaire entre les différentes communautés concernées. Pour le sultan du Katsina, garant de la tradition et l’un des artisans de ce rapprochement, aucune entorse aux engagements pris ne sera désormais tolérée. Selon lui, « ce n’est pas un simple papier que nous venons de signer. Nous ne sommes pas réunis ici pour prononcer des discours et applaudir en vain. Ces engagements doivent être respectés. Toute personne qui les piétinera devra faire face à la rigueur et à la colère de l’administration ». DW
Au Nigeria, la méga-autoroute littorale, la montée des eaux et la destruction des forêts
Elle est l’un des projets-phares du président Bola Tinubu, qui briguera un second mandat lors des élections prévues en janvier 2027 et se veut le reflet ambitieux de ses promesses présidentielles : « Révolutionner les transports », « Booster le tourisme », « Dynamiser l’économie locale », « Fournir de l’emploi », avait martelé le chef de l’Etat lors de l’inauguration du premier tronçon, il y a deux ans. Ce méga-projet, au coût estimé de 11 milliards de dollars et dont la construction a démarré en mars 2024, a été attribué à la société nigériane Hitech, propriété des hommes d’affaires libanais Gilbert et Ronald Chagoury, intimes du chef de l’Etat et promoteurs d’Eko Atlantic, ce quartier de Lagos artificiellement gagné sur la mer et souvent présenté comme le « Dubaï de l’Afrique ». Mais derrière les promesses de développement, nombreux sont ceux qui questionnent la durabilité de cette autoroute littorale alors que la montée des eaux grignote la côte du golfe de Guinée. RTBF
Football: l’Afrique prête à vibrer pour la Coupe du monde 2026 et ses dix représentants
La Coupe du monde 2026 masculine de football se déroule du 11 juin au 19 juillet au Canada, aux États-Unis et au Mexique. De l’Afrique du Sud – qui dispute le match d’ouverture ce jeudi à 19h TU face aux Mexicains – aux quatre pays d’Afrique du Nord (Algérie, Égypte, Maroc, Tunisie), en passant par le néophyte cap-verdien, les revenants congolais de RDC ou les Ouest-Africains de la Côte d’Ivoire, du Ghana et du Sénégal, c’est tout un continent qui attend cette première édition de l’histoire à 48 équipes. Quelles sont les chances des dix équipes africaines durant ce Mondial 2026 ? Il y a quatre ans, au Qatar, deux sélections étaient sorties du lot : le Sénégal, en atteignant les huitièmes de finale, mais surtout le Maroc qui avait offert au continent la toute première demi-finale de Coupe du monde de son histoire. Même si l’effet de surprise, cette fois, ne jouera plus, les Lions de l’Atlas paraissent tout à fait en mesure de rejouer les troubles-fête, avec une équipe sur le papier très solide sur toutes les lignes. RFI
