Revue de Presse du 10 mai 2018

Au Kenya, la rupture d’un barrage fait au moins un trentaine de morts
La rupture d’un barrage au Kenya, dans la soirée de mercredi 9 mai, a provoqué la mort d’au moins 32 personnes, dont les maisons ont été emportées par les eaux, ont annoncé, jeudi, les autorités policières. Un premier bilan avait fait état d’au moins vingt morts, puis de 27 victimes. Le barrage de Solai, situé à dix kilomètres au nord de la ville de Nakuru (soit à environ 150 kilomètres au nord de Nairobi) a cédé mercredi vers 21 heures. Un responsable policier régional, qui coordonne les secours sur place, a cité comme cause probable de cette rupture les fortes précipitations des dernières semaines. Le Monde

Nigeria : la santé de Buhari l’empêche de gouverner, selon l’opposition
La santé du président nigérian Muhammadu Buhari, qui s’est de nouveau rendu à Londres pour raisons médicales, l’empêche de diriger le pays, a affirmé mercredi le principal parti d’opposition nigérian. Dans un communiqué, le PDP (Parti populaire démocratique) écrit que cette nouvelle absence du chef de l’Etat pour raisons de santé démontre qu’il ne “va pas bien “et qu’il n’est “pas en mesure de gérér les affaires de l’Etat”. Le PDP a également fait part de sa “déception” au sujet du bureau présidentiel et de ses “mensonges” sur la santé de M. Buhari. Africa News

Devant la poursuite des combats, les Etats-Unis lâchent le Soudan du Sud
Les Etats-Unis se disent « profondément frustrés » par la poursuite des hostilités au Soudan du Sud et annoncent la révision de tous leurs programmes d’assistance dans ce pays dont ils ont ardemment soutenu l’indépendance en 2011. Dans un communiqué aux mots très fermes diffusé ce mardi, la Maison Blanche annonce qu’elle ne poursuivra pas son partenariat avec le Soudan du Sud. RFI

Référendum au Burundi : l’UE dénonce un « climat d’intimidation et de répression »
À une semaine du référendum constitutionnel au Burundi du jeudi 17 mai, l’Union européenne se dit « vivement préoccupée par la situation des droits humains » et « le manque d’information officielle publique sur les éléments clé du projet de Constitution ». « Le processus actuel va à contre-courant des efforts en cours de médiation et de facilitation d’un dialogue politique inter-burundais », a déclaré mardi Federica Mogherini, diplomate en chef de l’Union européenne. L’UE critique une campagne électorale menée dans « un climat d’intimidation et de répression » et marquée par la « persistance d’exécutions extrajudiciaires et d’arrestations arbitraires ». Federica Mogherini a notamment cité le cas de Germain Rukuki, activiste condamné à 32 ans de prison le 26 avril dernier. Jeune Afrique

La CPI réclame à l’ONU son aide pour arrêter trois fuyards en Libye
La procureure de la Cour pénale internationale (CPI) Fatou Bensouda a demandé au Conseil de sécurité de l’aider pour faire arrêter trois fuyards en Libye, dont un commandant sous les ordres du maréchal Khalifa Haftar et un fils de Mouammar Kadhafi. Lors d’une réunion du Conseil de sécurité, Fatou Bensouda s’est félicité que des enquêteurs de ses services aient pu se rendre en mars en Libye pour la première fois depuis juin 2012, ce qui aide les investigations sur des crimes de guerre présumés. VOA

Katumbi dément vouloir recourir aux armes en RDC
L’opposant en exil Moïse Katumbi a démenti mercredi avoir voulu recruter des « émissaires » pour ouvrir des « hostilités » en République démocratique du Congo, nouvelles accusations portées contre lui par le pouvoir du président Joseph Kabila. « Le président Moïse Katumbi dément bien entendu tout lien avec toute personne ayant la volonté de recourir aux armes et à la violence pour renverser les institutions illégitimes de la République démocratique du Congo » lit-on dans un communiqué de presse signé par Olivier Kamitatu, son directeur de cabinet. VOA

Haftar, l’homme fort de l’est libyen, veut réaffirmer son statut 
Défilé militaire, offensive contre les jihadistes à Derna (est): le maréchal Khalifa Haftar tente de rétablir son statut d’homme fort en Libye, après une récente hospitalisation ayant nourri des spéculations sur son état de santé, estiment des analystes. Le maréchal Haftar, 75 ans, est rentré le 26 avril dans son fief dans l’est libyen après une hospitalisation d’au moins deux semaines à Paris, au cours de laquelle il n’a fait aucune apparition publique. Son absence avait alimenté des rumeurs sur son état de santé qui avaient inondé les réseaux sociaux en Libye, certains médias ayant même annoncé sa mort, ouvrant la voie à des spéculations sur sa succession. Slate

Nouvelle épidémie d’Ebola en RDC: la réponse s’organise
Les autorités congolaises et leurs partenaires organisaient mercredi la réponse face à la nouvelle épidémie de fièvre hémorragique Ebola qui s’est déclarée dans le nord-ouest de la République démocratique du Congo et qui a déjà fait 17 morts. L’Organisation mondiale de la Santé « a débloqué un million de dollars » pour « stopper la propagation d’Ebola dans les provinces et les pays voisins », a indiqué un représentant de l’agence humanitaire des Nations unies (Ocha) à la presse. « Une équipe de Médecins sans frontières (MSF) est déjà sur place depuis samedi, participant aux efforts du ministère de la Santé pour mettre en place une réponse rapide et adaptée afin de faire face à cette urgence », a indiqué l’ONG dans un communiqué. Slate

Togo: l’opposition annule les manifestations prévues cette semaine
L’opposition togolaise qui proteste contre le régime du président Faure Gnassingbé depuis plus de sept mois, a annoncé l’annulation de ses deux jours de marches censées démarrer mercredi à Lomé et dans plusieurs villes du pays. Le gouvernement n’avait pas interdit ces manifestations, mais avait imposé des itinéraires que l’opposition refuse d’emprunter. « La coalition (de 14 partis d’opposition) a décidé de surseoir à l’appel des populations togolaises à manifester lesdits jours », écrit l’opposition togolaise dans son communiqué transmis mardi soir. « Le maintien de ces manifestations, selon le texte, ne permettrait pas un déroulement empreint de sérénité, de sécurité pour les manifestants et d’atteinte des objectifs visés ». Slate

Sahel: Aqmi menace les entreprises occidentales
Al-Qaïda au Maghreb islamique menace de s’en prendre aux entreprises installées dans la région du Sahel. Dans un communiqué publié mardi 8 mai au soir, le groupe terroriste accuse les sociétés occidentales de piller les ressources de ces pays et annonce qu’elles sont devenues des cibles d’attaque. Et ce pour une zone allant «de la Libye à la Mauritanie» dit le communiqué. C’est une première. RFI

1 an de Macron : “un silence toujours coupable face aux dictateurs africains”
Depuis un an, Emmanuel Macron s’est souvent rendu sur le continent africain. Mais pour cet éditorialiste burkinabé, rien n’a vraiment changé dans la politique de la France, malgré les promesses du discours de Ouagadougou en novembre dernier. Le 7 mai 2017, Emmanuel Macron, laissait sur le carreau tous les vieux briscards de la scène politique française et arrivait triomphalement à l’Élysée, au terme d’un combat électoral des plus serrés. Voilà un an, donc, que l’Hexagone vit sous l’ère Macron. Alors qu’à l’occasion, les Français s’essayent à l’exercice du bilan, les Africains, eux, s’interrogent sur le discours mémorable et mirobolant de Ouagadougou, prononcé le 28 novembre 2017, qui définissait la politique française du jeune président sur le continent. Courrier International

La France ne délivre plus de visa aux Comoriens, vive réaction à Moroni
Le gouvernement français a décidé de suspendre la délivrance de visas aux ressortissants comoriens. Une mesure de rétorsion face au refus de Moroni de laisser rentrer sur son territoire les Comoriens refoulés de Mayotte. « Nous avons refusé de nous agenouiller devant la France et nous continuerons » a réagi le ministre comorien des Affaires étrangères. « Face au blocage que nous avons pu constater sur la réadmission et face à la poursuite des arrivées de migrants irréguliers à Mayotte, nous avons décidé de suspendre la délivrance des visas pour les Comoriens vers la France depuis le 4 mai dernier, jusqu’à nouvel ordre », a déclaré le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, devant l’Assemblée nationale. Jeune Afrique

En Tunisie, des forces « indépendantes » émergent des élections municipales
Il aurait dû être comblé, radieux, extatique. Il est heureux, bien sûr, et pourtant Slim Meherzi trahit déjà une légère inquiétude face à la tâche qui s’annonce. Le voilà qui grogne devant le garçon de café qui veut lui offrir sa consommation, geste d’admiration d’un citoyen de La Marsa pour le futur maire. « Non, ce n’est pas possible, surtout pas de faveurs », peste ce grand échalas – il fut naguère un champion de volley-ball. Dans cette commune balnéaire du nord de Tunis, Slim Meherzi a fait campagne pour les élections municipales du 6 mai sur le rejet des « passe-droits » et du « deux poids, deux mesures ». Alors, maintenant que sa liste indépendante a créé la surprise en raflant 35 % des suffrages, le plaçant en bonne position pour diriger la mairie, il ne va pas commencer à se renier. Et il devine déjà à la soudaine obséquiosité dont on l’entoure que les sollicitations ne manqueront pas. Il soupire : « La course aux postes, ça détruit ce pays. » Le Monde



Photo: Adam Jones